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Merci, mon héros !

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PARTIE RP
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Kahari
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Dim 11 Juin - 1:28
Kahari est si belle. Les bâtiments sont tous de pierre neuve, et ils semblent s’élever jusqu’au ciel. Je ne sais pas si c’est parce que la construction de la ville est récente, mais ils dégagent une pureté que je n’ai encore pas vue ailleurs. Ou alors sont-ce leur hauteur, et la pierre claire, qui me font penser à une cité qu’on aurait construite dans les nuages ?
Ma main frôle un muret, construit pour délimiter un petit parc. Une sorte de poudre colore sa paume. Ce n’est pas de la poussière, ni de la peinture. C’est simplement de la poudre minérale, un dépôt. Comment une ville construite entièrement par la main de l’homme a pu garder ce genre de contact avec la nature ? Je sais bien que son statut de nouvelle-née est la seule cause de cette perfection … mais quand même, cette luxuriance me prend aux yeux. Je ne m’étais pas attendu à ça quand j’ai pris la direction du pays du feu.

Mon premier souhait a été de visiter Shousan. Mais quand j’ai vu ce qu’il en reste, j’ai bien vite compris que la guerre a sévie d’avantage encore que ce que l’on m’a raconté. J’ai pensé le pays du feu détruit, et irrécupérable. Ses habitants tués, sa campagne désolée. Mais quand on m’a parlé de Kahari, j’ai quand même cru bon de m’y rendre. Je me suis attendu à tomber sur une ville de fortune, construite par des survivants.
Mais là c’est totalement différent. Les gens sourient, les marchands crient dans les rues, et tout semble aller bon train. J’ai même aperçu un ninja de l’Empire en train de discuter avec une vieille dame, en l’aidant à porter ses cours jusqu’à chez elle. Quel est ce monde au juste ? Constater de moi-même à quel point le clan a fermé les yeux sur le monde extérieur me terrifie. J’ai voulu la jouer humaine et partir faire le bien en protégeant une nation en déclin, comme première action maintenant que je possède mon libre-arbitre. Et tout ce que je constate, c’est que l’Empire m’a devancé de plusieurs années. Ils n’ont pas décimé ou asservi le pays du feu, ils l’ont assiégé, puis rebâti. Je ne suis jamais allé à Shousan avant, donc je ne peux pas affirmer qu’il est plus beau que jamais, ce pays … Mais pourtant, je pourrais éventuellement parier dessus si on me le demande. Mon instinct me dit que ceux qui se sont dit les miens se sont trompés.
La vie est belle à Kahari. Et quand je vois ce ninja de l’Empire, je me dis que ce dernier n’est peut-être pas le diable après tout.

Est-ce pour cela que mon clan a refusé d’intervenir en faveur d’un camp ou de l’autre ? Et même si c’est le cas, finalement, je ne peux pas trouvé que c’est une excuse acceptable. Ne pas prendre parti ne signifie pas ne pas intervenir. Soigner et protéger les civils, offrir un refuge. Il y a tant de choses qu’ils auraient pu faire. Menacer les deux camps de prendre parti, solliciter d’autres nations. Tout plutôt que de rester stoïques à protéger quelques vieilleries. A quoi peut bien servir des livres et des reliques du passé, s’il n’y a pas d’avenir ?
Pourtant, toute cette souffrance semble avoir permis une sorte de renaissance de Shousan, en Kahari. Elle resplendit. Et à en juger par les travaux en cours que j’ai croisé sur la route, elle va rayonner encore d’avantage dans quelques années.

« Akane Nara ? Veuillez nous suivre sans opposer de résistance. Vous … Argh ! »

Dès que j’ai entendu la voix, j’ai aussitôt fait coulisser la chaine attachée au côté droit de ma taille pour qu’elle fouette l’air, et l’homme avec. Propulsé sur le côté de la ruelle, sonné, il n’a pas vraiment eu le temps de réagir.

« Bordel ce que t’es con ! Qu’est-ce qui t’as pris de l’appeler par son vrai nom pour l’aborder, crétin ? Ils nous ont dit qu’elle était dangereuse ! »

Je m’éclipse, sans demander mon reste. J’entends les exclamations d’une deuxième voix alors que je bondis hors de la ruelle pour rallier la rue principale et me dissimuler dans la foule. J’ai eu de la chance. Perdue dans l’admiration de la cité, je ne les ai pas entendus s’approcher. Ni même réalisé que j’ai choisi une ruelle pour passer de la grande rue à une rue parallèle. D’habitude, je les évite comme la peste et je suis vigilante. Mais la fortune m’a souri : ils ont été suffisamment bêtes pour croire que je suis prête à suivre tranquillement n’importe qui parce qu’on m’a retrouvée. Ou alors mon apparence les a amadoués.
Peu importe, il faut que je détale le plus loin possible. Je vois l’un d’entre eux dans mon rétroviseur, il essaie de me contourner. Si je prends par cette ruelle je devrais réussir à le semer et … Et merde. L’autre m’a contourné, et arrive dans le sens inverse.

« Héhé, t’es coincée ma jolie ! Tu vas te rendre gentiment maintenant, ok ? Et je ne serais pas obligé de te faire payer pour mon visage …
-Faut qu’on la ramène vivant et en bon état, vas-y doucement, gros. »


Pas moyen de se faire la malle. C’est donc soit les affronter et les assommer, et donc prendre le risque d’alerter les ninjas de l’Empire qui trainent dans Kahari, soit … Oui, c’est la meilleure solution. Je me jette contre le mur, recroquevillée et apeurée. Allez, je croise les doigts et je hurle de toutes mes forces.

« Kyaaaaa ! A l’aiiiide ! Pitié, aidez-moi ! Lâchez-moi sales pervers ! »
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Dim 11 Juin - 16:07
Quitte à m’enfuir à Hoto, autant faire un peu de tourisme au passage. Du coup, comme Kahari était sur le chemin, j’étais allé jeter un œil. Je n’avais jamais vu cette ville, et pourtant on ne m’en avait dit que du bien. Apparemment, c’était aussi riche que Shi elle-même, et pourtant bien plus tranquille. Moins de stress, du luxe, et un peu de farniente. En plus, le pas du feu était connu pour être proche de la nature et ensoleillé, tout ce que j’aimais.
Mais au fond, maintenant que j’y étais, j’étais un peu déçu. Ca ressemblait plutôt à une espèce de faux paradis. Il n’y avait essentiellement que des marchands et des vieillards ici. C’était une belle ville, mais à l’écart des autres civilisations de l’Empire ; Même si tout avait l’air beau et chatoyant, la ville manquait de charisme, d’aura. Shousan était loin d’être reconstruite, et le pays du feu n’avait jamais été aussi peu influent dans les faits. Les efforts de l’Empire étaient évidents, mais les résultats n’étaient clairement pas encore là.
Enfin, au moins maintenant j’avais vu ce que c’était. Et aussi que les auberges étaient hors de prix : si je voulais rester ici une nuit, je dormirais à la belle étoile. J’avais bien quelques pièces qui se battaient en duel au fond de mes poches, mais pas assez pour me permettre le luxe d’une nuit dans un lit. Ou alors, faudrait que je traverse l’océan à la nage pour me rendre à Hoto. Il n’y avait que Tenshi pour réussir un truc pareil. Ou alors je construisais un radeau ? Ou je volais une barque. Mais dans les deux cas je n’avais aucune idée de comment amener l’embarcation jusqu’aux plages de l’île d’Hoto. Non, la meilleure solution restait de dormir à l’air libre et de prendre un bateau rempli de touristes le lendemain.

Mais en attendant la nuit, je n’avais trop rien à faire. Si je poursuivais mon voyage jusqu’à la côte pour attendre le bateau, j’allais juste devoir m’arrêter en pleine forêt pour ‘camper’, je préférais profiter de l’abri d’une ville quitte à dormir dans la rue. Au moins j’y serais en sécurité. Les bêtes sauvages, les brigands de passage, tout cela c’était pas trop mon truc.
Kahari était quand même d’un ennui mortel. Je flânais entre les échoppes pour regarder, comme je n’avais pas d’autre plan. Mais je n’avais pas les thunes d’acheter quoi que ce soit. Même pas une petite pomme ou une glace à la pistache.
Pas les thunes ? Mais je me prenais pour un saint ou quoi ?
Au détour d’une rue, une poire était miraculeusement apparue dans ma main. Et un morceau de bœuf dans les pattes de Tenshi. Nous avisons une ruelle un peu plus loin, et on se pose pour savourer notre larcin. Quand soudain …

Tenshi, qui avait fini son morceau de viande, aboya, et détala. Je soupirais en lui emboîtant le pas. Décidément ce chien ne voulait pas me laisser tranquille. Je me demandais ce qu’il avait pu entendre cette fois.
Un cri aigue. Une femme ? Oui, Tenshi m’a amené dans les emmerdes comme à son habitude. Elle est blottie contre un mur, et deux sales types l’encerclent. Des pervers ? C’était pas cool, oui, mais je pouvais pas y faire grand-chose. Je caresse la tête de Tenshi et m’apprête à passer mon chemin, mais le chien m’accroche la manche en grognant.

« Ca va, ca va, je vais l’aider. Attends-moi dans la ruelle d’à côté, ok ? »

Pas moyen de s’en foutre royalement, du sort des autres, quand on a un chien aussi borné avec soi. Bon, les deux types avaient l’air costaud, mais ce n’étaient pas des ninjas. Plutôt des mercenaires ? Ou des voyous, c’était du pareil au même. J’étais censé représenter l’autorité impériale, et les empêcher de nuire. Mais je n’avais pas non plus envie de me battre contre eux.
Bon, aux grands maux, les grands remèdes. Il fallait bien que je fasse quelque chose sinon Tenshi allait bouder pendant des semaines. C’était mon tour de jouer les super héros apparemment.

Rem, le héros !

D’un geste vif, je lance un fumigène pour brouiller la scène. Les deux types se mettent à râler, à gesticuler et à crier. Ils ne semblent pas avoir vu d’où ça venait, donc ils n’ont pas senti nos chakras à Tenshi et à moi. Pour de bon, ce ne sont pas des ninjas. Mais avant de lancer mon fumigène j’ai eu le temps de photographier la scène. Je cours vers la jeune femme et lui attrape le bras, doucement. Elle a la peau douce. Oh bordel, ce que je déteste les filles … Elles me font perdre mes moyens. Comme ça, rien qu’à lui toucher la peau je me sens pas très bien. Elle doit être très jolie, non ? Je n’ai pas eu le temps de bien voir. Je me demande si, en lui touchant la peau, je ne venais pas de la demander en mariage sans faire exprès. J’espère pas. D’un autre côté, c’est parce que mon père et ma mère étaient passés par là que j’étais né. Je n’y avais jamais pensé, mais un jour il faudrait bien que je fasse un truc comme ça. En plus, j’aurais peut-être moins peur de regarder les nanas dans les yeux si je faisais un truc du genre non ?
Bah, on verrait plus tard. En attendant, fallait se tirer. Je balbutie, en bon héros que je suis :

« Venez, on se tire. »

Je tire sur son bras tout en bondissant vers le toit, la soulevant de terre sans trop d’efforts. Elle est légère, c’est incroyable. Enfin, j’imagine que quand on a fait des pompes avec Ikusa-senseï sur le dos, supporter le poids d’une jeune femme c’était facile. Ou alors c’était juste parce qu’elle faisait une sorte de régime bizarre dont les filles ont le secret ?

Je trace sur le toit, trainant la jeune femme à bout de bras sans la regarder. Si je me retournais, j’allais rougir et me vautrer par terre, ça casserait toute la classe de cette fuite majestueuse. On est de l’autre côté du toit, maintenant il fallait sauter. Tenshi nous attendait en bas. Je murmure en rougissant :

« Si vous le sentez pas, accrochez-vous, faut qu’on saute. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Rouge comme une tomate, j’arrive en bas dans la ruelle, trébuchant au passage. Tenshi aboie.

« Arrêtes de te moquer bordel ! Je fais ce que je peux, le clébard ! Je te signale que c’est de ta faute si … »

Je croise le regard de la jeune femme, que j’ai enfin lâchée. Trop de péripéties, mais je réalise enfin qu’elle est vraiment jolie. Merde, je ne sais pas trop ce que je dois dire dans ce genre de moment. Restons pratique, restons pratique.

« Ils … Ils devraient nous laisser tranquille maintenant. Au pire s’ils reviennent … »

Je tapote le bandeau de ninja qui se trouve autour de mon cou.

« Je m’en occuperais cette fois. »

Ou pas. Fuir c’était toujours une meilleure option. Se battre, c’était pas ma tasse de thé. Surtout quand je ne savais rien des gens qui étaient en face.
Je détournais le regard, craignant d’être impoli en la fixant. Elle avait les yeux oranges, j’avais un peu bloqué dessus parce que c’était inhabituel, mais peut-être qu’elle n’aimait pas. La peau foncée, aussi, j’avais déjà vu en croisant des nomades dans le désert mais c’était quand même inhabituel. Ca lui allait plutôt bien. Je rougis, à quoi je pensais moi encore ?
Je ne sais pas trop quoi dire, c’est misérable, mais c’est comme ça. Ni trop quoi faire aussi d’ailleurs. Tenshi, lui, est plus décomplexé. Il s’approche de la jeune femme et aboie pour attirer son attention, en remuant la queue. Je me détends un peu. Tenshi a l’air de bien l’aimer alors qu’il ne l’a jamais vu. Au moins, il n’y a pas l’air d’avoir de coup fourré dans l’histoire. Il avait un bon flair et une bonne intuition, je me fiais souvent à son jugement sur les gens.

« Tenshi a l’air de bien t’aimer. Alors disons que moi aussi. »

Je rougis encore. Foutu clébard, il m’a encore fait dire un truc qu’il fallait pas.

« C’est … pas ce que je voulais dire. Mais … Enfin. Ca ira, tu retrouveras ton chemin ? »
Chuunin
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Sam 17 Juin - 12:04
Les deux mercenaires hésitent un moment quand je hurle. Ils ne se sont pas attendus à une telle réaction. Evidemment, s’ils sont renseignés ça ne coïncide pas avec ce qu’ils savent de moi. Mais je suis encore plus surprise quand je vois une ombre se faufiler dans la ruelle. Ma ruse a fonctionnée ? Etonnant. Même à Kahari, je n’y ai pas vraiment cru, à trouver quelqu’un qui vole à mon secours. Mes mains se sont même agrippées aux chaines qui pendent autour de ma taille, prêtes à un affrontement inévitable. Mes doigts se détendent. Ce ne sera pas nécessaire.
Le fumigène dérobe la scène à ma vue. Dans cet endroit confiné, plus moyen de voir quoi que ce soit. Mais alors, quelqu’un attrape mon bras et me dit qu’il faut décamper. Je me laisse faire sans rien dire, me contentant de me relever. Je ne vais quand même pas rejeter une telle aubaine !

Et nous voilà partis pour une cavalcade effrénée, à travers les toits de Kahari. Un moment, je me suis dit que l’inconnu allait rosser les deux vilains et sauver la princesse … mais apparemment mon sauveur préfère les fuir. Ce n’est pas si important, ça me convient même plutôt bien. En plus, je viens de voir le bandeau de l’Empire qui est accroché à son bras. S’il est des autorités, nous n’aurons pas à courir très loin : les deux mercenaires ne prendront pas le risque de s’en prendre à moi si je suis en compagnie de quelqu’un qui fait partie des forces de l’Empire. Ils attendront que je sois seule. Tandis que mon nouvel ange gardien freine, au bord du toit, je réfléchis à m’en rompre les méninges. Il faut que je reste collée à lui pendant mon séjour. Il est mon assurance, en quelque sorte. Si je peux même le suivre quand il part d’ici, ce sera encore mieux.

« Si vous le sentez pas, accrochez-vous, faut qu’on saute. »

Je sursaute, sortant de ma réflexion. Je n’ai pas vraiment besoin de lui pour sauter de ce toit. La ruelle en contrebas est à une poignée de mètres seulement. Mais je suppose qu’une faible jeune femme ne peut pas faire ce saut. Je ne suis censée n’être ni une homoncule, ni avoir eu une formation aux arts ninjas après tout. C’est probablement pour ça qu’il est venu m’aider. Du coup, je l’attrape par la taille. Il est plutôt musclé, c’est étonnant au vu de sa carrure qui n’est pourtant pas exceptionnel. Il saute.
Il ne manque pas sa réception, mais trébuche, curieusement. Il y a un énorme chien noir qui nous attend. Ils semblent communiquer tous les deux, c’est plutôt … déroutant. C’est un membre du clan Inuzuka ? A ma connaissance, il n’y a qu’eux pour s’entendre aussi bien avec les canidés et comprendre un aboiement aussi sommaire.

Le garçon n’a pas trop l’air dans son assiette, il s’éloigne de moi assez vivement et baragouine quelque chose au sujet de corriger ces types s’ils reviennent. Je me contente de lui sourire calmement, comme le veut la convention de la sauvée au sauveur.

« Merci. »

Un autre aboiement. Je détourne le regard vers le chien. Il semble attendre quelque chose. Joyeux, la queue qui remue, le regard insistant. Je ne suis pas une grande habituée des animaux : la plupart me fuient généralement. Je suppose que même sans savoir leur instinct leur dit que je ne suis pas comme vraiment humaine et ils préfèrent m’ignorer. Voire me grogner. Celui-là non. Alors voyons, que font les personnes quand elles veulent être gentilles avec un animal ? Je me souviens. Je m’accroupis, et je lui caresse la tête. C’est étonnement doux pour un chien aussi volumineux, et avec un pelage aussi sale.
Son maître semble s’embrouiller encore dans ses propres mots. Mais il veut me laisser partir et me demande si ça ira. Mince. Moi qui voudrait le tenir encore quelques temps, mais il veut déjà s’échapper. Dois-je le laisser s’en aller ? Après tout, je ne suis pas certaine qu’ils ne reviendront pas. Et c’est injuste d’obliger quelqu’un à se mêler de mes affaires. Mais bon, il a l’air débrouillard et puis, ça fait longtemps que quelqu’un n’a pas fait quelque chose pour m’aider ou être gentil avec moi. J’ai bien envie de profiter encore un peu de leur présence à tous les deux. Ce chien s’appelle Tenshi. Un ange. C’est plutôt amusant, compte tenu de la situation … Oui, je veux rester avec eux. En plus s’ils sont de l’Empire ils accepteront peut-être de m’accompagner.

« En fait, je pensais plutôt vous inviter à manger quelque chose. Vous m’avez tirée d’un très mauvais pas, ce serait un minimum … »

Et si ça ne suffit pas ? On ne sait jamais.

« Et puis, j’ai un peu peur qu’ils reviennent une fois que vous serez partis, je serais plus rassurée si vous étiez avec moi encore quelques heures. Si ce n’est pas trop v… te demander, s’il te plait, laisse-moi  t’inviter ! J’ai vu un stand de râmen en arrivant, j’ai envie d’y goûter. »

Goûter … j’espère qu’il prendra ça comme un ‘goûter un nouveau râmen’. Ca pouvait paraître bizarre s’il comprend la vérité. Soit, que je n’ai jamais mangé ce genre de plat. Les Naras mangent plus ‘sainement’, et les plaines arc-en-ciel, en tous cas là où j’ai vécu, se nourrissaient plutôt des produits de la terre. Plus simplement. Les nouilles sont déjà une nouveauté pour moi. Alors les râmens me sont encore totalement inconnus.
Je me redresse. Je me demande si je dois lui tendre la main pour me présenter. Je ne le fais pas, dans le doute. Je n’aime pas vraiment les contacts directs, j’ai toujours l’impression de me trahir. Alors je préfère éviter si je peux.

« Je m’appelle Chihiro. Je suis une prêtresse d’Inari. Comment dois-je t’appeler ? »
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Sam 17 Juin - 16:39
J’étais mal à l’aise, mais apparemment pas la jeune femme. Un simple sourire, un merci, et maintenant une invitation à diner. Je m’efforçais de rester calme, mais ça ne me laissait pas tout à fait indifférent. C’était une sorte de rencard ? Genre, la jeune femme sauvée qui invite son prince charmant ? Ou alors comme elle disait, le minimum syndical ?
Clairement, Tenshi m’avait encore fourré dans une sale situation. Il avait le don pour me propulser la tête la première dans les traquenards, ce chien. Tu parles d’un ami. Surtout que maintenant, il me laissait me démerder hein. Il me jette dans le piège, puis il fait son imbécile heureux et me laisse me dépêtrer moi-même de ce merdier sans solutions.
J’avais très envie de prendre mes jambes à mon cou pour l’éviter, mais bon, j’avais quand même encore un minimum de fierté. Et de virilité. Suffisamment pour assumer un tant soit peu mon rôle de héros du jour. Mais je n’y prenais aucun plaisir pour le moment. Enfin, peut-être un petit peu. Après tout, ce n’était pas tous les jours qu’une jolie jeune femme m’invitait à manger.
Et en plus elle payait, donc même si l’appel des hormones n’avait aucune incidence, celui du ventre jamais plein, lui, était puissant. Mon mode de vie m’empêchait strictement de refuser le moindre repas gratuit.

Oui mais voilà, si ses ennuis n’étaient pas terminés et que les deux autres revenaient ? Je n’avais pas envie de me battre, ça me fatiguait d’avance. Et je n’aimais pas trop me faire remarquer. En plus, j’étais encore sur le territoire de l’Empire. Je doutais qu’Ikusa-senseï me suive jusqu’à Kahari, mais je ne savais jamais trop sur quel pied danser avec lui. Si ça se trouvait il allait interrompre le repas et me tabasser devant tout le monde. Plus vite je serais à Hoto, mieux je me sentirais.

Argh, la voilà qui repart. Avec des jérémiades, limite des supplications. Et elle me tutoie ! Bordel, comment on résistait à ça ? Elle était mignonne et elle me demandait ça avec des petits yeux suppliants de merlan frit. Ou des yeux de biche, faut voir. Je rougis. Bordel, encore ? Je n’allais pas m’en sortir comme ça apparemment.

« Ouais, ok. »

Oui, je ne paraissais pas spécialement enthousiaste, mais quand même. Je ne l’étais pas, alors fallait pas se plaindre !

« J’adore les râmens. »

Comme une vérité tonitruante, ces paroles avaient interrompues toutes mes réflexions. Ben voilà, c’était dit. J’avais la dalle. Plus moyen de refuser. Puisque Tenshi m’avait poussé dans un piège, je n’allais pas essayer de me débattre hein. Sinon il allait tout bêtement me repousser dedans. Vu le regard qu’il me jetait, c’était à prévoir.
Bon sang, mais pourquoi je n’avais pas choisi un compagnon stupide ? Genre un caniche qui détestait les gens. Au moins, lui, ne m’aurait pas poussé à sauver tout le monde, je ne m’en serais porté que mieux.
Et puis je crois que je n’aimais pas les filles. Enfin, pas vraiment les mecs non plus. Disons que je préfère les filles. Mais de loin. C’est plus facile de les mater que de les approcher. Quand j’aurais passé la trentaine, et que j’aurais vraiment la dalle ce serait plus facile. Là, tout de suite, à part la bouffe …

Elle se présente avec sa voix claironnante. Hé, mais elle n’a pas fini de me taquiner, un peu ? Ah non, c’est plutôt une question de politesse. Oui, ça colle aussi à la situation. Elle n’a peut-être même pas remarqué que je ne suis pas trop dans mon assiette. Enfin, façon de parler. Même si j’hésitais, généralement, j’étais toujours dans mon assiette au bon moment. Même si, en fin de compte, je n’avais pas souvent une assiette. Ca y est, même mes divagations étaient en train de s’embrouiller. Etrange, d’habitude même si je suis en présence féminine je ne suis pas aussi tendu. C’est sans doute parce qu’elle m’a attrapé par la taille toute à l’heure. Je l’ai touchée. Bon, pas grand-chose, mais suffisamment pour être troublé. A coup sûr, c’était la première fois depuis un bout de temps que je laissais quelqu’un s’approcher aussi près. Enfin, si on excluait les fois où j’avais dû me battre pour telle ou telle raison. Mais c’étaient des poings ou des prises. Pas une sorte de câlin désespérée en sautant du haut d’un toit. C’était pas pareil.

Ah, oui, elle m’a dit son nom, c’est vrai.

« Euh … Rem Inuzuka. Je suis … Ben comme vous voyez, un ninja. De l’Empire. Chuunin aux dernières nouvelles … Et espion de son état ! Mais là je suis pas vraiment en service, en fait. Je fug… euh, partais prendre des vacances à Hoto. Je me suis arrêté à Kahari pour passer la nuit. Je repars demain et … Euh … En fait on s’en fout un peu. Allons au stand de râmen. »

Ok, je parlais pour ne rien dire. Et le pire, c’est qu’en plus je lui disais des choses qu’elle ne me demandait même pas. Ce n’était pas de ma faute, je me sentais obligé de déblatérer pour meubler la conversation. Peut-être que si je lui laissais le cours de la conversation ça irait mieux et …

Bon, ça ne pouvait plus durer. Je m’arrête en plein élan. Tenshi, qui était parti trottiner devant, se retourne, l’air interrogatif. Il ouvrit la gueule, un peu comme pour me crier d’arrêter. Mais dans cette scène au ralenti, il n’eut pas le temps. Ca sortit tout seul :

« Dites, je vous ai sauvé la vie et vous m’avez invité à diner mais … Ca ne veut pas dire qu’on va se marier ou un truc comme ça, hein ? C’est juste une invitation formelle, pour être sympa ? »
Chuunin
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Jeu 22 Juin - 16:03
Je me suis fait des idées sur les ninjas de l’Empire. J’ai imaginé des mercenaires, armés jusqu’aux dents, et sans aucun scrupules. Mais ce Chuunin est totalement différent. Et les ninjas que j’ai croisés dans les rues de Kahari sont eux aussi bien différents. C’est édifiant : je n’ai jamais pensé à remettre en cause les enseignements du clan Nara, et sa vision du monde extérieur. Mais il semble qu’ils ont besoin de sortir un peu plus de chez eux.
Rem a l’air gentil. Et sa timidité est très amusante. Presque touchante. Par contre, par les queues d’Inari, qu’est-ce qu’il est maladroit !
Je ne pense pas ça par rapport à une maladresse physique. Sa course, le chakra qu’il dégage, sa musculature … C’est sans doute un bon ninja et un combattant redoutable, malgré le peu de gloire de sa fuite, un peu plus tôt. Mais plutôt de ce qu’il dit. Et de son comportement. Il me rappelle un peu Naja. Elle est comme ça, toujours à paniquer pour une raison ou son contraire, à remettre en doute la moindre de ses actions. Et surtout, à ne pas savoir se comporter avec les autres personnes. Sauf avec moi. C’est peut-être parce que je suis différente, qu’elle a été plus à l’aise avec moi et que j’ai réussi à la comprendre ? Si c’est le cas, alors c’est une bénédiction.

Tandis que Rem bafouille et me raconte son amour des râmens, j’en profite pour regarder aux alentours. A première vue, c’est désert. J’attrape le jeune homme par la main et le tire hors de la ruelle, pour nous mêler à la foule. Je pense qu’ils me surveillent encore. Mais au milieu de tant de civils, ils ne tenteront rien qui puisse les compromettre. En plus, la présence d’un Chuunin doit foncièrement les faire hésiter. Ce sont probablement des mercenaires, ils ne veulent pas d’ennuis avec l’Empire.
Pourquoi ne seraient-ce pas des ninjas, eux aussi ? C’est simple, si c’était le cas, ils ne seraient pas en train d’attendre. Des ninjas auraient pu m’arrêter publiquement sans aucune crainte. Surtout pas de la part d’un de leurs confrères.
Donc tant que je reste avec Rem, je suis en sécurité. Je n’aime pas trop l’idée de me servir de lui en jouant les pots de colle … Mais il est attendrissant, même si je n’avais pas été dans cette situation j’aurais peut-être quand même insisté pour l’inviter. Peut-être avec un peu moins d’empressement, c’est tout.

Il est lancé, apparemment. Il me divulgue tout un tas d’informations sur lui, que j’ai du mal à faire concorder. Son comportement, et sa facilité à lâcher toutes ces données sur sa vie privée contredisent les dîtes données. Un espion, lui ?
Je me contente d’un simple sourire en guise de réponse. J’ai trop peu l’habitude de remettre en doute les paroles des autres. A chaque fois que je l’ai fait, auparavant, cela ne m’a attiré que des ennuis. Alors je préfère faire semblant de le croire et laisser couler.

Je m’arrête tout net et me retourne vers lui, étonnée, lorsqu’il se met à me parler de mariage. Mais quelle mouche l’a piqué ? Nous ne sommes pas dans un conte de fée, mais dans la vie réelle. Il n’y a que dans les histoires pour enfants, et encore la plupart du temps elles sont pour les enfants un peu simples, que les princesses épousent leur sauveur sans chercher à comprendre ou à le connaitre. Dans la vie réelle, on ne voyait ce genre de mariage rapide que quand ils étaient arrangés.
Enfin je ne vais quand même pas lui dire que c’est un crétin. Sa naïveté, là aussi, a quelque chose de touchant. Et puis, je suis quand même curieuse de savoir qui il est maintenant. Il est Chuunin, se présente comme un espion, mais enchaine les maladresses depuis qu’il m’a tiré de ce mauvais pas. Rem présente tous les symptômes d’un boulet. Et pourtant, il a clairement l’air compétent. Ce paradoxe me fascine un peu.
C’est peut-être juste mon manque de contacts humains qui produit cet effet.

« C’est une invitation, rien de plus. Peut-être pas formelle, mais amicale. Détends-toi, s’il te plait, j’ai l’impression de te forcer à venir manger avec moi … »

L’idée me frappe quand je l’énonce. Quel égoïsme de ma part. Je ne lui ai même pas demandé son avis en bonne et due forme. Enfin, si, je l’ai fait. Mais il ne m’a pas répondu et j’ai tout de suite pensé à une réponse positive. Parce que ça m’arrange.
Pour qui je me prends au juste ? Je ne suis ni jolie, ni riche. Et je n’ai pas tous les droits. Surtout pas celui de jouer avec les décisions de quelqu’un.

« Oh, je vois. Tu ne veux pas qu’on mange ensemble parce que ça ressemble à un rendez-vous et que je ne suis pas à ton goût, pas vrai ? Je suis bête de ne pas y avoir pensé plus tôt. Désolée ! »

Je souris gentiment. J’essaie de rattraper le coup, en fait. Je m’en veux un peu de l’avoir forcé à me suivre comme ça. Et moi qui a pensé à le mettre en danger sans tenir compte de lui, juste de moi. C’est une réaction primitive digne d’un animal. Ou de ce que je suis. Mais pas de l’être humain que je veux devenir.
J’arrête notre marche, au beau milieu de la rue.

« Ce n’est pas grave, tu aurais dû me le dire plus tôt. Je ne vais pas me vexer pour si peu, tu sais. »
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Sam 1 Juil - 18:36
Me voilà dans une sale situation. La jeune femme a l’air très mal à l’aise, et je passe pour une sorte de goujat, maintenant. Elle pense qu’elle ne me plait pas et que je me fais des films. Enfin, la vérité c’est que je me suis effectivement fait des films. Mais qu’est-ce que j’y peux ? Elle m’invite à manger comme ça, l’air de rien, alors qu’à cause de Tenshi, je suis obligé de jouer les chevaliers au grand cœur, moi j’ai cru qu’il m’avait encore fait passer pour quelqu’un de trop gentil et tout ça. Du coup que j’allais être obligé de me marier par sa faute. Mais non, elle était juste sympa et elle m’offrait un bol de râmens parce que je l’avais aidée. Ouais, en même temps c’était très logique, je ne savais pas où j’avais été chercher cette histoire de mariage. Quelle andouille.
Elle dit qu’elle ne va pas se vexer pour si peu, mais elle a l’air terriblement déçue quand même. Je crois que dans ce genre de situation je dois démentir … Le truc c’est que je suis toujours en proie à un cruel dilemme : je n’ai pas envie d’avoir de la compagnie. Mais d’un autre côté, je crève la dalle et même si je n’aime pas me laisser dicter par ma faim comme un nécessiteux … Bah c’était un peu ce que j’étais. C’était ça ou accepter le fric de mon crétin de père, donc clairement je faisais avec.

Tenshi me regarde avec sévérité. Mais quel sac à puces ! Bon, ok, je n’allais encore une fois pas avoir le choix. Je n’allais quand même pas ne rien faire et la laisser s’en aller comme le salopard que j’étais, sinon il allait m’en faire tout un fromage et me faire la gueule pendant au moins deux ou trois jours complets. J’en revenais pas qu’il prenne son parti. Il me faisait me sentir monstrueux, à tout le temps attendre de moi que je me conduise inversement à ce que j’étais et à ce que me dictais mon instinct de chien errant solitaire. Bordel, pourtant l’instinct animal, c’était de tout faire pour sa meute et pour soi, non ? Pas de se mêler tout le temps de ce qui ne nous regarde pas ! Alors pourquoi dans notre meute, c’était lui l’humain et moi le chien ? J’aimerais bien qu’il arrête de se conduire comme s’il me piquait mon rôle.
Ce serait beaucoup plus reposant. Et beaucoup moins difficile.


« Mais non, tu te fais des idées. Je voulais juste être sûr que tu ne me faisais pas d’avances. Tu sais, de mauvaises expériences avec les filles, tout ça … Je suis devenu un peu parano. »

Tenshi me fait les gros yeux mais je l’ignore. Quoi, un bon gros mensonge ça ne passe pas non plus ? En plus, j’avais eu des tas de petites amies quand j’étais plus jeune. Il y a trois ans, pour la dernière. Bon, ok, pour la seule. Et ca avait duré pendant moins d’une semaine. Et alors ? C’était une mauvaise expérience, je ne mentais pas complètement.

Et puis je me voyais mal dire à Chihiro que les filles me dérangeaient. Soit elle n’allait pas comprendre, soit encore me sortir une bouille désabusée et m’obliger à trouver un mensonge encore plus gros. Ou pire, à dire une autre vérité, qui empirerait les choses. Autant arrêter là la spirale de l’enfouissement involontaire prématuré, et ne pas être honnête. De toute façon, l’honnêteté et les beaux principes, ça pue. Je suis un espion, non ? Alors qu’il me laisse mentir en paix.


« Ecoute, je suis désolé, je me suis imaginé des trucs, et je n’aurais pas dû. Bien sûr que j’accepte ton invitation. Avec plaisir même : j’ai une faim de loup. On pourra même faire une balade après manger : tu as l’air de ne pas trop connaitre Kahari et moi non plus. C’est une ville plutôt riche, donc il doit y avoir des lieux de tourisme ! Et qui dit tourisme, dit commerces et établissements sympas ouverts la nuit ! »

Avec un sourire un peu forcé, je me tape le poing contre la poitrine.

« Tiens, je sais ! Tu as la peau foncée, et je suis un ninja d’élite ! On a qu’à faire croire à tout le monde que tu es une noble étrangère, et que je suis ton garde du corps. On ne nous refusera l’entrée nulle part comme ça ! »

En plus comme ça, c’était elle qui paierait … Sinon le mensonge ne serait pas crédible. Pas plus que ma bourse vide. J’espérais juste que le jeu en valait la chandelle et qu’il y avait vraiment des endroits sympathiques, parce que si elle acceptait je me condamnais à passer la soirée avec une fille. Enfin, elle n’avait pas l’air d’avoir d’idée saugrenue, ni d’être abominable, ce que son souvent les personnes de la gente féminine. Je devrais réussir à m’en sortir et à être gentil pendant au moins une soirée complète. Peut-être.
Tenshi aboya, pour marquer son approbation.

Il y avait quand même quelque chose qui me chiffonnait. J’avais un bon flair pour éviter les guêpiers et de me fourrer dans une sale situation. Elle ne le titillait pas, mais il restait un point assez obscur dans la situation dans laquelle Chihiro était …


« Quand même je suis un peu sceptique. Qu’est-ce que des mercenaires professionnels peuvent vouloir à une prêtresse d’Inari ? »

Parce que oui, elle n’avait pas été attaquée par deux pervers ou deux amateurs. J’étais espion, je savais noté les détails, ou bien les équipements par exemple. Et ces deux types avaient clairement des armes de qualité, de bonnes armures, et l’expérience du combat. En plus l’un d’eux avait une sale blessure au visage, comme s’il avait pris un coup de fouet. Or, elle ne semblait pas s’être débattue quand j’étais arrivé … Peut-être avant ? J’y pensais seulement maintenant à cause de l’enchainement des événements, mais au final il y avait quelque chose de louche là-dessous. Et si je pouvais faire semblant d’être ami avec une fille pendant une soirée, je me refusais catégoriquement à me mettre dans une situation dangereuse pour quelqu’un que je connaissais à peine.

Et puis bon, même si une prêtresse pouvait très bien avoir une bonne réserve de chakra pour ce que j’en savais … Eh ben, elle avait quand même l’air d’en avoir une plutôt conséquente. Elle essaierait pas de me mentir, elle aussi, desfois ?
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Ven 7 Juil - 6:50
Alors c’est juste ça. De mauvaises expériences avec les filles. J’ai cru pendant un instant qu’il me rejetait, mais apparemment je suis paranoïaque moi aussi. Je me détends un peu pour le coup. Je ne sais pas s’il dit ça pour me faire plaisir ou pas, mais en tous cas il a décidément l’air très gentil. En plus pour finir, il vient même de me proposer de passer la soirée entière avec lui. Ce qui m’arrange, mais me fait aussi très plaisir. Je vois que mon apparence étrange ne le rebute pas. Et dire qu’il m’a sauvé la vie. Enfin, j’aurais pu me défendre mais ça il ne le sait pas. Donc quelque part, c’est un peu mon chevalier et mon sauveur. Je sais bien que je me fais des idées et que je ne suis pas une jeune femme comme les autres. En plus vu mon âge je ne suis pas une jeune femme du tout. J’ai même probablement suffisamment de bouteille pour être son arrière-grand-mère. Mais encore une fois, ça non plus il ne le sait pas. Donc je vais juste profiter du fait que quelqu’un est gentil avec moi pour une fois. J’en ai un peu marre de ne croiser que des mercenaires qui veulent ma peau. Ca va me changer un peu les idées. Et en plus je vais avoir l’occasion de me faire une meilleure idée sur les ninjas de l’Empire.

« Ce n’est que ça alors … Je suis désolée je dois te paraître un peu bête à être parti si loin et d’avoir imaginé tout ça. Allons-y, j’ai faim moi aussi. »

Ce n’est pas vraiment un mensonge : mon corps a réellement faim. Mais malgré ce besoin biologique, la faim ne me tenaille jamais vraiment. Je raisonne plutôt en termes d’énergie disponible et de besoins caloriques. Mais bon, je reste dans le vrai, puisque j’ai justement besoin de recharger un peu mes batteries.

Son idée de jouer les nobles étrangères m’amuse beaucoup. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui voit ma peau et mes yeux d’une manière aussi calme. Si humaine, en fait. C’est rafraîchissant. Mais je ne suis pas si sûre que ce soit une bonne idée. Du coup je secoue la tête, tout en manifestant par un sourire et un petit gloussement travaillé le fait que son humour m’atteint. Le sourire, je sais le faire depuis longtemps. Mais un rire, c’est autre chose. Il sonne un peu faux d’ailleurs. Pourtant, il est sincère. C’est juste que je manque un peu d’entrainement en la matière, pour le traduire de façon crédible. Ca n’a jamais été une des priorités de Masuro. Et donc je peine un peu à le transcrire correctement, faute d’un apprentissage complet.

« Je ne pense pas que ce soit bien de se faire passer pour quelqu’un d’autre. En plus, toi tu es espion tu sais le faire. Mais moi je ne sais rien des dames de la haute. Je suis plutôt habituée à une vie de ferme, je n’ai pas les manières ou les tournures de langue appropriées. Désolée ! Je ferais sans doute une bien piètre comédienne … Mais je te remercie de le proposer, c’est toujours agréable. »

Quelques pas plus loin, nous sommes devant le stand de râmens. Tout en m’asseyant, je jette un coup d’œil derrière moi. Ils sont là, tous les deux, dans la ruelle opposée. Les deux mercenaires. Ils ne feront rien tant que Rem est là. Enfin je crois. En tous cas, pas tant que nous sommes assis à ce stand, avec tout ce monde qui traversait les rues. Ce serait trop imprudent. Du coup je ne m’alarme pas plus que ça pour l’instant. Le vrai problème va être de quitter la ville : si je ne les sème pas avant, ils risquent de me suivre pendant encore longtemps. En plus de ce que Rem m’a raconté, on ne part pas dans la même direction. Donc pas la peine de compter sur sa présence comme garde du corps pour m’en débarrasser. Pour une fois que je m’acoquine avec un shinobi de l’Empire, il faut qu’il aille dans la direction inverse à la capitale … C’est pas de chance pour le coup.
Pas grave, en-dehors de la ville, il n’y a pas de civils qu’on risque de blesser. Je vais devoir me débarrasser d’eux moi-même. En espérant qu’ils ne soient vraiment que deux, et que ce ne sont pas des éclaireurs d’un plus grand groupe. Je ne sais pas exactement à combien le clan Nara a fixé la prime, mais ils me veulent. Donc elle doit être assez haute. Peut-être suffisamment pour attirer des groupes de mercenaires assez solides. D’ailleurs ces deux-là ne sont clairement pas des navets, ils me l’ont déjà prouvé.

Le gérant du stand, qui vient d’en finir avec deux autres clients, se tourne enfin vers nous. Je commande un bol pour le moment, et laisse Rem faire son choix.

« Prends ce que tu veux, c’est moi qui t’invite. Evite juste de vider complètement mon porte-monnaie. Prêtresse d’Inari, ça ne rapporte pas grand-chose. »

Justement, le ninja vient juste d’avoir un instant de lucidité. La présence des mercenaires ? Il les a senti lui aussi ? Ou alors c’est juste qu’il vient de percuter et donc qu’il y réfléchit depuis toute à l’heure. J’ai pensé un moment que ma feinte de les faire passer pour des pervers avait fonctionnée, mais visiblement non. Il a deviné tout seul qu’il s’agit de professionnels. Je ne peux pas lui dire la vérité, mais je n’aime pas mentir sur toute la ligne. Quand je me suis construit cette couverture de prêtresse, je l’ai trouvé pratique parce que j’ai les connaissances pour le faire. Et donc que je peux réellement officier en tant que telle. Mais là c’est différent de jouer un peu de comédie. C’est un gros mensonge que je dois lui déballer si je veux me couvrir. Et quand je mens, je me sens mal. Surtout sur ce genre de sujet. Déjà que je le manipule un peu pour conserver sa protection un maximum de temps, j’aurais mauvaise conscience d’en faire plus …

Du coup j’essaie de trouver une sorte de compromis.

« Je ne t’ai pas menti, pourtant, je suis bien une prêtresse d’Inari. Seulement, ça ne veut pas dire que je ne suis que ça ! Et j’ai quelques ennemis. Si ça peut te rassurer, je ne suis pas recherchée par les autorités impériales ou quelque chose comme ça. Enfin tu es espion, je suppose que tu dois savoir ce genre de chose. »

Avec un sourire complètement forcé, alors que l’angoisse de le voir simplement s’en aller, vexé, monte, j’ajoute :

« Et ne t’en fais pas, il ne se passera rien devant tant de monde. Ils ne s’en prendront pas à un ninja de l’Empire. Je ne t’aurais pas proposé de te payer à manger si je ne savais pas ça. Je te suis reconnaissante de m’avoir sauvée, déjà. Je ne t’aurais pas attiré volontairement dans un problème personnel en te faisant prendre des risques. »

Je manque d’en dire trop et de lui dire de ne pas s’en faire, que je vais m’occuper d’eux plus tard ou ce genre de remarque. Ca aurait été un peu flagrant. Une prêtresse peut savoir se défendre, mais peut-être pas au point de mater deux mercenaires expérimentés et entrainés. Enfin, pourtant, en l’occurrence, c’est le cas.

Le chef arrive avec les râmens, qu’il pose devant nous. Je le remercie d’une voix un peu évasive, et commence à tripoter pensivement mes baguettes. En fait je suis un peu stressée. La situation est agréable, je discute avec quelqu’un de gentil. Mais toute cette tension est un peu insoutenable. Si seulement ils pouvaient s’en aller et me laisser tranquille pour l’instant. Je n’en peux plus de sentir leur regard peser sur moi constamment.
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Sam 8 Juil - 13:30
Je me demandais si j’étais vraiment étrange, ou si c’était cette fille qui l’était. En tous cas, elle semblait plutôt joyeuse maintenant. Ca devait vouloir dire que je m’en étais bien tiré. Enfin, ça veut pas dire non plus que j’étais bon à marier il ne fallait pas s’emballer. Juste que j’étais devenu un peu meilleur pour parler à une fille. C’était déjà bien. Et je ne ferais pas ça tous les jours vous pouvez me croire ! C’était bien trop fatiguant de réfléchir autant. Ou de rattraper mes conneries quand je ne réfléchissais pas. Le seul qui avait l’air de vraiment s’éclater et d’être fou de joie, c’était Tenshi. Saleté. Je me demandais s’il n’essayait pas de me caser lui d’ailleurs. En tous cas, il aimait bien cette fille donc bon. Ca voulait dire que je pouvais lui faire confiance, au moins un minimum. Tenshi avait un bon instinct pour reconnaitre les fréquentations acceptables.

En plus, maintenant, j’étais assis à un stand de râmens, un bol sous les yeux. Tu m’étonnes que ça valait le coup d’endurer tout ça ! Ca faisait longtemps que je n’avais pas mangé de râmens. Je préférais plutôt les nouilles instantanées, ou les frigos des autres. La vieille chez qui j’habitais avait plein de trucs conservés au frais dans sa cave par exemple. Directement dans de la glace. C’était chiant à réchauffer à chaque fois. Mais y’avait pas de râmens dedans. Et j’avais pas les thunes pour m’amuser à aller au restaurant. Ou au stand.
C’était quand même un comble d’être Chuunin et d’être tout le temps fauché. Même la prêtresse semblait avoir une meilleure gestion que moi. En même temps, j’avais reçu une note de restaurant pour 6 personnes, venu de je ne savais où, et effroyablement cher. Quelque chose me disait que c’était Hanaki et Sham qui m’avaient joués un sale tour vu le nom du resto. Mais je préférais laisser ça en doute pour l’instant. Je n’aimais pas trop l’idée de soupçonner sans vraie preuve : je leur demanderais tout simplement, à l’occasion. Ce serait dommage de me brouiller avec Sham pour ça, ou avec une des rares Inuzukas que je connaissais avant même de la connaitre. Et je n’aimais pas trop me prendre le chou.
Fin quand même, je pouvais pas payer.

Je lui désigne Tenshi pour toute réponse.


« Si tu veux pas te vider ton fric, c’est à lui qui faut dire ça. Son ventre est un gouffre infini. Même quand il a plus faim, il peut encore manger plus que trois régiments. »

L’air innocent, le terre-neuve mangeait délicatement et tout doucement le bol avec quelques morceaux de viande que je lui avais posé par terre. Ca ne prenait pas avec moi mais il faisait le chien bien élevé devant Chihiro. Juste pour me contredire. Le petit malin !

La suite de la conversation fut un peu brouillonne. Quand je fis remarquer à Chihiro qu’une prêtresse poursuivie par deux mercenaires professionnels, c’était bizarre, elle partit au quart de tour, grossissant ce qui m’apparaissait évidemment comme un mensonge, maintenant. Elle avait très peu d’expressions faciales et restait plutôt tranquille (ce qui était un peu troublant d’ailleurs), mais les indices étaient plus nombreux qu’ils en avaient l’air.
Déjà, Tenshi l’aimait bien. Et Tenshi avait plutôt tendance à aimer les gens qui avaient un chakra qu’il aimait bien. Et pour qu’il le sente et s’y intéresse, il en fallait quand même pas mal. D’ailleurs, j’eus rapidement vérifié. Effectivement, cette prêtresse avait un chakra à peu près équivalent à celui d’un de nos Chuunins classiques.
En plus, vu les chaines à sa taille elle savait se défendre. Je ne sais pas pourquoi elle n’a pas tenté de riposter dans la ruelle mais c’est quand même bizarre.
Ensuite elle envoie simplement trop d’ondes négatives quand elle parle de qui elle est. Elle angoisse beaucoup apparemment. Elle n’a peut-être pas d’expression, mais elle ne dissimule pas bien qu’elle a des secrets.

Enfin bon, au fond, c’était pas mes oignons. Juste, c’était amusant de voir à quel point elle faisait des efforts pour me cacher tout ça. C’était juste parce que j’étais un espion ? C’est vrai que c’est assez impressionnant comme titre. Mais je n’y peux rien si c’est la vérité ! Ce serait pas sympa de pas profiter d’un titre aussi cool alors que je l’avais, non ?


« Tu n’es pas obligée de me mentir, tu sais. Je me fiche pas mal de connaitre la vérité. Je disais ça sur le ton de la conversation, tu fais ce que tu veux de ta vie. Tant que ces emmerdes ne me retombent pas dessus, tu sais … Enfin, je t’en veux pas de me cacher des trucs. On ne se connait même pas. »

Je hausse les épaules en signe de je-m’en-foutisme complet.

« Si c’est parce que je suis espion je ne fais pas de rapport sur les personnes qu’on ne me demande pas. Donc si t’as envie de parler et que ça ne m’implique dans rien de louche, n’hésite pas. Sinon, garde tes secrets pour toi, effectivement ça vaut peut-être mieux. »

Je réalisais que je parlais à une fille. Et donc qu’elle risquait encore de mal le prendre. Et que même si ce n’était pas le but, que je ne voulais pas être méchant, j’avais peut-être été un petit peu trop honnête. Surtout la partie où je lui expliquais plus ou moins que je n’en avais rien à ciré de sa vie, et d’elle. En plus ce n’était pas tout à fait vrai, elle avait l’air sympa. Je n’aimais juste pas qu’on m’entrainer dans une chute avec quelqu’un d’autre. J’avais déjà Tenshi pour ça, et c’était déjà beaucoup trop pour mon cœur, pas du tout amateur de sensations fortes.
Enfin, je n’allais pas laisser la conversation s’installer trop fort dans le registre du goujatisme. Il fallait que je me rattrape un peu.


« Enfin, ça veut aussi dire qu’on peut s’amuser sans en parler, si tu préfères. Mangeons tranquillement, et on ira faire un tour pour voir la ville. Comme tu dis il se passera rien devant tout ce monde. Profitons-en pour les ignorer tout simplement. »

« Du coup, changeons de sujet. Hum … Tu viens de quelle région ? Tu as la peau sombre, c’est assez peu courant. Tu as fait partie de ces tribus nomades, qui viennent du désert, peut-être ? »


Ben voilà, c’était pas mal non ? Je me trouvais plutôt gentil pour le coup. Et même carrément galant, limite Dom Juan. Pas de doute, j’étais un as. Encore un peu inexpérimenté, mais une fois rôdé j’aurais toutes les filles du monde qui s’accrocheraient à moi.
En fait à la réflexion, il valait mieux que je reste nul. Parce que l’idée ne m’enchantait pas vraiment. Enfin, d’un côté purement masculin j’apprécierais sans doute. Mais du reste, je me sentirais trop mal. Une fille, ça se regarde, ça se touche pas. C’était mon crédo pour l’instant !
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Mer 12 Juil - 21:42
C’est la première fois que je rencontre un Inuzuka, et je dois dire que je suis un peu surprise du degré de complicité que Rem a avec son chien. Le canidé est clairement plus intelligent, il a l’air plus fort, que les autres représentants de son espèce. Et ce n’est pas seulement une histoire de carrure, parce que là évidemment il est au top niveau, mais aussi autre chose. Même si je n’arrive pas tout à fait à mettre le doigt dessus. En tous cas, même avec ça, il semble très gentil ce chien. Et comme on dit, l’animal est le reflet de son maitre. Même si Rem a des attitudes laxistes et semble se ficher royalement du monde autour de lui, je suis persuadée, rien qu’en regardant Tenshi, qu’il ne fait que se donner des airs.

Malgré tout sa façon de voir les choses est étonnante. Il se fiche pas mal de ce que je vais dire, à partir du moment où je ne l’implique dans rien de dangereux. Par contre il n’a pas l’air d’aimer qu’on lui mente. Je ne sais pas s’il est réellement espion comme il l’affirme, mais en tous cas il est très perspicace, et ne se laisse pas berner par mes fausses excuses. Je ne saurais pas dire si je préfèrerais qu’il me laisse mentir impunément ou pas, mais je ne suis pas sûre que ce soit une mauvaise chose qu’il me force à dire la vérité. S’enraciner dans les mensonges n’est pas une bonne chose. C’est nécessaire pour se sortir d’une mauvaise situation ou face à quelqu’un qui représente un danger pour soi. Mais en l’occurrence, Rem n’en est pas un pour moi. Il m’a sauvé la mise, et maintenant il me dit qu’il n’a rien après moi. Et je le crois.

« Je ne t’ai pas tant menti que ça. Disons plutôt que j’ai contourné la vérité. Je compte me rendre dans l’Empire, et je compte bien m’y faire passer pour une prêtresse d’Inari quelques temps. Ce n’est pas l’Empire qui est à ma recherche, et je n’ai commis aucun crime. Je ne sais pas si ça a de l’importance pour toi, mais pour moi ça en a : alors autant que ce soit clair. Je suis recherchée par des gens, oui. Mais je ne suis pas une criminelle, je n’ai rien fait de mal, je n’ai blessé personne. Tout ce que je veux c’est vivre libre, et trouver ma place quelque part. »

Je ne sais pas trop pourquoi je lui dis tout ça, mais c’est la première personne amicale que je rencontre depuis un bon moment, alors je crois que je me sens tout simplement en confiance. Il est étrangement distant, il a quelque chose qui met une barrière entre lui et les gens auxquels il parle. Mais malgré tout sa maladresse est un rien attachante, et je n’oublie pas qu’il m’a aidée. Et qu’il a accepté mon invitation à manger ensembles. Ce ne sont peut-être que des riens, et je n’ai aucune arrière-pensée derrière tout ça. Mais ces contacts humains ne sont pas dans mes habitudes. Ni qu’on me considère avec gentillesse. Ou quoi que ce soit comme attitude, je ne suis pas sûre encore de ce que c’est.

« Et du coup si tu préfères éviter les sujets compliqués, il vaut mieux que je ne te dise pas qui me cherche. »

Je réalise soudain quelque chose de très important, et je tends ma main vers lui.

« Et … Je t’ai bien menti sur un point. Chihiro, c’est mon identité d’emprunt. J’ai des papiers à ce nom mais je les ai fait faire par quelqu’un pour qu’ils aient l’air de vrais papiers. Pour pouvoir me déplacer plus facilement, et rencontrer moins de mercenaires comme ceux de toute à l’heure. Mais je m’appelle Akane, en réalité. »

Pas de nom de famille ? Il ne faut tout de même pas exagérer. J’ai confiance en lui, mais pas à ce point-là. En plus, si je lui donne mon nom complet, il va faire le rapprochement et il risque de me reprocher de l’impliquer là où il ne veut pas. Je l’ai prévenu des risques liés au fait de rester avec moi plus de quelques minutes. Mais il faut sur je veille à ne pas lui donner d’information, maintenant. En plus j’ai quand même un léger doute sur cette histoire d’espion. Soit c’en est un vraiment mauvais, soit c’en est vraiment très bon, soit ce n’en est pas un. Mais un espion ordinaire ? Non, ça c’est déjà à exclure. J’ai bien envie de lui demander, sur le coup, mais je finis par abandonner cette idée. Soit ça va le faire rire, soit ça va le vexer. Et je n’ai pas du tout envie de vexer le seul ami, enfin pratiquement ami, que j’ai réussi à me faire depuis que j’ai quitté le clan.

En parlant d’ami je me demande comment va Naja. Je ne sais même pas si elle s’est faite prendre pour m’avoir libérée ou pas. Je pense que non, parce qu’elle est vraiment très douée pour ne pas se faire remarquer. Elle fait partie de ces Naras qui savent se fondre dans l’ombre pour se camoufler et qui ne sont pas faciles à repérer. Mais il y a de très puissants ninjas dans le clan. Du coup, peut-être qu’elle s’est faite taper sur les doigts. Enfin, au moins Naja est une Shugenja. Même si elle se fait enguirlander, une jeune personne avec un rôle aussi respecté n’a presque aucune chance de se faire emprisonner ou d’encaisser un châtiment trop sévère.
Après tout, elle n’a même pas blessé les gardes de ma cellule. Elle les a endormis, et tel que je la connais elle a dû le faire avec la plus grande douceur. Et même veiller à ce que leurs têtes ne heurtent pas le sol lorsqu’ils se sont écroulés. Par gentillesse, mais aussi par prudence, car un corps inerte qui s’effondre fait beaucoup de bruit.
Non, avec quelques secondes de réflexion, ce n’est décidément pas possible qu’elle soit en mauvaise posture. En plus ses parents sont des gens importants. Malgré tout j’aimerais bien la revoir. Je ne l’ai pas remerciée comme il se doit, et puis, j’ai trop peu d’amies pour me permettre de les abandonner. Enfin, ça devra attendre un peu. Si je n’ai pas la protection de l’Empire, ce projet est inutile.

Et en parlant d’Empire, le Chuunin reprend la parole, tandis que nous nous levons pour marcher un peu. Il commence d’ailleurs tout doucement à faire nuit. Et les deux mercenaires ? Je regarder un peu partout autour de nous : soit ils sont bien cachés, soit ils ont renoncés. Je préfère quand même considérer qu’ils sont bien cachés pour le moment.
Rem me questionne soudainement sur mes origines. Il essaie de déterminer qui je suis tout en prétendant ne pas le vouloir ? Je scrute rapidement son regard. Non, il a l’air totalement désintéressé. Et un peu désemparé. Il galère sans doute à trouver un sujet de conversation, vu comme je suis peu loquace … je suppose que je dois m’en vouloir pour ça. Mais il est encore temps de me rattraper. Seulement, pas avec ce sujet-là.

« Non, disons plutôt que ma peau est une anomalie génétique. Mais je ne suis pas née nomade, je suis même né très loin des régions désertiques. C’est comme pour mes yeux. Des accidents, en quelque sorte. »

J’ai un peu simplifié le sujet parce qu’il ne me plait pas. Ces anomalies, ou accidents comme je les appelle, ont été le vecteur de mes brimades, de ma séquestration aussi. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, ce fut un emprisonnement.
Enfin, peu importe. Bon, je ne vais pas le laisser mariner plus longtemps à devoir chercher de quoi parler. Je prends mon courage à deux mains, et je l’interroge à mon tour. En plus je me pose plein de questions sur lui, donc ça tombe plutôt bien. Il n’a presque rien dit de qui il est, à part cette histoire d’espion, et son nom. Un nom célèbre d’ailleurs.

« Et toi, tu viens d’où ? De l’Empire ? J’ai entendu dire que les Inuzukas venaient du pays de la neige. Et qu’il n’y a pas vraiment de clan Inuzuka dans l’Empire. C’est donc inhabituel, je suppose, de rencontre l’un d’entre vous, non ? En tous cas moi c’est la première fois que je rencontre un membre de ton clan. »

Je ne sais pas vraiment si c’est un sujet à risque, mais c’est toujours mieux que de parler de mon clan à moi dans le cas présent.
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Lun 17 Juil - 20:05
Tout en écoutant Akane parler, je lui fais un signe de la main pour l’inviter à me suivre. Bien sûr, je la laisse payer avant, après tout c’est elle qui m’invite. Et j’ai déjà suffisamment de problèmes avec les restaurants en ce moment.
Elle a l’air de me faire confiance, ce qui me gêne un peu. Pas par rapport à mon métier d’espion, de toute manière je ne raconte que ce sur quoi on me demande d’enquêter. Et là, présentement, c’était vraiment un pur hasard que je la rencontre, donc rien à faire. Non, plutôt que je n’aime pas trop que les gens me fassent confiance excessivement : je ne suis pas le genre de type qui vient en aide spontanément à n’importe qui. Ca, c’était Tenshi. C’est plutôt en lui qu’elle aurait dû avoir confiance, parce que si je lui confirmais qu’elle pouvait effectivement avoir confiance en moi, ça allait amener son lot de responsabilités dont je n’avais pas trop envie.
Enfin, il me suffisait de ne rien dire du tout, et d’éluder. C’était encore l’attitude qui me convenait le mieux. Au moins, elle ne pourrait pas dire que je lui avais dit de me faire confiance, si jamais elle connaissait une déconvenue par ma faute. C’était ma manière de pouvoir me décharger en cas de besoin.

Pour une fois mon radar à embrouille avait bien fonctionné : je me disais bien que ce n’était pas qu’une simple prêtresse et qu’elle n’était pas recherchée par des amateurs, que ça cachait quelque chose de louche, et tout. Enfin Akane, son vrai nom du coup, affirmait que l’Empire n’avait rien à lui reprocher, et même qu’elle n’était pas une criminelle. Ca avait peu de sens dans ma tête, en fait. Je voulais bien la croire, sur l’Empire : ils n’auraient pas envoyé deux mercenaires même professionnels, pour dénicher quelqu’un. Ils auraient plutôt utilisé la Traque, et ça aurait été bien moins plaisant que la dernière rencontre en date avec ses poursuivants. Beaucoup moins plaisant. J’avais eu à faire à eux une fois, après avoir fugué à cause d’un entrainement trop difficile. Ils m’avaient retrouvé en moins de deux, à l’époque, et m’avaient ramené à Ikusa. J’avais pris le savon de ma vie, mais j’avais aussi pu voir leur efficacité. Et que je ne voulais jamais devenir Nukenin, accessoirement. D’ailleurs, je me demandais parfois comment les gros poissons faisaient pour leur échapper aussi longtemps. Rien que le dernier en date, l’Eclair Blanc, devait être un sacré numéro pour réussir à leur passer entre les doigts, avec tous ceux qui devaient être après lui. Et pour lui, c’était aussi bien la Traque, l’Enquête et la Défense, chacun à leur manière. Et aucun n’avait beaucoup de sens de l’humour.


« Bizarre. Je ne pense pas que tu mentes hein, mais … Comment dire ? Pourquoi, si tu n’as fait de mal à personne et tout, pourquoi est-ce que quelqu’un en a après toi ? Tu en sais trop sur un secret important ? Tu as volé quelque chose ? Si je te demande ça c’est parce qu’il y a une solution toute simple : va à la capitale. Si tu n’as vraiment rien à te reprocher, tu pourras vivre tranquillement ta vie, peinarde. Des mercenaires n’iront pas t’attaquer en plein milieu de Shi no kuni, c’est beaucoup trop risqué pour eux. »

Ce qui était totalement vrai. J’avais eu des créanciers à une époque où j’avais testé deux ou trois salles de jeux dans les plaines. Ils me tombaient dessus à chaque fois que je quittais Shi ou Taki. Mais à l’intérieur des deux villes, j’avais la paix. Ils surveillaient de très loin, mais n’ont jamais rien tenté. Et pourtant, eux, avaient la loi de leur côté ! Seulement, l’Empire intimidait les personnes qui n’en faisaient pas partie. Et souvent même ceux qui en faisaient partie mais venaient de contrées éloignées du cœur impérial que formaient Shi et Taki.

« En tous cas, enchanté Akane. Moi c’est Rem. Eh oui, je ne t’ai pas mitonné, c’est mon vrai nom. Et lui s’appelle toujours Tenshi. »

Ah oui, même si j’étais plutôt concentré, rien ne m’empêchait d’avoir encore des moments de maladresses. Je m’habituais petit à petit à l’idée que cette personne était une fille et se trouvait à moins de dix mètres de moi sans raison valable. Ca ne voulait pas dire que j’étais à l’aise avec elle pour autant, loin de là. Surtout que dans un coin de ma tête, cette invitation ressemblait toujours à un rencard. Même si c’était juste pour la forme, pour me remercier, et tout. Ben ça restait un rencard pour la forme. Et ça me perturbait toujours autant, même si elle avait démenti de toutes ses forces. D’ailleurs, même si elle m’en avait collé une pour me persuader, j’aurais continué à penser de cette manière sans m’en démordre. Pas parce que je tenais à ce que ça le soit, mais parce que j’avais toujours peur, au fond de moi (mais pas trop au fond quand même), que ce soit le vrai motif de ce repas et de cette promenade.
Mais bon, je préférais mille fois l’explication sympa où elle me mentait un peu et me manipulait pour garder un ninja de l’Empire pas très loin le temps que les mercenaires s’en aillent. Avec ça, au moins, je ne stressais pas beaucoup.
En plus ces deux mercenaires étaient des lavettes qui ne tenteraient rien, maintenant j’en étais sûr. En tous cas pas à deux. Ce qui était, au choix, rassurant ou flippant. Je préférais ne pas penser à la mauvaise issue pour l’instant. Surtout tant qu’on était à l’intérieur de Kahari, là c’était tranquille.


Comment en est-on arrivé au sujet d’où je viens ? Ah oui, elle vient de me dire pour elle. Des accidents génétiques. Pourquoi pas, après tout. Là pour le coup je ne voyais pas d’entourloupe particulière. Certains clans, majeurs ou mineurs, parmi les ninjas, avaient bien pire comme particularités physiques. Héberger des insectes dans son corps par exemple. Ou avoir des yeux qui changent de couleur ou de forme. C’était quand même pas banal non plus. Donc une peau un peu sombre et des yeux de fauve … Ouais, non, ça ne me choquait pas le moins du monde.

« Non je ne viens pas du pays de la neige. Je suis né à Shi. Mon père n’a d’Inuzuka que le nom. C’est une sorte de fusion entre une ordure, un démon, et un banquier. Bref, rien de recommandable. Mais il est parti du clan il y a une paille, et moi je n’y ai jamais mis les pieds. Un pur produit impérial, comme on dit. »

Comme on dit ? Mais qui disait ça ?

Nous avons pas mal marché en tous cas, le temps de discuter. Et la rue s’est progressivement vidée, comme on est sorti des rues les plus commerçantes. A vrai dire, je n’ai pas vraiment attention, parce que je faisais gaffe à maintenir une distance de sécurité d’un mètre et demie avec la jeune femme, et j’ai un peu relâché ma vigilance. Tenshi aboie. Je me retourne un peu dans toutes les directions. Il y a de drôles de loustiques qui sortent des ruelles alentours. Environ six individus. Et merde, encore une sale situation. Décidément, j’avais un don pour ça.


« Héhé, bonsoir monsieur le shinobi. »

« Salut ? »

« Le clan Nara nous a engagé pour capturer cette fille. Ce serait pas mal que vous nous laissiez tranquillement l’emmener, s’il vous plait. »

« Vous faites votre boulot hein ? »

« Ouais un truc comme ça. »

« Malheureusement le clan Nara n’a aucune autorité à Kahari. Si vous pouviez l’attendre à la sortie de la ville, je n’y verrais aucun problème. Mais là en plein milieu … Je suis ninja, vous savez, sans preuves, je n’ai pas le droit de vous laisser faire. »

Ils jouaient avec leurs armes. Différentes armes d’ailleurs. Kusarigamas, sabres, poings-kunaïs, aiguilles … que de belles armes en tous cas ! Ils n’avaient pas l’air de vouloir me laisser faire, et je ne voyais pas d’ouverture pour qu’on s’échappe cette fois. Mais si je les laissais faire, ce serait contraire à mon métier et je risquais d’être puni si quelqu’un l’apprenait. En plus Tenshi allait encore râler : il s’était déjà mis devant la jeune femme en mode ‘vous ne passerez pas’. Bon, au moins je n’allais pas avoir besoin de m’occuper d’elle.
Je lui adresse un signe de la main rassurant, avec le pouce en l’air.


« Tu devrais rester derrière Tenshi, je vais régler ça, ok ? Je te crois quand tu me dis que tu n'as rien fait, mais bon, eux apparemment non. Et ton clan non plus. »
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Ven 21 Juil - 13:14
Je rougis et je détourne les yeux en entendant Rem se présenter pour la seconde fois. Je me sens un peu bête de lui avoir menti : il est si gentil avec moi depuis que je l’ai rencontré. Surtout qu’il a commencé par me sauver la vie, puis par accepter que je lui paie à manger. Et comme si ça ne suffit pas, il me fait visiter la ville maintenant. Et en plus il accepte sans broncher quand je lui dis que certaines personnes me recherchent. Certes, il ne l’aurait pas aussi bien prit si ça avait été l’Empire. Mais l’entendre dire qu’il me croit, quand je dis que je n’ai rien fait, me fait quand même très plaisir, et je me rends compte que j’ai raison à son sujet et que c’est quelqu’un de bien. Même si lui prétends le contraire.
Et maintenant il me donne un conseil : me rendre à Shi no kuni pour pouvoir être tranquille et recommencer à vivre. C’est ce que je compte faire, mais entendre de la bouche de quelqu’un d’autre, surtout d’un ninja, que mon idée est la bonne, me remplit d’espoir. Si j’atteins la capitale, s’en est finit de cette course poursuite infernale avec mon clan. Je le sais maintenant. Ce n’est plus seulement une simple idée, mais une certitude. Et savoir que j’ai une échappatoire, après tout ce temps à l’avoir cherché, c’est quelque chose qui ne me laisse pas de marbre.

« Merci, Rem. Je suis désolée de t’avoir menti. Je n'ai vraiment rien fait de mal : mon seul crime c'est d'exister. Mais je ne veux vraiment pas t'en dire plus. »

En même temps, ce n’est pas comme si j’ai eu le choix. Mais c’est quand même un peu humiliant quand on se rend compte qu’on l’a fait pour rien, et que la personne qui a eu le droit à ses mensonges est en fait quelqu’un de confiance.
Nous marchons en silence quelques minutes. C’est dur de trouver un autre sujet de discussion après tout ça, et même si je viens de décider de plus lui mentir, je ne peux pas lui dire ce qui se passe exactement : il se retrouverait peut-être exposé d’une quelconque manière. En tous cas, je n’ai pas envie de le mêler à mes affaires. Il en a déjà suffisamment fait pour moi. Perdue dans mes pensées, je relâche également mon attention et je n’entends pas arriver les mercenaires. C’est quand ils sont trop près pour fuir que je les remarque.

En alerte, je les dénombre aussitôt comme premier réflexe, tout en détachant mes deux chaines de ma taille. Ils sont six. Nous sommes trois, en comptait Tenshi (et vu la taille du chien, c’est impossible de ne pas le compter. Donc c’est environ du deux pour un. C’est peut-être impressionnant, six, mais au final ce n’est pas si terrible. Même si ce sont de bons mercenaires, Rem a l’air plutôt costaud, et si c’est un Inuzuka Tenshi doit être presque aussi fort que lui. Et je sais que je peux m’occuper correctement de deux d’entre eux. Je viens de reconnaitre, en effet, les deux qui m’ont attaqués dans la ruelle, donc je peux évaluer leur niveau. Et je sais que je peux m’en sortir si je donne tout. Seulement, avant que quoi que ce soit ne commence, Rem commence à parlementer avec l’un des gardes. Quand le nom des Naras vient sur la table, je me dis que c’est terminé, et que l’Inuzuka va me livrer. Inutile d’envenimer les relations entre les clans du Nord et l’Empire pour moi … Mais pourtant, il rétorque aux mercenaires de s’en aller. Dans une situation moins critique et dangereuse, j’en aurais eu les larmes aux yeux : il est donc prêt à s’opposer à un clan pour m’aider. Je sais qu’il se justifie en basant ses arguments sur la loi, et le fait que le clan Nara n’a pas d’autorité à Kahari … mais quand même, je suis vraiment contente de l’avoir rencontré. Il ne se bat pas pour moi une fois, mais deux fois maintenant.

Enfin, je ne peux pas l’abandonner et le laisser faire cette fois. Surtout que maintenant il sait qui je suis, et qu’en plus il n’y a pas de témoins, donc pas d’ennuis en perspectives pour moi. Et puis je suis avec un ninja, ce qui me donne un peu de légitimité. Je fais tournoyer un peu mes chaines, tout en contournant Tenshi pour me placer de sorte à ce que nous soyons tous les trois dos à dos, pour former un triangle.

« C’est inutile de me protéger, cette fois, Rem. Tu sais que je ne suis pas celle que je prétends, et on ne risque pas de blesser un innocent puisqu’il n’y a pas de civil aux alentours. Je vais me battre avec toi. »

J’utilise coup sur coup deux techniques, afin de profiter des pourparlers qui s’achèvent à peine pour me préparer à l’affrontement. Ma chaine de gauche s’enflamme. De grandes flammes, même pour une chaine aussi massive … C’est simplement à cause de l’huile que j’ai disposée sur le métal, qui grossit les flammes en leur donnant du combustible. L’odeur de brûlé est très forte, caractéristique. Et elle émet pas mal de fumée. L’autre chaine, elle, se retrouve parcourut d’un courant électrique très puissant, donc les éclairs se voient à l’œil nu par intermittence. C’est ma technique de double chaines, une forgée en acier conducteur, l’autre recouverte d’huile pour qu’elle s’enflamme plus puissamment.
Tout en les faisant danser devant moi, je clame à l’adresse des mercenaires :

« Je pense que vous devriez vous en aller. Vous n’avez aucune chance et je ne désire blesser personne inutilement. »

Je n’ai pas autant d’assurance que j’en manifeste, mais pour une fois mon déficit d’expressivité joue en ma faveur : je ne risque pas de me trahir avec un visage qui ne sait même pas comment montrer le doute ou la peur. Ca ne m’empêche pas de ressentir une certaine angoisse, mais au moins personne ne peut la voir.
Mais malgré tout, je ne fais pas le premier pas. Je ne compte pas ouvrir les hostilités : je ne suis peut-être pas une Nara de sang pur. Sans doute même pas une Nara tout court. Mais j’en ai les gênes, et c’est un Nara qui m’a tout appris. J’ai toujours respecté un certain code moral. Et par  exemple, je n’ouvre pas les hostilités, et préfère envisager toutes les solutions avant de riposter ou de passer à l’offensive.
S’il y a une voie diplomatique, il faut savoir la saisir.
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Lun 7 Aoû - 18:23
Tout comme Akane, je ne suis pas du genre à ouvrir les hostilités. Je préfère quand l’atmosphère s’apaise d’elle-même que les vindictes s’éteignent avant d’être arrivé au stade où ce sont les poings qui parlent. Je suis tellement accroché au principe de lâcheté avant toute chose, que je renchéris quand la prétendue prêtresse propose un cessez-le-feu.

« Je vous préviens, si vous ne partez pas, je serais contraint de tous vous déclarer en état d’arrestation. La violence à l’encontre d’un autre citoyen de l’Empire n’est pas permise. Dans le cadre de l’exercice du métier de mercenaire, vous devez disposer d’un contrat de chasse ratifié par les autorités impériales. Et le clan Nara n’en fait pas partie. Donc soit vous attendez que cette femme sorte des frontières de l’Empire, et vous rebroussez chemin, soit je serais dans l’obligation de vous mettre derrière les barreaux. Je ne tiens vraiment pas à en arriver là, vous savez. »

« Ahaha, pauvre fou. Tu parles trop pour un simple Chuunin ! Qu’est-ce que tu crois que vous allez faire, à six contre vous deux ? Allez les gars, emparez-vous d’elle ! »

Bon, tant pis pour les négociations. Je n’aimais pas l’idée de me battre en infériorité numérique. Même si les techniques d’Akane en mettait plein les yeux, on était quand même effectivement à un contre trois. Ah non, pardon. Ils étaient deux sur elle, donc moi j’étais en un contre quatre. En plus Tenshi la protégeait elle, et donc ne comptait pas me donner un coup de main. Ce chien me surestimait bien trop souvent à mon goût … Bon sang, j’avais vraiment l’art de me retrouver dans le pétrin. Quatre mercenaires professionnels, et endurcis à en croire leur corpulence et leurs cicatrices apparente. Ca n’allait pas être de la tarte.

Une faucille vole vers moi. Par un réflexe chanceux, je l’esquive sans problème. Je vois un peu tard qu’elle est retenue par une chaine. Un kusarigama ! D’une pression inverse, mon assaillant la fait revenir vers lui pour qu’elle me fauche par derrière. Manque de bol, je n’ai pas anticipé ça … mais pourtant, je ne sais pas trop comment, je l’esquive. Décidément, j’ai une chance solide aujourd’hui. C’est déjà ça à mettre à mon actif. Un poing ganté et bardé de griffes se dirige droit vers mon visage. Je glisse sur le sol, et je l’esquive en trébuchant. Wow. Sympa ! Merci la boue ! Peut-être que c’était vraiment une prêtresse d’Inari après tout. Si la déesse des moissons avait fait tomber la pluie le jour dernier, c’était peut-être pour me sauver la mise à cet instant précis, qui sait ? Ca faisait du bien de savoir une déesse de son côté en tous cas !
Oups, un sabre. Il effleure le bout de mes cheveux, cette fois-ci c’est une esquive très propre, en bonne et due forme. Pendant ce temps, à l’arrière, l’un d’eux semble préparer une technique de ninjutsu, profitant de la diversion.
Mais c’est un peu tard, je viens de réaliser quelque chose : je pensais avoir le cul bordé de nouilles, mais plus il attaque plus je me dis que ça fait un peu trop de coups de chance consécutifs. Non, ils sont simplement trop lents. C’est comme s’ils m’attaquaient au ralenti. Forcément, j’ai passé des années à m’entrainer pour augmenter ma vitesse et mes réflexes, pour pouvoir survivre aux entrainements de mon senseï. Comme je ne pouvais pas surpasser sa force, et que je n’étais pas suffisamment solide pour encaisser comme il le faisait, c’était ma seule solution pour prendre le moins de coup possible et donc voir un nouveau jour se lever.


« Vous devriez vraiment déposer les armes. »

« Ta gueule putain ! Kishio, à toi de jouer ! »

Kishio ? Ah oui, le ninja à l’arrière. S’il utilise un ninjutsu je risque d’être touché sévèrement, surtout qu’il a mis du temps à préparer sa technique. Les trois assaillants s’écartent de concert pour laisser le champ libre, et l’autre s’apprête à lancer sa technique … Mais j’apparais soudainement devant lui profitant de l’espace dégagé pour foncer de toute ma vitesse. Hé, je ne suis peut-être pas l’Eclair Blanc, mais j’ai de bonnes jambes après tout, non ? Ma vitesse, c’est un peu ma seule fierté. Avec le fait d’avoir enduré un entrainement impossible, et des tortures d’exercices plus fous les uns que les autres. S’il y a bien quelque chose qui prime sur ma couardise, c’est mon instinct de survie. Ce Kishio n’a pas de chance, lui : j’ai immédiatement senti qu’il était le danger et guetter l’opportunité de le cueillir. Avant qu’il n’achève ses derniers signes de main, j’envoie un poing garni de cestes le cueillir à l’estomac. Le coup est si violent qu’il le plie en deux. Je frappe tellement peu souvent que j’en oublie parfois que je suis bon pour le faire. Mais il est coriace, il continue sa technique ! Bon, grands maux, grands remèdes. J’attrape son bras avec mon coude, et je le plie à contresens de toutes mes forces. Le bruit de cassure résonne dans l’allée, ainsi que le cri du mercenaire. Je viens tout simplement de lui péter le bras. Un bon vieil éclatement osseux. Ca, ce n’est pas une technique que Ikusa m’a appris volontairement. C’est juste qu’à force de me péter mes os à moi, j’ai fini par piger comment il faisait, tout simplement.
L’autre prend de la distance, les larmes aux yeux, son second bras qui tient le premier. Et ses potes se rameutent pour le venger, en m’attaquant par derrière.

Une série de trois coups de poings vient les accueillir, et ils se retrouvent le dos dans la boue. Je prends la pose, pour les regarder de haut. Ce n’est pas la corde que je préfère à mon arc, mais si l’intimidation peut mettre fin à tout ça, je prends.


« Comparé à celui qui m’a appris à me battre, vous êtes des enfants innocents. Lents, braillards, pleurnichards, et à la traine. Vous n’auriez pas tenus deux minutes face à lui. Alors vous n’en tiendrez pas plus de dix face à moi. C’est mon dernier avertissement, Ikusa-senseï m’a aussi appris à lyncher quelqu’un. Si vous ne vous barrez pas tout de suite, je vous montrerais toute l’étendue de cet art. »

Je reprends une pose de combat.

« Je n’aime pas l’admettre, mais il m’a appris à démolir quelqu’un de mille manières différentes. Et même si je n’aime pas non plus m’en servir, si vous insistez je le ferais. C’est votre dernière chance. »

Les trois à terre rampaient en arrière sur leurs coudes.

« Ikusa … Ikusa Seisen ?! »

« Nan Ikusa-senseï. Vous le connaissez ? »

Je perds un peu ma concentration, et ma garde s’affaiblit. Mais de toute manière ils semblent avoir perdue la volonté de se battre.

« Bien sûr qu’on le connait ! C’est un des mercenaires les plus brutaux en activité depuis la mort de l’Eclair Noir ! Il a même participé à la guerre ! On raconte qu’il a tué une centaine de personnes pendant cette guerre ! Et même plus ! Bordel, les gars, on se tire, ce type c’est un ami à Ikusa Seisen, on a aucune chance ! »

« Un ami ? Vous rigolez ou quoi ? Il a essayé de me tuer ! C’est juste mon senseï, n’abusez pas ! »

« Il a essayé de le tuer et il a survécu ! Aaaaaah ! Ce type est un monstre ! »

« Ou un fantôme ! J’ai peur des fantômes ! Aaaaaaah ! »


Ca criait et ca courait dans tous les sens. Bon sang, si je m’étais attendu à ça … Alors comme ça Ikusa-senseï était connu dans le milieu du mercenariat ? Au fond ce n’était pas étonnant, bien des mercenaires qui avaient bossés pour l’Empire étaient devenus officiellement ninjas après la guerre, comme mon professeur. Et ça leur avait donné l’occasion de pouvoir se faire une place tranquillement, et surtout de gagner beaucoup de notoriété, et donc de devenir des shinobis plutôt réputés malgré leur rang premier de mercenaire.
Bon, en tous cas le problème était écarté. Même si je ne m’étais pas trop attendu à ça. Je me tournais vers Akane, et ses double chaines élémentaires, là. Elle s’en était sortie comment au final ? Je ne m’en étais pas soucié parce que Tenshi était avec elle, mais c’était peut-être le moment de s’intéresser à quelqu’un d’autre qu’à ma petite personne.


« Hé, Akane, tout va comme tu veux ? »
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