AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexionCalendrier

Mer 21 Juin - 6:27
L'endroit est encore un local en construction. Néanmoins, il y a déjà les ustensiles en place. Trois fours au total, des sacs de charbon pour les faire chauffer entreposés dans un coin. Une enclume, un baquet d'eau vide. Un tuyau relié à une citerne. Et, sur le mur du fond, différents outils.

Près de la vitrine, une table est posée, et sur celle-ci, il y a différentes armes exposées. Toutes sont de la meilleure qualité possible.

L'endroit est rarement ouvert, même si parfois on aperçoit un Anbu qui s'active à l'intérieur pour le retaper.
Par contre, il y a une boîte aux lettres, et un message sur la porte.


Citation :
    Laissez votre commande, et vos coordonnées.

Je peux forger n'importe quoi du moment que c'est en métal. Pour les outils, je préfère travailler le bronze ou le fer. Si vous désirez une arme, j'utilise le tamahagane traditionnel, à l'ancienne.

Si vous ne me faites pas confiance, vous pouvez aussi simplement prendre rendez-vous ou m'indiquer un autre type de métal.

Je livre en personne, et la livraison n'augmente pas le prix de la commande.

Prix légèrement supérieur à la moyenne, variable selon satisfaction.


Kikoho Akimichi
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 278
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
251/300  (251/300)
Points de vie:
303/303  (303/303)
Points de chakra:
876/876  (876/876)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 22 Juin - 16:27
Shi no kuni. Capitale de l’Empire. Cela fait quelques jours maintenant que je suis arrivée dans cette ville, et que j’ai pris une chambre à l’auberge. Pour le moment, je n’ai pas fait grand-chose. Ni pris la moindre décision. Je me contente de me promener, et d’observer. Il me reste encore un peu d’argent, donc j’ai encore un peu de temps pour réfléchir.

J’ai quand même eu l’occasion de faire quelques rencontres. Rem à Kahari, par exemple. J’ai une meilleure idée de la situation dans le monde, maintenant. Dans le monde impérial, tout du moins. Et j’ai interrogé des personnes que j’ai croisées. Apparemment, l’Empire n’a qu’une relation commerciale avec les clans du Nord : ce qui signifie que je suis en paix pour le moment par rapport aux mercenaires. Ils ne viendront pas me chercher tant que je serais dans la capitale. Ce serait une ingérence, et donc un motif d’arrestation. Sans démarches diplomatiques, je n’ai rien à craindre. Ca ne m’empêche pas de rester à l’affût, mais j’ai quelques jours devant moi avant de partir ou de me mettre en action.
J’ai pensé à me proposer moi-même en tant que ninja ou mercenaire, mais je ne suis pas sûre que ma valeur marchande soit suffisante pour couvrir un éventuel désaccord avec le clan Nara, aux yeux de l’Empire. Ils ne sont pas aussi belliqueux que je l’ai pensé, et semblent chercher à maintenir la paix. Du coup si je suis une menace, ils risquent de me livrer simplement. J’ai envie de me faire une place, mais le clan Nara tient un peu trop à ses secrets pour me laisser filer sans tenter quelque chose, même auprès de l’Empire.

En attendant, que faire ? Le temps pour réfléchir, c’est bien, mais je peux aussi me préparer à un éventuel départ. Et depuis l’altercation avec les mercenaires, à Kahari, ma chaine est fendue. Pas cassée heureusement, mais fragilisée. Je ne peux pas me battre si une de mes armes est abîmée : elles sont trop importantes pour mon style de combat. Je m’appuie presque exclusivement sur elles ! Et je n’ai pas le temps de m’adapter à un autre mode de combat.

L’ennui, c’est que me rendre chez un forgeron renommé est peut-être un peu risqué. Généralement, ils s’occupent de l’armement des ninjas, mais aussi des mercenaires. Donc je risque de croiser, en me rendant chez l’un d’eux, quelqu’un qui me reconnaîtra comme étant recherchée. Ce n’est qu’une hypothèse, mais elle me parait trop logique pour que je l’ignore.

Par contre, lors de mes promenades, j’ai repéré un endroit intéressant. Un forgeron qui a ouvert tout récemment, et qui n’a pas encore de vraie clientèle. Chez lui, il y a peu de chances que je croise qui que ce soit.
Mais me faire livrer n’est pas intéressant, par contre. Ca voudrait dire que je dois laisser ma chaine, et qu’en cas de problème, je dois partir sans elle. Ce que je refuse catégoriquement : je préfère encore qu’elle soit brisée en deux.
Du coup, j’attends que cette boutique ouvre. Je passe régulièrement devant, en tentant d’apercevoir quelqu’un à l’intérieur. Mais les premiers jours, je constate qu’elle est tout le temps fermée. De toute évidence, le gérant n’est pas beaucoup présent.

Au bout de quatre jours, cependant, j’aperçois quelqu’un à l’intérieur. Un jeune homme blond, avec un masque d’Anbu. Il semble s’affairer et s’occuper de différents travaux. Il monte un meuble, à vue de nez.
Kikoho Akimichi. Encore un risque à calculer : qu’il soit proche des clans du Nord. Mais s’il a choisi de devenir shinobi, comme en témoigne sa tenue, c’est qu’il renie lui aussi les préceptes des clans du Nord, après tout. Car ils rejettent eux-mêmes la dictature de l’Empire, et préfèrent se couper du monde, plutôt que d’appuyer des conquérants.
Donc, même si d’aventure il me connait d’une manière ou d’une autre, je pense qu’il comprendra ma situation. C’est pour ça que j’accepte de prendre ce risque.

Je me rapproche et pousse la porte d’entrée. Ouverte.

« Excusez-moi ? Bonjour. »

Je détache la chaîne à ma ceinture tout en me rapprochant de lui. Il relève la tête de son meuble. Apparemment, il a du mal à l’assembler … Plus doué avec le métal qu’avec le bois, hein ? Je tends ma chaîne devant moi, pour montrer dans la lumière l’endroit où elle est abîmée.

« Je cherche quelqu’un qui pourrait arranger ça. Et j’ai vu que vous étiez là … Alors je me demandais si c’était possible que vous m’aidiez. »
Prêtresse d'Inari
avatar
Messages : 33
Date d'inscription : 01/06/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
121/150  (121/150)
Points de vie:
198/198  (198/198)
Points de chakra:
516/516  (516/516)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Ven 23 Juin - 5:55
Passer une après-midi à la forge. Ca avait l’air bénin, comme ça, pour un forgeron. Mais cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas eu le plaisir de faire ce travail que j’étais un peu ému. Grâce à l’Impératrice j’avais enfin un job stable et une identité de couverture. Suffisamment solide pour tromper les services secrets, l’espionnage, et l’enquête. Enfin, pour le moment tout du moins, qui sait combien de temps ça allait durer ?
A une époque, je travaillais à la forge de mon grand-père tous les jours. Même quand j’étais entré à l’académie, mes heures de libre, je les passais dans cette fournaise. Tant et si bien qu’aujourd’hui, me débattre au-dessus de l’enclume, marteau à la main, c’était devenu une source de réconfort.

Enfin, pour l’instant, j’étais surtout en train d’essayer d’aménager l’endroit. En soi, trouver un local n’avait pas été si compliqué. Une fois la majorité de mes réserves d’alcool vendues, j’avais trouvé les fonds. Heureusement j’avais réussi à garder un peu de piquette, et deux ou trois bouteilles rares pour de grandes occasions.
Hein ? Mais oui, j’ai dit que j’allais arrêter de boire en redevenant moi-même. Mais je n’ai pas dit quand, alors j’en profite encore un peu. Avec modération, c’est tout.
Bref, j’essayais de mettre un meuble à la place de la vieille table à l’entrée, qui exposait les armes. Mais ce n’était vraiment pas mon fort. J’avais sélectionné du bon bois, ça je savais faire. Un truc solide, un peu austère, mais qui ne me pourrirait pas dans les doigts en moins d’un an. Par contre, assembler les pièces, c’était une autre histoire …
J’aurais pu le faire à la vitesse de la lumière, si seulement je comprenais comment ça fonctionnait.

Tandis que je suis en train de galérer et de maugréer, j’entends la porte s’ouvrir dans mon dos. Je me redresse et me retourne, un peu gêné d’être surpris dans une telle situation. C’est une jeune femme, plutôt bien proportionnée. Elle n’a pas l’air spécialement costaude, mais elle dégage quelque chose d’imposant. Ce n’est pas son chakra, il n’est pas vraiment impressionnant même s’il est bon. Plutôt une sorte de mystère. Bizarre.

** La couleur de sa peau n’est pas courante … Enfin, ce n’est rien par rapport à celle de ses yeux. Je me demande qui elle est. **

Même si sa personne demeure un mystère, ce n’est pas le cas de la raison de sa venue. A peine entrée, elle s’empresse de tendre une chaine dans ma direction.

** Eh bien, en voilà une qui ne s’embarrasse pas de détails ou de politesses. Soit. Je préfère les gens directs à ceux qui tournent en rond. **

Sans rien dire, ni même lui retourner son salut, j’attrape l’arme et l’amène vers la table au centre de la pièce. Je fais signe à la jeune femme de me suivre au passage.
C’est papi qui m’avait appris à procéder de cette manière devant un inconnu, qui vient à la boutique, lors de la première rencontre. Être un peu renfrogné, ne pas beaucoup parler, et se contenter des faits. Ca renforce chaque parole et ça donne une allure de vieux briscard de la forge. Bon, lui c’était pour se faire du flouze. Moi, honnêtement, c’est surtout parce que je ne sais pas trop quoi dire. Et en plus, je suis curieux de voir un peu son arme : on apprend beaucoup de choses sur le style de combat d’un manieur d’arme, quand on l’examine.

En me penchant un peu plus près de l’arme, je siffle.

« Ouah ! C’est une vieille méthode de forge ça ! Bon, la qualité n’est pas extraordinaire, mais c’est quand même pas mal du tout. C’est du Haganedendou, n’est-ce pas ? Un forgeron du pays de la foudre utilisait cette méthode il y a très longtemps, il a eu plusieurs élèves, qui ont eu eux-mêmes des élèves … Enfin, c’était plutôt populaire à une époque. Cet alliage a la particularité de facilité la conductivité. Oh bien sûr l’acier est conducteur, mais celui-là l’est encore plus. C’est un alliage idéal pour les utilisateurs de Raiton ! Si ce n’est pas trop indiscret, qui a forgé cette arme ? »

Je continue un peu mon analyse et je suis plus sceptique cette fois. Il y a des résidus de quelque chose sur le métal … C’est un peu poisseux.

« C’est quoi ça ? De la suie ? »

Ah, oui évidemment, elle devait résulter de combustibles. Cette fille utilisait un acier conducteur, mais aussi de la graisse, ou de l’huile, sur l’acier, afin d’enflammer sa chaine ? Non, encore mieux, ses chaines ! Elle en avait une seconde autour de la taille.

« Hum … L’électricité et les flammes ont rongés le métal petit à petit, c’est pour ça que votre arme s’est fendue. Je peux réparer ça, évidemment, mais … il faudrait en prendre plus soin que ça. Je sais bien que tout le monde n’est pas forgeron, mais vous devriez apprendre les bases du métier. Votre utilisation de ces armes risque de vous l’imposer si vous ne voulez pas qu’elles vous lâchent en pleine action. L’acier conducteur est pratique, mais s’il augmente la  capacité de l’arme à faire circuler l’électricité, il n’augmente pas sa capacité à en encaisser les dégâts. Le métal de vos armes doit sérieusement souffrir à chaque fois que vous vous battez. »

« Bref, oui je peux vous aider. Ce n’est qu’une fêlure, laissez-moi l’arme quelques heures, le temps que je termine ça. Si vous revenez en fin d’après-midi, elle sera comme neuve. Et ça fera 20 drakes. »


Je repose la chaîne sur la table, en attendant. J’ai un meuble à finir, moi.
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 278
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
251/300  (251/300)
Points de vie:
303/303  (303/303)
Points de chakra:
876/876  (876/876)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Sam 24 Juin - 15:15
Je n’ai jamais ignoré que les forgerons sont capables de plus que de simplement réparer ou créer des armes. Mais celui qui est en face de moi vient de me faire une démonstration de ce que le savoir des armes peut faire. Il vient de lire au travers de mon style de combat rien qu’en examinant l’état de ma chaine. Pour l’huile que j’ai déposé sur elle, ce n’est pas si étonnant. Il y a beaucoup d’indices. Par contre, qu’il puisse dire que j’utilise le Raiton à partir des matériaux qui constituent l’acier, c’est bluffant. Et en plus, il est tombé juste. Il connait même le nom de la méthode de forge, le Haganedendou, que moi j’ignorais jusqu’à aujourd’hui.

Par contre, je me retrouve vite dans une impasse : il me demande l’identité de la personne qui a forgé mes armes. Je ne peux pas lui répondre honnêtement, en vérité. Izahei, le vieux forgeron du clan Nara, est mort depuis au moins vingt ans. Il est suffisamment bon pour remarquer que ces chaines ont été forgées sur mesure pour moi, et sont adaptées à mon corps. Donc soit il sera soupçonneux, soit il se dira qu’elles ont été forgées quand j’ai eu dix ans à peine, étant donné ma longévité apparente.
A moins que … Maintenant que j’y pense, mon corps est plus puissant que ce qu’il a l’air. Un homoncule est naturellement plus fort physiquement que n’importe quel homme. Et puis, avec les aptitudes ninjas ce genre d’analyse peut être faussé. Non, en fait, sans me voir les manier, il ne peut pas dire avec certitude qu’elles ont été créées pour moi. Donc je ne suis pas tant en danger que ça. En plus, si je refuse de lui répondre ou improvise un bobard, je vais me trahir et attirer sa suspicion. Malgré tout, il faut que je fasse attention à ne pas dire de bêtise.

« Elles ont été forgées par un homme du nom d’Izahei Nara. C’était un ancien shinobi du pays de la foudre. Ca fait un moment qu’il est mort, mais j’ai mis la main sur ces armes chez un revendeur. Je dois bien vous avouer que j’ignorais tout du nom de la méthode utilisée pour les forger … Mais effectivement, elles ont été conçues pour supporter une grande charge de chakra électrique. Comment faites-vous pour repérer les composants de l’acier à l’œil nu ? C’est une question de couleur peut-être ? »

En observant bien, maintenant que j’y pense, je constate que l’arme est un peu plus sombre que la couleur habituelle donnée par l’acier. Avec des légers reflets bleutés. Mais pas seulement : à l’endroit de la cassure, on voit de petits fragments couleur argent, à l’intérieur de l’arme. L’argent est une composante qui favorise la conduction, donc je fais facilement le lien. Enfin, c’est ce que je suppose sur le coup. Je ne serais pas fâchée d’entendre très précisément de la bouche de ce forgeron ce qu’il en est exactement.

En tous cas, il a l’air très fiable. Et il sait ce qu’il fait. Il a oublié de dire bonjour, mais il sait mettre un client en confiance. Ou alors il ne fait pas exprès ? Peu importe, s’il fait ça naturellement c’est un point positif pour lui. Et s’il le fait consciemment, il n’en reste pas moins qu’il vient de démontrer la qualité de son expertise.

« Et oui, ce doit être de la suie. Je la nettoie, habituellement, mais je viens de faire un long trajet et j’ai dû rationner mes réserves d’eau. Et du coup j’ai dû faire un nettoyage plus sommaire, et j’en ai oublié. J’utilise des graisses animales pour que les flammes prennent mieux sur l’acier, et soient plus fortes, et plus résistantes. »

Le reste de son analyse, par contre, n’est pas vraiment à mon avantage. J’abîme mes armes, et je suis trop mauvaise pour savoir en prendre soin moi-même. J’ai l’habitude qu’on me parle de façon très directe, je sais encaisser les insultes, ou les reproches. Mais quand même, s’il y a bien un point que je n’ai pas l’habitude qu’on remette en question chez moi, ce sont mes compétences. De combattante, et tout ce qui y est lié de manière générale. Du coup, j’encaisse sans broncher visiblement, mais à l’intérieur, je suis froissée. Déçue de moi-même.  Izahei était un de mes rares amis au clan Nara, et je tiens beaucoup à mes chaines. Entendre dire de quelqu’un qui maîtrisait le sujet que je ne sais pas m’en occuper, c’est difficile à encaisser. Mais c’est la réalité, alors il faut que je m’en contente. Comme il dit, il n’est pas trop tard pour apprendre. Seulement, j’ai un peu peur de ne pas avoir le temps pour … Attendez, j’ai peut-être une idée.

« Est-ce que … vous m’apprendriez ? Je suis arrivée en ville récemment, et je n’ai pas de boulot, et ma maigre réserve de drakes commence déjà à s’écrouler. Je ne vous demande pas grand-chose. Dix ou vingt drakes, pas plus. Je ne peux pas vous aider à forger, mais je peux faire le ménage, accueillir vos clients, ou même m’occuper de vous aider à monter vos meubles … »

Je désigne le meuble qu’il tient entre les mains, et qui n’est vraiment pas vaillant.

« J’en profiterais pour regarder comment vous faites. Je tiens beaucoup à mes chaines, et vous venez de me faire réaliser que je ne le montre pas assez. Je veux apprendre à les réparer moi-même. C’est évident que j’en ai besoin, et je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt. »

C’est une bonne idée, après tout. Ca me faisait une couverture. Et puis, je sens que ce type n’est pas non plus n’importe qui. La tenue d’Anbu, déjà. Si je l’ai dans les parages, il n’y a pas moyen que des mercenaires tentent quoi que ce soit. Et s’il accepte de me donner quelques drakes par semaine, je ne devrais pas avoir de problèmes pour rester dans la capitale quelques temps, à l’abri. En plus, il a raison : je dois apprendre à mieux prendre soin de mes armes.
Je tremble. Depuis combien de temps n'ais-je pas demander à qui que ce soit de s'occuper de moi ? La solitude me pèse mais c'est difficile de réclamer. J'espère juste que s'il accepte, je serais suffisamment consciencieuse pour ne pas lui faire regretter et bien m'occuper de cet endroit ...

« Au fait, je l’ai lu sur l’affiche et je me suis posé la question … Qu’est-ce que le tamahagane ? Je dois vous avouer que je ne connais pas ce terme, et que je suis  curieuse. »
Prêtresse d'Inari
avatar
Messages : 33
Date d'inscription : 01/06/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
121/150  (121/150)
Points de vie:
198/198  (198/198)
Points de chakra:
516/516  (516/516)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Lun 26 Juin - 12:16
Je manipulais la chaîne tout en écoutant la jeune femme. C’était la première fois que j’avais l’occasion de tenir entre mes mains une arme forgée avec la technique Haganedendou. J’en avais déjà vu une, une fois, mais jamais je n’avais pu l’examiner d’aussi près. C’était fascinant. L’acier paraissait ordinaire, mais à l’intérieur, il y avait un filin argenté, censé faciliter la conduction. Contrairement aux idées reçues, ce n’était pas parce qu’il était joli que l’argent était spécialement cher.
Izahei Nara … Jamais entendu parler. En même temps, je lui avais demandé le nom du forgeron par réflexe, pour avoir un nom auquel raccroché la pratique d’une technique que je croyais perdue depuis longtemps. Les armes forgées par le Haganedendou étaient devenues très rares. Mais j’étais surpris d’entendre le nom d’un membre du clan Nara, quand même.
C’était un peu paradoxal. D’un côté, qu’un savoir que je croyais perdu vienne de ce clan conservateur, et qui se posait en défendeur des connaissances, justement, était logique. Mais que ce soit une technique de forge, alors qu’ils refusaient obstinément de prendre les armes contre quoi que ce soit était presque ironique. Après, bien entendu, c’était peut-être un récalcitrant. Ils n’étaient pas nombreux, mais ils existaient. J’en connaissais moi-même quelques-uns, tous des Akimichis. Mais même si les Akimichis ont la réputation d’être gentils, c’est aussi le seul des trois clans du Nord à privilégier la force brute. Donc c’était le plus à même de ces clans à avoir son lot de rebelles par rapport à leur conduite. C’était aussi le clan avec le plus de conviction. A côté d’eux, les Naras et les Aburames étaient des mollassons.
Enfin, peu importe, ce sont des digressions. Ce forgeron était un Nara, l’essentiel à retenir était dans ce constat. Donc si je voulais un jour apprendre cette méthode, ça se passerait là-bas …

La jeune femme semble surprise que je puisse repérer la méthode de forge à partir de rien. C’est vrai que ça pouvait paraître étonnant, surtout quand on sait qu’elle est rare. Cela dit, ce n’était pas aussi compliqué que ça en avait l’air. Je lui montrais la chaîne, à l’endroit où elle était fracturée, et où on voyait l’intérieur.

« On ne peut pas toujours le voir, selon la technique de forge employée. D’ailleurs, si votre arme n’était pas suffisamment abîmée je n’aurais rien vu. Mais là, dans la fracture, on voit très nettement le petit fil d’argent qui relie l’ensemble de la chaîne et permet la conduction. Même s’il est très fin, sa couleur est tellement différente qu’il est difficile de le manquer. En plus, elle a des restes d’électricité statique. Je l’ai senti en l’attrapant à mains nues. Ce n’est pas très violent, mais il y a une sensation de grésillement sur les doigts. C’est peu courant qu’un acier accroche aussi bien l’énergie électrique, au point qu’on le ressente même au repos, donc c’était vraiment difficile de ne pas reconnaître le Haganedendou ici. »

Une chaîne à la fois électrifiée et enflammée. Le style de combat de cette fille était très particulier. Deux éléments très offensifs, et très visuels, associés à un duo d’armes purement contondantes, mais surtout des armes spectaculaires. Les chaînes étaient utiles à toutes les distances, et permettaient des acrobaties métalliques assez étonnantes : il était difficile de parer ou anticiper complètement une attaque de ce type. En contrepartie, elles étaient assez mauvaises sur la défensive. Mais pour être capable de mélanger tout cela, elle devait avoir un certain niveau, et une bonne maîtrise des armes et du ninjutsu élémentaire. Comme quoi, même si son chakra n’était pas si impressionnant, il ne fallait pas si fier.

J’en reviens à mon meuble sans rien dire. Mais elle n’en a pas fini avec moi, à mon grand damne. Au début, je m’attendais à ce qu’elle m’asticote pour que je le fasse tout de suite. J’aurais peut-être même accepté si elle m’avait payé un peu plus que le prix courant.
Mais non, ce qu’elle a à dire est encore plus étonnant : elle veut devenir mon assistante pour que je lui apprenne à mieux entretenir son équipement. C’est vrai qu’elle a besoin d’apprendre mais … Je ne suis pas vraiment le mieux placé pour ça. Je suis sous couverture, et recherché par l’Empire en tant que criminel de rang S. Sans l’Impératrice, en reprenant mes activités, j’aurais été direct arrêté et mis aux fers. Ou contraint de fuir très loin. La seule chose qui me maintenait dans la course, c’était ma tenue d’Anbu et ma fausse identité. Ah, et ma relative discrétion aussi. Déjà qu’elle m’avait vu sans mon masque, si en plus je devais la côtoyer tous les jours ça deviendrait dangereux … Quelqu’un qui me voyait régulièrement ne pouvait pas ne pas remarquer la couleur de mes yeux. Au premier portrait qu’elle croiserait, dans un Bingo Book ou ailleurs, elle noterait la teinte et chercherait à établir des comparaisons. Et là elle trouverait tout ce qu’il lui fallait, et je serais dans la merde. Ce n’était pas prudent de dire oui.

D’un autre côté, ce serait bon pour le commerce. Mais quel commerce ?

« Le vrai problème, c’est que je n’ai pas encore ouvert. Et tant que je ne suis pas ouvert, j’ai très peu de revenus. Je n’ai pas de quoi payé quelqu’un. Et puis, je suis du genre à ne pas aimer les ennuis, et je ne te connais pas. Il faudrait que je fasse des recherches pour savoir à quoi m’attendre. A moins que je ne sois paranoïaque ? »

La question lui était directement adressée. J’étais juste curieux de voir sa réaction. Même si je disais non, mon esprit réfléchissait encore à sa proposition. Pesait le pour et le contre. Je n’arrivais pas à monter mon meuble … Alors gérer un établissement tout seul ! Si elle était au moins volontaire et appliquée, ça suffirait peut-être. En plus, je risquais d’être pas mal occupé dans les prochaines semaines. Là, j’avais un break, mais ce ne serait pas tout le temps le cas.

« Hmmm … Cela dit je veux bien te montrer comment je répare ta chaine. Si tu te trouves le matériel adéquat tu pourras faire la même chose plus ou moins facilement si cela se reproduit. Enfin, il faut de quoi faire fondre du métal, quand même. Et pour le coup c’est du travail de précision. Mais bon, avec un peu d’entraînement tu pourrais peut-être y arriver … Et le tamahagane, c’est une méthode qu’on utilise normalement pour les katanas traditionnels. La famille de mon… enfin, d’un ami à moi, l’a reprise afin de l’appliquer à tous les types d’armes. Quand il est fin, c’est un acier extrêmement résistant, par contre quand il est épais, il se casse comme de rien. Du coup, c’est un acier raffiné qui est très efficace avec les armes tranchantes. Et honnêtement, il est élégant. C’est autre chose que les forgerons modernes, qui ne cherche que l’efficacité et la production massive. Le tamahagane est un peu long à se faire, mais il est clairement plus beau. »

Oui, la beauté d’une arme, ce n’était pas le meilleur argument. Mais je trouvais quand même que ça avait son importance. Pour se sentir plus proche d’elle, c’était un plus. Une belle arme, adaptée à soi, sur laquelle on a longuement travaillé, c’est toujours mieux qu’un truc banal, forgé par un type qui en a fait des dizaines identiques. On s’y identifie moins, donc elle est moins efficace qu’une arme qui nous est propre.
Cette fille devait pouvoir comprendre, vu que ses armes étaient tout sauf banales. Au contraire, je ne pense pas que je reverrais des chaînes comme celles-là de sitôt !

** D’un autre côté, un peu de compagnie ne me ferait pas de mal quand je suis ici … Surtout des visages nouveaux. Avec tout ce qui s’est passé ces dernières années, ça fait bien longtemps que je n’ai pas croisé un visage qui soit à la fois amical et neuf. En plus, même si elle est un peu bizarre, c’est une jolie fille, et qui s'intéresse à la forge. Et j'aimerais bien examiner ses chaînes un peu plus longtemps ... Il faudra juste que je fasse attention à ce que je dis. **

D’un autre côté, je peux imaginer quel a un certain talent, et elle utilise du ninjutsu élémentaire à tous les coups. Et pourtant elle n’a aucun bandeau de shinobi. Une mercenaire ? Ou simplement une fugitive, ou quelque chose dans ce goût-là ? Probablement pas une Nukenin : ce serait du suicide d’être à Shi dans ce cas-là.
Enfin, j’allais attendre de voir ce qu’elle me dirait avant de lui dire que j’étais, finalement, plutôt intéressé. Ca pouvait vite changer, en plus.
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 278
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
251/300  (251/300)
Points de vie:
303/303  (303/303)
Points de chakra:
876/876  (876/876)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Ven 7 Juil - 5:40
J’écoute le jeune Anbu sans l’interrompre. Je suis un peu fascinée par son expertise. Je vois bien qu’il sait de quoi il parle. Je me souviens très bien d’Izahei, c’était un bon ami de Masuro. Et même si mes souvenirs d’eux remontent à pas mal de temps, suffisamment pour que je n’arrive pas à les dater avec précision, je les revois très clairement tous les deux. En même temps quelle genre de fille oublierait son père ? Pour Izahei c’est un peu différent. C’est simplement la première personne qui, après Masuro, m’a témoigné de l’attention et m’a laissé entendre que je ne suis pas si différente des humains. Et pourtant, il a su parfaitement qui je suis en réalité. Mais ca ne l’a pas empêché d’être si gentil avec moi … C’est aussi une des raisons qui font que je tiens autant à mes chaines. J’aurais pu développer mon style de combat avec bien des armes, je suis habile avec plusieurs d’entre elles donc me recycler avec quelque chose de plus efficace m’a traversé l’esprit plus d’une fois. Des fouets par exemple. Ils ont une réputation un peu meilleure du point de vue des dommages. Mais je n’ai jamais pu me résoudre à abandonner les armes forgées par cet homme. Et je ne compte pas le faire d’ailleurs. En plus c’est probablement trop tard, leur maniement est ancré trop profondément dans ma façon de me battre maintenant.

Kikoho me parle assez prudemment du tamahagane. Il semble hésitant à m’en expliquer la provenance, même si je ne saisis pas très bien pourquoi. Néanmoins, ce métal a l’air intéressant. Mais je comprends bien vite qu’il me serait totalement inutile d’apprendre à le travailler : il ne fonctionne réellement que sur les armes tranchantes. Et comme mes chaines sont des armes contondantes, c’est mort pour elles. Et, définitivement, je ne me vois pas avec d’autres armes. Mais je suis quand même curieuse : à sa façon d’en parler, on sent que cet alliage lui tient particulièrement à cœur. Une méthode ancienne et élégante de travailler l’acier, qui le rend aussi plus efficace, plus tranchant, même s’il est plus fin. J’ai bien entendu ce terme une fois, mais j’ai cru que c’était un terme réservé aux lames des katanas.
J’hésite un peu, je vois bien qu’il n’est pas vraiment enchanté d’être dérangé. Mais je finis par prendre mon courage à deux mains. Il a l’air tellement passionné quand il en parle que c’est contagieux.

« Euh … Est-ce que vous auriez des armes forgées avec cette technique ? Je n’ai pas vraiment de quoi en acheter : j’ai tout juste de quoi vous payer la réparation de ma chaine. Mais j’aimerais bien en voir. Si vous voulez, je veux bien vous faire un peu de publicité en échange. Quand vous en parlez, j’ai tellement l’impression que cet acier est exceptionnel, que j’aimerais bien voir au moins une fois ce qu’il peut donner. »

Je tente un sourire pour l’amadouer. Je suis rôdée pour les produire. Ce n’est pas quelque chose qui a semblé sincère chez moi pendant bien des années, mais maintenant j’en suis à un stade où j’arrive plus ou moins à faire coïncider mes sourires avec les moments où je suis réellement contente. Et ça fait bien longtemps que je n’ai pas été aussi détendue. Ni que j’ai eu l’occasion de discuter avec quelqu’un et de trouve ça à ce point passionnant.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Il n’est pas seulement forgeron, il est aussi Anbu. Et il est diaboliquement perspicace. Il vient de mettre le doigt sur le problème, quand je lui ai proposé de l’aider à la forge : il ne veut pas d’emmerdes et me demande si je vais lui causer des soucis. Honnêtement, il y a peu de chances. Mais c’est vrai que je n’ai pas le droit de lui en amener avec moi. Déjà qu’il n’a pas l’air spécialement chaud pour enseigner … Si en plus je suis une gêne, à quoi bon ? Je n’aime pas imposer ma présence à quelqu’un. Mais je me sens quand même obligée de répondre à sa question.

« C’est vrai que je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Chihiro. Je suis une prêtresse d’Inari. »

Je sors le pendentif de la déesse des moissons qui était resté coincé sous mon haut, pour le lui montrer. Je fais ça en signe de bonne foi, mais honnêtement ce n’est pas vraiment très probant. Ce n’est qu’un symbole en bois, sans aucune particularité qui atteste vraiment de mon rang. J’aurais pu lui réciter les prières mais je doute que cela le convainc réellement s’il ne connait pas lui-même ce culte. Je préfère attendre de voir s’il me croit ou non.
D’un autre côté, j’ai réellement les connaissances nécessaires pour officier comme prêtresse, et depuis que je suis à Shi, j’ai même commencé à fréquenté le temple. Mais il n’y a pas de tenue officielle pour les membres du clergé d’Inari donc même si ma couverture est solide et crédible, je n’ai rien qui puisse l’attester matériellement.

« Et vous attirer des ennuis, je ne pense pas … Il y a bien quelques mauvaises personnes avec lesquelles je me suis brouillée pendant mes voyages. Je sais me défendre donc je m’en suis occupée, mais ils l’ont mal pris. Et j’ai des gens à mes trousses. Des bandits je pense. Mais ils ne tenteront rien à Shi no kuni, je pense. Je suis désolée, je n’ai vraiment pas envie de vous attirer des problèmes, je me suis un peu enflammée sans vraiment y réfléchir … »

Il a ajouté que je peux quand même le regarder réparer ma chaine pour tenter d’apprendre quelques bases. Je souris, je suis sincèrement contente qu’il me le propose. Mais je ne suis pas crédule : juste le voir une fois ne va pas changer grand-chose. Il faut de l’entrainement pour réussir à apprendre ce genre de métier.

« J’avais déjà pensé à demander à Izahei de m’apprendre à faire tout ça. Mais il n’en a jamais eu le temps, et je ne l’ai jamais revu. Et comme j’ai vécu le plus clair de mon temps dans les plaines, c’était difficile de trouver quelqu’un pour m’enseigner. Je ne dis pas ça pour que vous vous apitoyiez sur moi ! C’est juste que … Enfin … En fait si je l’ai peut-être bien dit pour ça. »

Je viens de le réaliser moi-même, ce n’est pas comme si je cherche à lui mentir. De toute manière, je viens de lui prouver que je ne sais pas le faire. Je n’ai jamais su. J’ai un peu honte d’être prise en flagrant délit sur ce coup, si bien que je me décide à détourner la conversation sur un autre sujet et que je pointe le meuble du doigt :

« Vous voulez que je vous aide au fait ? Je ne m’y connais pas vraiment mais à deux on ira plus vite. Et j’aimerais quand même vous remercier des renseignements et des conseils que vous m’avez donnés. »
Prêtresse d'Inari
avatar
Messages : 33
Date d'inscription : 01/06/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
121/150  (121/150)
Points de vie:
198/198  (198/198)
Points de chakra:
516/516  (516/516)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Dim 9 Juil - 11:30
Je regardais la jeune femme, un peu surpris de sa demande. Voir une arme forgée avec le tamahagane ? D’un côté, je n’aimais pas trop montrer mes armes. Il fallait quand même avouer que mes griffes, c’était un peu une de mes signatures en tant qu’Eclair Blanc. Enfin, il y avait quand même peu de personnes qui le savaient. Et en plus, j’étais plutôt content de rencontrer quelqu’un qui s’intéressait à la technique de forge que j’avais héritée de mon grand-père. On me posait parfois des questions sur elle, mais pas autant. Un métal fin, qui tranchait un peu mieux, cela semblait intéresser plusieurs personnes. Mais que quelqu’un remarque la passion esthétique que je portais à ces armes, et veuille les voir par simple curiosité, alors qu’elle n’en avait même pas l’utilité … Après tout son arme à elle, c’étaient ses chaines. Des armes contondantes. Et comme elles fonctionnaient à toutes les distances, c’était clair qu’elle n’avait pas besoin d’autres armes. Donc elle était honnête là-dessus : c’était de la pure et simple curiosité. De l’intérêt sincère. Je ne pouvais pas ignorer cette demande. Et elle avait utilisé le mot ‘exceptionnel’, en plus.

Je tendis ma main gantée devant moi, lui présentant ce qui semblait être un simple gant de tissu, avec des renforts métalliques au niveau des phalanges. Mon poing se ferma, et de ce qui semblait être des renforts, cinq griffes longues et effilées sortir. Très fines, luisant de la couleur gris sombre caractéristique du tamahagane. Avec ses légers reflets bleu marine. L’alliage d’un métal et les lueurs d’un ciel d’orage. Mon grand-père l’avait décrit comme ça une fois.
Je ne dis rien, me contentant de desserrer le poing et de remuer les doigts, pour lui montrer de quelle manière les griffes étaient dans la continuité de chacun d’eux. Elles semblaient fragiles tellement elles étaient fines. Plus fines même que mes ongles, en fait.
D’un mouvement rotatif, je frappais le bois du meuble, brusquement, le découpant comme si c’était du carton, et en ressortant indemnes : elles n’avaient même pas pliées malgré la force du coup, et le supplément de puissance de la rotation.

N’ajoutant rien de plus, je me contentais de rengainer mes griffes, et de faire comme si de rien n’était. Je fermais les yeux quelques secondes, pour peser le pour et le contre, puis je soupirais tout en les rouvrant.
Et je lançais un petit shuriken à la jeune femme. C’était un shuriken que j’avais forgé moi-même, et dont les pâles possédait ce reflet bleuté caractéristique au tamahagane.

« Tiens, je te le donne. Tu es la seule à n’avoir manifesté qu’un intérêt désintéressé pour cette technique de forge que j’affectionne. J’aimerais bien que quelqu’un comme toi l’ait. C’est juste une petite arme de jet, et tu préfères sans doute tes chaines mais … Enfin, disons que ça peut te servir de porte-bonheur ou de colifichet, pour ne pas oublier mes conseils. Parce que malheureusement je n’ai pas de carnet pour te les noter. »

Bon, je risquais de le regretter. Mais d’un autre côté j’avais déjà pris ma décision.

« C’est d’accord. Considère ce shuriken comme une avance sur ton salaire, parce que je ne pourrais pas te payer beaucoup. Ou pas tout le temps. Je n’aurais pas grand-chose à te confier qui a un rapport avec la forge en soi, mais si tu peux rester ici quand je ne suis pas là, au moins de temps en temps, j’accepte de t’engager. Tu devras prendre les commandes et nettoyer. Et en échange je te donnerais quelques cours quand je peux. Tu auras aussi de quoi t’entrainer, j’ai du métal usagé dans la réserve, ca sera utile pour t’exercer. Ah et comme je ne peux pas te payer vraiment, tu peux utiliser le petit appartement au-dessus si tu veux. Il y a deux chambres, et le strict minimum. Je ne l’utilise pas souvent, et en plus l’une des chambres est totalement libre. Considère ça comme un logement de fonction. »

Elle venait de me dire qu’elle avait des emmerdes, mais j’appréciais son honnêteté. Et en plus je me disais que c’était une bonne idée pour garder la forge ouverte et attirer des clients. Quand on rencontrait quelqu’un on avait plus facile à passer une commande que simplement en laissant une lettre à un inconnu. Et comme elle avait le shuriken, et qu’elle aurait bientôt un témoignage pour m’avoir vu réparer sa chaine, elle partait avec une bonne base pour avoir de quoi convaincre un client hésitant. Et je devais bien avouer que j’avais besoin d’avoir de la compagnie. Surtout qu’elle était étrangère à l’Empire, et en plus n’était pas réellement ninja. Ca me ferait le plus grand bien de pouvoir côtoyer quelqu’un qui me parlerait d’autre chose que des affaires shinobis. Encore plus de forge, une de mes plus grandes passions. Je ne savais pas si je lui transmettrais la technique du tamahagane un jour mais au moins, si je pouvais lui apprendre les bases … Je me sentirais un peu comme mon grand-père qui me les avait enseignées. Et puis, j’aurais l’impression de perpétuer son héritage en quelque sorte.

Je réalisais soudainement quelque chose et me tournais vers le meuble en bois. Je l’avais quasiment coupé en deux. C’était ça d’agir impulsivement. Je me frottais l’arrière du crâne, un peu dépité de mes propres conneries.

« Merde … Bon ben j’allais accepter ton aide, mais on dirait que ce ne sera pas nécessaire. »

Je ne savais pas trop si j’allais regretter ça aussi, mais j’ajoutais :

« Si jamais ces fameux bandits se pointent ici je leur mettrais une branlée. Et je les collerais au Bagne, ça le calmera. Je ne m’en ferais pas trop si j’étais toi. Par contre, je veux que tu me promettes que tu n’as aucun problème avec les autorités impériales. D’une quelconque manière que ce soit. Sinon je me mettrais dans une fâcheuse posture en t’hébergeant et en te donnant du travail en plus. J’ai un poste à lourdes responsabilités, je ne peux pas trop me permettre de faire des écarts. »

En fait je crois que je commençais à la trouver vraiment sympathique. Elle avait ce petit côté timide et hésitant que j’avais moi-même quand j’étais gamin. Je me sentais un peu comme Sham à notre époque Genin du coup, à jouer les sempaï, un peu.
Cette rencontre faisait revivre en moi les personnages de mon passé. Enfin, aucun n’était mort, mais j’étais quand même très attaché à mes souvenirs d’eux de l’époque. Du coup je ne pouvais pas trop m’empêcher d’avoir un faible pour elle aussi. C’était un peu con, d’être aussi sentimental alors que je ne pouvais pas me le permettre, mais c’était plus fort que moi. Je chérissais vraiment ces précieux souvenirs.

« Bon je vais faire chauffer le four. Je vais avoir besoin de ramollir un peu l’acier de ta chaine à l’endroit de la fracture pour la refermer proprement. Je vais te donner un premier exercice tiens ! Pour exercer tes yeux. Prends ta seconde chaine avec toi et va dans la réserve, au fond, là-bas. Regarde un peu tous les métaux que tu y trouves, et trouve-moi un acier qui te semble être le même. Ramènes en plusieurs si tu veux. Il ne me faut qu’un tout petit morceau. Je sais que j’ai quelque chose qui fera très bien l’affaire. Je te laisse essayer de trouver. Prends ton temps, il faudra une bonne demi-heure pour que la température du four me convienne. C’est encore un truc à l’ancienne, il met du temps à être comme il faut. »

J’attrapais de quoi faire du feu, et allumais le four. Le temps que le feu prenne bien et que les braises soient bien chaudes, j’avais effectivement le temps. Je jetais une poignée d’une espèce de poudre dedans, sans me sentir le besoin d’expliquer ce que c’était à Akane, qui avait déjà du travail. Les flammes eurent une vive réaction, devenant même bleues sur le moment. Puis elles retrouvèrent leur couleur habituelle.
Il fallait que j’envoie une poudrée toutes les dix minutes. Du coup, en attendant, je m’asseyais sur l’enclume juste en face de l’âtre, attendant simplement avec patience. Déjà la pièce chauffait. Mais je ne transpirais pas du tout : j’étais habitué à ce genre de température. Je me demandais comment elle allait s’en sortir, dans la réserve, par cette chaleur : il n’y avait aucune fenêtre là-bas, très peu d’air. J’étais curieux de voir si elle tiendrait le choc facilement ou pas. Il fallait encaisser ce genre d’ambiance si on voulait travailler dans une forge. C’était son second test.
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 278
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
251/300  (251/300)
Points de vie:
303/303  (303/303)
Points de chakra:
876/876  (876/876)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Ven 14 Juil - 16:55
Kikoho n’avait pas menti : la finesse du tamahagane est incroyable. C’est un métal magnifique. Il est très élégant, surtout. Et les reflets bleus dans le métal lui donnent une sorte de lueur inhabituelle, qui efface l’impression fragile qu’il donne au premier abord. En voyant les griffes du forgeron trancher le meuble de bois comme s’il s’était s’agit d’une motte de beurre, je reste immobile quelques secondes, une moue surprise sur le visage. Effectivement, cette technique améliore nettement le tranchant des armes, sans altérer leur solidité, et en se permettant même de les affiner pour plus d’esthétisme. Une sacrée combinaison.
Perdue dans ma contemplation du meuble découpé, j’attrape de peu le shuriken que me lance l’Anbu. A moitié par réflexe, à moitié par pure chance. Et je le fixe quelques secondes sans comprendre. Lui aussi a les reflets bleutés, et ses pâles ont été affinées … C’est un tout petit et tout fin shuriken. Et pourtant, maintenant que j’ai vu les griffes à l’œuvre, je suis certaine qu’il serait rentré comme de rien dans le bois si je l’avais jeté, lui aussi, sur le meuble.
Je n’ai décidément pas le temps de rester admirative : Kikoho me dit que le shuriken est pour moi. Comme il dit, ça ne va pas m’être très utile en situation de combat mais … Je crois que ça fait plus de cent ans que personne ne m’a fait un cadeau. Surtout aussi désintéressé. Il ne me connait pas, c’est peut-être pour ça d’ailleurs, mais il me donne un shuriken comme si de rien n’était.
Un porte-bonheur ? Oui, je vais le considérer ainsi. Comme un symbole de ma résolution et de ma nouvelle vie. Et pour ne pas oublier de m’entrainer à la forge.

« Merci. »

Je ne sais pas comment, quelle expression, quel regard, je suis censée utiliser pour lui montrer ma reconnaissance. Par défaut, je me contente d’un sourire, c’est un peu le seul moyen que j’ai pour lui exprimer quelque chose de positif.

« J’en prendrais soin, je te le promets. »

Enfin, pour tenir cette promesse, il va me falloir travailler. Et apprendre. Je ne compte pas utiliser ce shuriken, mais je ne deviens pas plus experte dans les armes, au premier problème, je romprait ce que je considère déjà comme un pacte important.

C’est le moment que choisi le jeune homme pour m’achever d’une cascade de bonnes nouvelles : il veut bien de moi ! Enfin, à la forge bien sûr. Je viens donc de trouver un travail. Il m’a dit qu’il ne compte pas me payer beaucoup, mais le logement de fonction qu’il me propose gomme tous mes soucis d’un seul coup de toute manière. Mon rôle de prêtresse suffira à remplir mes autres besoins, donc ce n’est pas très grave. Surtout qu’il veut bien me donner des cours par-dessus le marché. Là encore il ne promet rien et se contente de dire que ce ne sera qu’occasionnel. Mais comment ne pas être contente de ça ? Il y a encore quelques minutes, j’ai été persuadée de proposer mon aide inutilement, et de ne pouvoir qu’être un poids en restant ici.
Je ramène le shuriken, bien logé entre mes pouces, au niveau de mon menton. Je ne sais vraiment plus quoi dire ou quoi faire. Si je continue à lui dire merci, je vais y passer ma journée.

Heureusement, il me tire de l’embarras, en ramenant le sujet délicat des mercenaires.

« Je ne pense vraiment pas qu’ils oseront venir jusqu’ici. Et même s’ils le font, je ne les vois pas tenter quoi que ce soit en plein milieu de la capitale. Et encore moins aussi près d’un Anbu. Et oui, je vous certifie que je n’ai aucun problème avec l’Empire. C’est pour ça que je suis ici d’ailleurs : pour démarrer une nouvelle vie, loin de tous ces problèmes. En tous cas, si des problèmes se montrent, je viendrais vous le dire, ou je démissionnerais pour ne pas vous causer d’ennuis. »

Je veux l’aider, et je ne veux surtout pas être un fardeau. Donc je pense que si le moment vient où le clan me retrouve et exige que je rentre, j’irais tout simplement voir quelqu’un de l’Empire pour demander un asile officiel. Pour Kikohi, il semble se contenter de cette réponse, puisqu’il me demande d’aller chercher du métal dans la réserve. Un métal qui ressemblerait à celui de ma chaine … Heureusement que j’en ai deux.
Sans me faire prier, je vais dans la salle de stockage pour chercher ce qu’il m’a demandé. Et je déchante assez vite : il y a des montagnes de ferraille ici. Comment s’y est-il prit pour dénicher autant de carcasses ? Je ne peux pas identifier la moitié de ce qu’étaient les métaux avant de finir ici. A part les armes, en fait. Des épées brisées, des shurikens coupés en deux. Pour la plupart, ça n’a pas l’air d’être de la grosse qualité par contre. C’est de l’acier commun, voire assez médiocre. Je ne suis peut-être pas encore une experte, mais je le vois assez vite : en plus de leurs cassures, ces morceaux d’acier ont des traces d’usure un peu trop nettes. Donc de la mauvaise qualité, mais en plus assez mal entretenues. Si mes chaines n’avaient pas été de bonne facture, elles pourraient être comme ça à l’heure actuelle …
J’en frissonne. Bon je dois me mettre au boulot, il est grand temps que je fasse quelque chose et que je me remue un peu pour apprendre à éviter ça.

J’attrape quelques métaux pour les inspecter, et je me rends compte d’à quel point tous peuvent être différents les uns des autres. C’est un peu comme porter un regard de nouvelle-née sur quelque chose que j’ai pourtant côtoyé toute ma vie.
Ma chaine est constituée d’un alliage plutôt épais. Je ne peux donc pas prendre quelque chose de trop finement travaillé. Il me faut un métal lourd. Elle n’est pas forcément élégante, mais au contraire pratique, et constituée d’un acier qui lui donne du poids. C’est pour ça que c’est moi qui la manie, aussi : je suis plus forte physiquement que j’en ai l’air. Et cette force me permet de manier une arme très lourde, et donc d’avoir de l’impact pour une simple question de poids. La qualité n’a pas vraiment d’importance, enfin je le pense : faire d’un mauvais métal de la qualité, c’est le travail du forgeron.
Je finis par trouver quelque chose qui me semble y ressembler : une ancre. Je ne sais pas où il a pu dégotter ça, mais ça correspond : un métal très lourd, très épais. Je soulève la bête. Elle pèse une tonne ! Mais j’y arrive plutôt aisément quand même. Et je l’amène dans la salle où se trouve Kikoho. Elle fait un fracas monstrueux quand je la laisse choir sur le sol.

« Ceci pourrait faire l’affaire, non ? Je ne pense pas qu’il y ait besoin de tout ce métal, mais une partie devrait convenir. »

Je raccroche ma chaine, tout en ayant une nouvelle idée.

« Une ancre … Je me demande si je ne pourrais pas rajouter des poids au bout de mes chaines une fois que j’aurais progressée. Je peux la soulever et la manier facilement, alors avec de l’entrainement même si je rajoute du poids, je pense que je le pourrais encore. Et peut-être que rajouter quelque chose à mes armes peut être une bonne idée. Une ancre, une lame, un boulet … Tu en penses quoi ? Ca peut peut-être me donner plus d’options pour les manier, non ? »

Je ne sais plus quand je suis passée au tutoiement, mais je n’ai pas réellement fait exprès. Depuis qu’il m’a fait ce cadeau peut-être ?
Prêtresse d'Inari
avatar
Messages : 33
Date d'inscription : 01/06/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
121/150  (121/150)
Points de vie:
198/198  (198/198)
Points de chakra:
516/516  (516/516)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Sam 22 Juil - 6:02
Aucun démêlé avec l’Empire alors. Je considérais la parole et les promesses qu’elles venaient de me donner en silence. Elle avait évidemment l’air sincère. Mais je ne la connaissais pas, alors je pouvais partir du principe que cette jeune femme pouvait aussi bien être une bonne menteuse qu’une personne honnête. Enfin, la prudence était nécessaire dans ma situation. Mais si je me défiais d’absolument tout, elle risquait surtout de me faire tomber dans la paranoïa, et ça n’était pas mon genre. Tant pis, tant mieux, je choisissais de faire confiance sur ce coup. En grande partie parce que depuis qu’elle était entrée, j’avais eu le droit à une discussion très intéressante, et qu’elle m’avait montré de la motivation et de la curiosité pour l’art de la forge, que j’avais toujours tenu en très haute estime grâce à mon grand-père.
Malgré tout, je me sentis obligé de m’assurer que tout irait vraiment pour le mieux. C’était plus fort que moi, même si j’avais décidé de faire confiance à Chihiro : j’étais dans une situation un peu trop précaire pour prendre le moindre risque. Pour le moment en tous cas.
Du coup, je tentais un coup de bluff pour voir si elle avait encore quelque chose à cacher :

« Tant mieux. Mais tu sais, je suis Anbu. Avec juste un portrait et quelques informations éparpillées, je peux retrouver pas mal d’informations en demandant aux bonnes personnes et au bon endroit. Et je ne manquerais pas d’enquêter sur toi pour être sûr et certain que je ne place pas mal ma confiance. Donc si tu as des choses à cacher, autant me les dire maintenant, ça te permettra de t’expliquer. Mieux que des sources d’informations extérieures en tous cas. Je t’aime bien, tu as l’air d’être quelqu’un de très sympathique. Du coup je préfère te laisser ta chance de tuer tout possible malentendu dans l’œuf. »

Est-ce que je le ferais ? Evidemment que non. L’Impératrice avait bien veillé à ce que je sois son agent à elle et pas celui de l’Empire. Mon nom était connu administrativement, mais je n’avais pour autant presque aucun contact avec les autres ninjas. A part la poignée qui était passée à la boutique pour voir à quoi ressemblait mon travail de forgeron. Et quelques-uns croisés ici ou là. Enfin, bien entendu, en excluant mes vieux amis.
D’ailleurs, maintenant que j’y pensais, je l’incitais à me révéler tous ses secrets, mais moi je ne lui en révélais aucun. Ce n’était pas très honnête comme façon de faire … Et elle devait bien s’en douter. Bah, en même temps, je n’avais rien qui justifiait le fait de tout lui raconter pour le moment. Et puis c’était le privilège du maître : l’élève devait se livrer en premier, et en récompense il obtenait l’enseignement. Puis, le maître le jugeait digne ou non. Et si c’était le cas, il se mettait à partager, plus que son savoir technique, son expérience, au-travers de sa propre vie le plus souvent. Et petit à petit, le lien de confiance se renforçait, et menait à ce qu’il se livre à son tour. J’ai toujours été très traditionnel. Sauf que c’est la première fois que je me retrouve dans la position d’enseignant, et pas d’élève, c’est tout. C’est pour ça que je suis déstabilisé. Et il allait falloir que je m’y fasse. Qui sait, finalement, cette expérience sociale que Chihiro était venue me proposer en me demandant de lui apprendre la forge, pourrait se révéler bien plus fructueuse encore que je ne l’avais imaginé au premier abord. J’étais de plus en plus convaincu que c’était une merveilleuse idée.

Tandis que la jeune femme partait enquête de métal comme je lui avais demandé, je remuais pensivement les braises, tout en observant la danse des flammes dans le four. Je ne me souvenais plus très bien de comment mon grand-père m’avait appris à faire tout ça. Son savoir, sa technique, tout ça était imprimé en moi. Je ne les oublierais sans doute jamais. Par contre, la méthode, là, c’était plus compliqué. J’étais jeune, déjà, et pas mal de souvenirs plus marquants constellaient la distance qui me séparait de ces souvenirs-là.
Je fouillais un peu, me posais question sur question à moi-même, tentant d’explorer mon propre subconscient.
En fait, c’était peut-être aussi dû à autre chose : il ne m’avait jamais réellement expliqué ou appris. Si, des bricoles, par-ci par-là. Et le tamahagane, bien entendu, que j’avais mis des mois à bien intégrer, et encore, pour obtenir un résultat vraiment à la hauteur de ses exigences, ça avait été encore plus long. Mais sinon, concrètement, je n’avais fait qu’observer. Et aider. D’abord de toutes petites tâches, puis progressivement j’avais eu le droit de tenir des outils. Pour les apporter, puis pour faire plus. Installer des supports, des moules, puis faire fondre les métaux. Puis, encore plus tard, tenir le métal chaud avec les pinces pendant que papi frappait dessus au marteau pour parfaire son travail. Quand il n’avait plus de forces dans les bras, ça l’avait bien aidé. Et ensuite, j’avais forgé pour la première fois. Un simple boulon. Je plongeais la main dans ma poche, pour sortir le petit bout de métal, aujourd’hui rouillé. Il m’avait suivi par tous les temps. Canicules, averses, virées en ville, missions, champ de bataille … Forcément, il ne faisait plus le fier. Mais je l’avais quand même gardé tout ce temps.
Il me rappelait tout ce que mon grand-père avait fait pour moi. Et aussi, tout ce qu’il m’avait appris.

Chihiro revint à ce moment-là, me tirant de mes pensées en posant un bout de métal des plus singuliers juste à côté de moi : une ancre énorme. Un moment, je crains qu’elle n’ait estropiée la pierre froide qui constituait l’unique plancher dont je disposais … mais curieusement elle semblait plus forte que son corps ne le montrait. Elle déposa quand même son magot avec une certaine maitrise. Ce n’était pas si étonnant finalement : ses chaines, en soi, étaient longues, lourdes, et épaisses. Elle devait avoir de sacrés bras, maintenant que j’y pensais, pour manier ce type d’arme en acier lourd. Je ne pus m’empêcher de rester un peu con quelques secondes, quand même pas mal étonné du spectacle de l’ancre. Et de ses paroles, aussi. Elle voulait attacher des poids supplémentaires au bout de ses chaines déjà lourdes ?

« C’est sûr que niveau puissance destructrice, ce serait redoutable. Et puis, selon la forme des ajouts ça peut effectivement te permettre de développer différentes stratégies auxquelles tu n’as pas accès pour le moment. Seulement prends le temps d’y réfléchir : ça reste un changement plutôt important de modifier la forme de son arme fétiche. Et ça demande une mûre réflexion. »

Je jouais peut-être un peu le rôle du rabat-joie, mais en même temps, c’était complètement ce que je pensais et elle m’avait demandé mon avis. En soi l’idée n’était pas mauvaise, mais installer une lame revenait à devoir apprendre les avantages et les inconvénients d’une arme tranchante par-dessus le maniement des chaines contondantes. Une ancre, à devoir s’habituer à un tout nouveau poids, plus massif encore. Enfin, quel que soit l’exemple choisi, les changements pouvaient être bons ou mauvais.

« Le mieux serait que tu puisses tester et t’exercer avant de prendre une décision, sur une sorte de prototype. Le souci c’est qu’il n’y a pas de cours ici … Mais si tu veux, j’ai moi aussi besoin de m’exercer avec de nouvelles armes pour parfaire mes connaissances. Ca pourrait être intéressant de trouver un endroit pour s’entrainer à autre chose qu’à la forge de temps en temps … »

Et pour son choix du métal ? En fait, l’acier de ses chaines n’était pas vraiment de bonne qualité. Il était même plutôt banal, si on excluait l’intérieur de l’alliage qui était étudié pour laisser circuler l’électricité de façon optimale. Et seul l’extérieur, la partie la plus épaisse, était abîmée pour le coup. Or, lui, n’était pas incroyable en soi. C’était juste de l’acier épais, fait pour être lourd. Solide, bien façonné, mais en soi pas tellement de qualité : taillé pour la force brute. Elle devait faire plus de dommages grâce au poids de l’arme et à l’élan qu’on pouvait donner à une chaine, qu’à cause de la qualité de ses armes.
Là où je veux en venir, c’est que n’importe quel métal aurait convenu. Je voulais juste voir ce qu’elle choisirait, par simple curiosité. C’était une façon de voir ce qu’elle savait de sa propre arme, comment elle la voyait.
Bon, en attendant, il allait falloir passer à l’action.

« Tu es d’élément Raiton c’est bien ça ? Ca tombe plutôt bien, je vais pouvoir te montrer la méthode utilisée par mon grand-père pour découper le métal. Je n’ai pas besoin de toute l’ancre, juste d’une toute petite partie. Alors, si tu connais ta table des éléments, tu sais que le métal est composé de Doton et de Raiton. En réalité ils ont chacun un rôle distinct. Le Doton est l’élément solide. Et le Raiton, est ce qui lie les différentes parties du Doton entre elles. On remarquera aussi que le Raiton est la faiblesse du Doton, car il permet ou d’augmenter sa résistance, ou de la diminuer, en séparant ses composants. Du coup, si on veut déstabiliser un élément métallique, il faut envoyer un courant contraire dans le métal afin d’annuler le Raiton qui lie les parties du Doton. C’est un peu complexe à faire, tu t’entraineras plus tard à ça. Mais au moins comme ça tu connaitras la théorie. »

Je posais ma main sur une anse de l’ancre, injectant un courant électrique dedans. Pour annuler le Raiton qui liait le Doton, et donc affaiblir le métal en ramenant sa résistance à celle d’un élément Doton basique. Puis, je créais un courant électrique autour de ma main, un peu comme avec l’exécution des poings de foudre ou du Raikiri. Et j’utilisais ce courant pour découper proprement une partie de l’anse avec le courant électrique. Cela prit un peu de temps, le métal ne se laissait pas faire même privé de la moitié de sa résistance. Mais au bout du compte, et de pas mal d’étincelles, je brandis fièrement mon bout de métal. Que je balançais directement dans une sorte de petite casserole posée sur le feu, et conçue pour résister aux flammes. Mais pas à la chaleur ! Au contraire, elle l’augmentait quand son métal se chauffait. Et du coup, le métal déposé au fond n’allait pas prendre si longtemps à se liquéfier.

« Bon, on en a encore pour une bonne demi-heure avant de récupérer suffisamment de métal. J’ai déjà mis le moule en place là-bas, sur la table de pierre, à côté de l’enclume. On aura juste à placer ta chaine dedans et à verser la quantité de métal nécessaire pour compléter ce que ta chaine a perdu et refermer la fracture. Ensuite, je retaperais au marteau la partie encore chaude, histoire d’avoir un travail plus propre. »

Mais en attendant, il y avait une demi-heure à meubler … Pas simple. La conversation, depuis quelques années, ce n’était vraiment pas mon fort. Mais je réussis quand même à trouver un truc à dire ! Me sortir de situations périlleuses, c’était un peu mon fort après tout.

« Tu m’as dit que tu étais venu vivre une nouvelle vie, ici. Tu te vois forgeron ? Ou tu as d’autres projets ? Vu ton équipement et la façon dont tu as soulevé l’ancre, tu es plutôt forte c’est évident. Il y a plein de choses que tu pourrais faire. »

Tout en parlant, je m’asseyais sur l’enclume, pour le moment inoccupée.
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 278
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
251/300  (251/300)
Points de vie:
303/303  (303/303)
Points de chakra:
876/876  (876/876)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Naruto-last-gen :: 
PARTIE RP
 :: Empire :: Shi no kuni :: Quartier Nord : Loisirs et commerces
-