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Mar 20 Juin - 12:47
D’un pas ferme, Shura foulait le carrelage du palais impérial. L’ancien général avait été convoqué ici à la demande personnelle de l’Impératrice elle-même. D’abord, le Jounin en avait été très surpris. Il s’était même demandé si elle n’avait pas des soupçons sur lui et si ce n’était pas un piège. Mais en retournant le problème dans tous les sens, il en avait déduit que non.
En plus, la question ‘pourquoi maintenant ?’ avait des réponses toutes trouvées. Après avoir été très passif, voire carrément absent et à la limite de la retraite, pendant quasiment cinq ans, Shura s’était retrouvé impliqué dans pas mal de choses très récemment. L’attaque sur l’académie, où il avait affronté le danger pour protéger les étudiants. Le fait qu’il ait affronté, et ait été battu, par l’Eclair Blanc aussi, puisqu’il avait écrit un rapport à moitié falsifié sur le sujet. D’ailleurs, on lui avait reproché avec véhémence d’avoir essayé de le stopper tout seul. Il avait trouvé une explication cohérente cela dit, donc on lui avait fichu la paix.
Mais ça, plus le fait que ses élèves allaient bientôt être prêts pour l’examen Chuunin … Enfin, théoriquement, s’ils se bougeaient un peu.

Ca faisait déjà trois bonnes raisons d’exiger une entrevue. En plus c’était dans la façon de faire de cette femme. Elle aimait bien voir les gens dans les yeux et leur parler en face à face. Elle essayait un peu d’être partout à la fois.
Forcément, de toutes les gangrènes de l’Empire, c’était la seule qui paraissait totalement convaincante. Hypnotisante, même. Ca allait être compliqué de résister à son charisme, et de ne pas se faire embobiner. Parce que clairement, c’était tout ce qu’elle était pour lui : une femme belle, forte, et persuasive.
Quand même, malgré toutes ces possibilités plus probables que le fait qu’elle ait découvert quelque chose de suspect … Il ne pouvait pas s’empêcher d’être un peu tendu. Se retrouver ici, dans la gueule du loup, n’était clairement pas bon pour ses nerfs.

** J’aurais peut-être dû prévoir un plan de secours. Une salamandre pour m’invoquer dans les terres volcaniques au cas où par exemple … Ou bien une aide extérieure. Mais qui ? Ao ne peut pas se griller, Luciole et Jirobuu ne peuvent pas m’aider sur ce coup. Inoririn et les jumelles, qui eux le peuvent, sont en mission secrète … Et parmi les autres personne n’a ce qu’il faut et … Calmes-toi, Shura, bon sang. C’est une coïncidence, c’est évident. Contentes-toi d’aller voir ce qu’elle veut. **

Il espérait quand même que ça ne prendrait pas trop longtemps. Il avait oublié de nourrir la chatte avant de partir. S’il tardait de trop, elle allait faire une connerie pour exprimer son mécontentement. Et puis, il n’était définitivement pas à l’aise ici.

La salle du trône. Shura s’arrêta net devant, jetant un œil aux deux gardes qui se rapprochaient pour lui intimer d’attendre. Ils lui demandèrent son nom. Le Jounin répondit avec distance, se contentant de tapoter les galons sur son épaule, et son bandeau juste au-dessous. Ca n’avait pas l’air de leur plaire, mais son ancien prestige faisait apparemment encore un certain effet. Ils avaient, aussi, sans doute été prévenus de sa venue.
De toute manière il avait déjà été contrôlé. Ce n’était pas si facile de rentrer dans le palais impérial. Seule une poignée de personnes en auraient été capables sans se faire repérer. Comme Nanako. Mais bon, à part elle, Shura n’en connaissait pas. Et même comme ça, il fallait encore réussir à passer outre les sentinelles, les ninjas d’élite qui pouvaient se promener à chaque coin de couloir, et le garde du corps de Son Altesse. Ah, et sans oublier Son Altesse elle-même. Pas mal de gens oubliaient souvent que l’Impératrice était, en plus d’être qui elle était, sans doute une des personnes les plus fortes vivant au monde. Quand on avait ressenti une fois la présence écrasante de son chakra, on l’avait compris. Oh, ce n’était pas oppressant. Mais disons qu’il était puissant, et qu’il participait beaucoup à son aura charismatique.

L’un des deux homme fini par pousser la porte, et Shura franchit enfin le seuil. La pièce était gigantesque, mais pourtant elle ne paraissait pas vide. Peut-être parce qu’en s’apercevant qu’il n’y avait presque personne, son champ de vision s’était rétréci aux deux qui lui faisaient face. L’Impératrice, assise sagement sur son trône, et son garde du corps debout juste au bas des marches qui y menaient.
Le Jounin se demandait si elle prenait la peine de cacher des Anbus prêts à intervenir dans les coins de la pièce. Ou des sceaux d’écoute, de surveillance, des alarmes, des pièges, ou toute chose susceptible de le prendre par surprise. Rien n’était à exclure.
Enfin, elle n’avait pas l’air spécialement grave cette impératrice. C’était plutôt celle de tous les jours, la souriante.
Shura s’approcha, et inclina légèrement le buste en effectuant un salut de majordome avec son bras plié à 90 degrés.

« Votre Sainteté. Vous m’avez demandé de venir, j’ai fait aussi vite que j’ai pu pour me libérer de mes obligations ce matin. »

Ce n’était pas tout à fait vrai, mais ça faisait bien de le dire. Et en rencontre officielle comme celle-là, Shura n’infligeait jamais d’entorse au protocole, histoire de demeurer le même qu’il était depuis qu’il était sur les terres de l’Empire. Aux yeux des autres en tous cas.

Bon, les réponses n’allaient pas tarder. Alors, coïncidence, ou traquenard ?
Nukenin
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Mer 21 Juin - 5:04

Nanaki
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« Tekkun, laisse-nous. »
« Mais … »
« Voyons, Tekkun. Shura a été général de l’Empire. Je suis plus qu’en sécurité avec lui, tu ne crois pas ? »
« Non, je ne crois pas. Mais je suis à vos ordres. »


Nanaki le suivit du regard tandis qu’il quittait la pièce. Elle était réellement surprise. Depuis que Tekkun était devenu son garde du corps, c’était la première fois qu’il disait ce qu’il pensait. Il agissait encore malgré ses convictions pour suivre ses ordres, mais il avait quand même élevé le débat, et affiché sa frustration. Etait-ce parce qu’il perdait confiance en elle ? Sans doute pas, sinon il ne l’aurait pas montré. Et puis la jeune femme avait foi dans son épéiste. Alors c’était qu’il estimait nécessaire de le faire. Même avec l’incident Nanako Nara, il avait fait comme si de rien n’était et continué de supporter ses caprices. Surtout qu’elle en faisait beaucoup moins qu’à l’époque, qu’elle s’était assagie. Ou qu’elle était plus mûre, simplement. La guerre l’avait marquée, elle aussi. Mais depuis la visite surprise d’Eihiko, et avec les initiatives multiples qu’elle prenait récemment … Tekkun pensait-il qu’elle mettait sa vie en danger une fois de trop ? Il faudrait qu’elle lui parle. Elle passait beaucoup de temps avec lui, mais elle avait un peu abandonné l’idée de le sortir de son rôle parce qu’il faisait mine de ne jamais le faire. Là, il venait de le faire. Alors peut-être s’ouvrirait-il enfin au dialogue, et donnerait-il le fond de sa pensée ?

Enfin, ça attendrait un peu. Car Shura attendait. Nanaki le toisa sans se gêner. Cet homme était une énigme pour elle, en fait. Bien sûr, elle avait demandé plusieurs enquêtes sur lui. Tout ce que les renseignements ou l’espionnage savaient sur lui, elle le savait aussi. Il avait été général, tout de même, elle n’aurait pas confié ce poste à n’importe qui. Bien sûr, c’était la mort de Daka qui avait provoqué cette promotion, mais elle n’était pas due au hasard.
Shura Ryuuketsu avait un leadership très important. C’était quelqu’un de puissant, et de craint. Mais surtout, personne ne l’avait jamais remis en cause : il avait le respect de beaucoup de personnes, provenant de toutes les factions impériales. Que ce soient les représentants de l’Eglise, les gradés, ou les subordonnés, Jinji, Shamen, les autres chefs de discipline … Lors des réunions stratégiques il parlait peu, mais parlait juste. Et personne ne le contredisait sans avoir de solides arguments. En fait, l’Impératrice l’appréciait beaucoup. Non, c’était encore plus que cela : elle l’admirait. Personne ne l’avait poussé à devenir celui qu’il était à l’époque, même si certains disaient qu’il était le protégé de Daka elle s’en occupait à peine. A part quelques passe-droits elle l’ignorait même royalement. C’était son lieutenant, son toutou, point. Il s’était élevé tout seul parce qu’il était en colère.
Et à la fin de la guerre, il avait réussi à choisir de mettre cette colère de côté plutôt que de continuer à la déchainer. De prendre sa retraite et quitter partiellement ses fonctions pour redevenir un Jounin comme un autre.
Et c’est là qu’elle ne comprenait plus. Une pièce manquait. Et elle se désolait de ne pas comprendre : sa colère ne lui manquait pas du tout. Par contre, sa forte présence et sa droiture, elles, avaient laissées un vide en partant. Shamen et Jinji, les deux autres ‘généraux’ pendant cette guerre, ne pouvaient pas les combler. Le stratège était trop calculateur, et l’Uchiwa trop ambitieux. En d’autres termes, ils étaient trop fourbes, trop compliqués à anticiper. Alors que Shura, lui, était plus simple à lire. Mais autant elle trouvait ses actions faciles à anticiper … Qu’elle ne comprenait pas sa psyché, ni cet unique choix.

Nanaki avait tout simplement pensé le laisser tranquille. En se disant que la guerre l’avait éprouvé plus qu’il ne l’avouait. Après tout, Shousan avait été sa patrie. Il avait affronté ses anciens alliés, peut-être même des amis. Ca avait dû l’émouvoir, et il ne voulait plus se battre pour aucune cause alors il vivait loin de tout ça. Mais lors de l’attaque à l’académie, il avait été l’un des plus rapides à se jeter dans la bataille pour protéger les étudiants. Et cette action avait fait plus d’échos qu’on ne le laissait penser. Certes, que des étudiants ou d’anciens shousanais avaient protégés les étudiants eux aussi, ou même la princesse du clan Kaguya, avait fait du bruit. Mais la présence de Shura avait un autre impact. Différent.
L’image d’un général dégoûté par la guerre était celle que gardaient les autres militaires, l’administration, le peuple lui-même. Mais il était revenu pour les protéger. Et parti sans rien dire, sans attendre même la moindre récompense. Il n’était pas plus un héros que les autres. En revanche, plus que tous, il était devenu un modèle. Quelqu’un qui se battait quand c’était nécessaire, mais pas quand ça ne l’était pas. Qui n’attendait rien, mais faisait tout simplement ce qui s’imposait. L’image restait dans les mémoires : c’était ça qui changeait la donne.

« Shura, je te remercie d’être venu aussi vite. Je sais que ce n’est pas la première fois que l’Empire te le demande, mais j’aimerais que tu réintègres tes fonctions de général. »

Elle se pinça les lèvres, c’était mal dit.

« Enfin, plus exactement … Les généraux n’existent que pendant la guerre. Elle est finie. Je souhaiterais créer un poste pour toi, en fait. Ce serait un poste à part des institutions déjà établies. Maréchal. Ou Commandant Suprême des armées impériales. La nomination exacte n’a pas réellement d’importance. Mais cela te placera au-dessus de Jinji, des chefs de discipline, de l’Eglise aussi. En fait, vu que le peuple te fait confiance, ça te placera sans doute plus ou moins au même niveau que moi … mais je veux prendre ce risque. »

L’Impératrice descendit à son niveau, pour le regarder droit dans les yeux. Ils avaient à peu près la même taille, ce qui faisait qu’ils étaient à la même hauteur et qu’elle pouvait plonger son regard directement dans le sien.

« Déjà à l’époque tu étais important pour l’Empire et tu le tirais dans la bonne direction, même si ce n’était pas ton impression. Même si ça menace ma place, ou mon entente avec certaines personnes importantes, personne n’est en position de contester cette décision parce qu’elle est juste. Et indispensable. Reviens, s’il te plait. Je te le demande comme une requête officielle mais aussi une requête personnelle. »

Nanaki fit un pas en arrière sans cesser de maintenir son regard rivé dans le sien.

« Je suis prête à écouter toutes tes conditions. Quelles qu’elles soient. Je suis prête à faire énormément de concessions pour te récupérer. »
L'Eclair Blanc
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Jeu 29 Juin - 18:53
Dès sa première action, dès sa première parole, Nanaki titilla l’égo de Shura. En congédiant son garde du corps et, ainsi, marquant sa confiance envers l’ancien général, elle l’agaçait plus qu’autre chose. Il n’en montra rien, cependant. En tant que chef de l’Aile du phénix, il avait l’occasion de mettre fin à la vie de sa pire ennemi ici-même si elle ne cachait rien. Une attaque surprise pouvait en terminer avec cette querelle absurde.
Non, non, ce n’était pas vrai. Il ne sortirait jamais du palais pour le revendiquer. Il ne pouvait avoir aucune certitude que ce qu’il se passerait arriverait jamais dehors. De plus, disait-elle réellement la vérité ? Elle avait l’air gentille et honnête, mais il était peut-être sous le feu de tireurs embusqués prêts à réagir. Ou de sceaux habilement dissimulés. Enfin, en soi le simple fait qu’elle soit là suffisait. Contrairement à un assassin professionnel, Shura ne disposait pas d’une vitesse d’exécution incroyable. Il suffisait qu’elle réagisse, et en un instant elle le mettrait à sa merci. Il connaissait la force de cette femme, enfouie sous des couches d’apparats et de cette allure bienséante. Une fois ôté tout ce verni, restait une femme dont la puissance était formidable. Il ne pouvait pas prendre de risque inutile : ses compétences ne le lui permettaient pas.

Bon, il était temps d’en venir à la raison de sa convocation : sinon il allait juste s’impatienter et finir par faire une bourde. Mais avant qu’il ait pu parler pour la presser de lui donner des réponses, l’Impératrice le devança. Elle voulait qu’il réintègre ses fonctions de général. Shura se rembrunit. Encore cette demande ? Il l’avait rejetée cinq fois déjà. Pourquoi sa réponse devait-elle changer ? Même d’un point de vue d’infiltration ce n’était pas une bonne chose : en se plaçant au centre de l’attention, il s’entourait de personnalités influentes, et cela pouvait jouer contre lui. Non, la couverture d’un ancien général dans sa glorieuse retraite était son meilleur choix. Il n’en démordrait pas. Et il n’avait plus aucun désir de travailler dans la haute sphère impériale. Pourquoi voudrait-il travailler avec ceux qu’il désirait démolir ?

Shura s’apprêtait à refuser nettement et à s’en aller, mais elle poursuivit. Corrigea sa propre demande, et l’embellit. Maréchal ? Des concessions, un poste équivalent au sien ? Elle était vraiment prête à beaucoup de sacrifices. Mais au final, s’il en croyait ses paroles, elle ne ferait qu’en tirer du bénéfice. Ce n’était pas si sacrificiel que cela paraissait. Son but était de stabiliser l’Empire, en ayant un second pouvoir fort pour l’épauler, elle allégeait ses responsabilités pour lui en donner, et l’enjoignait à participer à ses côtés à la construction d’un Empire toujours plus fort. Certes, elle cédait du pouvoir à quelqu’un d’autre et ne détenait plus le semblant de monopole absolu qu’elle avait. Encore que, dans les faits, ce n’était déjà pas le cas. Mais elle lui cédait cet aspect public des choses. Mais on en revenait encore et toujours au même constat : c’était aller dans le sens de l’Empire. Tout ce qu’elle faisait, elle le basait sur ça.
Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre que lui n’avait pas envie de participer à ce projet ?

Malgré tout, tout ce pouvoir pouvait-il profiter à l’Aile du phénix ? Non. Il avait déjà envisagé le fait que ce soit un piège. Si c’en était un, en acceptant il signait leur arrêt de mort à tous. Il n’était pas le type de personne taillée pour faire face à un espionnage intensif. Et ses premiers mois de fonction, qu’il soit ou non sous les soupçons, y seraient soumis. Et il laisserait échapper des informations, peut-être pire, sur sa propre personne.

« C’est non. »

Sa voix était sèche, presque agressive. Ca pouvait se comprendre, vu l’insistance que mettaient les autorités à essayer de lui forcer la main. Mais elle l’était malgré tout plus qu’il ne l’aurait voulu. Son regard était chargé de haine, lui aussi, même s’il tentait de la déprimer. Cette femme dégageait tant de gentillesse qu’elle exacerbait sa propre rage. Si elle avait tant de bons côtés, si tout le monde l’aimait autant, alors pourquoi dirigeait-elle un Empire plein d’illusions et encadré par des salopards véreux ? Sa légende était une mystification, il en était persuadé. Qu’elle en soit consciente ou non, elle n’était pas aussi sainte qu’elle le paraissait. Simplement, ce qu’elle prenait pour le mal nécessaire et la bonne cause ne valait pas mieux que la cause destructrice de l’Aile du phénix. Ils les présentaient comme des criminels. Mais non, ce n’était pas ça. Ils étaient le boomerang qui revenait. Ce qu’il faudrait assumer. Un juste retour des choses, ni plus ni moins. La conséquence. Et l’ultimatum.

« Faites toutes les concessions que vous voulez ‘Votre Altesse’. Mais ma position ne flanchera pas. Si vous voulez vous pouvez toujours me démettre de mes fonctions pour insubordination ou je ne sais quoi. Même me punir si ça vous amuse. Mais ce sera toujours non. Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous, le conseil, ou l’Empire en général. Cette vie simple, à la limite de la retraite, à former des jeunes et à me consacrer à la recherche me suffit amplement. »

Il commença à partir. Puis se retourna, et avec encore plus de hargne, en rajoute une couche :

« Je vous en prie, arrêtez de me demander la même chose encore et encore. Je suis quelqu’un d’honnête alors je vais vous dire les choses comme elles sont : je ne vous aime pas. Je n’aime pas ce que sont les institutions de l’Empire, je n’aime pas ce qu’il s’est passé pendant la guerre. Je n’ai foi ni en vous, ni en ce que vous avez construit, ni même en ce que vous avez détruit. »

Il recommença à prendre la direction de la sortie tout en criant par-dessus  son épaule. Il allait peut-être s’attirer des ennuis, mais pas si elle avait dit la vérité. Après tout, ils étaient en privé et son ton insultant ne serait pas public. Elle pouvait surmonter ça, si c’était vraiment une Sainte, non ? Alors une dernière pour la route :

« Sauf votre respect, Votre Sainteté, foutez-moi la paix une bonne fois pour toute. »
Nukenin
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Dim 9 Juil - 10:05

Nanaki
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L’Impératrice ressentit comme quelque chose qui l’oppressait dans la poitrine, quand Shura refusa sa proposition. Sa voix était cassante, et même, il semblait en colère. Il lui en voulait manifestement beaucoup. Et elle se sentait très mal quand elle y songeait. Son souffle était court, elle avait un peu de mal à respirer alors qu’il la rabrouait, et la repoussait. Nanaki ne trouva rien à dire sur le moment. Il avait raison : elle insistait plus que de raison. Elle ne respectait pas son choix de se retirer de la vie politique, du devant de la scène, pour laisser place à la nouvelle génération. Et évidemment, même si son soutien était un vrai plus, il n’était pas non plus indispensable. C’était d’avantage un caprice de l’Impératrice qu’un véritable besoin. Et elle s’en rendait tout à fait compte.

D’un côté, sa proposition avait bien entendu du sens. Il méritait le poste qu’il souhaitait, pour tous les services qu’il avait rendu à l’Empire. Mais aussi parce que justement, il s’en était éloigné après la guerre. S’il refusait de poursuivre avec elle, c’était parce qu’elle représentait le pays qui l’avait trompé. Contrairement à ce qu’elle lui laissait croire, Nanaki n’avait pas du tout oublié la manière dont l’Empire avait manipulé Shura. Elle connaissait très bien son histoire. Et même si c’était le plan de son stratège, l’Impératrice l’avait approuvé à l’époque. Ou plutôt, elle l’avait laissé faire. Ce qui revenait plus ou moins au même. Lui et Daka, l’ancienne générale qui avait récupéré Shura quand il était perdu, l’avaient retourné contre Shousan. Et sa propre sœur. Le récit de ce qu’il s’était passé était un drame impardonnable. Une conséquence de sa jeunesse en tant qu’Impératrice. Mais elle avait dix-sept ans au moment des faits : elle avait commis beaucoup d’erreurs. Elle avait cru pouvoir tout faire sans qu’il n’y ait de répercussions, qu’elle avait tous les droits. Encore une fois mise devant ses erreurs, des erreurs qu’elle ne pouvait pas réparer, elle se sentait affreusement coupable. Et pourtant, Nanaki éprouvait le besoin capricieux de rallier Shura à sa cause à nouveau.

D’un autre côté, ça n’avait évidemment pas de vrai sens. Si Shura avait quitté l’armée c’était pour des raisons légitimes. Et en plus, il avait accepté de demeurer Jounin afin d’aider à la formation et à la recherche, ce qui était une bonne attitude. Il ne rejetait pas tout l’Empire de cette manière, simplement la façon dont il avait mené la guerre. Il était le noble dans l’histoire. D’ailleurs, personne ne s’y trompait, c’était la raison de sa popularité.

Et Nanaki était jeune, même si beaucoup l’oubliaient souvent. Comme toutes les jeunes femmes de son âge, elle avait ses modèles. Et même s’il était un des pendants à son pouvoir, à son autorité, Shura était l’un d’eux. Qu’est-ce qu’elle y pouvait si elle l’admirait ? Il représentait ses échecs, elle avait honte en le regardant. Elle éprouvait vraiment des remords. Mais pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de le tenir en immense estime.

« Shura. J’aimerais te dire encore une chose avant que tu partes. Ne t’inquiètes pas, je n’insisterais pas, j’ai compris ce que tu voulais me dire, mais ne claque pas la porte s’il te plait. Ou au moins pas tout de suite. »

Il freina. Elle souffla de soulagement. Et elle était un peu angoissée aussi. Ce qu’elle allait lui dire, personne d’autre ne le savait. Pas même Tekkun. Pas même les évêques. Les dieux eux-mêmes mis à part, tout le monde l’ignorait. Absolument tout le monde. Même Shizuka, qui l’avait pourtant formée, n’en savait absolument rien.

« Je vais te révéler quelque chose sur moi. Sur mes réels pouvoirs. Et cette chose, personne ne le sait, parce qu’elle amène avec elle beaucoup trop de révélations. J’espère juste que tu me verras différemment quand tu sauras. J’ai vraiment envie que tu me comprennes. »

Elle se rapprocha de lui, pour lui parler sur un volume vraiment bas.

« [Murmures] ».

Nanaki lui laissa le temps de diriger l’information, puis poursuivi :

« [Murmures.] »

Nanaki attrapa les poignets de Shura entre ses mains frêles. Elle les serra du plus fort qu’elle pouvait : c’est-à-dire pas très fort. Ce n’était pas de l’anxiété, mais plutôt comme si en les serrant elle lui transmettait quelque chose. Elle déchargeait ce poids infini qu’elle avait sur les épaules. Elle l’avait dit à quelqu’un. Pire, elle l’avait dit à Shura. Son idole, mais aussi celui qui lui résistait le plus.

« Pourquoi me hais-tu autant ? Penses-tu qu’il soit si simple de diriger une nation aussi grande quand on a dix-sept ans et que depuis le début de sa vie, on nous considère comme une élue divine ? C’est peut-être une mauvaise excuse mais je ne suis pas la seule à blâmer pour mes erreurs passées. Seulement, moi, je souhaite les réparer. Avancer. Je n’utiliserais pas ce pouvoir secret pour te faire changer d’avis ou pour t’arrêter. Mais pourtant je t’offre quand même ce poste de Maréchal. Sais-tu ce que cela signifie, Shura ? »

Elle se laissait emporter, mais Nanaki ne pouvait pas s’en empêcher. Elle risquait gros en agissant comme elle allait le faire mais … C’était une sorte de besoin irrésistible. Les bras de l’Impératrice se nouèrent autour du buste du Jounin, sa tête se posa sur sa poitrine.

« Je te fais confiance. Je suis sûre qu’au bout du compte, tes choix seront les bons. »
L'Eclair Blanc
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Lun 4 Sep - 7:04
La tête de Nanaki posée contre sa poitrine ramena Shura des années en arrière. C’était avant la guerre. Il était encore le jeune lieutenant de Daka, et n’avait pas de véritable but. Quant à Nanaki, elle était complètement perdue au milieu de ses responsabilités d’Impératrice, qui étaient devenue subitement immenses dès qu’elle était entrée dans sa dix-septième année, et avait reçu les pleins pouvoirs.

Comment s’étaient-ils rencontrés, déjà ? Il avait beau réfléchir, il n’arrivait pas à s’en souvenir avec exactitude. Il se souvenait qu’il marchait juste derrière le général Daka. Dans son ombre. Elle lui parlait peu, comme d’habitude, donc il n’avait aucune parole qui venait en écho pour raviver le souvenir. Rien. Ils étaient entrés dans le palais, Daka avait entamé une grande conversation avec le conseiller, Jinji Nara. Et lui s’était retrouvé par la force des choses seul avec l’Impératrice. Il avait dû l’amuser, d’une certaine manière, car elle avait demandé à le garder au palais d’ici à ce que la guerre commence. Tekkun n’était pas encore là à l’époque, c’était lui qui avait été son premier ‘garde du corps’. Il avait même été un peu plus que ça.
Mais il était jeune. Et ne voyait en cette femme, qu’une femme justement. Elle était gentille, prévenante, et souhaitait changer le monde en bien. Ce n’étaient que des intentions pures, à la limite de l’angélisme. Et il avait été éblouit par tant de force, mise au service de la bonté. Sans aucun doute, Nanaki était l’une des raisons pour laquelle Shura avait combattu aux côtés de l’Empire durant toute la guerre, et sans faillir.
Sans sa sœur, jamais il ne serait revenu à la raison. Il serait peut-être Empereur aujourd’hui ? Enfin, si c’était vraiment ce qu’il avait voulu, l’Impératrice venait plus ou moins de lui permettre de rattraper ses errements et de prendre cette place.

« Vous pouvez me l’offrir si vous voulez, Votre Sainteté. Je le refuserais à chaque fois. Maintenant je suis absolument certain que vous ne me condamnerez pas. »

La première réaction de Shura aux murmures de la femme qui lui faisait face avait été la peur. Le doute. Il s’était senti oppressé, prisonnier de ses propres secrets. Mais il s’était vite calmé, refroidi. Le ton de Nanaki n’incluait aucune menace. De toute manière, ce n’était pas sa façon de faire les choses. Et puis, elle venait de lui confier qu’elle pourrait très bien le détruire si elle en avait envie. Mais elle ne le ferait pas. En réalité, tout ce qu’elle venait de lui dire n’était que de la poudre aux yeux. Pourquoi aurait-il peur d’elle ? Il n’avait jamais eu peur d’elle. C’était aussi pour ça qu’ils s’étaient aussi bien entendus. Il ne l’a jamais vénéré. Il ne l’a jamais considéré comme une Reine. De toute manière, Shura n’a jamais vu personne comme son souverain. Tout ce qu’il a toujours vu, ce sont les êtres eux-mêmes.
Jusqu’à cette guerre, évidemment. Et à la fondation de l’Aile du phénix. Où il a compris que parfois, même une personne de bien peut devenir le symbole de quelque chose de néfaste. Et que tout n’as pas si manichéen qu’il le pensait autrefois.

« Je ne te hais pas. Je ne t’ai jamais haït, Nanaki. Même quand j’ai donné l’autorisation à Nanako Nara pour ton assassinat et que je lui ai fourni tous les moyens à ma disposition pour la mener à bien. Même là, je ne te haïssais pas. Bien au contraire. J’ai toujours pensé que tu étais quelqu’un de bon, et je t’ai même aimée à l’époque où je le pouvais encore. »

Un sourire, glacial, cynique, apparut sur son visage tandis qu’il écartait les bras comme s’il voulait prendre à témoin des spectateurs imaginaires.

« Enfin, ce n’était qu’un amour d’adolescent. La réalité s’est montrée dure avec chacun d’entre nous. Tu dis que tu veux tout reconstruire, et que toi tu essaies de réparer tes erreurs. En quoi ? Ce qui s’est construit tout autour de toi n’est guère si différent de Shousan dans le fond. Dominance militaire, les ninjas sont en haut de toutes les hiérarchies. Mais en plus, l’Empire ajoute une note religieuse déplaisante, qui flirte avec l’inquisition. Oh bien sûr, la paix est là. Mais même elle ne durera pas. Elle est toujours provisoire, tes seigneurs se rebelleront contre toi pour recouvrer leur indépendance. Et le peuple souffrira. Comme toujours. »

Shura attrapa les deux mains de Nanaki et l’écarta de lui. Sans violence, mais avec une fermeté assurée.

« Tu es le symbole de cet Empire que je hais, c’est tout. Et tes pouvoirs sont certainement fantastiques. Tu es bien plus puissante que chacun dans cet Empire, j’en suis parfaitement conscient maintenant. Mais je suis aussi conscient que tu n’es pas une ennemie dangereuse pour moi. Soit tu restes celle que tu es, et que j’ai aimé, et je te vaincrais. Sans aucune difficulté. Soit tu changes, et alors tu deviendras tout ce que tu détestes, et que je hais réellement. Dans les deux cas, tu seras perdante. »

Le Jounin fit volte-face, avec cette fois-ci la ferme intention de partir. Avant de passer la porte, et de revenir dans le monde, loin de cette parenthèse, Shura se retourna à moitié, de profil, pour adresser ses dernières paroles à Nanaki :

« Quand tout commencera à s’écrouler, enfuis-toi. Je n’ai jamais eu réellement envie de te voir mourir. Mais si tu restes ici, et que tu continues en tant qu’Impératrice, on s’affrontera. Et tu viens de me révéler que je vais gagner. »

Et il partit. Simplement. Sans plus de cérémonies.
Nukenin
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L'Eclair Blanc
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