AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexionCalendrier

Cimetière shinobi

 :: 
PARTIE RP
 :: Empire :: Région de la Cascade Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mer 28 Juin - 23:07
Opération catacombes I

Je vagabonde parmi les tombes. Passer par-dessus la grille du cimetière ninja a été un jeu d’enfant. Et le gardien n’a pas l’air dans les environs. J’ai pris la précaution de dissimuler mon chakra, et de me dissimuler moi-même sous une réfraction de lumière. Mais pour le moment, c’est plutôt calme. Par contre, je n’avais pas imaginé que l’endroit serait aussi vaste. En une nuit, je n’aurais probablement pas le temps de tout explorer. Alors que j’avais absolument besoin d’effectuer une battue complète, et d’examiner chaque tombe. Ma tâche pour ce soir était assez simple, mais de longue haleine : je devais inspecter les alentours de chacune d’elle, en cherchant les endroits où la terre avait été plus ou moins récemment retournée. Normalement, tout avait été rebouché, mais ça n’empêchait pas que cela laissait certaines traces. En comparant les traces d’enfouissement avec la date de l’enterrement, on pouvait définir quelles dépouilles avaient été exhumées. Et j’avais entre les mains la liste des corps qui avaient été profanées avec des autorisations. Ainsi que celles exhumée sans, mais dont l’affaire avait déjà été résolue. Ne restait qu’à trouver celles qui ne l’étaient pas.
Et dire que cet endroit n’était que le cimetière de Taki, la seconde ville de l’Empire. Si celui de Shi était proportionnel à la taille des deux villes, il devait être tout simplement immense.

Ca avait été une surprise que d’être contacté par l’Impératrice pour une mission. A vrai dire, je pensais qu’elle me laisserait simplement me balader à mon aise sur les terres de l’Empire sans vraiment chercher à m’utiliser ou à m’aider. Sauf si on obtenait, l’un ou l’autre, des informations. Mais là, elle m’avait carrément demandé d’effectuer une mission. Ca avait l’allure d’un ordre, comme si j’étais à sa botte … mais ça ne me dérangeait pas spécialement. Bien que l’idée me rebute encore un peu, elle m’avait quand même laissé le choix dans les faits. Ce n’était que la forme qui ressemblait à un ordre. Ce qui était normal : il fallait bien que Kikoho Akimichi existe. Du coup, elle avait juste crypté les informations avant de m’expliquer ma tâche.
Et j’avais accepté après avoir écouté ses informations. L’Enquête menait actuellement le dossier concernant l’attaque sur l’académie. Et ils étaient presque sûr que les créatures avaient un rapport avec du Shijutsu. Du coup ils avaient examinés les cimetières, et découvert des tombes déterrées à diverses dates. Ce serait le lieu où se fournissaient les criminels qui avaient organisés l’attaque ? En fait non : les marqueurs génétiques des cadavres volés étaient tous différents de ceux recueillis sur la créature capturée. Et ils les avaient tous vérifiés. Malgré tout, ces exhumations restaient suspectes. Et comme c’étaient toutes des dépouilles de puissant shinobis … Eh bien, n’allons pas faire de détours : elle avait peur que ce soit des tentatives pour déterrer la technique interdite du Shiki Fuujin. D’où le fait que ce soit une mission confidentielle de rang S.
J’étais d’accord avec elle sur un point : ce genre de recherche était effrayant, et devait rester interdit. Et du coup, j’avais accepté l’affaire immédiatement après avoir eu les détails.

Opération catacombes. Je ne sais pas où elle avait pêché ce nom, mais ça sonnait très agent secret, ce qui n’était pas pour me déplaire. Même si je n’étais plus un enfant, il m’arrivait quand même de m’extasier pour pas grand-chose. Mais bon, même les traumatismes et la guerre n’avaient pas pu totalement changer ça.

Enfin, c’était plus facile à dire qu’à faire. C’était vraiment trop grand, tout seul je n’allais pas y arriver. Mais je n’étais pas obligé de le faire tout seul, dans le fond. Je serais juste le seul ninja sur le coup … Après avoir réfléchi quelques instants, je composais les signes de l’invocation par deux fois, et appelait à mon aide deux de mes amis Kyuchioses …

Nikita                                                   Chô

« Hé Eihiko ! Ce que ça fait du bien d’être invoqué, je boue d’impatience depuis que tu es venu à Mousouchiku ! Ahaha, enfin ! »

« Salut Eihiko. Pourquoi tu nous appelles, Chô et moi ? »

« Bonsoir Chô, moi aussi je suis heureux de pouvoir bosser avec toi. Et bonsoir à toi aussi Nikita. C’est la première fois que tu viens dans le monde des humains non ? Tu te sens d’attaque ? »

« Je suis à bloc ! »

« Ahaha parfait ! Je vais vous expliquer la situation alors … »


Les deux pandas se tassèrent sur leur popotin, écoutant attentivement. L’un comme l’autre n’avait pas tellement d’expérience des missions sur le terrain, mais ils étaient désireux de bien faire. Et puis je ne pouvais pas invoquer Sô, en cas de pépin il aurait mis le bazar. Et le Maître Râh ne pouvait pas bouger du monastère. Donc c’étaient les seuls disponibles pour m’aider. En plus ils étaient plutôt bon pour repérer le chakra, surtout Chô. Et enfin, grâce à leurs yeux, ils pouvaient voir à travers la nuit comme si de rien n’était. Après tout, ils pouvaient même me voir malgré ma réfraction de lumière qui me rendait pourtant invisible en temps normal. Cette faculté les rendait précieux dans de telles circonstances.
Quand j’eus finis mes explications, ils réagirent au quart de tour.

« Alors on doit trouver des tombes qui ont été profanées ? C’est glauque ! Comment on note celles qui ont l’air suspectes ? »

« Vous aurez juste à mettre un bout de bois avec un peu de chakra dedans, on aura qu’à le ressentir il fera office de balise. »

« Je te fais ça en deux-deux moi ! Vous aurez même pas le temps de dire ‘Banzaï !’ »

« Banzaï. »

« Hé ! »

« Attendez, il faut que je vous donne une copie de la liste des tombes dont on sait déjà comment elles ont été exhumées. Tenez, une chacun. Et prenez ça, aussi. Ce sont des fumigènes. Si vous avez un problème, lancez-les et tirez-vous. Les deux autres devraient pouvoir voir la fumée et venir vous aider. En plus, avec votre vue, le fumigène vous donnera l’avantage. Faites attention, on ne sait pas ce qui se trame, ne prenez pas de risques inutiles : c’est une mission de rang S après tout. Ah, et si toutes mes précautions ne suffisent pas, criez de toutes vos forces, je vous révoquerais immédiatement. »

« Roger ! »

« Ca marche. A toute à l’heure. »


Nous partîmes tous les trois dans une direction différente. Avec leur aide, au lieu de prendre toute la nuit,  cette exploration ne me prendrait qu’un tiers de celle-ci. Soit, d’après mes calculs, au lieu de neuf heures, environ trois. C’était quand même un sacré gain de temps. Bon, je devais me reconcentrer sur mon tiers de cimetière pour le moment. Au boulot.

J’avais hérité de la partie consacrée aux shinobis morts en mission pour leur patrie. Chô de celle consacrée aux shinobis morts de vieillesse ou pendant leur vie civile. Nikita de la partie aux shinobis anonymes, qu’on avait jamais identifiés.
Je m’étais réservée la partie la plus susceptible d’être intéressante non pas parce que je sous-estimais mes deux compagnons Kyuchiose. Mais plutôt parce que si quelque chose se produisait, j’étais le plus à même de réagir efficacement. Même s’ils étaient doués pour le repérage, ils étaient encore un peu justes pour se battre tout seul.
Mais la première heure ne m’apporta rien d’intéressant. Je repérais bien quelques tombes à la terre retournée, et même une ou deux très récemment. Mais chacune figurait dans le registre. Et mes deux compagnons ne donnaient pas signe de vie, donc tout devait aller parfaitement bien. Et pas de fumigène à l’horizon. Même s’il faisait sombre, et que je ne voyais pas très bien, la lumière de la lune et le fait qu’il n’y ait pas d’arbre m’aurait permis de voir le panache de fumée blanche. Mais non, rien du tout. L’ambiance morbide me mettait quand même mal à l’aise. J’étais pressé que cette inspection soit finie. Surtout que je commençais à transpirer sous mon masque. D’un geste précis, je le fis coulisser sur le côté pour que mon visage profite un peu de la fraîcheur de la nuit. Ca me fit le plus grand bien.

Et c’est au moment où je retirais mon masque que je le vis. Une tombe fraîchement retournée, puis remise en place. Je me rapprochais aussitôt, vif comme l’éclair. Et je passais mes doigts sur les mottes remises dans la précipitation. Tout ça avait été replacée très vite et très récemment. Peut-être il y a moins de quelques minutes.

** Quelqu’un m’aurait senti approcher ? Par chance s’il épie mon chakra, il ne m’a pas vu, il sait juste que je suis dans les environs. Merde, pas moyen de le repérer. Attends … Ce sont des traces de pas dans la boue. Il est partit par là. Mais comment en être absolument sûr ? J’ai besoin de sens plus performants … Je sais comment faire. **

Je touchais le kanji sur mon bras pour avertir le Maître Râh.

** Eihiko-kun ? Bonsoir à toi. Quelle raison te pousse à me tirer de mon sommeil ? **

** J’ai besoin de votre aide, Maître. **

** Très bien. Ne te tracasse pas, tu m’expliqueras la situation en temps et en heures, je sens à quel point tu es pressé. De quoi as-tu besoin ? **

** De vos sens … Et de votre vue tout particulièrement. **

Je sentis aussitôt le ki du Maître Râh fusionner avec le mien. Et mes sens s’accroître. En particulier, la nuit devint aussi claire que s’il faisait plein jour. Mes yeux captaient désormais l’environnement sans tenir compte du manque de visibilité. En plus, je pus renforcer ma dissimulation de chakra. Avec la réfraction de lumière en plus, je me sentais vraiment totalement invisible maintenant.

** Merci Grand Maître. **

Je suivis les traces de pas à pas de loup, veillant à marcher en plein milieu de celles-ci pour ne pas en faire moi-même. Elles étaient humaines, et surtout plus grandes que les miennes, donc ça maintenait une certaine illusion pour un observateur concentré sur autre chose.
Et j’arrivais finalement devant un spectacle pour le moins inattendu. Quelqu’un, une silhouette encapuchonnée, qui se faufilait à travers les tombes, s’arrêtant quelques minutes devant certaines d’entre elles, avant de s’éloigner. Je me rapprochais encore un peu … Et c’est là qu’il tourna la tête dans ma direction, alarmé. Je m’arrêtais, fit un pas en arrière pour garder ma présence secrète et … Et il détala à toute vitesse.

** Merde ! **

Je courus à tout rompre, insufflant du chakra dans mes jambes pour aller plus vite. Et j’arrivais bientôt à sa hauteur, m’apprêtant à le frapper. Mon pied se prit dans un fil, et je trébuchais. Il avait placé des pièges pour couvrir sa fuite ? Le salopard. Des lames aiguisées jaillirent vers moi, jusqu’ici dissimulées dans l’ombre d’une pierre tombale. En pestant, je permutais l’attaque surprise, mais le temps que je me relève, j’avais perdu de vue l’autre. Et en plus j’avais perdu ma réfraction de lumière.
Bordel, je ne m’étais attendu ni à croiser quelqu’un, ni quelqu’un d’aussi prudent. Bon, par chance j’avais réussi à agripper son capuchon au moment où il fuyait, déchirant sa cape depuis la base de la nuque. Bénit soit l’Unijutsu.

Je regardais la cape en question. Elle était noire, uniforme. Mais à la base de celle-ci il y avait un petit logo brodé. Un crâne qui souriait, avec une seule rangée de dents. Le genre de symbole pas tout à fait courant … Peut-être un indice ? Je n’avais pas encore d’informateur à Shi ou à Taki, mais c’était peut-être le moment d’en trouver un. Chô et Nikita accoururent. Ils avaient l’air un peu paniqués. Je les examinais rapidement du regard, aucune blessure apparente. Bon.

« Qu’est-ce qui se passe, vous avez croisé quelqu’un de louche ? »

« Hein ? Ben non, on a juste senti ton chakra qui se déplaçait très vite donc on est venus t’aider … Tout va bien ? »

« Oui … J’ai croisé quelqu’un qui a probablement retourné une tombe. Peut-être d’avantage. Je vais retourner là où il était pour creuser la tombe. Vous voulez venir ou vous préférez repartir ? »

« Tu ne nous demandes pas ce qu’on a vu ? »

« Hein ? Euh, si, si, désolé. »

« Moi j’ai repéré trois tombes qui ne figurent pas sur ton registre. D’anciens Jounins pour les trois, d’après ce qui était marqué sur les tombes. »

« Et moi deux, un Anbu, et une femme qui était apparemment l’ancienne chef de la Traque. Encore des ninjas plutôt puissants. »

« Hmmm … Il se passe quelque chose de pas net ici. Venez, allons voir la tombe que j’ai vu et qu’il venait de retourner. »

« Ok ! Dis, tu penses que ça a un lien avec l’attaque sur l’académie dont tu nous as parlé ? »

« Je ne pense pas, en fait. Pourquoi cibler des cadavres de gens puissants, si c’est pour les décomposer comme ils l’ont fait pour les monstres à l’académie ? Ca n’a aucun sens, puisque le fait de détruire le corps démolit complètement la partie physique du chakra. Normalement pour le Shijutsu, les morts n’ont pas de chakra car ils sont uniquement physiques justement. Le chakra qui est dans les morts est donc uniquement insufflé pour les monstres de l’académie. Surtout que quand on a ressenti sa force, on a senti un chakra unique. Surpuissant, mais unique. Alors que si c’était un amalgame il aurait été multiple. Non je pense que l’Impératrice avait raison. Les morts ne sont pas issus de clans, enfin pas tous, donc ce n’est probablement pas pour étudier leurs techniques héréditaires. Je pense que quelqu’un essaie d’apprendre le Shiki Fuujin. Ca coïncide avec le fait que le parchemin interdit de Shousan sur le sujet n’a jamais été retrouvé, et donc que les soupçons de l’Impératrice sont fondés. »

« Le Shiki … Fuujin ? Mais c’est … terrible ! On doit empêcher ça Eihiko ! »

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Quelque chose de terrible, Nikita. C’est une technique permettant de ramener les morts comme ils étaient de leur vivant, mais complètement soumis à l’utilisateur. Quand tu fais cette technique, l’âme du mort est sacrifiée pour l’ambition de celui qui l’invoque. Il n’y a pas de technique plus atroce dans les deux mondes réunis. »


Nikita pâlit. Elle semblait réellement effrayée. Je posais ma main sur la tête de la petite pandette pour la rassurer. Elle sembla retrouver un peu de couleur, mais n’en était pas sereine pour autant.

« Ne t’en fais pas, je suis sur le coup. Ca n’arrivera pas. Et ce n’est qu’un soupçon après tout, si ça se trouve je suis juste paranoïaque. »

« Oui … Oui tu as raison. »


La tombe en elle-même ne nous appris pas grand-chose, au final. Bon, ne restait qu’une chose à faire du coup : trouver quelqu’un qui pourrait m’en dire un peu plus sur ce fameux symbole sur la cape. C’était ma seule piste. Si je ne trouvais rien je n’aurais qu’à monter la garder dans le cimetière ces prochaines nuits … mais comme le pilleur de tombes m’avait repéré, il ne reviendrait probablement pas tout de suite. Ou alors mieux préparé, ce qui représentait un risque.
En plus, mon seul allié que je pouvais appeler, c’était Shimizu. Je me voyais mal lui demander encore son aide, surtout qu’elle avait ses propres problèmes.
Peut-être Sham ? Il avait une meilleure perception que moi, si je ne trouvais rien du tout j’irais le voir. Après tout, ce serait pas mal de bosser encore une fois ensembles.
Enfin, pour le moment, je pouvais encore suivre une piste donc si je pouvais impliquer le moins de monde possible, je n’en serais que plus discret.
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 244
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
217/300  (217/300)
Points de vie:
303/303  (303/303)
Points de chakra:
876/876  (876/876)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Jeu 29 Juin - 7:20
Quand on est à la recherche d’un truc un peu borderline, on est bien content que les lieux louches et mal fréquentés existent. Je crois que ça doit être pour ça que certains établissements qui versaient dans l’illégalité restaient ouverts, alors que les ninjas auraient pu tout simplement les balayer. Au fond, s’ils n’en faisaient pas de trop et qu’ils étaient contrôlables, pourquoi les rayer de la carte ? Ils faisaient des carrefours idéaux pour toutes sortes de sales types. Des petites racailles aux barons mafieux. Du coup, il suffisait d’y cuisiner le bon salop pour avoir l’information qu’il nous manquait.

Enfin, ça, c’était uniquement de la théorie. Dans les faits, ce n’était pas exactement vrai. Je le réalisais assez durement, alors que j’étais assis au comptoir d’un bar rempli de montagnes de muscles bardées de tatouages rebelles. Le barman m’annonça simplement qu’il ne savait rien, avec un tel calme et un tel manque de réaction que je ne pus que le croire. Surtout que j’avais mon masque, il savait qu’il prenait un risque en me mentant. Mentir à un Genin c’était une chose, un risque calculable. Mentir à un Anbu, c’était autre chose. Ils avaient la réputation de toujours mettre la main sur les coups fourrés. Et à raison : beaucoup des membres des forces spéciales avaient d’excellentes capacités sensorielles ou mentales. Enfin, physiques aussi. En fait c’étaient généralement des ninjas assez complets. Je devais être le seul pignouf à être un peu moins diversifié que les autres …
Encore que. Maintenant que j’y pensais … Ca n’avait aucun rapport avec ma mission.

Je sortis du bar en trainant des pieds. Etait-ce mon approche qui n’était pas la bonne ? Mais mise à part rentrer dans des endroits avec des gens bizarres, et demander si quelqu’un avait déjà vu ce logo, je n’en avais pas d’autre. Je n’allais pas proposer une récompense : ils me diraient n’importe quoi. Compter sur l’intimidation conférée par le masque me semblait être la meilleure méthode. J’aurais aussi pu les tabasser dans l’arrière-salle, je faisais souvent ça avant et ça marchait plutôt bien. Mais vu le peu de gens qui devaient être au courant dans toute la ville j’allais passer le reste de ma nuit à cogner, et c’était peu probable que j’obtienne un résultat. En plus, si je passais ma nuit à frapper des types innocents … enfin, ce n’était pas si terrible : ils avaient tous des conneries à se reprocher. Ca leur ferait du bien une bonne rouste. Et ils se souviendraient de moi la prochaine fois que je passerais pour leur demander quelque chose.
Ou alors j’allais tomber sur un qui était vraiment innocent, et alerter les autorités. Et là ce serait définitivement terminé.

Même avec l’appui de l’Impératrice, consulter les archives impériales ne serait pas rapide. La mission était strictement secrète pour une bonne raison : elle m’avait dit noir sur blanc que j’aurais carte blanche mais que je me démerderais tout seul. Enfin, elle m’aiderait autant qu’elle pouvait … mais le temps de persuader le conseil de laisser un simple Anbu accéder à une archive probablement secret défense, le mal serait peut-être déjà fait. Et je n’avais pas la patience de réclamer des entrées administratives. Il fallait que je trouve quelque chose par moi-même.

** Je ne suis peut-être tout simplement pas doué pour ce genre de recherche, après tout. Hmmm … Je n’ai pas encore utilisé le joker de ce mois-ci de Maître Râh. Je peux donc éventuellement tricher pour gagner du temps. Par contre, plus de joker jusqu’à la fin du règne du Coq. Et nous en sommes au début, ça pourrait être embêtant … Peut-être qu’il me recyclera mon jeton mémoire cosmique du mois dernier ? Après tout je ne l’ai pas utilisé … **

Chô et Nikita bondirent sur le tonneau voisin de celui sur lequel je m’étais assis. Je leur tendis des brioches que j’avais achetées au dernier bar dans lequel j’étais entré. Des en-cas pour les soirées, perdus au milieu des bières. Les pauvres avaient eu une nuit riche en émotions, et se ruèrent avec appétit sur le repas que je leur proposais. J’en pris une aussi pour faire bonne mesure. Chô fut le premier à m’interroger.

« Tu as réussi à trouver quelque chose, Eihiko ? »

« Absolument rien, c’est la misère la plus totale. J’ai essayé les boîtes de strip-tease, les bars tenus par de petits gangs locaux … mais bon, Taki est plutôt calme dans l’ensemble. Si ces types viennent du coin, ils doivent isolés. Et je dis ces types mais si ça se trouve il est tout seul. Et si ça se trouve on se fait des films. »

« Je ne pense pas que ce soient des films. »

« Tu dis ça parce que tu en as envie, ou au contraire parce que tu en as peur ? »

« Non, je dis ça parce que tout ce qui se passe suit une logique. Des corps puissants, un type qui arrive à te fuir. Tu auras beau dire ce que tu veux, il était plutôt compétent. Ce sont rarement les chefs qui vont ramasser les cadavres pour les expériences : cela signifie que ce type était sans doute un sbire. Quoiqu’ils fassent, il y a des gens pas très net derrière cette tête de mort à moitié édentée. Et comme on le sait, on doit les arrêter. »

« Syndrome du héros donc. Ok, ça me va. Mais je ne sais toujours pas où chercher. »

« Et si on demandait à Maître Râh ? »

« J’y pensais justement. Mais je voulais savoir si vous aviez une idée avant que je prenne le raccourci. Surtout que tel que je le connais, il va nous donner des nœuds à la tête, son ‘raccourci’. Donc, si vous avez mieux … »

« Nan. »
« Demandes. »


Je restais muet quelques secondes devant si peu d’acharnement. Eh bien, quand il y avait une piste simple et une plus rude, on savait où ils se dirigeaient ces deux-là. Parés pour l’aventure, du moment qu’elle n’était pas trop dangereuse ! Après tout, je n’allais pas leur reprocher ça. Et dans le fond ils avaient raison : la situation pouvait être banale, mais elle pouvait aussi être très grave. Et comme Chô l’avait fait remarquer, tout s’emboîtait de façon un peu trop logique par rapport au scénario que craignait l’Impératrice quand elle m’avait refilé le dossier.
Bon, maintenant il fallait trouver la meilleure manière de formuler ma question. La mémoire cosmique permettait au Maître Râh de répondre à n’importe quelle interrogation, mais il l’utilisait avec parcimonie, même quand il s’agissait de m’aider à sauver le monde il y réfléchissait toujours à deux fois. Quand il était de bonne humeur. Enfin, il suffirait de mentionner le Shiki Fuujin pour qu’il fusionne avec le monde et me parle de ce qu’il savait.
Mais si je formulais mal la question, les phrases qu’il me donnerait seraient complètement indéchiffrables pour moi. Je n’étais pas spécialement con, juste que les devinettes, je n’y étais balèze que jusqu’à un certain point. Puzzle mille pièces, je pouvais avec un peu de patience et une motivation relative. Quand on dépassait les cinq milles, je rendais l’âme avant même d’avoir essayé. Et une mauvaise question, c’était un puzzle cinq mille pièces.

** Je peux lui demander un lieu. Ce sont les énigmes que je résous le plus souvent. Ce sera bien plus évident que de demander une personne : un lieu limite à une certaine liste, là où une personne peut être n’importe qui. Peu importe qui c’est, en plus, si je trouve le lieu, je le trouverais dedans. Si je demande le lieu où se trouve quelqu’un portant une cape similaire à celle que je tiens entre les mains et qu’il y en a plusieurs, je vais avoir une énigme impossible à résoudre. Moins la question a de variantes, plus j’aurais de facilité et de chances à m’en sortir. Oh, je sais ! Ca ne m’amènera peut-être pas directement à destination mais peut-être pas très loin : si je demandais l’endroit où ce symbole a été créé ? Non, ça ne suffirait pas. Imaginons que créé désigne le fait de l’avoir pensé, alors ce serait en pleine rue. Disons, la dernière fois que ce symbole a été créé par quelqu’un sous forme physique, à Taki et ses environs très proches ? Ces précisions auront le mérite de m’orienter vers une planque plus récente, si jamais ils changeaient régulièrement. Et en plus, je limite le champ de recherche donc peu de chance de doublon. Si l’énigme est vide, ça signifiera simplement qu’ils ne sont pas à Taki et que les chercher de par le vaste monde sera impossible pour moi. Donc je retournerais voir l’Impératrice avec mes quelques informations. Oui, ça résoudrait mon dilemme de poser cette question. D’un autre côté … **

Eihiko pouvait partir très loin dans ses réflexions. Mais la mémoire cosmique qu’utilisait Maître Râh était très particulière, et parfois, il l’avait employée sans pouvoir en exploiter le résultat parce qu’il n’y comprenait rien. De temps à autre, il avait pourtant eu des réponses claires. Parce qu’il utilisait des noms précis et des dates précises, en des lieux précis. Mais dès que les caractéristiques étaient trop élargies, ou les variantes trop instables, alors les réponses s’appliquaient à plus que ce qu’on voulait, et la mémoire cosmique explosait alors sous la forme d’une devinette indéchiffrable. Voilà pourquoi il devait se limiter à Taki quitte à gâche sa chance : s’il tentait d’élargir la zone il prenait un gros risque de ne pas avoir de réponse du tout.

Quand même, puisque le monde acceptait de souffler des réponses cosmiques … Il pourrait au moins leur donner une forme plus concrète. Parfois, un simple oui ou un non suffisait. Ou alors prendre un doigt et le poser sur une carte. Ce n’était pas possible ça ? Non, il fallait qu’il métaphore ça en parlant du soleil couchant. A moins que ce ne soit Maître Râh qui fasse ça ? Après tout, même si rien ne l’amusait, il avait une logique bizarre, il était bien capable de faire ça juste pour m’embêter ! Enfin, non, peut-être pas. Mais il avait quand même des manières étranges parfois. Je m’étais déjà demandé s’il ne commençait pas à être un peu sénile. Déjà que d’après Kokuten, il avait pris un coup de vieux. Si je l’avais vu dans sa puissante jeunesse ! Certainement, mais je ne l’avais pas connu à la bonne époque. Tant mieux d’ailleurs : un panda aussi relou qui pouvait décoller ses fesses de l’île, ça faisait un peu peur. Qu’il soit devenu Grand Maître était la meilleure chose qui me soit arrivé depuis ma naissance.

** Maître Râh ? **

** Décidément mon garçon, mon sommeil te laisse réellement indifférent. **

** Je suis navré, Maître. Mais la situation est exigeante, et je ne peux pas la résoudre seul. Quelqu’un essaie de réveiller le Shiki Fuujin et je dois à tout prix l’arrêter. Et le temps est un luxe que je ne peux pas me permettre. J’ai besoin de la mémoire cosmique. **

** En effet, tu y gagnerais ce précieux temps qui te manque. Très bien, je vais écouter une question et la poser aux mondes. Mais si je cède si facilement, c’est parce qu’il en va de l’avenir. Ne crois pas que ce sera si facile à chaque tentative. **

** Evidemment. Bien la question maintenant : je tiens dans la main gauche une cape avec un symbole représentant un crâne édenté. J’aimerais savoir, où ce symbole a été créé pour la dernière fois, sous une forme physique, et à Taki ou dans ses environs ? **

** Ah, la jeunesse. Tu crois encore que la solution est dans la complétude de la question n’est-il pas ? Bien, laisse-moi quelques instants, je vais écouter les murmures des mondes. Sache tout d’abord qu’au moment où tu poseras le pied dans le lieu que tu me demandes de retrouver, tu t’exposeras aux affres du passé. Quand l’homme au cœur blanc aura vu ton visage, tu ne pourras plus échapper à tes mânes. Et tu devras affronter la seconde moitié de ton épreuve, la moitié qui n’aurait pas dû exister. Et cet endroit duquel je te parle n’est pas un mausolée, mais il en a tous les attributs pourtant. Les morts n’y vivent pas, mais ils ont un souffle quand vient leur heure. C’est en cela que ces personnes sont des criminels, mais aussi des gens de droit. C’est un endroit à deux visages, l’un qui est celui d’une armée d’ossements, et l’autre, enfoui et secret, celui d’une armée d’âmes enchainées. **

La voix de Râh s’était tue. Je le remerciais d’une pensée presque inaudible. Tout ce qu’il m’avait donné était à réfléchir maintenant. Je m’emparais d’une feuille et d’une plume, afin de noter la réponse à ma question. Je l’avais plutôt bien formulée, parce qu’elle était relativement claire comparée à d’habitude. Ou alors il avait simplement fait un effort parce que c’était une situation périlleuse ? Non, même si j’allais mourir il ne le ferait pas. Encore que le Shiki Fuujin était plus important que ma mort ou non. Un autre gardien ça se trouvait. Si le monde était encore ravagé, et cette fois plus salement, pas sûr qu’on en retrouve un autre de sitôt.

La partie sur les affres et l’homme au cœur blanc m’était très nébuleuse. J’avais bien compris qu’il s’agissait d’un avertissement, mais c’était aussi un détour à ma question. Je choisis de le laisser de côté : après tout, je savais que j’allais me jeter dans la gueule du loup. Autant ignorer quelques signaux d’alarme de plus !
Par conte la partie qui concernait le lieu en lui-même était plus explicite, plus facile à comprendre. Pas un mausolée, mais tous les attributs. Une morgue ? Ca collait plutôt bien, il y avait plein de cadavres mais ce n’était pas un endroit de repos. Où trouvait-on des morgues ? Un hôpital ? Un médecin donc, qui menait ces expériences illégales au nez et à la barbe de tous ? Ca collait plutôt bien. Sauf qu’un médecin était rarement en plus de médecin quelqu’un possédant les capacités mentales pour utiliser le Shiko Fuujin. Ou alors on cherchait carrément un ninja surpuissant, un vrai monstre. Pourquoi pas après tout …

Je sentis Nikita et Chô sauter chacun sur une de mes épaules pour lire par-dessus.

« Alors ? »
« Ca a l’air compliqué … »

« Oui. Je cherche un endroit où il y a des corps, et où ils sont à la fois légaux et illégaux. Donc un endroit où les entreposer légalement, mais où on peut mener des recherches illégales sur le Shiki Fuujin en même temps. »

« Hmmmm … je vois pas. »

« Moi j’ai peut-être une idée. Ramener des morts à la vie de façon légale, c’est de la nécromancie non ? Il existe des shinobis qui pratiquent cette spécialisation. Donc … »

« Donc un endroit où on pratique des recherches en Shijutsu légales. Un centre de recherches ! L’Empire doit effectivement avoir un centre de recherches en Shijutsu ! Je me souviens qu’il y avait un manoir à Shousan où ils faisaient ça. L’Empire aussi doit en avoir un ! Tu es un génie, Chô ! Ca colle parfaitement à tous ce qu’il a dit ! Une arme d’ossements légaux … »

« Et une armée d’âmes enchainées désignant le Shiki Fuujin. Oui, c’est parfait. »

« Bien joué, Chô. Bon. Mettons-nous en route. Il faut trouver où se trouve ce centre de recherches. »


Ce ne fut pas long de découvrir qu’il était aux abords de Taki, dans les marais. Pas un manoir, non, mais une immense propriété de plusieurs bâtiments. Un complexe.
Bien, la piste se précisait. J’allais devoir explorer cet endroit. Restait à savoir comment accéder à un endroit dont les chercheurs eux-mêmes, et sans doute aussi le chef des lieux, ignoraient l’existence. Mais j’avais encore un bon bout de chemin à faire. Je trouverais bien une idée en marchant. Devais-je me présenter ? Pénétrer par effraction ? Ca aussi il faudrait que j’y pense. Il ne me manquait qu’un plan d’action. Heureusement que Chô était là, j’étais tellement obnubilé par l’idée qu’il y ait des cadavres que j’en avais oublié l’emploi de l’expression ‘armée d’ossements’.

Bien, direction les marécages !

Spoiler:
 
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 244
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
217/300  (217/300)
Points de vie:
303/303  (303/303)
Points de chakra:
876/876  (876/876)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Naruto-last-gen :: 
PARTIE RP
 :: Empire :: Région de la Cascade
-