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Lun 12 Juin - 8:37
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Nukenin
Fondateur de l'Aile du Phenix
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Lun 12 Juin - 9:22
Spoiler:
 

Citation :
Shura-senseï,

Je vous trouve bien triste ces derniers jours, et j’en ai parlé à Nobutsu et Yoriko qui m’ont dit qu’ils l’avaient remarqué aussi.
Nous ne savons pas pourquoi, mais nous nous sommes dit que ce serait bien pour vous de ne pas rester seul chez vous, et d’avoir un peu de compagnie.
Saba a été abandonnée il y a deux ans par son propriétaire, nous l’avons trouvé dans un refuge. L’employée nous a dit qu’elle était espiègle et très vivante.
Je pense qu’elle saura vous égayer !

Passez une bonne journée,
Hikari.


La chatte entre les mains, Shura la regardait avec l’air perdu. Cette lettre l’avait tout simplement scotché sur place. La bestiole essayait d’attraper sa mèche de cheveux rebelle avec sa patte, faisant tinter la clochette autour de son cou à chaque battement. Le Jounin était consterné. Il n’avait jamais aimé ses élèves. Des incapables, des tire-au-flanc. Des bons à rien, aussi. Mais même en les martyrisant de toutes ses forces, ils avaient résistés. Comme des cafards, qu’aucun produit ne peut éradiquer, ils revenaient sans cesse à la charge, plus stupides que jamais. A un moment, il avait même songé à les laisser mourir en mission ou à ordonner à l’Aile du phénix de les assassiner pour qu’il ait la paix. En songeant que ce serait de mauvaises idées, il avait alors pensé à se donner lui-même la mort. Et puis, au final, s’était dit qu’ils n’étaient peut-être pas si mauvais que ça, qu’il fallait leur laisser une chance.

« Miaow. »

** Je veux mourir. **

Que pouvait-il faire de cette créature ? Hors de question de la laisser chez lui. Elle allait mettre des poils partout. Il prenait un soin méticuleux à ce que chaque pièce soit impeccable, que tout soit en ordre, et que sa collection d’objets anciens soit rangée, étiquetée, et exposée en bonne et due forme. Cette chose chaotique allait semer la zizanie dans ses installations. Perturber cet équilibre qu’il avait mis tant de soins à mettre en place.
Peut-être que s’il la carbonisait discrètement, avec un petit coup de Katon, ça ne se verrait pas ?

« Miaow ? »

« C’est vrai, ce n’est pas de ta faute au fond. C’est eux que je devrais mettre sur un bûcher. Je … Je parle à un chat. »

« Miaow. »

« Ne me regarde pas comme ça, c’est hors de question que tu restes ici. »

Citation :
PS : Elle est très propre, et elle aime le grand air, elle sera à l’aise dans votre jardin. Je l'ai toujours trouvé un peu vide.

« … »

D’un autre côté, elle avait l’air plutôt mignonne. Et cette petite clochette était marrante. Qui était-il pour ne pas lui laisser sa chance ? Il n’allait quand même pas la ramener au refuge dont elle avait pris tant de peine à s’extirper, ou la balancer dans la rue sans pitié. Même s’il avait fondé un mouvement révolutionnaire à moitié terroriste, il avait quand même une âme. Il ne pouvait pas se montrer cruel et sans pitié à tours de bras. Et s’ils apprenaient qu’il n’avait pas gardé le chat, qu’est-ce que ses élèves allaient encore pouvoir inventer pour essayer de lui ‘redonner le sourire’ ? Shura n’osait même pas imaginer, déjà le chat c’était fort comme complot … Mais s’ils avaient encore pire, ce serait insurmontable. Pas pour lui, il avait la solution simple à portée de mains. Mais pour eux. Déjà, ils allaient prendre une raclée la prochaine fois qu’il les croisait. Si, dans leur chapeau à conneries, ils avaient une ‘meilleure idée’, cette prochaine fois deviendrait la dernière. Et le Jounin n’avait ni envie d’un procès, ni d’une mise à pieds, ni de faire de la prison. En faisant jouer ses relations, il pourrait tout juste éviter la dernière solution en faisant passer ça comme un incident à l’entrainement. Ou alors s’arranger pour que ça arrive dans l’exercice des fonctions. Mais il n’échapperait pas, au minimum, à une sérieuse baisse de popularité. Et à une rétrogradation. Et son grade de Jounin lui convenait bien : il choisissait presque toutes ses missions, son emploi du temps pouvait être aménagé pour lui permettre de faire de la recherche et selon ses envies … Redevenir Chuunin c’était perdre son prestige et tous ses avantages. Il ne pouvait pas s’y risquer. Surtout pas pour trois abrutis.

** J’aurais dû les envoyer à l’examen Chuunin. Ils se seraient fait tués sans que j’ai besoin d’intervenir vu les deux demi-neurones que cette équipe promène. **

Et quitte à avoir de la compagnie, ils auraient pu lui payer un robot, ou une geisha. Quelqu’un de cultivé, quoi, avec qui partager une bonne discussion. Pas une foutue chatte qui ne pouvait même pas parler et qui n’avait aucunement moyen de discuter de ses passions avec lui. Enfin, au fond c’était pas pire que de discuter avec ses élèves ou ses collègues. Au moins elle ne dirait pas d’âneries, elle.

« Saba, hein ? Bon tu peux rester, mais dans le jardin. Je veux pas voir tes pattes à l’intérieur ! »

« Miaow. »

« … Evidemment. »

Il la déposa par terre. Par contre … Ca mangeait quoi les chats ? Comment on s’en occupait ? Elle pouvait chasser ses souris toute seule ou … ?
Il allait devoir chercher ses réponses dans les livres. Au final, ses élèves lui avait juste donné du travail en plus.

Quelques heures plus tard …

Allongé sur le divan, Shura compulsait un ouvrage avec frénésie, tout en parlant à voix haute.

« Fascinant. Saba, tu savais que les chats ont une place importante dans toutes les religions ? Dans l’ancienne religion, les Nekos sont des créatures importantes. Et il ne faut pas oublier qu’un des Bijuus est un chat, lui aussi. Il est censé guider les âmes des défunts. Et le félin est souvent associé au dieu du feu Ragnaros. Ahaha, c’est marrant, je suis moi-même un utilisateur du feu, et j’ai un chat. Donc un félin. La coïncidence est amusante. D’ailleurs ça me rappelle que … »

Shura s’interrompit, regardant la chatte qui se léchait la patte de l’autre côté du divan.

« Dis-donc tu ne devais pas rester dehors toi ? »

« Miaow … »

« Mouais. J’ai l’impression de m’être fait avoir. Mais ça va pas m'empêcher des les brûler vifs, tous les trois. »
Nukenin
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Mer 14 Juin - 13:15
Shura avait les fesses lovées au fond de son gigantesque divan. Avec l’adresse d’un expert, il tenait et manipulait un livre pourtant volumineux de sa seule main droite. Sa main gauche, elle, flattait le chat roulée en boule sur ses cuisses.

Un parchemin musical diffusait de vieilles musiques de jazz à volume doux. Tonbogiri, le ninja au saxophone, était l’auteur de tous ces morceaux. Le parchemin était prévu pour s’interrompre avant la dernière demi-minute de musique. Car une musique de Tonbogiri pouvait plonger dans un genjutsu quiconque l’entendait, même alors que le musicien était mort depuis des années. On appelait ça le jazz hallucinogène. Les illusions duraient au maximum vingt minutes, et n’étaient jamais exactement les mêmes. Shura enlevait parfois le limiteur qui empêchait l’accès au genjutsu, mais pas quand il lisait. Là, seule la musique trouvait sa place. Il avait besoin de toute sa concentration pour déchiffrer le bouquin.
Mais Tonbogiri était un génie. Que ce soit dans les arts ninjas ou dans la musique. Shura avait mis deux années de recherche complète avant de mettre la main sur ce parchemin collector. Il avait investi quatre mois de salaire, et du temps où il était général pas simple Jounin, pour se privatiser ce petit bijou. Il l’avait longuement analysé, et en était venu à la conclusion que c’était d’avantage du Juinjutsu que du Fuinjutsu. Une sorte de Juinjutsu éternel. Il n’avait jamais compris son fonctionnement, et du coup se contentait du plaisir de posséder cet objet et de celui distillé par la musique elle-même. Tant pis pour l’analyse, même s’il s’était rendu presque malade à essayer de la terminer …

Le livre dans sa main était un traité qu’il trouvait de plus en plus barbant. Un certain Professeur Kido évoquait une civilisation disparue, qui datait d’une époque située bien avant l’époque des clans, la plus lointaine dont les hommes avaient encore une trace claire. Il avançait tout un tas de trouvailles faites ces dernières années, et les additionnaient avec de plus anciennes découvertes, et tout son raisonnement, toutes ces conclusions, se basaient sur ces trouvailles.
Mais Shura déplorait le manque d’interprétations, d’hypothèses, personnelles. Le professeur relatait simplement des faits existants et avérés, sans tenter la moindre chose nouvelle. Ne serait-ce qu’une petite suggestion en bas de page. Ce n’était pas un écrit scientifique, plutôt un recueil d’articles de journaux analysés superficiellement. Tous ceux qui avaient un peu d’expertise auraient pu faire la même chose.
Et dire qu’après son article novateur présentant une tablette sur laquelle on avait retrouvé un sceau datant de l’époque de Suna, Shura avait songé à travailler avec le professeur Kido. Au final, ils ne s’entendraient pas très bien tous les deux. Dommage.

Lassé, Shura reposa le livre sur la table basse. Saba, avant même qu’il n’esquisse le moindre mouvement, s’étira en ronchonnant, et quitta son nid douillet pour aller se fourrer dans un coin du divan, et continuer sa sieste. Le Jounin, lui, se leva pour aller se servir un verre d’eau.
Alors qu’il achevait de s’hydrater, la sonnette retentit. Il fronça les sourcils. Il ne s’était pas attendu à recevoir de la visite aujourd’hui. A tous les coups, c’était un messager qui venait lui transmettre un ordre de mission, ou réclamer un rapport d’activité, ou un truc dans ce goût-là. Ca tombait plutôt mal, parce qu’il n’était pas dans une phase très motivée ces jours-ci. Enfin, peut-être qu’un peu d’action amènerait un peu d’entrain.
Curieux, quand même. Depuis combien de temps n’était-il pas partit en mission tout seul ? Mise à part pour superviser les missions de rang C de ses élèves, il n’avait rien fait de très rentable depuis longtemps. Avec son salaire de chercheur, il se consacrait presque à plein temps à ses activités de scientifique, et un petit peu à celles de senseï par intermittence. Et tout son temps libre était voué à bouquiner, ou à l’Aile du phénix. Enfin, officiellement, il préférait prétendre qu’il approfondissait des recherches personnelles. En société, ça sonnait un peu mieux que la vérité.

En ouvrant la porte, il fut surprit de constater que ce n’était rien de tout cela. Hikari. Ce devait être la première fois qu’elle venait directement sonner chez lui. La jeune fille était écarlate, et piétinait. Elle semblait ne plus savoir où se mettre. Négligemment, un peu curieux de savoir ce qu’elle venait foutre ici, le Jounin la planta sur le paillasson. Non sans laisser la porte ouverte, en guise d’invitation à entrer. Ce qu’elle fit, après avoir baragouiné une question qu’il ne comprit même pas. Elle resta debout au milieu du salon, pendant qu’il faisait chauffer du thé.
Oui, elle n’était ni maline ni de très bonne compagnie pour lui. En fait, il avait du mal à ne pas s’énerver en sa présence. Elle lui tapait sur le système. Mais Shura était quelqu’un de très protocolaire. Il n’allait pas inviter quelqu’un sans lui proposer du thé, ou autre chose. Les devoirs d’hôte étaient une tradition à laquelle il ne dérogeait jamais. Un vieux réflexe, qu’il trainait avec lui depuis Shousan. Son père lui avait littéralement taper sur les doigts la seule fois où il avait osé transgresser ce devoir sacré. Du coup, sans même s’en rendre compte, il s’était inscrit dans son code génétique.

Le Jounin fit glisser un fauteuil vers la jeune fille. Avec suffisamment de force pour donner l’impression que, s’il l’avait pu, il lui aurait lancé le meuble directement dans la figure. Puis, avec une cérémonie étonnante, il déposa les dessous de tasse, puis le breuvage lui-même, ajoutant même un petit gâteau et un caramel mou à côté. Hikari semblait complètement désemparée, mais il était difficile de dire si elle était effarée de ce spectacle, ou si la timidité maladive la rattrapait encore une fois. En tous cas, elle avait tout bonnement perd la faculté de parler.
Shura se posa dans le divan, attendant de voir si elle se déciderait à parler la première. Ce n’était sûrement pas anodin qu’elle lui rende visite une journée à peine après le dernier ‘entrainement’, qui s’était plus ou moins fini en lynchage pour les trois Genins. Il s’était attendu à en voir un arriver plein d’entrain chez lui pour dire il ne savait quelle connerie. Mais pas Hikari. Et certainement pas aussi chiante que d’habitude.
Saba, comprenant que le silence allait s’éterniser, vint s’installer à nouveau sur les genoux de Shura, qui grimaça mais ne l’en empêcha pas. Hikari eu un sourire en coin, qu’elle réprima bien vite en voyant le regard glacial que l’ancien général lui balança.
Et le silence s’installa de nouveau tandis que le Jounin buvait une première gorgée de thé. L’hôte devait toujours boire le premier, c’était bien connu. Enfin, il y aurait eu des méthodes plus simples que le poison pour se débarrasser d’elle, tout à fait entre nous.

« Tu es venu m’annoncer que tu renonces à devenir une kunoichi ? »

« Hein ? Euh … Non … »

Ah. Ce n’était donc pas comme ça qu’il fallait interpréter le silence. Shura avait cru qu’elle hésitait de peur de le décevoir. Mais en fait, elle préparait simplement sa connerie du mieux possible. Le truc, c’était que l’attente en elle-même était la pire façon d’amener ce qu’elle allait dire. Quoi qu’elle dise d’ailleurs.

« En fait, ce que vous avez dit hier … Ca m’a un peu perturbée et … J’ai réfléchi à ce que je pourrais faire pour être plus forte … »

Shura ne répondit rien, mais se détendit un peu. Pour une fois que quelque chose qu’il disait à ses élèves était entendue. Il se rappela ensuite qu’Hikari baissait toujours les bras à mi-chemin, dès que tout devenait plus difficile, et se raidit de nouveau. Mieux valait ne pas trop l’encourager et la laisser mariner. Sinon elle ne surmonterait jamais ses plus grandes faiblesses.

« Shura-senseï … Pensez-vous que je devrais arrêter de m’entrainer au katana pour me consacrer d’avantage au ninjutsu ? »

Le Jounin ne put retenir une moue étonnée. La famille d’Hikari, les Arukas, n’étaient pas vraiment un clan. Mais tous depuis trois générations, ils étaient connus pour être d’excellents bretteurs. Ils possédaient aujourd’hui un dojo aux abords du quartier commerçant, qui leur donnait presque l’allure d’un clan mineur. Qu’elle songe à abandonner la voie du sabre témoignait d’un peu plus de détermination que d’habitude. Elle se trompait de problème, mais au moins, elle était réellement prête à franchir un cap. Quitte à laisser de côté certaines choses en lesquelles elle croyait. Toutefois, il fallait qu’il la garde sur le bon chemin, sinon elle allait faire n’importe quoi. Ne pas les tenir par la main hein … Décidément, il allait avoir du mal à lâcher ces Genins en pleine nature.

« Je ne sais pas. Le fait de savoir manier une arme représente un plus pour un utilisateur de ninjutsu : nous consommons énormément de chakra pour mener à la fois des manœuvres offensives et défensives. Pouvoir attaquer autrement qu’en dilapidant ses réserves est clairement quelque chose de bénéfique. Mais tu prends le problème par le mauvais angle. Je n’ai pas remis ton style en question, ça, ce ne sera que la seconde étape de ton entrainement. Avant de faire quoi que ce soit ou même d’avoir mon avis explicite sur la question, il me semble qu’une autre remarque que je t’ai faite devrait attirer ton attention. »

« Je … Je n’y arrive pas. Je ne sais pas comment faire pour améliorer ça … »

« Hikari, tu t’adresses à la mauvaise personne. Tu n’es clairement pas apte à tout faire avec ton seul sang-froid. Alors le mieux pour toi ce serait d’apprendre à exécuter des feintes, et à ce qu’on t’enseigne le jeu de regards. Et qui sont d’excellents professeurs pour ça ? Les épéistes. Et tu as une famille qui pourrait t’aider si tu leur demande. »

« Je … j’aurais préféré que ce soit vous qui me l’enseignez … »

Shura manqua de s’étrangler avec son thé. La jeune fille, elle, était aussi rose que ses cheveux. Il se souvenait de leur ‘entretien d’embauche’ quand il avait découvert sa nouvelle équipe. Elle lui avait avoué qu’elle l’admirait, à cause de son sang-froid et de ses ninjutsus. Et qu’elle était contente de pouvoir apprendre à manier le Katon, en espérant devenir comme lui.
Bordel. Cette fille le mettait de plus en plus mal à l’aise. Vivement qu’elle gagne un peu de confiance en elle … Il fallait qu’il s’arrange pour la faire progresser suffisamment, qu’elle gagne un duel dans une arène. Ca l’aiderait vraiment à avancer.

« Je ne peux pas. Si tu veux que je t’enseigne, alors dans deux semaines, je veux que tu reviennes en ayant fait des efforts. Je ne te demande pas de maitriser ça sur le bout des doigts. Juste d’y réfléchir et de t’exercer suffisamment pour être sur la bonne voie. Je reprendrais l’entrainement où tu le laisseras, mais si tu ne fais rien, je te renverrais à l’académie. Mes instructions ne changeront pas parce que tu viens boire le thé chez moi, Hikari. »

« Ou-oui … Désolée, senseï … »

Hikari sembla réfléchir quelques instants, un peu paniquée. Puis se calmer progressivement. Enfin, chose qui étonna le Jounin, elle serra le poing. Manquant même de faire éclater sa tasse en porcelaine. Chose que Shura n’aurait pas été sûr de lui pardonner … Heureusement qu’elle avait la poigne d’un moustique.
Elle releva les yeux. Elle semblait avoir encore un peu rougit, mais apparemment il y avait un peu plus de motivation dans son regard.

« Je vais le faire. Shura-senseï, si j’arrive à vous porter un coup dans deux semaines, vous accepterez de m’enseigner ? »

« … Seulement si cette démarche n’est pas isolée. Si tu te secoues les puces une fois, mais qu’une fois cet entrainement-là derrière toi tu te reposes sur tes lauriers à nouveau, je ne t’enseignerais plus jamais. Je voudrais que vous acquériez des automatismes d’entrainement même lorsque je ne suis pas là. La soif de progresser. »

« D’accord … »

Elle semblait moyennement convaincue, mais au moins sa timidité c’était envolée. Ce n’était vraiment pas plus mal, car c’était principalement elle qui attirait les foudres du Jounin. Quand elle se calmait, Hikari le dérangeait beaucoup moins. En fait, Shura commençait lui aussi à ne plus avoir envie de l’étrangler. Cela dit, la conversation menaçait de s’engluer et elle n’avait pas encore l’air de vouloir partir, malheureusement.
Bon, elle ne reprendrait pas la parole d’elle-même. Autant lui poser une dernière question avant de lui faire prendre la porte.

« La dernière fois que je t’ai demandé ton nindô, tu m’as répondu que tu voulais juste suivre la voie de ta famille et leur faire honneur. Tu as remis ça en question, en quelque sorte. C’est toujours ton seul but en tant que kunoichi ? »

« J’ai toujours envie que mes parents soient fiers de moi. Mais … Non, Shura-senseï, ce n’est plus mon seul but. En fait … »

Cette manie maladive de virer au rouge à chaque fois qu’elle croisait le regard de quelqu’un, le sien en particulier, lui revenait. Shura s’efforça de garder son calme en se réfugiant dans sa tasse de thé et en caressant le chat sur ses genoux. Il se contenait comme il pouvait.

« Il y a une personne dont je suis … En fait … Eh bien … Que j’aime bien ? J’aimerais devenir forte pour qu’il me voit autrement, qu’il me reconnaisse en tant que kunoichi. Pas juste comme une gamine peureuse, mais comme une femme forte. »

Elle détournait le regard et pivoinait du faciès en disant ça. Sacrée façon d’affirmer sa détermination, pas de doute. Shura acheva son thé, et laissa échapper un petit rire.

« Eh bien. Sacré projet, mais tu vas avoir du travail. »

« Oui … »

« Bon par contre, j’ai rendez-vous avec mon supérieur pour un débriefing dans moins de quinze minutes. Donc je vais devoir te mettre dehors, désolé. L’emploi du temps d’un Jounin … C’est un peu compliqué. »

Non, il n’avait pas de supérieur et venait de lui sortir un gros mensonge. Mais s’il ne faisait pas, elle allait rester éternellement collée à son siège comme s’il était recouvert de glue. Alors que là, elle venait de se lever d’un bloc comme si elle était assise sur des braises. Shura n’était pas un grand menteur, mais un de temps en temps ça ne pouvait faire que du bien à tout le monde … Hikari avait déjà du mal à raffermir sa personnalité, autant ne pas trop la déstabiliser. Il réservait tout ça pour le fameux ‘prochain entrainement’.
Tandis que la jeune fille quittait sa maison en trottinant, Shura se demanda ce que faisaient Yoriko et Nobu. Le second était sûrement retourné au clan Kaguya pour se refaire une santé. Il faisait toujours ça quand les choses se passaient mal. Et Toriko … Difficile à dire. Il était le plus inconstant du groupe. Tantôt motivé, tantôt plus intéressé par le fait de jouer les voyous dans un quelconque casino ou un cabaret malfamé.
Bah, il avait le temps de voir venir. Lui, son rôle, c’était juste de constater les résultats dans deux semaines. Et en attendant, son rôle, c’était d’admirer le talent de Tonbogiri.
Nukenin
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Lun 19 Juin - 2:26
Shura : 15 xp, bien marrant tous ces rps solos, j'aime bien.
Juunin
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Sam 23 Sep - 22:39
Je parcourais le loft, sans trop savoir ce que je cherchais. J’avais passé la bande de sécurité simplement en montrant mes papiers, on n’avait pas cherché à m’arrêter. Apparemment, à part un enquêteur, personne n’était encore venu ici depuis la désertion de Shura. Et rien n’avait été déplacé. Ce qui me frappa en premier lieu, c’était qu’il n’y avait aucun désordre. Vous me direz, venant d’un profil aussi ordonné, rien d’étonnant. Mais ça voulait dire une chose sûre : rien n’avait été fait dans la précipitation. Il préparait ce coup depuis un moment. Tout ça allait dans le sens d’une planification de ses actes, ce qui était, quelque part, un peu effrayant. Tous ces morts avaient été orchestrés avec sang-froid.

Quelle atmosphère se dégageait de cet endroit ? C’était assez difficile à dire en fait. C’était étonnement calme pour une personnalité aussi tumultueuse, et pour quelqu’un qui prônait la destruction totale. On aurait pu mettre ces actes sur le dos de la folie, mais tout allait dans le sens de la stabilité mentale. Shura était quelqu’un de réfléchi, un intellectuel. Mais un intellectuel qui tendait vers le nihilisme. Sa personnalité se révélait ambivalente. Est-ce que c’était le traumatisme de la mort de sa sœur qui avait provoqué cette dualité ? Ou est-ce qu’il y avait autre chose, de plus profond, de plus réfléchi ? Probablement. Cette perte ressemblait plus à un déclencheur. Une sorte de verre qui déborde. L’histoire de Shura, son passé, je l’avais étudié en long en large et en travers. L’implication de Yuki, la mauvaise gestion de Shousan, la guerre de l’Empire. Finalement, il s’était retrouvé entre trois villages et son monde avait été broyé par cette collision. Ce n’était pas étonnant qu’il ait explosé et qu’il en veuille à tout ce monde. L’Empire représentait la cible idéale pour sa haine : une forte autorité, à la limite de la dictature. Une paix basée sur la force militaire, sur la religion. Sur des principes, aussi, mais il n’était pas difficile de comprendre qu’il ne croyait pas en eux. Et on arrivait donc à ce constat. Mais comment avait-il pu garder toute sa tête, et vivre une vie aussi pleine, avec tout ça ?
Il y avait un élément qui m’échappait. C’était peut-être pour ça que j’étais ici.

Je parcourus du bout des doigts une collection de parchemins musicaux. Presque tous du même musicien : Tonbogiri. Un artiste de jazz un peu rétro, mort depuis longtemps maintenant, et clairement d’une autre époque. C’étaient des pièces de collection ces parchemins. Quelques-uns étaient séparés entre originaux et copies. Pour d’autres il ne restait que les copies, mais on distinguait clairement les emplacements où s’étaient situés les originaux. Est-ce que ce mode de vie était un moyen de conserver sa stabilité apparente ? Ou alors plutôt ce à quoi il aspirait réellement ? C’était quelque chose que je n’arrivais pas à trancher. Aurait-il voulu la paix et se sentait-il investit du devoir ? Son dépit allait-il au point de tout sacrifier de ce qu’il aimait au nom de la destruction ? Ou alors était-ce une sorte de méthodologie subconsciente pour se maintenir au calme le temps d’avoir l’occasion d’exploser pour de bon ?
En fait, c’était simple : comme j’avais été incapable de déterminer qui était à la tête du phénix, je n’arrivais pas à cerner Shura Ryuuketsu. Je saisissais les grandes lignes de sa personnalité, sans parvenir à tirer des conclusions.

Dans une salle séparée, je dénichais une sorte de grande exposition. Des manuscrits anciens, des artefacts de toutes sortes. Encore une fois, certains manquaient. Il en avait donc emporté avec lui, là aussi.


** Les parchemins, et maintenant ça. Il a une sorte de collectionnite. Il aime rassembler des objets pour lui. C’est étrange. Il prône la libération du système par la destruction, mais à côté de ça il est lui-même très possessif matériellement. Du coup je me dis que le plus probable, ce serait que tout ça soit un moyen et non une fin. Shura n’aspire pas à avoir une vie libre. Il aspire réellement à tout détruire. Et ces collections, c’est un peu le point de repère qu’il utilisait pour occuper son esprit. Pour demeurer serein, en attendant de … Enfin. Ca ne m’apporte aucun indice réel. Je ne suis pas ici pour jouer les profileuses. J’avance, mais rien de décisif, rien de concret. … ? C’est quoi ça ? **

Une litière ? Une gamelle ? Je fronçais les sourcils, attrapant une des feuilles que j’avais dans la poche. Des témoignages.

** Un chat. Offert par ses trois élèves. S’il l’a emmenée c’est qu’il y tient, qu’elle représente quelque chose pour lui. Toutes ces personnes avec qui il avait un lien fort … C’est ça le réel problème de son profil, en fait. Le cœur de ma difficulté à le comprendre. Il y a tellement de personnes qui étaient proches de lui, auxquelles il a menti. Je doute même qu’il y ait une seule personne au sein de l’Aile du phénix avec laquelle il partage tout ça. Le même genre de relation qu’il avait avec ses élèves, ses amis, son ancienne amante. Tous les signes concordent là-dessus : ils les aimaient. Il n’est pas seulement nihiliste. Il est désespéré. Et ça, c’est la raison pour laquelle il est aussi dangereux. Il ne fait rien de ce qu’il fait par plaisir. Pour lui, c’est évident, c’est une nécessité. Une obligation. Peut-être même une contrainte. Il est en croisade idéologique. **

Je fermais les yeux un instant. Il n’y avait plus aucun moyen de le raisonner alors. S’il avait pu abandonner des personnes qu’il aimait vraiment pour accomplir ses actes … Alors il n’y avait réellement aucun espoir. Aucun moyen de négocier. Même si on capturait des membres de l’Aile du phénix, ce serait comme pour Nanako Nara. Inutile. Ils ne diraient rien, peut-être même ne savaient-ils rien du tout d’important. Ce qu’il était prêt à sacrifier était grand, son esprit était grand. Alors pourquoi quelqu’un comme lui, que tous les indices peignaient comme un véritable samouraï du devoir, avait-il pu devenir comme ça ?
Nous avions peut-être laissé passer quelque chose. Un indice important, disséminé quelque part dans tout ça.
J’arrêtais mon regard sur quelque chose, dans sa chambre à coucher. Un bandeau. Le sien ? Non, non ce n’était pas le sien. Je décrochais la plaque de fer de la partie en tissu. A l’arrière, il y avait un nom de gravé. Daka. D’après le dossier c’était son ancienne senseï, celle qui l’aurait mené à la guerre et … Attendez. Où avais-je vu ce nom déjà ?
Je ressortis les feuilles. Toutes les mentions de cette Daka étaient des témoignages, pas des actes officiels. Des témoignages de Shura et de l’Impératrice. Donc deux personnes qui avaient déjà menti. Je me souvenais maintenant, des paroles de Saki. Il n’y avait plus aucune trace officielle de cette Daka dans les archives. Comme si …


** Comme si elle n’avait jamais existée. **

C’était la clé que je recherchais. Je le sentais. Cette senseï fantôme, que seules deux personnes semblaient connaitre.

** Se pourrait-il que Nanaki-sama ait encore menti ? A ce sujet-là ? Ou alors quelqu’un a fait disparaître tout souvenir de cette femme ? D’après les informations elle menait le groupe qui a attaqué le Shoukage au début de la guerre. Le commando suicide. Mais d’après les notes de Saki, la personne qui les guidait officiellement répondait au nom de Mizuno Sakuragi. En plus c’était un homme. Il a été décoré post-mortel comme toute sa troupe pour ce haut-fait de guerre et pour avoir donné sa vie pour l’Empire. Alors pourquoi Daka aurait-elle été évincée ? Pourquoi lui aurait-on retiré ses lauriers ? Parce que quelqu’un a voulu la faire disparaître et que tout ça est une mascarade. Qu’est-ce qu’elle a à cacher de si important pour que quelqu’un veuille enterrer sa mémoire ? **

J’étais sceptique. Il y avait quelque chose de bizarre dans cette affaire. Mais j’avais un bon instinct en général. Et là il me soufflait que je tenais quelque chose. Cette Daka pourrait bien m’apporter des réponses qui me manquaient. Pour achever le profil de Shura Ryuuketsu, déjà. Et peut-être quelque chose de plus. Il tenait beaucoup à ce fantôme, visiblement. J’avais même l’impression qu’elle avait en quelque sorte remplacé sa sœur. Alors comment se faisait-il qu’il ne se soit pas battu pour qu’on reconnaisse son maitre à sa juste valeur ? Ca n’avait pas de sens. Il aurait dû s’en indigner, il aurait eu gain de cause. Et sa position le lui permettait. Ou alors il y avait une affaire cachée là-dessous, qui expliquait pour de bon la rage aveugle de Shura, et la disparition de cette femme ? C’était peut-être ce que je cherchais. La raison plus profonde de son comportement destructeur. Ce qui avait fait déborder le vase après la mort de sa sœur.
Je glissais la plaque de métal dans la poche et planquais le reste du bandeau dans l’armoire. Cette piste-là, même si j’étais censée collaborer avec l’enquête, ce serait la mienne. L’affaire semblait grave. Je ne pouvais pas laisser qui que ce soit sur mon chemin cette fois. Et Saki était occupé, donc je n’allais pas pouvoir m’appuyer sur elle.


** Il me faut d’autres alliés pour enquêter discrètement. Et pas des espions si possible. Quelqu’un qui connaisse Shura peut-être ? Sham Ono par exemple. Non. Non je ne peux pas me rapprocher de lui, c’est un Uchiwa. Collaborer avec un membre du clan présente de trop gros risques. Et puis je n’ai pas confiance en eux. Par contre si je me souviens bien, Rem avait ramené Sham après la tentative d’assassinat en prison, dans une prison de l’espionnage. Ils sont amis. Lui pourrait l’approcher et lui demander tout ça sans que j’ai à le rencontrer moi-même. Mais est-ce qu’il le fera ? Rem ne ment presque jamais. C’est à la fois sa grande qualité et son grand défaut : il est très intègre. C’est quelqu’un de bien. Mais il n’aime pas se salir les mains. Je lui demanderais par des moyens détournés, et je jugerais de cette possibilité. Cette piste est trop importante. Si vraiment Rem ne veut pas m’aider, alors j’irais voir Sham Ono moi-même. Je pourrais aussi aller voir les élèves de Shura, mais ils sont trop inexpérimentés, et contrairement à son ancien ami, ils sont sous le choc surtout. Un drogué, une petite traumatisée, et un loubard. Ils sont gentils mais ils ne me seront d’aucune utilité sur ce coup. **

Je sors du loft. Il y a de l’agitation dehors. Une gamine … C’est la gamine justement, non ? Comment s’appelle-t-elle déjà ? Hikari Aruka. Elle vient d’une famille de bretteur. Genin légèrement en-dessous de la moyenne. Quelques missions de bas rang à son actif. Un combat en arène où elle s’est fait aplatir par l’héritière du clan Yashara si mes souvenirs sont bons. Admirait beaucoup son senseï. Au point d’en être tombée amoureuse probablement. Difficile à dire, mais facile à supposer vu son attitude et ses réactions. Et ce qu’en pensent les membres de son entourage, aussi. Et son héros l’avait trahie, elle devait être désorientée, complètement effondrée.
Enfin, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle ne semblait pas être venue pour pleurer. Cheveux attachés, sabre au côté. En fait elle semblait même plutôt déterminée. Je soupire. Elle veut se lancer aux trousses de son ancienne idole, ou quelque chose dans le même goût ? Vu sa véhémence et son port de tête, pas difficile de le deviner, elle semblait résolue … mais en réalité son regard était vide. Elle était perdue et tentait de garder la tête hors de l’eau, simplement. Je comprenais ses sentiments. Mais si on la laissait faire elle se ferait tuer, tout bêtement. Vu ce qu’il avait fait jusqu’ici, Shura avait atteint le point de non-retour. Jusqu’ici il avait épargné ceux auxquels il tenait. Mais désormais, c’était différent. S’il croisait un de ses anciens amis, ou son élève, ce serait en ennemi. Et vu le profil du personnage, cette fois, il y aurait un mort. Et au vu du niveau de ce monstre, pas de doute, la gamine ne ferait pas un pli.
En fait, je doutais qu’il y ait beaucoup de gens qui puissent l’avoir en face à face, surtout en solitaire. Ce qu’il fallait pour le neutraliser, c’était une équipe entrainée et étudiée pour le faire. Surtout qu’il était probablement entouré de quelques personnes de confiance. Et le niveau du chef trahissait le niveau des subordonnés. L’Aile n’était pas une organisation qu’on pouvait attaquer de face seul.

Bon, il y avait quand même un moyen de procéder. Qu’elle ne se sente pas exclue de tout ça, mais qu’elle ne se mette pas inutilement en danger. La rendre concernée, mais contrôler ses actes en quelque sorte. Lui donner quelque chose à faire, en veillant à ce qu’elle s’y tienne.
Je me rapprochais de l’esclandre entre la gamine et les deux ninjas qui surveillaient la maison.


- Qu’est-ce qui se passe ?

- Tsukiko-san ? Euh … Cette fille voudrait rentrer, sans autorisation évidemment. Du coup on l’a empêchée de passer et elle nous a menacé de passer en force.

- Je vois. Hikari, ce que tu fais n’est pas judicieux. Ton ancien senseï est l’ennemi national. Te défouler sur ces braves ninjas ne changera rien à cet état de fait.

- Vous êtes qui d’abord ? Je me fiche de tout ça ! Je vais le retrouver moi-même et le forcer à se rendre. Il y a encore moyen d’éviter une guerre totale !

- Tu plaisantes j’espère ?

- N-Non c’est …

- Ce que tu fais est irresponsable et indigne d’une kunoichi. Nous sommes censés protéger les gens de ce pays. Tu as vraiment oublié ? Déjà ? Ca s’est passé hier. Shura Ryuuketsu est un menteur, et un boucher. Il n’y a plus de retour en arrière, c’est terminé. Ou alors tu tenais à lui au point de lui pardonner la mort de toutes ces personnes ? D’avoir détruit la paix ? De vouloir continuer à tuer les milliers de gens que, toi, tu dois protéger ?

Tout en parlant, je l’entrainais loin des gardes, et l’asseyait sur la rambarde du bas-côté. Je posais mes mains sur ses épaules. Elle semblait trop choquée pour parler. Bon. Au moins elle réalisait l’ineptie de ses actes.

- Ecoutes-moi bien. Shura n’était pas foncièrement mauvais. Je ne pense pas qu’il le soit, même aujourd’hui. Il est réellement capable d’aimer son prochain. Ses amis, ses élèves, vous étiez important à ses yeux. La preuve, il a emmené le chat avec lui. Vous avez un lien unique. Mais c’est quelqu’un qui a un sens du devoir très prononcé. Et dans sa quête, son idéal, il a décidé que l’Empire tout entier devait être rasé. Tu comprends ? Il veut tout détruire. Alors ça va être difficile. Voire impossible. Mais la reddition n’est plus une option. Il va falloir être unis contre lui. Tu ne peux plus rien tenter qui aille dans son sens cette fois. Considère que la personne qu’il est aujourd’hui n’est plus la personne qu’il était hier.

- Pour…Pourquoi ? Pourquoi il a fait ça ? Je ne comprends pas … Il était … C’est quelqu’un de bien ! Le meilleur des ninjas et … Je … je ne comprends pas …

Je m’étais assise à côté d’elle. La petite était blottie contre mon épaule, et elle pleurait maintenant. Mes paroles avaient touchées, évidemment. Elle n’ignorait pas la situation, elle avait juste besoin qu’on la calme. Qu’on la recentre. Pour son propre bien, son chagrin était moins dangereux que sa résolution branlante. Tant pis si ça lui faisait mal, mieux valait ça plutôt qu’elle se jette dans la gueule du loup.

- Moi non plus je ne comprends pas. C’est d’ailleurs ce sur quoi j’enquête en ce moment. Je m’appelle Tsukiko. Je suis chef de discipline. L’espionnage. Et je cherche à savoir où il s’est caché, afin de le capturer.

- Mais si vous le capturez … Il sera exécuté …

- Oui, Hikari, il le sera. Mais c’est le châtiment pour le meurtre de masse tu ne crois pas ? Si Shura vit, alors ce sont des milliers de personnes qui seront en danger permanent. Des vies innocentes. Il a fait son choix, et décidé de tuer beaucoup de gens. Tu t’en es rendu compte, il ne vise pas que l’Impératrice ou les cadres de l’Empire. Il a visé la population hier. Les innocents.

- Shura-senseï est le meilleur tacticien que je connaisse. Et il a toujours été froid, on l’aurait cru insensible, mais ce n’était pas le cas. On m’a dit que pendant la guerre, il n’a commis aucun crime inutile, qu’il a combattu selon les règles de l’art. C’était une feinte ? Depuis combien de temps il a décidé d’en arriver là à votre avis ? Tel que je le connais rien n'est arrivé au hasard.

- Après la guerre, je pense. Il a perdu sa sœur à la toute fin des hostilités. Si j’en crois mes archives, il l’a affrontée et tuée lui-même : elle était dans le camp de Shousan. Et ce n’était pas sa sœur biologique. Il a découvert qu’elle avait été adoptée, et qu’elle venait de Yuki. Sa sœur a été forcée de trahir Shousan. Shousan a abandonné sa famille. En quelque sorte, l’Empire était la seule nation qui ne l’avait pas trompé. Donc il s’est battu pour eux.

- Alors ce que vous voulez dire … C’est que l’Empire l’a probablement trahi aussi ?

- C’est ce qu’il doit penser oui. Mais c’est là que j’ai un problème : je ne comprends pas comment. Comment il a pu arriver à conclure que l’Empire aussi l’avait trahi. La mort de sa sœur durant la guerre ? Non, ça c’est sa raison officielle pour partir à la retraite. Et je pense que ça s’arrête là effectivement, qu’il s’en voulait plus à lui-même qu’à l’Empire. Il y a autre chose. Et je n’arrive pas à alimenter cette piste pour le moment.

- … Je comprends mieux.

- Qu’est-ce que tu comprends ?

- Qui il était, ce qu’il est devenu. Il a été trahi par tous les grands de ce monde. Pas étonnant qu’il leur en veuille à ce point et qu’il soit aveuglé par la colère. Merci, Tsukiko-sempaï. Je crois que je le comprends mieux maintenant.

- Tu as conscience que ça n’excuse rien de ce qu’il a fait n’est-ce pas ?

- Oui. Oui, j’en ai conscience. Le Shura-senseï que j’ai… Euh, que j’admirais. C’était une ombre. Ce qu’il aurait été sans avoir subi tout ça. Il n’a jamais réellement existé pas vrai ?

- Probablement pas, effectivement. C’est un peu triste, de ce que j’en entends, il aurait pu être quelqu’un de bien. Enfin, inutile de s’arrêter à ça désormais. On n’en a pas le droit. Des milliers de gens comptent sur nous, tu sais. On doit les protéger.

- Oui. Je suis désolée.

- Pas de problèmes. Tu étais proche de lui, c’est normal que tu sois un peu déboussolée. Mais si tu le retrouves et que tu y vas seule, actuellement, tu peux me croire tu te feras tuer. Peut-être même sans arriver jusqu’à lui. Il faut que tu gardes l’esprit sur terre Hikari. Pour cette ombre que tu as aimée, et pour les gens qu’on protège. Pour ta famille, pour tes amis. Ne te sacrifie pas pour rien.

- Que j’ai … Comment vous …

- Hé, je suis peut-être espionne mais moi aussi je suis une femme. Ne t’en fais pas je garderais ton secret pour moi.

Je m’apprêtais à me relever, quand une fulgurance me traversa l’esprit. Elle était proche de lui, alors peut-être que …

- Dis-moi Hikari, le nom de Daka te dit-il quelque chose ?

- Oui, c’était le maître de Shura-senseï. Il nous parlait beaucoup de ses enseignements. Il l’admirait, je crois. Je ne sais pas s’il y avait quoi que ce soit d’autre, il avait même l’air plutôt froid à son égard et elle était dure avec lui. Mais il l’admirait, de cela je suis certaine.

- Je vois. Merci Hikari. Prends quelques jours pour te reposer. J’essaierais de trouver une mission pour ton équipe et toi avant la fin de la semaine. Je comprends que tu ais envie de participer.

- Merci Tsukiko-sempaï.

Elle me regarda m’éloigner, mais moi je ne fis même pas semblant de me retourner. Daka prenait forme. Par contre, ce n’était qu’oralement. Encore une fois, aucune preuve. Que des paroles. Qu’est-ce qui n’allait pas avec cette femme ?
Bon, tant pis pour le reste des pistes, je pouvais laisser mes hommes dessus et je doutais qu’elles aboutissent. Il fallait que je trouve qui était cette femme. Priorité absolue pour les prochains jours.
Anbu
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