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Lun 19 Juin - 0:07
Eh ben. Le palais était luxueux, c’est le moins qu’on puisse dire. J’avais une furieuse envie de mettre tout en bazar juste pour le plaisir de mettre un peu le bordel là-dedans. Cette accumulation de richesses me dégoûtait un peu. Il n’y avait pas tant de miséreux que ça dans l’Empire, mais je ne comprenais pas qu’on veuille vivre aussi fastueusement simplement parce qu’on était dans la haute hiérarchie. Est-ce que c’était vraiment indispensable ? Certes, l’argent faisait partie du pouvoir. Mais est-ce que ne serait pas encore plus impressionnant d’être à sa place sans en avoir ?
Bon, j’étais peut-être un petit peu de mauvaise foi. Si j’avais pu en avoir autant je ne me priverais sans doute pas. Je me souvenais, quand j’allais chez Sham quand j’étais adolescent, je ne me privais pas de profiter un peu du luxe.

J’étais un peu nerveux pour dire la vérité. Je venais de passer deux semaines chez les Tengus. Elles m’avaient changé physiquement. Mais aussi stabilisé mentalement. C’en était fini du pacte avec les Onis. C’en était fini d’être tout le temps perdu à me demander si je pourrais jamais redevenir celui que j’étais. J’assumais, j’acceptais, et j’allais de l’avant. Je n’étais pas le héros utopique de mon enfance. Mais rien ne m’empêchait de faire de bonnes choses et de protéger ceux qui le méritaient. Mais bon, ce retour à la civilisation était un peu stressant. Surtout que je plongeais directement dans le grand bain. C’était du sérieux : j’étais quand même en train de m’introduire dans le palais impérial.

Pour le moment, j’étais en train d’errer dans des couloirs éloignés de la salle du conseil et autre appartements importants. Du coup, je n’étais pas encore à portée des choses chiantes. J’avais contourné les sceaux à l’aide d’un portail Yokaï, et j’étais en train de me balader en réfractant la lumière pour me rendre invisible. Mais dès que je passerais un certain point, il faudrait foncer tout droit car j’allais être repéré par les personnes qui gardaient Son Altesse. Il fallait que je lui parle avant que tout le palais me tombe dessus. Absolument. Deux phrases suffiraient à avoir une audience. Je n’avais pas besoin de d’avantage. J’en étais persuadé.
Je me faufilais à un coin de mur. Chez les Tengus, j’en avais appris pas mal sur la façon d’utiliser mes techniques et mon chakra de nouveau stabilisé. Suffisamment pour faciliter une infiltration. J’avais été étonné de constater que j’étais bon à autre chose qu’à simplement me battre de front. Bien sûr, je pouvais aussi vider mon chakra et utiliser le chakra Yokaï pour dissimuler mon propre chakra aux sens d’un ninja ordinaire. Mais là je ne pouvais pas me le permettre. Parce que je devais garder mon chakra au cas où les choses tourneraient mal.

En plus, grâce à Shimizu, j’avais étudié consciencieusement les plans du palais afin de pouvoir arriver jusqu’à l’Impératrice. Ma méthode ne me permettait pas de l’attaquer, mais de gagner le temps nécessaire à ces deux précieuses phrases que je souhaitais prononcer. Pas plus, pas moins. C’était quand même salement bien gardé.
D’ailleurs, je me demandais commet elle avait fait son compte. Elle m’avait bien sûr laissé entendre qu’elle avait grandi ici avec sa mère. Sans me parler plus en détails de qui elle était, ni de son rapport à elle avec l’Eclair Noir. Je savais juste qu’elle le haïssait et que c’était quelqu’un de bien. Je lui faisais confiance. Pas aveuglément, mais presque. J’étais tellement content d’avoir quelqu’un de ma vraie famille à qui parler. Certes, j’avais mon grand-père adoptif, mais c’était clairement pas la même chose qu’avec Shimizu. Même si on était encore un peu distants l’un envers l’autre, ces deux semaines nous avaient carrément rapprochés. J’avais vraiment l’impression d’être lié à elle, et elle m’avait fait la même confidence. Même si on avait que la partie impure de notre héritage en commun, on avait quand même partagé une expérience : celle d’être les enfants d’un criminel en puissance. Et on avait chacun eu notre part de problème avec ça. Elle aussi avait du mal à le gérer, et à se trouver. C’était aussi pour ça qu’elle avait aussi bien su m’aider. Après tout, elle avait un peu plus d’expertise que moi sur le sujet. Et quelques années d’avance, surtout. Une grande sœur. Rien que la pensée me faisait encore frémir : j’étais réellement heureux de l’avoir à mes côtés désormais.

Bon, j’étais arrivé à la limite. Le bout du couloir Est, enfin. Il était temps de passer à la question. La technique de dissimulation du chakra des tengus, ainsi que celle de dissimulation visuelle à l’aide de la lumière … A partir de ce point-là, je n’avais plus aucune certitude. Deux couloirs seulement du salon. Ou salle du trône, si vous préférez. Qui serait présent ? Là aussi j’en avais une vague idée. C’était un moment de transition, entre les doléances et le prochain conseil. Donc le moment idéal. Normalement, elle devait être seule avec  son garde du corps. Deux gardes devant la porte. Des sceaux partout à part ça. Et le chef de la stratégie, peut-être d’autres, à portée de voix. Si elle criait, j’étais mort sur son seul désir. Ou alors bon pour risquer à nouveau un portail Yokaï.
Il ne fallait pas y penser. J’avais discuté avec Shimizu de cette femme. Elle ne m’en avait dit que du bien. Elle était aussi partie à cause de son père, et du fait que l’Impératrice l’ait engagé. Mais malgré tout elle disait que c’était une personne de confiance. Et moi j’avais confiance en ma sœur, du coup je devais avoir foi dans notre plan et ce qu’elle me disait sur cette Nanaki.

J’inspire longuement. J’expire. J’inspire à nouveau. J’expire. Ok. Je suis calme. C’est partit.

Je concentrais le chakra solaire à travers le verre de la fenêtre, pour entrer en Insolation. Et j’envoyais tout ce chakra solaire pour augmenter encore ma vitesse de déplacement. Et je me détendis d’un bond. D’un sprint, je suis au coin du mur. Les deux gardes sursautent. Je me détends à nouveau. Habilement, je leur fais un croc-en-jambe et je défonce la porte d’un coup d’épaule.
Avant même que je ne sois complètement entré, j’entends un bruit de sabre sorti du fourreau et quelqu’un s’interpose, se jetant sur la trajectoire d’avec l’Impératrice. Son garde du corps, le fameux ‘Maître de l’épée’.
D’une impulsion, j’utilise ma vitesse lumière pour le contourner avec ce qui ressemblait à une téléportation. Je suis surpris de voir la lame effleurer ma joue malgré la vitesse de mon déplacement. Ce type était surhumain ou quoi ? Il me fait ralentir, légèrement, mais suffisamment pour que je ne puisse pas franchir d’un bond la distance qui me sépare de son Impératrice. Je m’arrête au milieu du chemin.


Tekkun

« Qu… Quoi ? »

Je n’avais jamais vu ça, mais je n’ai pas le temps de rester déconcerté. J’attrape mes gants, d’où pointent mes griffes Yokaï, et je les retire en levant les mains au ciel. Je fais pareil avec mes sandales. J’ai toujours les mains levées en signe d’apaisement.

« Je suis venu discuter. Je ne vous veux pas de mal. J’ai juste besoin de vous parler. »

La femme a à peine eu le temps de se lever de son siège, mais je vois ses mains assemblées, prêtes à composer un sceau. Elle allait me prendre dans un genjutsu juste avant que je ne l’interrompe. Si j’avais réellement cherché à l’attaquer, à cause du sabre de l’autre, je me serais fait avoir. Comme elle hésitait, je pris enfin le temps d’hésiter et de jeter un œil vers lui. D’ailleurs celui-ci a réagit aussitôt après, son katana est déjà sous ma gorge. Mais vu que son Impératrice hésite, il semble hésiter lui aussi, sur la façon de se conduire. Il ne me quitte pas des yeux mais je sens qu’il n’attend que ça. Il est vexé ? Pas autant que moi, je suis sûr. Je n’en reviens toujours pas.


Nanaki
Vie : 350 Chakra : 1580

« … Tekkun, abaisse ton arme. Vous aussi messieurs, retournez à votre poste. Et veillez à ce que personne ne nous dérange. Je serais bien mal élevée de refuser de parlementer, même si ses manières sont un peu discourtoises. Si nous pouvons éviter un bain de sang, alors je ferais ce que je peux pour l’éviter. »

Je constate que sa poitrine se soulève rapidement. A un certain rythme. Elle a réellement eu peur. Ses yeux sont un peu flous. Comme si elle faisait un mauvais rêve. Maintenant que je m’en souviens, elle a déjà subi une tentative d’assassinat, et apparemment, ce n’était pas passé si loin. Est-ce que ça aurait un lien ?
En tous cas, c’était remarquable. Parce que malgré cela, elle acceptait de discuter même après avoir vu ma vitesse de pointe. Bien sûr, j’étais limité, mais ça, elle ne le savait pas. A moins que … l’Eclair Noir le lui avait peut-être dit ? Ce n’était pas le genre à exposer ses points faibles, mais j’en savais si peu sur elle et leur relation. Je devais me préparer à tout. Elle savait peut-être tout simplement que son avantage était écrasant pour le moment.
Ou alors son garde la rassurait. Parce qu’il était réellement bon lui aussi.

La jeune femme hésite encore un instant. Décidément, je semble l’avoir perturbée. On me l’a décrite comme quelqu’un qui garde toujours son sang-froid, mais elle semble bien plus humaine que prévu. Ou alors redouterait-elle, elle aussi, cette confrontation ? Après tout, je la regardais de loin depuis un moment. Si elle avait songé un seul instant à se retrouver en face de moi, c’était bien possible. Parce que pendant la guerre, je l’aurais tuée dans cette situation.
Mais elle finit par se rasseoir. Et son chien de garde baisse son épée, très lentement. Mais il reste à côté de moi, prêt à s’interposer à nouveau. Je le sens vraiment alerte, et concentré. Son esprit est aussi affûté qu’une lame. Ses yeux aussi. Quelle pression ! J’adorerais l’affronter, en vrai. Il a l’air d’être un adversaire incroyable. J’aime ce genre de défi.
Mais je ne peux pas me le permettre. J’attends, et je ramasse lentement mes gants, puis remet mes sandales. De toute manière, même si mes griffes étaient efficaces, je n’en avais pas besoin systématiquement. Ce n’était pas vraiment une menace. Le molosse tressaillit, prêt à dégainer son arme. Nanaki l’apaise d’un mouvement de la main.
Je pensais avoir à parler le premier, mais je suis étonné qu’elle prenne l’initiative :

« Eihiko Tsubazame je présume ? Qu’est-ce qui me vaut le plaisir de cette visite ? Pendant un moment, j’ai cru que tu étais venu me tuer. Je m’y attends depuis que j’ai entendu le rapport qui disait que tu étais en ville. »

« … J’y ai pensé aussi. »


Encore un bruit de fourreau. Il ne semble pas avoir apprécié. Ce n’était pas vraiment une insulte, mais bon je comprenais. S’il vouait sa vie à la défendre, la menace à peine voilée ne devait pas lui faire plaisir. Je n’avais pas envie d’ajouter que je n’aurais probablement pas réussi avec ce type d’infiltration.

« Tu y as pensé ? Alors ce n’est plus le cas ? »

« Je ne suis pas un tueur. L’Eclair Noir … C’était une personne à part. »

« Et notre Anbu, Ichiko Kaguya, aussi, je présume ? »

« … Un accident. De l’auto-défense. Le combat a mal tourné, je ne voulais pas la tuer. »


J’étais ivre. Les mots me restent dans les dents. Avec les remords. Bien sûr c’était inexcusable. Mais c’était réellement de l’auto-défense. L’alcool avait juste tout fait déraper. Et le pacte avec les Onis l’avait tuée. Mais si je ne l’avais pas activé, je serais probablement mort. Alors oui, je regrettais. Mais d’avoir sombré dans la démence et la boisson. Ce meurtre, là, n’en était pas vraiment un. C’était la vie d’un shinobi. Parfois, des gens mourraient. Parfois de notre main. Quand j’étais un ennemi de l’Empire, je tuais des soldats impériaux. Parce que j’étais shousanais. Je n’y pouvais pas grand-chose, je n’étais pas au sommet, je ne pouvais qu’être un pion, pas un acteur.
C’était précisément pour changer cette impuissance que j’étais venu. Errer, victime de cette foutue guerre, je n’en pouvais plus. Il fallait que je rentre dans la danse. Que je me pose en acteur décisif.

« Je ne comprends pas. Encore il y a quelques minutes, j’étais persuadée que tu en voulais profondément à l’Empire. Et à raison ! S’il y a bien une personne au monde que je regrette de ne pas avoir pu aider, c’est bien toi. Celui que tu étais et celui que tu es devenu … C’est en partie de ma faute, j’en ai bien conscience. Mais pourquoi, alors, sommes-nous en train de parler, qu’est-ce qui t’as fait changer d’avis ? »

« Shi…Shimizu. Ma sœur. Elle m’a parlé de vous. Et malgré tout ce qui lui est arrivé, elle m’a dit que vous étiez quelqu’un de bien. Quelqu’un de grand. Je ne voulais pas la croire, mais j’ai confiance en elle. Alors … Je suis venu vous parler. Voir ce qu’il en était. Avant de choisir si je veux encore vous tuer ou pas. »


« Shimizu ? Oh, dieu merci … Elle a donc survécu … C’est une très bonne nouvelle. Je te remercie de me l’avoir apportée. J’étais persuadée que son père l’avait tuée. J’étais profondément choquée quand il me l’a dit. C’était une fille si gentille et si mignonne. Si seulement elle avait pu être élevée par sa mère … »

« Ca n’aurait rien changé. L’Eclair Noir aurait tué sa mère et l’aurait récupérée. Ou alors l’aurait laissée seule pour se construire une ennemie à sa hauteur, comme avec moi. C’était une ordure. La pire de toutes. Et la honte de l’Empire. Il trahit ce que vous êtes réellement. Des dictateurs capables de tout pour atteindre votre objectif de conquête. Vous vous présentez comme le bien, mais vous êtes l’engeance de ce monde ! Vous le bouffez ! Pourquoi êtes-vous venus ? Le monde était bien mieux sans vous ! »


Le ton était dur. Agressif. Mais il fallait que j’extériorise, à un moment donné. J’étais venu pour savoir. Je donnais tout pour garder mon calme. Mais malgré tout, je ne pouvais pas m’en empêcher. Ca devait sortir, je ne pouvais plus contenir toute cette incompréhension, toute cette contradiction. Cette personne n’était pas celle qu’elle était, ce n’était pas possible. Elle était pleine d’une douceur anormale pour un tyran. Elle respirait la grandeur, la droiture. La moindre de ses paroles était celle de quelqu’un de bien. Comment pouvait-elle être aussi bonne comédienne ?

« Et malgré ça, j’ai tort. Et je le sais. Ce pays … J’ai vu tellement de personnes heureuses ! Bien sûr, tout n’est pas encore rose mais … C’est tellement mieux que le Shousan d’antan ! Je pensais que tout le monde était mort, mais ce n’est même pas le cas. Vous avez accepté tout le monde, vous avez pansé les blessures des pays conquis, et vous avez uni le continent. Ce but, si noble, que vous défendez, je ne peux même pas trouver d’arguments pour le contrer ! Pourquoi ? Je veux juste savoir pourquoi ! »

« Tu veux savoir pourquoi je fais toutes ces conquêtes ? Quel est le but véritable de l’Empire ? »

« Non. Vous allez juste me sortir un mensonge. Et je vais juste douter encore plus. Cette question n’amènera rien. Je veux savoir … Pourquoi vous avez engagé l’Eclair Noir. Il a tué ma mère ! Des milliers d’innocents ! Je peux pardonner les morts sous le feu de la guerre. C’est le quotidien du ninja. Mais je ne peux pas pardonner un tel meurtrier. Je ne comprends pas. Répondez-moi ! »

Tout en parlant je m’avance, je suis vraiment furieux. Je ne contiens plus rien, ou à peine. Tout remonte à la surface. J’ai tellement envie de la frapper. L’incompréhension, la rage, explosent partout dans mon être. Je ne suis que colère, à nouveau. C’est la fautive. Celle qui est derrière tous mes malheurs, derrière la destruction de ma famille peut-être ! Je m’approche encore. Un pas, puis un autre. Mes griffes crissent hors de mon gantelet. Je sens le mouvement du samouraï derrière moi, mais il se stoppe net. Je crois que Nanaki l’a stoppé elle-même, mais je ne saisis pas très bien dans la confusion du moment. Mon poing s’arme et …

Une larme ?
Mon bras se suspend à mi-chemin.
Elle est en train de … pleurer ?
La colère s’évanouit. Je connais bien ce sentiment. C’est celui des remords. Je n’ai connu que ça pendant cinq ans ! Ce regard, cette peine … C’était ce qui m’avait donné envie de boire. Je ne pouvais plus la frapper. Je ne m’en sentais déjà plus la force. C’était une femme que j’avais devant moi. Une femme seule, et triste. Comme si elle aussi avait porté le poids d’une faute impardonnable pendant toutes ces années.
Rageusement, tout mon dépit se déverse en une vague de ki et de chakra, et mon gant, sans les griffes, heurte le mur derrière elle. Il s’enfonce de quelques centimètres, dessinant un magnifique hématome craquelé dans la pierre. Les gardes font mine de rentrer, mais la voix catégorique de l’Impératrice raisonne dans la pièce.

« Je vous ai dit de sortir ! »

Le samouraï est toujours paralysé, mais je le vois essayer de lutter. Les gardes, eux, finissent pas obéir mais à contrecoeur. Je suis sidéré. Quel sang-froid. Elle a peur, je le sens. Elle est remplie de remords, ça aussi je le sens. Mais pourtant, elle garde la tête droite et affronte tout de face. Ce que je n’ai jamais pu faire. Elle est en train de me faire une démonstration de force de caractère et de volonté, tout simplement. Une véritable leçon. Je me sens mal. Presque … Vaincu ? Non, pire que ça. Surpassé. Terrassé. Mon poing revient vers moi. Et je titube en arrière, trébuchant presque. Deuxième pas. Je tombe sur les fesses. Ca y est, moi aussi je pleure. Je suis encore une fois complètement perdu. Je prends mon visage dans ma main pour le masquer.

« Pourquoi ? Je ne comprends pas … »

Je sens une main douce se poser sur ma joue. Nanaki s’est levée et s’est accroupie en face de moi.

« Je suis désolée. »

Je reste stupéfait. C’en est trop. Je suis complètement éblouit. Je ne comprends toujours pas, mais je n’arrive plus à rien dire. Je ne peux pas la haïr comme je le voudrais. C’est tout simplement ça. Je m’attendais à un monstre. Mais elle avait l’air plus humaine encore que toutes les personnes que j’avais croisé. Et aussi, si forte, si puissamment accrochée à ses convictions …

« A l’époque où j’ai été élue Impératrice, j’ai juré de construire un monde sans guerres, sous les regards des Cinq. Mais aussi pour mon peuple, pour tout le monde. Car tous les peuples souffraient chacun de leur côté et se livraient à des guerres interminables. Je pensais être prête à tout pour parvenir à mes fins, quitte à m’allier avec les pires personnes pour gagner en puissance, et pouvoir tout conquérir. Et enfin, imposer la paix par la force. C’était mon but et … L’Eclair Noir, je l’ai engagé dans ce but. Comme d’autres d’ailleurs. La plupart se sont rangés, ou sont prêts à le faire. Mais lui était trop mauvais, trop sombre. Oui je sais bien qui il était. Fou à lier. Meurtrier. Sans aucune foi, sans aucune lois et … J’ai commis une erreur, impardonnable mais … je ne peux plus rien y faire Eihiko. Je le regretterais toute ma vie, et j’aurais peine à supporter ce poids en pensant à ce que tu viens de me dire ou aux personnes qu’il a tué. Mais tout ce que je peux te promettre c’est que je ne referais pas la même erreur. Je ne veux pas de pardon. Enfin, si, je l’aimerais … mais je ne le mérite pas. Tout ce que je peux faire pour toi, c’est te dire la vérité. Et te faire cette promesse de ne jamais plus agir en considérant que tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. »

« … »

« Tu es bien placé pour me comprendre, non ? Je sais que toi aussi tu as commis des erreurs. Qu’il y a des choses que tu ne te pardonneras jamais. Mais il faut aller de l’avant, voir plus loin que sa propre personne. Je veux faire le bien, pour tout le monde. Tant pis si je dois faire des erreurs, j’apprendrais à ne plus les faire, et je guiderais les personnes qui m’entourent pour faire en sorte qu’elles ne se reproduisent pas. Je ne suis pas une Déesse, même si tout le monde aime le croire. Je ne suis pas parfaite, je ne dirige pas l’Empire aussi fermement que je le voudrais. Il faut parfois faire des concessions, des pas en arrière. Mais c’est toujours pour mieux avancer après, d’une manière ou d’une autre. Je ne suis qu’une femme, je ferais encore des erreurs. Mais pourtant, il faut garder la tête haute et les remords au cœur. Affronter ses propres actes. Et faire pénitence en cherchant à faire mieux. Mais sans jamais oublier. »

« Je … Quoi ? »


« Excuses-moi. Je suis vraiment, profondément, navrée. Je ne sais pas comment réparer cette erreur, je ne le peux sans doute pas. Mais pourtant je ne peux pas te laisser prendre ma vie à cause d’elle : je suis si prêt du but ! J’ai encore tant de choses à accomplir … Si tu le désires, je te laisserais cette vie quand j’aurais atteint ce but. C’est le sort que je mérite. Mais pas avant, ça, c’est hors de question. Ma promesse faite aux habitants de l’Empire compte plus que tout. Et surtout plus que moi et mes imperfections. Alors tu devras attendre … »

« Ce ne sera pas … nécessaire. »


Je me tournais pour lui montrer le dos. J’avais besoin de quelques minutes pour assimiler toutes ces informations. Son discours sonnait un peu martyr, mais dans le fond, il semblait honnête. Direct. Comme j’aimais les entendre. Elle venait même de m’offrir sa vie, mais sans la placer au-dessus de son noble objectif. Elle me faisait penser à ces légendes sur les samouraïs du pays du fer qu’on me lisait quand j’étais tout petit. Pas du temps de mes parents adoptifs, mais un des rares souvenirs de ma mère, Chizara Akimichi. Elle aurait sûrement adoré cette jeune femme. Elle m’aurait enjoint à la clémence. Mais pourtant, c’était à cause d’elle, tout autant que de Shousan, qu’elle était morte.Il y avait encore des parts d’ombre dans cette histoire, mais ces faits-là étaient évidents, c’était la seule chose dont j’étais certain sur cette affaire. J’avais vu les preuves matérielles. Irréfutables.
Mais j’avais déjà perdu dans mon cœur. Et face à ses idéaux, je le sentais. Je ne pouvais pas me battre contre elle, et nous partagions la même vision du monde. Garder ses remords pour soi et avancer vers l’avenir. Son discours était presque un reflet, à une échelle plus grande, de mon propre dilemme intérieur. La vraie différence, c’était qu’elle avait eu plus de détermination que moi et qu’elle n’avait pas dévié de son objectif.
Je me sentais inférieur à elle. Et pourtant, j’avais encore une position de force sentimentalement. Elle disait qu’elle ne me laisserait pas la tuer, mais j’étais à distance pour le faire et ni elle ni son garde du corps n’auraient le temps de me stopper.

Pouvais-je avoir foi en elle ? Pouvais-je la croire ?

« Pourquoi vous m’avez dit tout cela ? »

« J’ai besoin de ton aide. »


Je la regarde. Encore de l’étonnement. Elle est folle ? Je viens de lui dire que je voulais la tuer encore hier ! Je n’arrive pas à la comprendre.

« Ca n’a … aucun sens ? »

« Au contraire : je ne veux pas m’entourer de personnes qui me lèchent les bottes. Ni de personnes mauvaises, j’ai déjà commit cette erreur. Je dois déjà gérer suffisamment de crapules dans mon administration ! Mais j’ai besoin de personnes de confiance en-dehors de toute cette pagaille. Pour agir à un autre niveau. Et ces personnes doivent vouloir la même chose que moi : la paix, protéger les gens. Mais aussi, ne pas être en parfait accord avec moi. Comment je peux réaliser mes erreurs à venir si personne ne me prévient ? Je ne suis pas parfaite, j’en ai conscience. J’ai besoin de gens qui sont capables de me faire réaliser des erreurs impardonnables avant qu’elles se produisent. Pour éviter quelque chose comme le drame de l’Eclair Noir, justement. Tu es le mieux placé pour ça, je crois. Je veux qu’on travaille ensembles, Eihiko. L’Empire ne pourra qu’aller mieux si au lieu de le combattre, tu l’aide à aller dans le bon sens. »

Je suis tout simplement soufflé. Ca parait fou, totalement fou. Mais pourtant, c’est d’une logique implacable. Et en plus, à nouveau, cette droiture et cette envie de bien faire me frappent littéralement au visage.

« Je ne suis pas un très bon politicien. »

« Oui. Mais j’ai déjà demandé à quelqu’un de se mêler un peu des affaires politiques. Je pensais plutôt à un autre rôle … Que dirais-tu d’être mon bras ‘gauche’ ? Une sorte d’exécutant. Qui enquêterait sur le terrain et débloquerait des situations et agirait ? C’est dans tes cordes, je le sais. »

« Je ne peux pas … encore travailler pour l’Empire. Je ne suis pas prêt. »

« Alors travaille pour moi. Non, avec moi. Agissons main dans la main pour rendre le monde meilleur. »

« Je … je n’en reviens pas de ce que je vais dire … J’accepte. »


Un sourire. Elle semblait réellement heureuse. Aucune ombre, aucune arrière-pensée. C’était une forme de pardon, en soi. Si on m’avait pardonné, j’aurais sûrement eu ce genre de réaction. Cette connivence me déstabilisait.

« Mais sous certaines conditions. »

« ? Je t’écoute. »

« Ne le dites à personne. A part nous trois, je ne veux pas que quelqu’un soit au courant. J’aurais besoin d’aide parfois, mais je ne veux pas de passe-droit officiel, enfin pas sous ma vraie identité en tous cas. Je veux pouvoir agir dans l’illégalité si c’est nécessaire. Les lois, si je peux sauver des innocents, je les contournerais. Je leur cracherais dessus sans hésiter. Parce que je m’en fiche. Tous les moyens ne sont pas bons pour atteindre mon… notre but. Mais vous l’avez dit, l’Empire est encore corrompu par endroits. Je ne veux pas que ces personnes aient la moindre prise sur moi. Il n’y a qu’en étant hors-la-loi que je pourrais faire quelque chose. Et … j’ai besoin d’une fausse identité. J’ai changé physiquement. Assez pour tromper les personnes qui ne me connaissaient pas et ne m’ont vu qu’en coup de vent. Mais je dois pouvoir bouger à peu près librement. Désormais je serais … Kikoho Akimichi. Anbu de Shi. Sous les ordres directs de l’Impératrice. Je ne ferais que semblant, mais en réalité, Eihiko Tsubazame, lui, aura les mains libres pour protéger les innocents et faire régner la justice. Mais pas celle de l’Empire. Celle des hommes. Du Bien. Je veux juste sauver des gens. Débusquer les criminels, mettre un terme aux complots qui pourriront l’Empire comme les autres nations si on ne fait rien. »

« … D’accord. »


« Je n’ai pas tout à fait fini. Je rendrais toutes mes découvertes publiques. Les mensonges gangrènent une nation. Tout le monde a le droit de savoir quelles erreurs sont commises. Vers où le monde avance. »

« Tu vas être mon allié le plus détesté de mes conseillers … mais si c’est le prix à payer, alors j’accepte. Je ferais tout mon possible pour te couvrir et protéger ton identité. Tu n’as qu’à demander. Mais je ne partagerais mes informations que contre certaines requêtes, parfois. Tu as bien conscience que tu as beaucoup demandé non ? J’ai quand même une nation à diriger. Tu feras moins de concessions que moi, et réparera sans doute certaines. Mais à des moments il faudra que toi aussi, tu concèdes. Si je te fais confiance, alors il faudra que ce soit mutuel. »

J’hésite. Pas longtemps. Ma nouvelle résolution est là. Elle vient de naître. Je tends ma main à l’Impératrice en guise de consentement. Elle l’attrape des deux siennes. De toutes petites mains, fragiles et douces. Mais portant un regard d’une volonté à toute épreuve.
Je suis tombé sous son charme, j’en ai bien conscience. En tant que leader, elle incarne tout ce en quoi j’ai toujours voulu croire.
Mais malgré tout, j’ai l’impression d’être sur le bon chemin. De ne pas faire d’erreur.

« Bienvenue, Kikoho Akimichi. Anbu de l’Empire. Et peut-être aussi notre ange gardien ? »

Le nom de ma mère ne peut être que le nom d’un ange gardien. Une figure protectrice, et lumineuse. Je souris, j’aime ce surnom. L’Eclair Blanc, l’ange gardien de l’Empire. Je crois que je pourrais m’y faire.

« Je l’espère, Votre Altesse. Je l’espère de tout mon cœur. »

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