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Ven 7 Juil - 5:30
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Comparé à la cathédrale des Cinq, c'est un temple minuscule. Mais il y a quelques prêtres et prêtresses qui s'en occupent malgré tout. Ils ne restent pas sur place la nuit et l'après-midi, et le temple n'est donc ouvert que le matin, aux heures de prières. Il ouvre à l'aube et se ferme au zénith.

Il n'est composé que d'une seule salle, très dépouillée, dans laquelle trône un petit bassin, au milieu duquel on peut voir une statue d'une femme mi-renard mi-humaine. Aux pieds de la statue, à moitié enfouies dans l'eau, on peut distinguer trois urnes frappées chacune d'un kanji différent : Do, Kaze et Mizu. C'est-à-dire la terre, le vent, et l'eau.

La tradition veut qu'à chaque prière, on dépose une offrande dans chaque urne : un produit de sa récolte dans l'urne de la terre, une prière sur un parchemin dans l'urne de l'air, et une graine dans l'urne de l'eau.

Inari est une déesse clémente et protectrice, mais son culte n'est pas très répandu dans l'enceinte de Shi : c'est plutôt un culte qui se fait dans les grandes plaines, là où la population agricole est forte. Jugée comme une déesse mineure par l'Eglise des Cinq, elle n'est néanmoins pas interdite et son culte n'est pas du tout mal vu, bien que très peu développé.
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Ven 15 Sep - 10:35
J’ai comme l’impression de m’être faite avoir. On m’a donnée une jolie tenue blanche et étincelante, mes chaines ont été ‘bénies’ pour devenir plus belles que jamais, et tout aussi blanches que le reste de ma tenue d’ailleurs. Mais parée de ces jolis atours, on m’a surtout joué un sale tour. Normalement, le rôle de paladin veut dire qu’on est le second dans la hiérarchie d’une église, juste derrière l’évêque. On est directement sous ses ordres, et chargé de faire respecter les traditions et la paix au nom de son Eglise, ou quelque chose comme ça. On a l’autorisation d’utiliser la force en cas d’extrême urgence, contrairement aux prêtres ou aux chevaliers pontificaux qui ne le peuvent pas sans un ordre direct d’un supérieur.
Le problème, c’est que je suis censée être supervisée par l’évêque d’Inari, du coup. Or, il n’y a tout simplement pas d’évêque d’Inari. Le culte étant mineur, il n’y a jamais eu d’évêque ou de paladin nommé pour cette église, qui n’a après tout qu’un temple minuscule en plein milieu d’un quartier secondaire de la Grande Cité à Shi. Je me retrouve donc avec le rôle le plus en vue, ce qui est pour moi une grande déconvenue. Je ne me suis pas du tout attendue à autant de responsabilités, et j’ai déjà accepté de justesse d’en avoir un petit peu en pensant que j’allais être guidée. Maintenant que je sais que ce n’est pas le cas, je commence à me demander si tout ça n’est pas une sorte de traquenard en réalité.

Heureusement, même si l’Eglise n’a pas d’évêque, les prêtres les plus anciens ont toujours su s’occuper des affaires administratives, et gérer tranquillement l’Eglise. Donc pour le moment, je leur ai simplement dit de faire comme d’habitude et que je vais juste m’occuper de défendre les intérêts de l’Eglise d’Inari quand j’aurais trouvé comment le faire. Mais ils ont quand même insistés pour que je participe à toutes les petites réunions qu’ils font. Une à chaque début de soirée en fait. Ca ne dure qu’une petite heure, et c’est ennuyeux, mais j’ai été surprise de constater que même s’ils ne m’aiment pas beaucoup, ce qui se comprend vu mon statut d’étrangère et que je ne suis pas du genre à avoir une aura qui met en confiance, ils sont quand même contents de ma nomination. C’est sûr que pour un culte considéré comme mineur, c’est un bon coup de pub. En plus j’ai refusé la proposition d’une Eglise plus haute placée pour accepter la leur. Ca a quand même dû renforcer un peu leur égo quelque part.
En parlant de l’Eglise d’Akikaze, je me demande s’ils l’ont mal pris ou s’ils ont compris ma décision. Il parait qu’il existe un conseil des évêques, où ils se rendent accompagnés de leurs paladins. Je dois pouvoir m’y rendre du coup, même si je n’ai pas d’évêque à accompagner. Si j’arrive à trouver le courage je le ferais. Ainsi, je pourrais apprendre par mes propres moyens l’état d’esprit de l’Eglise que j’ai rejetée.

Par contre, depuis que j’ai ce nouveau rôle, j’ai l’impression que les journées se sont allongées. Je n’ai plus autant de liberté de mouvement, puisque je suis très demandée. En fait je passe la moitié de la journée au temple. De l’aube au zénith, durant chacune de ses heures d’ouverture. J’essaie de consacrer l’autre moitié à mon apprentissage de la forge chez Eihiko, mais en ce moment je ne fais que tenir la boutique, il n’est jamais là. Ou alors en coup de vent. C’est probablement normal : avec tous les événements récents, tous les ninjas sont sur le pied de guerre et ont plein de choses à faire. Même s’il est tout juste officialisé, il doit quand même assumer son rôle d’Anbu, donc ça lui prend beaucoup de temps.
Mais bon, il a quand même une clientèle très postale et très peu de visites dans la boutique, donc c’est vrai que je m’ennuie un peu ces derniers temps. Du coup j’essaie de m’entrainer quand même mais toute seule ça ne donne pas de très fameux résultats.

Ce matin-là, et comme tous les matins, j’arrive en avance au temple. A l’aurore. Ca me permet de faire ma prière à Inari avant que le temple perde de son aspect silencieux. Contrairement aux longues après-midi à la forge, le calme du temple avant le matin a un effet rassérénant sur moi. C’est un moment agréable. Mais maintenant que j’y pense, le temple est peut-être un peu lugubre pour un temple dédié à la déesse des moissons. Il n’est pas décoré, et est très dépouillé. Mais peut-être qu’il serait plus avenant en y ajoutant un peu de verdure, ou un jardin dans l’immense cours qui lui est alloué à l’arrière. Ca demandera de l’entretien, mais remettre mes mains dans la terre me serait très réconfortant et permettra en plus d’attirer plus de gens, ou même de montrer des valeurs importantes que nous a transmis Inari.

Alors que je me complais dans cette idée, je sens une sensation désagréable me parcourir l’échine, comme si je suis observée. Je me redresse et parcoure le temple du regard. Je n’ai pas allumé les torches et le jour n’est pas encore levé, alors mes yeux ont un peu de mal à s’habituer à l’obscurité. Mais je distingue quand même une silhouette se découper dans les ténèbres qui ont élus domicile dans ce lieu. Je ne sens pas d’hostilité, mais quand même une sorte de malaise. Pas de quoi porter la main à mes chaines cela dit. Mais ce n’est pas un prêtre, de cela je suis certaine.

« Je suis désolée mais le temple n’est normalement pas encore ouvert au public. Cela dit, si je peux vous aider d’une quelconque manière, je serais ravie de voir ce que je peux faire. »

C’est un peu étrange de se sentir mal lotie alors que l’ombre règne tout autour de moi. Après tout j’ai les gênes du clan Nara. Les ténèbres sont censées être notre domaine. Mais je sens comme quelque chose d’inhabituel qui se dégage de cette silhouette que je ne distingue pourtant pas très bien.
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Ven 15 Sep - 17:26

J'étais installé dans ma demeure dans la forêt Yoru, comme à mon habitude quand je me trouvais ici et que je n'avais pas à m'occuper des affaires des Nogitsunes je m'amusais à épier le monde des humains. J'étais bien sûr limité à ce que je pouvais voir, limité à des endroits qui n'étaient pas fréquenté. Je ne pouvais prendre le risque de déchirer le voile dans un endroit où mes pions préférés passaient sans relâche. Il fallait que je trouve des endroits isolé de toute population. Il était bien sûr arrivé que des Hommes croise l'une des déchirures mais malheureusement, ou pas, pour eux ils n'avaient pu rien en conter. Ma capacité à donner confiance était l'une de mes meilleures armes. Sans quoi, jamais je n'aurais pu les attirer dans ma tanière.

Je profitais du vent iodé des côtes de l'Empire. L'odeur du bord de mer était toujours agréable, sans parler de cette brise caressant mon corps humain. J'enviais les restes de mes enfants, eux étaient capable de franchir cette déchirure, eux pouvaient profiter de ce monde, se jouer des hommes. Moi, j'étais confiné dans la forêt de Yoru. Plus aujourd'hui à vrai dire, maintenant que Shian ne pouvait plus maintenir son dôme il m'était possible de quitter cet endroit et même de me rendre au mont Hansei. Mais pour y faire quoi ? Il n'y avait rien de plus ennuyeux que les Myobus. Mise à par Chiisai bien sûr.

Je pris une profonde inspiration, oui je les enviais mais sans mes enfants jamais je n'aurais pu me tenir au courant de ce qui se tramait sur ce monde. Il y avait tout de même quelque chose de désagréable dans le fait de savoir sans pouvoir agir. J'aurais tant aimé mettre mon grain de sel dans cette guerre qui avait opposé le monde à l'Empire. J'étais triste de voir que les humains étaient tout aussi capable d'agir de façon totalement idiote sans avoir besoin de monde aide. Mais ça ne m'empêchait pas de mourir d'envie de pouvoir à nouveau me jouer d'eux. J'aurais donné une partie de ma puissance pour ne serais-ce que briser un couple.

Le voile se referma, comme toujours. Il ne restait pas bien longtemps. J'en ouvrais un nouveau, cette fois-ci dans la cave d'une maison quelconque. L'odeur de l'humidité m'arriva jusqu'au narine ou nez devrais-je plutôt dire. Un commerçant très certainement à la vue des nombreuses caisses qui s'y trouvaient. Du vin ? Non, sans quoi il aurait bien vite fait de tourner au vinaigre vu la moiteur de cette pièce. Je pouvais même distinguer des champignons sur certain mur. Etait-ce seulement visité ? Oui, les traces de pas dans la poussière des escaliers m'indiquait que c'était le cas, juste que le propriétaire n'avait que faire de la propreté de cet endroit.

Comme toujours, au moins un fois par jour je tentais de passer l'une de mes queues au travers. Si les premières dix années je gardais chaque jour espoir que ça marche, aujourd'hui je ne le faisais plus que par habitude. Plus de cent ans que je n'avais pas pu franchir cette déchirure. Autant dire qu'aujourd'hui je ne comptais plus réellement sur le fait que je ne rencontre aucun obstacle. Et pourtant, mes yeux s'ouvrirent comme jamais. Ma bouche resta entrouverte quelques instants avant que la réalité ne me frappe. Je retirais aussi vite que je le pouvais ma queue qui au passage eu quelques poils sectionné par la disparation de la déchirure. Je l'avais échappé belle ! Alors que je me remettais de ma surprise, un sourire naquis sur mes lèvres, je déchirais à nouveau le voile, passant cette fois-ci l'une de mes mains griffue. Oui, je pouvais à nouveau franchir le passage. Pourtant je n'en fis rien, continuant à admirer l'herbe s'étalant à perte de vue. Les plaines Arc-en-ciel. Je me levais, faisant les cents pas, j'avais un mal fou à contenir mon excitation. Je pouvais à nouveau me rendre sur Onogoro !

Il fallait que je me calme, ce n'était digne de moi. J'avais l'impression d'être remonté des milliers d'années en arrière quand je n'étais encore qu'un jeune Sentaatsune. Je m'étais forcer à m'asseoir et à me concentrer sur ma respiration. Je ne pouvais pas perdre mon sang-froid, oui c'était une grande nouvelle mais ça ne devait pas influer sur mon état d'esprit. Il fallait que je réfléchie, et pour ça rien de mieux que ma pipe. Je la tassais de tabac, les mains tremblante par cette découverte. Je portais l'objet et ma bouche et allumait le tout. Je ne sais pas pourquoi mais cette action avait depuis longtemps l'art de me calmer, pourtant il n'y avait rien d'extraordinaire dedans. Simplement du tabac rien de plus.

Le portail se referma à nouveau. Je n'en ouvris pas un immédiatement, rien que de le faire, sentir et savoir que je pouvais passer me mettait dans un état d’excitation que j'avais du mal à contenir.

J'avais passé une bonne heure simplement assis à fumer. Reprenant au fur et à mesure mon calme légendaire. Il était hors de question que je retourne à Onogoro dans l'état dans le quel je m'étais retrouvé. Et puis ça m'avait permis de me décider d'où je réapparaîtrais pour le première fois depuis mille ans. Mon choix avait fini par se porter sur le nouveau temple dédié à Inari. Quoi de mieux comme endroit pour se jouer des Humains ?

J'avais choisi de revêtir la forme d'une jeune femme au chignon plus que sophistiqué, gardant des caractéristiques propres à ma famille. Les queues se balançant dans mon dos étaient noires, rien de plus anomale pour un Nogitsune. J’espérais simplement que ça ne me porte pas trop préjudice en ce lieu. Fallait-il encore que l'on devine ce que j'étais réellement.

Le temple était plutôt petit, vide également mais rien d'anormal vu l'heure. Quoi que vu la taille de celui-ci je ne pu m'empêcher de me demander si ce n'était pas proche de la population maximale même en journée. Le portail disparu en même temps que le bruit d'une porte se fit entendre, l'excitation remonta en moi, irisant les petits cheveux de ma nuque. Je ne sais pas exactement pourquoi mais je fis quelques pas en arrière, vers l'un des murs. Etait-ce une sorte de peur par rapport au fait de me retrouver à nouveau sur Onogoro ? De ne pas être sur mon terrain mais sur celui d'un autre ... Ca faisait tellement longtemps que je ne m'étais pas retrouvé dans cette situation.

Bien qu'il fasse sombre j'arrivais tout de même à avoir une bonne vision, chose totalement normale pour un Kyuochise de mon espèce. Je suivais la jeune femme des yeux, quelque chose d'étrange se dégageait de sa personne. Sans doute pour ça que je fis pas un pas en avant dans l'immédiat. Quelque chose me retenait, cet aura qui l'entourait même dans la pénombre ne me plaisait pas du tout. A tel point que j'en perdis mon but premier, la surprise, j'avais voulu jouer là-dessus mais elle me prit de court.

« Je suis navrée je ne comptais pas m'imposer de cette façon. »

Je fis quelques pas en avant, allant vers le basin du temple tout en gardant mes yeux fixés sur la jeune femme. Armée ? Depuis quand on pouvait entrer dans ce genre de lieu avec ce genre d'objet ? Je décrochais mon regard de l'arme le reportant dans ses yeux.

« Que fait cette chose dans mon temple ? » dis-je en pointant la chaîne du doigt, mon regard était sévère, impossible de le louper vu qu'il captait le peu de lumière de l'endroit. Un mensonge ? Pas tant que ça, après tout j'étais un fils d'Inari « Je doute que ce soit utile dans ce genre de lieu. »

Lui demander qui elle était ? Peut-être trop risqué, si je voulais réellement qu'elle me croit il valait peut-être mieux jouer la carte d'une sorte d'omniscience sur ce qui se passait en cet endroit. Vu que le temple n'était pas encore ouvert ne pouvait dire qu'une chose, elle faisait partie des personnes s'occupant de celui-ci. Prêtresse ? Peut-être. Qu'importe de toute façon.

« Je suis navrée d'arriver de cette façon. Peut-être n'était-ce pas le bon endroit pour mon retour. Les plaines auraient très certainement été un meilleur choix. »

Je fis le tour du bassin en posant mes yeux sur la statue, l'observant sous toute les coutures. Les Humains pensaient réellement qu'Inari ressemblait à ça ? Ce n'était pas la première fois que je voyais cette représentation ... Si seulement ils savaient.

« Dites-moi. Pourquoi s'être tourné vers moi ? »

La question était plus qu'ouverte, idéale pour mieux comprendre avec qui je parlais. Si je voulais pouvoir la manipuler il fallait que j'en sache un peu plus sur elle. Là il y avait deux possibilité : elle me croyait ou non. Dans le premier des cas il me serait facile de me jouer d'elle, peut-être même trop. Dans le deuxième, ça allait être plus sportif que je ne l'avais prévu. Voilà qui me pouvais me promettre un bon retour.

Je souriais à la jeune femme, mettant toute la douceur possible dans mon visage.
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Lun 18 Sep - 20:01
Je regarde la silhouette s’avancer dans la lumière. La lumière est une façon très élogieuse de parler de quelques maigres et pâles rayons de soleil. Ce que je peux voir avec mes yeux est encore à moitié plongé dans les ténèbres. Mais au moins, maintenant, j’y vois.
C’est une femme. Une très belle femme. En fait, je ne crois pas avoir déjà croisé la route d’une aussi belle personne. Et elle semble renfermer quelque chose d’exceptionnel. Ce ne sont pas seulement ses oreilles de renard, même si elles sortent de la norme, et de très loin. C’est tout simplement sa présence. C’est difficile à expliquer, en fait. Mais il est certain que ce n’est pas quelqu’un d’ordinaire. En fait, même si c’est un peu maladroit à dire, j’aurais tendance à nous donner un point commun : notre inhumanité. Je me dois de rectifier ce point cependant : si je suis une anomalie, quelque chose plus que quelqu’un … Elle est toute différente. En quelque sorte, on pourrait me qualifier de copie. Elle, c’est simplement une toute autre personne. C’est différent. Ce n’est qu’un vague instinct qui me dicte cette pensée, cependant. Je suis la mieux placée pour comprendre qu’être humain, ce n’est pas qu’une histoire d’archétype physique. Et que quelques modifications, quelques différences, n’empêchent pas de l’être.
Je crois que je suis un peu intimidée. Même si mon attitude ne le montre pas, parce que la gêne, la timidité, ou la crainte, ne sont pas implantées en moi et que je n’ai jamais appris à les montrer. Je les ressens, évidemment, mais je n’en donne aucune manifestation externe. Pour me donner une contenance, et aussi un peu par politesse, j’entame le tour de l’Eglise, pour allumer les torches. Normalement, je ne le fais que lors de l’ouverture. Mais puisqu’elle est là, elle doit avoir un but. Et je ne me vois pas la chasser d’ici. Ce serait indigne d’une déesse prônant le foyer et la protection, et quelque chose m’en empêche de toute manière.

Sa façon de s’exprimer a quelque chose d’étrange, elle aussi. Une sorte d’attitude impérieuse. Et comme si elle se considérait elle-même comme une divinité. Mieux encore, comme si elle se considérait comme la déesse Inari. Je reste songeuse, tout en terminant d’allumer les torches. Ca me rappelle une phrase que m’a dite Masuro. Je ne me souviens plus du tout du contexte. De toute manière, je n’ai plus tellement de souvenirs remontant à cette époque : ça doit faire plusieurs centaines d’années. Et j’ai été éteinte entre deux, ce qui n’aide pas beaucoup.
Cette phrase c’était : les dieux ne se mêlent pas aux hommes. Ils nous conseillent depuis le ciel, mais c’est comme une loi tacite, ils n’interviennent jamais directement.
Je ne sais pas ce que veut cette personne, ni qui elle est, mais cette façon de s’exprimer me parait du coup encore plus étrange. Elle a l’air convaincue de ce qu’elle dit, pourtant. Donc soit c’est une très bonne menteuse, soit elle le pense réellement. Et alors ça peut être une foi exagérée, ou de la folie. Je préfère remettre en doute sa parole à elle, aussi belle qu’elle soit, que celle de Masuro de toute façon.
Et puis, s’il suffit de se coller des oreilles de renard et d’être une personne magnifique pour devenir une déesse … Alors je pense qu’elles vont se multiplier.
Mais je ne vois pas non plus l’intérêt de confronter ou de provoquer cette personne en remettant sa parole en doute pour le moment. En plus, elle n’a rien dit clairement. Après tout, même si on m’a indiqué que non, elle pourrait tout simplement être le nouvel évêque, ou quelqu’un d’important pour l’Eglise tout simplement. Je ne sais pas trop comment fonctionne exactement la religion à Shi, mais elle a peut-être juste acheté le bâtiment ? Ca explique sa façon de parler avec des possessifs à la première personne, de ce temple. Et ce comportement n’est peut-être que son attitude naturelle.

D’un coup, je me sens beaucoup moins déboussolée. Ce qui m’a paru naturellement difficile à croire prend finalement beaucoup d’explications plausibles.
Sa remarque sur ma chaine me surprend, par contre. Qui qu’elle soit, elle ne connait pas le règlement de ce temple en tous cas. Ou de l’Eglise en général. Enfin, elle peut tout aussi bien ne pas m’avoir reconnue, ce serait prendre la grosse tête que de me croire célèbre, même un tout petit peu.

« L’Empire n’est pas sûr ces derniers temps. Alors les paladins de chaque dieu que l’Empire reconnait ont le droit de porter leurs armes même à l’intérieur des lieux sacrés jusqu’à nouvel ordre. Même si ce n’est pas très orthodoxe, protéger les lieux de culte et la population qui les fréquentent a paru être une priorité au haut commandement. Je crois que le décret vient du Grand Pope en personne. Elle a toutefois tenu à respecter les coutumes dans la mesure du possible : la raison pour laquelle seuls les paladins peuvent porter une arme apparente en ces lieux, c’est parce que nos armes ont été consacrées par le dieu que nous honorons. »

Techniquement, elle a dit le dieu que nous servons. Mais je n’ai jamais adhéré à cette histoire de servitude. Le pouvoir d’une divinité dépend de la population qui le vénère, le craint, ou lui voue un culte. Mais Inari est différente, ou en tous cas c’est ce que ses écrits laissent penser. Je la vois plutôt comme une grande sœur, sage et puissante, qu’il faut respecter et écouter, plutôt que comme une maitresse impitoyable qui s’impose à la force d’un fouet.

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai éprouvé le besoin d’en expliquer autant à cette personne. Après tout, elle ne s’est toujours pas présentée ni n’a répondu à ma question sur la raison de sa venue ici. Mais c’est un peu comme si parler m’empêche de me laisser subjuguer par sa beauté. Je n’ai jamais été attirée par qui que ce soit, mais je pense pouvoir affirmer que c’est ce genre d’attraction irrésistible qui émane d’elle.

La voilà qui se remet à parler comme si elle est la déesse Inari. Je la regarde fixement. En fait, je suis sceptique mais encore une fois mon peu de possibilités question expression faciale donne simplement l’impression que je la fixe. A nouveau, je ressens une sorte de trouble que j’ai du mal à identifier. Seulement, je n’ai jamais dévié de mon programme, pas plus que des enseignements de Masuro parce qu’ils ne se sont jamais trompés.
Peut-être que je devrais faire semblant et tenter de rentrer dans son jeu. Mais encore une fois, je ne dévie pas de ce qui peut être définit comme des protocoles comportementaux. Mentir ou tromper, jouer la comédie, ce ne sont pas des choses que je sais faire ou que j’ai jamais eu l’intention de faire. Mettre de côté la vérité ou dissimuler mon nom pour me protéger, c’est une chose. C’est un réflexe défensif. Or, je ne me sens pas menacée et je ne vois pas l’utilité de mettre en place ce genre de comportement.
De plus, même si elle est étrange, j’ai toujours l’envie d’avoir de bonnes relations avec toutes les personnes que je croise. Et mes enseignements m’affirment que c’est en mentant qu’on envenime les relations, même si au début ça se passe mieux. Même avec un mauvais départ, les relations finissent par être toujours meilleures quand on est honnêtes dès le départ.

« Je ne comprends pas ce que vous dites. Je ne me suis pas tournée vers vous. Peut-être que les prêtres ont conclu un accord avec vous ? En ce cas je ne suis pas encore au courant : j’ai dû quitter la réunion avec quelques minutes d’avance hier. »

En restant sur des bases rationnelles je lui montre clairement que son jeu n’a aucun sens pour moi, et j’espère la faire réagir sans avoir à mentir ou à la brusquer. Si elle a des preuves de son statut exceptionnel, qui sont plus flagrantes que des oreilles ou sa beauté, je serais peut-être prête à en discuter. En attendant, c’est ce que je viens de dire : je ne comprends tout simplement pas où elle souhaite en venir.

« Je ne veux pas être impolie, mais vous n’avez pas répondu à ma question. Je ne sais toujours pas ce que je peux faire pour vous aider. »

J’ajoute à cette phrase toute en politesse la seule expression que je connais qui me permet d’être avenante : un sourire. C’est artificiel et construit, mais c’est aussi ma seule arme, ma seule expression, dans un dialogue. Enfin, la seule que je maitrise parfaitement en tous cas. Pour le reste, je suis encore en train d’apprendre.
Les questions se bousculent quand même dans ma tête. Quelqu’un qui possède tant d’assurance et qui affirmer être Inari, même indirectement. C’est très curieux. Mais je ne trouve pas de réponse toute faite, et cela va contre les enseignements qu’on ma prodigués. En attendant, mieux vaut tout simplement rester simple et se contenter d’attendre que quelque chose se produise. Considérer cette personne comme quelqu’un de spécial, une sorte d’invité de marque, en attendant de pouvoir statuer sur son identité et sa fonction.
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Jeu 21 Sep - 15:03


J'étais face à un petit soucis, je ne sais pas ce qui se passait mais quelque chose empêchait cette jeune femme de suivre le court de mon mensonge ... Quoi que je n'en étais même pas moi-même certain. Etais-je rouillé à ce point. Certes ça faisait longtemps que je ne m'étais pas prêter à ce jeu avec un humain. J'en avais pas vraiment eu la chance et encore moins l'intérêt d'agir de cette façon avec Sham, ou tout du moins pas pour le moment sans être certain de la façon qui m'assurerait de le berner. Etait-ce Inari qui la protégeait en ces lieux ? Peut-être ... Mais pourquoi ? Ne suis-je pas l'un de ses enfants bordel ! Si elle devait protéger quelqu'un c'était moi et non elle.

Il y avait autre chose, oui autre chose. Son visage était d'une neutralité qui me déconcertait. Mais qui pouvait bien être cette jeune femme ? Voilà ce qui arrive quand on se jette dans la gueule du loup sans rien prévoir. Je jouais sans aucune carte en main et sur un territoire qui m'étais pratiquement inconnu. J'avais passé de longues heures à visiter cet endroit de ma demeure mais je n'y avais jamais vu personne. Après tout ouvrir un portail au milieu de fils d'Onogoro était la chose à éviter. Je n'ose imaginer ce qui pourrait se passer si l'un des deux mondes était au courant de ma capacité de passer de l'un à l'autre comme je le désirais ... Surtout maintenant que je pouvais emprunter mes passages.

Il fallait que je reprenne les choses en main, la situation était occupée de m'échapper et ça c'était hors de question. Comment pouvais-je convaincre cette jeune femme sans voir ma couverture partir en fumée. J'avais cru que revêtir simplement le corps d'une jeune femme aux attributs des miens visibles serait suffisant. Si seulement ça avait pu l'être ... Peut-être aurais-je simplement dû commencer par plus petite échelle, convaincre d'abord des petites gens m'aurait donné un appuis par la suite pour me donner une place confortable. J'étais tombé sur une épine ... Hum, me voilà sur un véritable défi. Berner cette femme d'église.

Elle me donna malgré elle, ou non à savoir, un peu plus d'information. Elle était donc paladin ou tout du moins c'est ce qu'elle laissait entendre vu qu'elle portait une arme. Elle faisait donc partie de la haute hiérarchie de ce lieu. J'avais un gros poisson sous la patte et j'allais avoir du mal à le berner.

Je regardais avec un peu plus d'attention cette chaîne. Inari elle même aurait béni cette arme ? C'était étrange, je voyais mal Inari agire de la sorte ... Mais bon, après tout comment pouvait-elle défendre ses croyants sans leurs donner un minimum d'outil ? Mais ça ne lui ressemblait tout de même pas. Dans tous les cas Onogoro avait bien changé depuis ma dernière visite, à l'époque, jamais personne n'aurait pu entrer dans un temple comme celui-ci avec une arme. Pas d'une divinité non guerrière.

Je gardais le silence face à ces nouvelles informations, un peu peiné de ce que je venais d'apprendre. Pas pour Onogoro, qu'il aille bien ou mal n'avait aucune importance. Il se remettait toujours de ses guerres, à croire que c'était son carburant à lui. Sans les guerres cet endroit ne faisait que stagner. Ce qui me peiné c'était de voir à quoi s'était réduit Inari ... Donner de quoi combattre. C'était vraiment le seul point d'on je ne me serais jamais attendu de sa part. Si tel était son vouloir, pourquoi ne pas avoir fait de ses fils des armes ?

Les queues se trouvant dans mon dos commencèrent une danse calme et paisible, preuve que la situation m’échappai légèrement. Jamais je n'avais réussi à les contrôler totalement dans ce genre de cas. Si l'on me connaissait c'était une façon de voir à travers moi, une bien mauvaise manie. Fort heureusement ça faisait bien trop longtemps que je n'avais pas foulé le sol d'Onogoro pour être connu par ne serais-ce qu'une personne. Il y avait bien une solution pour reprendre l'avantage mais c'était bien trop risqué, me dévoilé sous mon véritable visage ne ferait que lui montrer ma véritable nature. Disons que les Nogitsunes n'étaient pas réputés pour suivre à la lettre Inari. Nous étions bel et bien ses enfants mais en aucun cas ses messagers.

« Les prêtres ? » fis-je faussement surpris, mimant à la perfection l'étonnement « Non, il n'est absolument pas question de prêtres. A vrai dire mise à part vous je n'ai croisé encore personne depuis mon retour. Je me retrouve même un peu déboussolée. » chose qui n'était pas totalement fausse, mais l'avouer avait un but bien précis « Je m'étais attendue à ce que les représentants de ce temple me reconnaissent, surtout de la part d'une paladine. Mais ne vous en faite pas, je ne vous en veux absolument pas. Après tout, ça doit être quelque chose de plutôt difficile à aborder. Prier tant de temps une divinité et en avoir la représentation sous les yeux est quelque chose de totalement différent. »

Impolie ? Non, elle ne l'étais pas, loin de là même. Je sentais à quel point elle prenait des pincettes. Cherchant absolument à ne pas me froisser. Je m'éloignais du basin, profitant de cette marche pour réfléchir durant au moins un instant sur ce renouveau de question. Elle souriait, la seule émotion que j'avais vu sur son visage. Même son regard était d'une neutralité déconcertante. Sans parler de cet aura qui se dégageait d'elle ... Comment pouvait-on donner une telle place à une personne inspirant tout sauf la confiance ? Mais où avaient la tête les hautes instances de ce temple. Comment pouvaient-ils  espérer avoir du monde en ce lieu en plaçant un tel ... monstre ?, oui c'était plus ou moins ça ... à une telle place. Si je ne me trompe pas son but et bel et bien de défendre ce lieu mais également d'être l'un des visages d'Inari ... Depuis quand Inari était si ... Je n'arrivais même pas à trouver les mots pour décrire ce qui se dégageait de cette femme. Même quand mon regard n'était pas posé sur elle je pouvais ressentir cet aura.

En quoi elle pouvait m'aider ? J'avais bien mon idée mais il était hors de question de lui en parler. Peut-être aurais-je dû réfléchir à un but fictif. L'impatience m'avait un peu trop poussé finalement. Je n'avais pas bien prévu mon retour. Voilà qui était bien fâcheux.

« A vrai dire je ne sais pas réellement en quoi vous pouvez m'aider ou tout du moins si vous le pouvez. Je suis venue ici pour voir mon temple de mes propres yeux, l'un de mes temples bien sûr, et me rendre compte de ce qui se déroule sur Onogoro. Pourquoi celui-ci ? Je ne le sais pas réellement moi-même, mais il faut bien commencer par l'un non ? Mais j'avais tout de même dans l'idée de comprendre ce qui déroule dans l'Empire, voir ce qui provoquait tout ce remue ménage. Les Kitsunes m'ont prévenue que de grandes choses avaient débutés en Onogoro tout comme à Chikyuu. C'est deux mondes étroitement lié ont débuté un changement. Ce qui se déroule dans votre monde a une répercutions dans le monde de mes enfants, je ne peux rester les bras croiser tout en sachant que ceux-ci pourraient se retrouver en danger. »

J'étais conscient qu'Inari n'agirait jamais de la sorte, à vrai dire depuis que nous n'étions plus le Sentaatsune elle n'avait plus jamais rien fait pour nous. Ou tout du moins pas que je le sache. De toute façon, ce n'est pas pour les miens qu'elle aurait bougé son postérieur divin. Et dire que tous pensaient que nous lui avions tournés le dos ... Oui un peu mais il n'y avait pas que ça.

« Seriez-vous en mesure d'éclairer ma lanterne ? J'aimerais réellement comprendre ce qui chamboule ces deux mondes et pour cela je dois savoir quel en sont les changements. Bien sûr, je ne suis pas dans un flou totale. Disons juste qu'en cas de guerre ce n'est pas vers moi que l'on se retourne. »

Je faisais maintenant face à cette femme, j'avais du mal à soutenir son regard. Quelque chose me gênait réellement chez elle. Je fis de mon mieux pour ne rien laisser paraître ou tout du moins rien sur mon visage, mes queues elles dansaient toujours. Mais il ne me fut impossible de placarder un doux sourire sur mon visage. Il était même plutôt peint de sévérité, signe que je me concentrais sur ma capacité à soutenir ce calme en la présence de cet aura.
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Mer 27 Sep - 12:25
Cette personne semble être intelligente et avoir toute sa tête. Pourtant quand je lui sous-entends que je ne crois pas à son histoire folle, elle garde son calme et fait comme si elle n’a pas compris. En fait, encore mieux, elle oriente la conversation sur le fait que c’est moi qui manque de foi. Elle ne présente aucun signe de fanatisme … c’est peut-être de la mythomanie ? Enfin, c’est ce que mon esprit se dit. Pourtant, et je ne sais pas trop m’expliquer pourquoi, j’ai quand même un doute. Même si mon cerveau, logique et rationnel, sait très bien que tout ça est une comédie un peu étrange, quelque chose en moi doute de cette conclusion, et se demande si elle ne dit pas tout simplement la vérité. Après tout, qui suis-je pour affirmer que je connais Inari, ou les dieux en général ? Masuro ne les connaissait pas plus que moi d’ailleurs. Donc pour autant que j’en sache, ça peut bien être vrai après tout.
En fait, je suis même à deux doigts de me mettre à la recherche d’une preuve, voir à poser directement quelques questions pour lui donner la chance de me prouver son identité réelle. Seulement, dans le fil de ses paroles qui me perdent et me font aller dans sa direction, quelque chose m’arrête dans mon élan.
Je suis toujours stoïque et inexpressive, mais mes yeux trahissent quand même mon attention. Durant tout son discours, je n’ai pas cillé une seule fois. Mais au moment où elle prononce cette phrase, je bats des paupières, comme si je viens juste de revenir à la réalité.

** Je ne peux pas rester les bras croisés sans rien faire … **

Les guerres qui agitent Onogoro sont légions à travers les époques. Et j’ai vécu suffisamment longtemps, même avec mon passage à vide, pour le comprendre un peu mieux que la moyenne humaine. Si nos mondes sont étroitement liés avec Chikyuu, alors évidemment chacune d’elle a une influence. Même si Chikyuu avait été totalement pacifique : les ninjas sont aux côtés des Kyuchioses au combat. Forcément, combattre les unes contre les autres à Onogoro ne peut faire qu’exciter les tensions. Et donc amener la guerre dans leur monde par transposition. Ce n’est pas la première fois que la guerre fait rage, alors pourquoi maintenant ? Ca n’a pas de vrai sens.

Malgré tout, cette personne n’est pas hostile et a forcément un rapport avec Inari, adepte de longue date ou je ne sais quoi. Je ne suis pas méfiante du tout en fait, je pense même qu’elle m’inspire confiance. Ma seule retenue tient au fait que je n’arrive pas à accrocher à ce qu’elle me dit. Mais d’un autre côté, je ne vois pas non plus pourquoi je ne la considèrerais pas comme une alliée. La seule chose qui me dérange, c’est cette impression impérieuse. Comme si la seule présence de cette personne dans ce temple suffit à lui donner beaucoup de droits. Ce n’est pas l’image que je me fais d’Inari, et justement contrairement à toutes les autres divinités. Peut-être que je me trompe tout simplement ?
Mais comment dire les choses sans être impolie, ni sans froisser mon interlocutrice ? Je ne me vois pas lui dire de but en blanc. Ce serait pris comme une agression verbale, au mieux. Par contre, elle m’a peut-être donné une porte de sortie en fait.

« Vous m’avez demandé pourquoi j’ai choisi de prier Inari … »

Non, je ne me vois définitivement pas parler d’elle à la deuxième personne.

« En fait, je n’ai pas fait de choix, ni ne me suis jamais tournée vers elle en ayant prémédité cela. Vous voyez, il existe beaucoup de dieux dont le culte exige la vénération, le dévouement aveugle. Ce n’est pas ce que je recherche ici, et même pas du tout. Je vois les divinités comme des êtres très puissants, capables de faire des choses incroyables. Créer la vie, commander aux forces de la nature, guider les âmes vers la mort … Mais pour autant, je ne pense pas que ça mérite la foi aveugle. Mais j’ai eu l’occasion de goûter à la difficulté que peuvent avoir les hommes pour subsister. A la nécessité d’une terre fertile. Inari est une déesse nourricière :  parfois lorsque la terre est sèche, elle nous envoie la pluie pour l’hydrater. Parfois, dans une terre qui possède peu de nutriments, quelque chose tout de même. C’est une forme de miracle que je lui attribue également. Les averses des saisons chaudes, comme les éclaircies des saisons plus froides. Lorsque je prie Inari, je ne lui témoigne pas ma foi aveugle et mon obéissance éternelle. Pas plus lorsque je lui fais une offrande. Ce que je fais, c’est la remercier, tout simplement. Parce qu’elle m’a tendu la main et m’a apporté son aide à un moment où je ne connaissais même pas son nom. Je serais une bien piètre personne, si je ne me montrais pas reconnaissante, ni ne défendait son nom quand quelqu’un l’offense. »

Quel objectif peut avoir une histoire comme celle-là ? Affirmer ma personnalité auprès de cette personne. Elle a quelque chose de particulier, aussi bien dans son physique que dans son aura. Je sens émaner cette chose. Ce n’est pas que du charisme, elle semble presque venir d’un autre monde. Et pour autant que j’en sache, ça peut très bien être le monde où se trouvent les dieux, à supposer qu’un tel monde existe. Je crois fermement désormais, que je suis face à quelque de spécial qui a un lien avec Inari très fort. Par exemple, une ferveur, ou peut-être une élue ? Je ne sais pas trop, mais en tous cas je n’arrive toujours pas à songer à Inari elle-même. Après tout si une déesse intervient directement, alors d’autres peuvent le faire. Si d’autres peuvent le faire, en particulier les dieux plus impulsifs, alors pourquoi ne le font-ils pas ? Notre monde serait détruit depuis bien longtemps si les divinités s’en étaient mêlées. Rien que ça, ça ne colle pas. Pourtant, une envoyée d’Inari … Après tout, le profil correspond plutôt bien. Je ne peux pas totalement rejeter cette possibilité.

« Pour ce qui se passe dans ce monde ... Une guerre, tout simplement. Il y en a eu des centaines depuis que l’homme peuple ces terres. Personne ne meurt sur Onogoro sans en avoir connu au moins une. Ce n’est ni la première fois ni la dernière fois, malheureusement. Si vous parlez d’un changement plus profond, je ne sais pas vraiment. Même si la violence semble avoir une place prépondérante ces dernières semaines, je n’ai pas l’impression que ce soit un changement. L’homme est violent, c'est tout. »

J’imagine que ce n’est pas vraiment sa question. Mais j’essaie de la considérer comme une personne venant d’un autre monde et envoyée par Inari elle-même actuellement. Même si ça me parait bizarre de pouvoir commander aux forces de la nature, sans pouvoir même savoir ce qui se passe ici.

« Ce qui est pour moi un changement, ce n’est justement pas la guerre. C’est la formation de l’Empire, et son extension. Je ne suis évidemment pas assez vieille pour tout savoir de l’histoire de mon propre monde. Mais je ne crois pas qu’il ait déjà existé une si grande nation, ou en tous cas pas une unification par les armes, mais dans un but pacifiste. Parce quoi qu’on pense des méthodes employées par l’Empire, je pense vraiment que c’est ce but auquel il aspire. »

Ce n’est pas vraiment du baratin. Si réellement elle ne peut pas savoir ce qui se passe et qu’elle n’est pas venue sur Onogoro depuis des années, comme elle le dit, alors ce sera forcément ce genre de choses qu’elle veut savoir non ?

« Enfin, c’est mon ressentiment. Evidemment, il est justifié de penser que je me trompe. Mais avec ce que je sais, en tous cas, cette guerre peut sembler particulière parce que c’est une guerre civile, et qu’elle contient de fait beaucoup de charges émotionnelles. Mais en soi, je ne sais pas si elle nécessite autant votre attention ou si elle a plus rapport que d’habitude avec Chikyuu. »

En cas de guerre on ne fait pas appel à elle … Effectivement, ça ne me viendrait pas à l’esprit de le faire. De fait, qu’elle arrive maintenant me parait encore plus inadapté.
Je suis en train de regretter mon choix d’accepter cette condition de paladin en tous cas. J’ai évidemment imaginé avoir plus de choses à faire et des responsabilités à endosser. Mais je n’ai clairement pas songé me retrouver dans une situation aussi étrange. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement sociable. Gérer une rencontre inhabituelle me demande de focaliser tout mon sang-froid dessus et me met très mal à l’aise.

« Je ne sais rien de ce qui se passe à Chikyuu mais ... C'est peut-être simplement qu'à force de côtoyer les habitants d'Onogoro, ils ont été contaminés par la violence de l'espèce humaine ? »
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Lun 2 Oct - 16:26


Ma petite manigance ne prenait absolument pas avec cette jeune femme, heureusement j'avais plus d'une carte en main, j'avais de quoi rebondir sans grande difficulté. Jouer avec les détails qu'elle m'offrait tout en ne tuant pas ma couverture actuelle. Si elle ne me crois pas quand je lui dis être Inari elle pourra peut-être me croire sur un autre point. J'avais compris que j'avais besoin de la jouer fine avec mais surtout que le temps avait rouillé ma capacité de me jouer des gens. C'était très ennuyant mais elle allait revenir, ça ne faisait aucun doute, il ne me manquait qu'un peu de pratique.

Je n'étais peut-être pas Inari mais je n'en restais pas moins son fils, une personne qui avait été très proche d'elle à une époque. C'est pour ça que j'écoutais la jeune femme avec une attention toute particulière. Elle touchait les points justes, les points qui plaisaient à ma mère. Elle n'aimait pas être priée aveuglément, bien au contraire elle aimait qu'il y ai une raison. Oui chaque divinité tirait son pouvoir du nombres de personnes croyants en elle mais Inari ne faisait tout de même pas la chasse à ceux-ci. Peut-être simplement car qu'importe la période, tous se devaient de se nourrir, tous dépendaient des récoltes. Il y avait bien sûr beaucoup moins de priants que jadis mais ils étaient tout de même suffisamment nombreux pour lui offrir les cartes d'on elle avait besoin. Contrairement à une divinité qui n'avait pour visage que la guerre, quand son domaine est la moisson et le foyer les prières affluaient de tous les côtés.

Cette jeune femme avait une vision bien plaisante de la façon d'on elle rendait hommage à Inari, une façon personnelle avec une sorte de confiance et de reconnaissance. Alors qu'elle parlait je m'attardais un peu plus sur son physique, comme toujours quand je me retrouve face à une personne dirigeant ses prières vers ma mère je commençais par les mains. Elles étaient bel et bien calleuses, était-ce dû à la culture ou simplement au maniement de cette arme ? J'en avais aucune idée mais je penchais pour un mélange des deux. Après tout rare étaient les priants d'Inari qui ne trempaient pas leurs mains dans la terre. Il était également possible qu'elle ne l'ai jamais fait, après tout elle habitait la capitale de cet Empire et avait une place plutôt avantageuse dans l'église. Rien ne disait qu'encore aujourd'hui il fallait mettre la main à la patte pour monter en grade. Je continuais à l’observer pendant qu'elle m'expliquait ce qui se passé sur Onogoro. Elle avait raison en un point, encore jamais aucune nation n'avait réussie à placer différents territoires sous une même bannière de pacifisme. Etait-ce seulement le cas ? Je le pense bien, c'est en tout cas ce que mes fils m'avaient rapportés de leurs voyages en ces lieux. Ce monde avait bien changé.

Mais comme les humais l'avaient toujours démontré, ils finissaient par se lasser de rester installé sur une chaise, ne pas mettre à profit leurs forces. Ils cherchaient toujours à se faire entendre à coup de poing et non par les paroles. A croire que vivre dans le sang et la violence est quelques choses qui fait partie de leur nature.

J'étais resté silencieux et sérieux durant qu'elle parlait, jusqu'à ce qu'elle soulève une question pertinente. Je ne pu m'empêcher de laisser échapper la surprise. Est-ce que les Hommes avaient fini par contaminé les Kyuochioses ? C'était une question qui avait sa raison d'exister ... C'est ce point qui me redonna l'envie de parler. Pas que je n'avais rien à dire sur tout ce qu'elle venait de m'expliquer ou de me dire mais ça c'était quelque chose qui me tenait à coeur.

« Je ne saurais pas réellement te dire si vous les Humains avaient pu déteindre sur les Kyuochioses et sur mes enfants par la même occasion. J'aimerais dire que non mais ce serait certainement mentir, tout comme l'inverse. Si l'un peut déteindre l'autre le peut également. » je passais derrière une colonne avant de réapparaître « Je suppose que tout dépend de l'entente qu'il peut y avoir entre un Humains et les Kyuochises avec qui il s'est lié. C'est là que j'aimerais dire qu'il est impossible que la violence de l'espèce humaine se soit retrouvée dans la nature de certaines familles. Après tout, vous vous liez avec des Kyuochioses par intérêt et entente commune. Une personne qui n'est pas violente ne sera pas avec une famille qui prône cette façon de faire. Tout comme une famille pacifique ne se liera pas avec une personne violente. Mais c'est là que je ne peux que te donner raison par rapport au fait que l'un peut déteindre sur l'autre. Parfois certains points sont pratiquement identique mais pas toujours. Une famille qui répond par les coups mais ne fait que répondre pourrait se retrouver dans une forme plus violente en fréquentant un humain de cette sorte. Le sujet est complexe je dois te l'avouer, et il est plus dans un cas par cas que dans une généralité. »

Je me faufilais une nouvelle fois derrière une colonne mais cette fois-ci je n'en ressorti pas immédiatement.

« J'aime cette façon d'on tu décris ton intérêt pour ma mère. » je venais bel et bien de lui avouer que je n'étais pas Inari comme je l'avais laissé entendre jusque là, il ne servait plus à rien de tenter de jouer le jeu vu qu'elle refusait d'y croire « C'est de cette façon qu'elle aime être suivie, une façon intelligente et non aveugle. » je ressortais de la colonne, abordant le physique d'une vieille dame, toujours accompagné des attributs Kitsnues « Tu dis que la guerre n'est pas nouvelle et tu as totalement raison sur ce point, cependant normalement seul les personnes comme toi la pratique. Et apparemment ce n'est pas le cas aujourd'hui, tu me dis que c'est une guerre civile. C'est là la chose rare, le peuple normalement ne participe pas, il est même pas souvent la cible. Vous les Humains, vous faites la guerre entrer guerrier. Oui, il y a toujours des morts qui ne devraient pas l'être. Mais là tu sembles me dire que c'est pire que ça. »

Je me déplaçais faussement difficilement vers une nouvelle colonne d'on je ressorti sous les traits d'un jeune garçon. Plus vifs dans mes mouvements, mon déplacement et mon débit de parle.

« Je suis désolé de t'avoir menti. Je voulais simplement te jauger, voir la façon d'on tu réagis face à une telle information. Mais je suis bel et bien lié à Inari comme je te l'ai dit, c'est ma mère. » je plantais mon regard pétillant dans le sien « Je te demande d'accepter mes excuses les plus sincères et te remercie de l'importance que tu portes à ma mère. »

Tout en parlant je laissais aller mes queues à leurs bon vouloir. Insister sur mes atouts Kitsunes pourraient peut-être la convaincre un peu plus. Après tout, vu tous mes changements elle pouvait tout aussi bien penser que je n'étais qu'un vil menteur. Je fis un nouveau changement physique en passant une nouvelle fois derrière une colonne ressortant cette fois sous les traits d'un jeune homme. J'étais plus à l'aise dans la peau d'une personne comme celle-ci. Proche de ma forme préférée mais pas totalement non plus. Je me penchais devant la paladine.



« Maintenant que tu as passé le teste avec brio je peux me présenter de façon officielle. Mon nom est Wakai, fils d'Inari. » je lui tendis une main griffue, sourire aux lèvres « Si je suis ici aujourd'hui c'est pour tenter de développer un peu plus la portée des priants de ma mère. Cette nouvelle religion a pris le pas sur pas mal d'autres divinités. Celles-ci sont affiliées en quelque sorte à l'Empire qui en a fait l'une de ses briques fondatrices. Que dirais-tu de m'aider dans cette mission ? »

Je ne mentais pas, ce n'était pas la réelle raison de ma venue mais agrandir le cercle de priants d'Inari était un point qui pouvait réellement être utile. Rendre la puissance qui avait été à ma mère était une façon pour moi de m'assurer de la sécurité des miens. Si mère était plus forte, sa protection envers nous le sera un peu plus. Pourquoi m'en soucier qu'aujourd'hui ? Après tout, elle n'en avait que faire des Nogitsunes, mais maintenant que Sham pouvait nous rendre notre forme de Sentaatsune il était intéressant de rentrer à nouveau dans ses petits papiers.

« Toi qui a réussi le teste que j'ai mis en place pour toi. Que dirais-tu de porter la marque de ma mère ? Elle ne pourrait être que bénéfique pour toi. »
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Mer 4 Oct - 20:41
J’épie le manège de la femme-renard avec une sorte de malaise croissant. Elle s’amuse avec l’obscurité et la lumière, profitant des piliers pour apparaître, souvent seulement à moitié, puis se dérober à ma vue. D’où me vient ce sentiment d’oppression ? Ce n’est pas comme le rapport entre un prédateur et sa proie. Ce n’est pas non plus comme si je suis un pantin, et elle le marionnettiste. C’est plus comme si elle joue, et que moi je suis le jouet. Mais pas un jouet transparent. Plutôt comme un puzzle. Oui, c’est cela que je ressens. Je suis un puzzle, et elle est en train d’assembler les pièces une à une. Si je me sens sous pression, c’est parce que je sais pertinemment que je ne suis pas un puzzle complexe, ni possédant beaucoup de pièces. La seule difficulté pour me résoudre, c’est que les pièces ne sont pas toutes dans la boite. Mais une fois qu’on en a trouvé une, on les a presque toutes trouvées. Il suffit de suivre la piste, et c’est aussi simple que de suivre des empreintes de pas profondément ancrées dans la boue d’un lendemain d’orage.

Sans le vouloir, par pur réflexe, je détourne le regard quand elle m’apostrophe. ‘Vous les humains’. C’est paradoxal, parce que c’est sous ce terme que j’aspire à être nommée et reconnue. Je désire ardemment qu’on me voit comme une humaine. Pourtant, je n’arrive pas à m’y reconnaitre malgré tous mes efforts. Dès qu’on utilise ce genre de terme pour me désigner, ou m’inclure dans un groupe, j’ai tendance à fuir du regard. C’est ma transcription du malaise que me procure cette dénomination. Et même si mon expression et mon corps ont de faibles habitudes en termes de réactions à mes émotions, ce mouvement-là, je l’ai imprimé involontairement tout au long de mon existence. Je ne peux ni travailler à l’effacer, ni même à le modifier. Il est profondément ancré dans mon mode de fonctionnement. Un peu comme un programme intempestif qui ne veut pas s’en aller. Et je n’ai rien pour le détruire en ma possession. Il est né de ma honte, mais aussi de la rancœur que j’enfouie en tentant à tout prix de la réprimer pour ne pas céder à la colère, pour ne pas laisser le doute me dominer.
Enfin, tout cela, je n’en ai que vaguement conscience. Mais je réalise quand même très vite que mes yeux ne sont plus au bon endroit, à tenter de percer l’obscurité, et je me reprends.

Les paroles de mon interlocutrice me laissent songeuse, par contre. Cette guerre est-elle réellement exceptionnelle ? C’est vrai que ses arguments se tiennent. Les civils blessés, et même ciblés. Cet argument-là, en particulier, sonne très juste. Je n’ai pas connu des centaines de guerres non plus, même s’il y en a eu beaucoup. Mais je me souviens d’une ou deux, et effectivement elles ont été telles qu’elle vient de les décrire. Guerriers contre guerriers. Armée contre armée. Les dégâts collatéraux étaient une chose … Mais pas une attaque volontaire.

« De ce point de vue on pourrait dire que ce n’est pas une guerre, en fait, à laquelle nous faisons actuellement face. Ceux qui savent manier les armes et attaquent les civils qui ne le savent pas pour affaiblir la nation ennemie … Ce ne sont pas des guerriers, mais des criminels. Des bandits. Ou plus exactement vu la nature de l’ennemi actuel, des terroristes. Une guerre est le domaine des guerriers. C’est sanglant, c’est révoltant, mais il y a quelque chose d’honorable dans un affrontement entre deux guerriers. Ca me fait penser au Bushido du pays du fer, qui est un peu la retranscription de ce sentiment d’injustice lorsque la population est touchée lors d’une guerre. Selon cette croyance, quand un guerrier tue un civil, il doit se suicider sur sa propre lame pour racheter sa faute. Je ne sais pas s’ils suivent encore cette pratique, mais j’en ai entendu parler. C’est une bonne illustration de ce que devrait être la guerre. »

Je me tais quelques secondes, après avoir parlé ou plutôt réfléchi à voix haute, et je comprends que je suis juste en train d'étayer son point de vue. Je finis par conclure, me ralliant à l’avis de la femme-renard :

« Vous avez raison. Nous sommes face à une situation dramatique. Il y a eu des limites de franchies qui sont contraires aux fondements mêmes d’Onogoro. C’est une guerre pour exterminer, et non pas une guerre d’idéaux ou de territoires, des guerres qui pourraient être pardonnées. »

En même temps, même si je tombe finalement d’accord avec elle, elle semble en savoir presque autant que moi sur ce qu’il se passe ici, après tout. Ce qui rend sa présence et son jeu encore plus étranges.

Je suis réellement surprise quand c’est un jeune homme qui sort de l’ombre. Métamorphose ? Non, c’est plutôt l’annulation d’une métamorphose. Il me parle de test, se présente comme le fils d’Inari. Je reste stoïque quelques instants. Si j’avais pu j’aurais froncé les sourcils et fait une moue étonnée, mais au lieu de cela je reste simplement de marbre, et mon étonnement ne se retranscrit pas physiquement. Enfin, mis à part dans mon immobilité qui peut être rattachée à de l’hésitation. Mais ce jeu auquel je pense participer malgré moi … Cette attitude … Et cette aura étrange … Maintenant qu’il me le formule ainsi, la sensation d’être épiée par un renard est très tactile. Un renard, ou plutôt un Kitsune … Les queues dans son dos, cette manie de mettre des oreilles sur toutes ses apparences. Je crois fermement que les dieux ne se mêlent jamais des affaires des mortels. Mais maintenant, il se présente comme un mortel. Descendant d’une divinité,  certes, mais mortel. Et cette fois, j’arrive à le croire réellement. Est-ce parce que son discours m’a convaincue sur un point que je cède plus facilement à ce second point ? Peut-être. Mais je reste persuadée que c’est aussi parce que cette fois, tout semble coïncider, être cohérent.

La seule chose qui me laisse perplexe, c’est cette histoire de test et de l’aider dans son entreprise. Augmenter le nombre de priants. L’obscurité n’aide pas, évidemment. Même si je le vois grâce aux torches, le jour n’est toujours pas levé et j’ai encore du mal à distinguer clairement tous les contours de sa silhouette. Et les couleurs, aussi.

La main tendue vers moi me fait légèrement sursauter. Ce geste … Sans le vouloir, sans doute, il vient de faire un geste que peu de personnes ont fait pour moi. Je sais bien que tous ceux qui l’ont fait, à part une, sont des personnes qui ne savent pas qui je suis réellement. Ce que je suis, plutôt. Mais même comme ça, c’est un geste d’amitié, non ? Je n’en ai jamais eu beaucoup pour éprouver cette théorie, donc je ne sais pas vraiment bien … Je me souviens que quelqu’un m’a dit une fois qu’il n’a pas la même signification pour tout le monde. Mais pour moi il a une signification très forte, parce qu’il est rare, et parce que mes amis se comptent sur les doigts d’une seule main. Et encore, il reste des doigts de libres …
Je serre la main tendue, mais sans soutenir le regard de Wakai.

« Akane. C'est ... Mon nom. »

Comme je regarde ailleurs, je croise le sablier qui est sur le mur opposé. Déjà cette heure ? Je n’ai pas vraiment vu les minutes s’égrainer. Et entre tout ça, voilà que le fils d’Inari me propose de l’aider à renforcer l’influence de l’Eglise de la déesse des moissons … Je lâche sa main tout en soupesant la proposition. Evidemment, j’ai envie de me montrer reconnaissant envers Inari. Mais d’un autre côté, à quoi peut bien servir la puissance pour une déesse comme elle ? Comme Wakai l’avait si bien dit, c’était une déesse qui n’a jamais demandé beaucoup plus que de la reconnaissance, et quelques offrandes, en échange de ses bienfaits. C’est pour cela qu’elle est pour moi la déesse possédant la plus grande compassion, et le plus  d’amour, parmi les divinités que l’on connait. Beaucoup clament que leurs divinités sont au service du bien, mais chacune y trouve son intérêt. Ce désintérêt, cette gentillesse simple et dénuée de mauvaises intentions … C’est ça qui m’attire chez Inari. Alors renforcer sa puissance en multipliant ses croyants, c’est peut-être une bonne chose mais … Mais finalement, si l’Eglise prend de l’influence et devient capable de participer activement aux choix dans le monde, ce ne serait pas une sorte de dénaturation de ce qui fait que j’aime ce culte ?

Histoire de gagner du temps, j’indique simplement du doigt la porte arrière, pour faire signe à Wakai de me suivre dehors. Les jardins du temple. Ils ne sont pas immenses, mais les entretenir est l’une des tâches qui m’incombaient avant de devenir paladine. J’ai demandé explicitement à continuer de m’en occuper malgré ma nouvelle situation. Si je ne peux pas mettre les mains dans la terre, je ne me sens plus moi-même.
Je ressens quelque chose de diffus et que je n’arrive pas à identifier. Je le réalise en croisant à nouveau Wakai du regard. Ce n’est pas un sentiment positif, par contre. Si je me suis toujours senti aussi bien dans un temple d’Inari, à prier cette femme que je voyais comme la femme la plus gentille au monde. Comme une femme protectrice, chaleureuse … Eh bien, c’est peut-être parce que c’est la définition d’une mère. Une mère  que je n’ai pas pu avoir. Et que je ne serais jamais. C’est réconfortant de l’imaginer comme ça.
C’est de la jalousie ? L’idée m’effleure, mais je la réprime. Quelqu’un comme moi n’a pas le droit d’être jalouse.

Tout en parcourant les allées du jardin, pour vérifier que chaque plante se développe correctement, je me décide enfin à parler.

« Normalement j’aurais refusé une telle démarche. Même si je vous crois, enfin au moins je crois que je vous crois, quand vous dites être le fils d’Inari, ce n’est pas la question. J’ai envie de montrer ma reconnaissance envers Inari mais … Je ne suis pas sûre qu’en lui donnant de la puissance, ce soit le meilleur moyen de le faire. En fait, je suis même plutôt persuadée que c’est une mauvaise chose. »

Je caresse délicatement les feuilles d’un début de citronnier. Un petit arbuste qui n’a à peine que quelques années, encore.

« Mais quand je vois ce que les autres églises font au nom de leurs dieux, je me dis que ce n’est peut-être pas une mauvaise idée. Le monde n’a pas besoin de cultes solitaires, qui tentent de détruire les autres divinités pour s’imposer au-devant d’elle. Il a besoin d’une divinité protectrice, pleine de bonté et de vie. Certainement pas de mort et de destruction. Alors je pense toujours que c’est une mauvaise solution de combattre le feu par le feu mais … S’il y a guerre de religion, ou d’influence, alors je préfère autant que ce soit une divinité comme Inari qui l’emporte. »

« Par contre pour la marque je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée. Je serais honorée et heureuse de porter plus en avant les couleurs d’une déesse que j’admire autant. Mais je préfèrerais autant en être réellement digne. Jusqu’ici, je n’ai montré que ma fidélité. J’aimerais … Enfin, j’ai d’autres choses à lui prouver et à me prouver, avant de pouvoir accepter dignement une récompense aussi importante. J'aurais trop l'impression de l'usurper.  »


Je lève mes chaines, légèrement, sans les détacher, simplement pour les montrer.

« Mes chaines ont été reforgées sur l’autel d’Inari. Je crois que pour le moment, c’est un peu ma marque à moi … Une sorte de marque intermédiaire, mais je ne mérite pas encore mieux que cela. »

Je ne saisis pas bien ce qu’est cette marque par contre. Il parle des oreilles ? J’ai envie de lui poser la question, mais inexplicablement, elle reste bloquée dans ma gorge et je me retiens. Ce n’est pas vraiment par timidité. Juste que je ne sais pas vraiment grand-chose des hommes-renards, ni de comment me comporter en leur présence.

« Je tiens cependant à vous avertir. Si j’ai obtenu cette position, ce n’est pas par ancienneté dans l’Eglise elle-même. C’est juste que j’ai cette amulette autour du cou et que j’ai sauvé des gens lors de la catastrophe en la portant … Disons que l’Eglise y a vu une opportunité plutôt qu’une réelle envie de me confier des responsabilités. Par le fait, comme nous n’avons aucune évêque, je suis censée diriger cette Eglise, mais je ne le fais pas. Pas vraiment. Je n’ai ni les compétences ni les appuis pour le faire convenablement. Alors je pense que si vous voulez vraiment faire grandir cette église, le mieux serait d’en prendre la tête vous-même. Ou encore de parler aux prêtres … »

Je me demande si c’est une bonne idée. Etant donné la teneur du test, c’est probable que les prêtres ne lui plaisent pas. D’un autre côté, je n’aime ni ne sais pas mentir. Et je sais qu’il n’est pas violent, puisqu’il est un enfant d’Inari. Et autant ne pas lui dissimuler l’état actuel de l’Eglise d’Inari, même si j’en ai un peu honte. Après tout, je viens d’arriver ici, et je n’ai encore rien eu le temps de faire, si ce n’est redonner de la couleur aux jardins.
J’attrape quelques fraises au milieu des fourrées, et j’en tends la moitié à l’homme-renard.

« Vous en voulez ? »

« Je suis désolée, je n’aime pas être indiscrète mais … Je connais la façon dont les humains prient la déesse Inari. Chacune des prières. Le rituel de la pluie. Celui de la fertilité de la terre. La bénédiction accordée à une femme enceinte. Je connais aussi l’histoire de chacune des douze réincarnations d’Inari. Mais … Je ne me considère pas comme savante en la matière pour autant. Je ne connais que l’aspect humain de son histoire. Si vous êtes le fils d’Inari, ça signifie que vous êtes … Comment dois-je dire ? Un renard ? Un Kitsune ? Un autre terme ? Je suis navrée si c’est maladroit, c’est juste que les légendes à votre sujet sont bien plus floues qu’on pourrait le croire. Ce que j’essaie de vous dire c’est que je sais extrêmement peu de choses des enfants d’Inari. »


Quel besoin ais-je de dire cela ? Je m’apprête à lui demander s’il peut m’en dire plus, en fait. Seulement, comme je viens de lui dire, mon courage face à ma propre indiscrétion s’arrête à exprimer ce que j’ai envie de dire. Poser des questions, c’est peut-être encore un peu de trop pour le moment. Est-ce que j'ai tout simplement encore des doutes sur ce qu'il dit ? Oui c'est bien possible aussi.
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Sam 7 Oct - 16:41


Impossible de louper son regard fuyant, restait-il à savoir pourquoi elle avait agit de la sorte. Trop rapide pour avoir été maîtrisé, non c'était plutôt quelque chose de viscérale, quelque chose qu'elle ne pouvait contrôler. C'était très étrange comme attitude. Qu'avais-je bien pu dire pour qu'elle agisse de la sorte ? J'en avais tout bonnement aucune idée mais je me devais de garder cette information dans un coin de ma tête, retenir ce que j'avais dit mot pour mot et les tester un par un par la suite. J'étais curieux de découvrir la source de cet malaise mais il ne servait à rien de se presser. Attendre le bon moment, il n'y avait que ça de vrai. Je récupérais petit-à-petit mes capacités de manipulations, voilà ce qui se passait quand on ne fréquentait plus les humains depuis autant de temps. Il m'était devenu difficile de comprendre comment ils fonctionnaient, difficile de les cerner comme je pouvais le faire auparavant.

Je ne pu m'empêcher de rire gentiment aux paroles qu'elle tenait sur la guerre. Comment pouvait-on penser de telles absurdités ? Depuis quand frapper était un acte d'honneur ? C'est les Humains qui avaient décidé de le placer sous ce piédestal. Comment pouvait-on être aussi stupide ? Je repris mon sérieux bien que je ne l'avais pas réellement perdu, ce n'était qu'un petit rire rien de plus.

« Un acte honorable ? On aura tout entendu. Depuis quand tuer est devenu une telle chose ? Est-ce que l'Humain c'est autant perdu pour penser que la guerre et l'honneur sont deux choses comparables ? Il n'y a que vous les Humains pour trouver une une telle chose dans la violence. C'est totalement absurde ! Le Bushido ? Une belle façade, totalement stupide basée sur un honneur bien trop prononcé. Pour reprendre ton exemple un guerrier se donne la mort s'il tue un civile. Mais où est l'intérêt ? Est-ce que ce civile reviendra à la vie, au-près des siens avec un tel acte ? Non, il s'agit de priver encore plus de personnes de la présence d'un être proche. Le Pays du Fer n'a fait que donner une semblant de code de conduite, qui a plus d'une fois été bafoué ou faillit d'ailleurs. Tu parles de terroristes, c'est ce que chaque guerrier comme tu le dis est. Il n'y a pas de bonne illustration de ce que devrait être une guerre, la guerre est un acte stupide poussé par la vanité de certaine personne, par intérêt et par plaisir parfois. La guerre n'est qu'un camouflage d'assassinats pure et simple. Pourquoi tuer quelqu'un en temps de guerre n'est pas un crime alors qu'il l'est quand ça ne l'est pas ? Qu'est-ce qui justifie le droit d'ôter une vie durant une période sombre ? Pourquoi une nation aurait le droit de causer des morts de civiles alors que quand c'est en dehors d'une guerre on crie immédiatement au terrorisme ? Oui, c'est une guerre civile mais en quoi est-ce qu'elle serait plus cruelle qu'une autre ? Comme je te l'ai dit les civiles ne sont normalement pas la cible mais il y en a toujours qui meurent. Pourquoi là c'est directement un acte beaucoup plus odieux ? Crois-tu réellement qu'épargner le peuple pour le rendre esclave est une issue plus honorable ? »

Je dois l'avouer que je m'emportais, mais je ne pouvais pas cautionner que l'on trouve quelque chose d’honorable dans ces actes de barbarie. Est-ce que ça m'impactais de savoir que des innocents étaient morts ? A vrai dire j'en avais que faire, je ne les connaissais pas et ne les connaîtrais jamais. En quoi la disparition d'un inconnu devait me toucher ?

« Je suis navré de te répondre de la sorte et même désolé, je m'emporte parfois un peu. Mais je ne peux comprendre en quoi une guerre peut donner cette impression. En quoi le fait d'ôter des vies est un acte honorable ? Ce qui est honorable est de régler un conflit par la diplomatie. Je suis totalement conscient que ce n'est pas toujours chose aisée ou possible. Parfois la violence a sa raison d'être mais jamais au grand jamais elle ne pourrait être qualifiée d'honorable. »

Parler m'avait permis de reprendre mon calme. Le sang de Kitsune ... Un sang qui pouvait vous faire sortir de vos gonds en très peu de temps. J'avais beau avoir un sang froid hors norme il n'était d'aucun secours face à certain sujet qui me tenaient à coeur. Mélanger l’honneur et la guerre ... J'aurais tout entendu. Je lui fis le plus doux de mes sourires afin de tenter de la rassurer, lui montrer que je ne lui en voulais pas. M'être comporté de la sorte n'était pas l'idéale pour ce que je voulais mettre en place. Qu'importe, j'allais devoir rebondir sur cet acte. Je n'avais plus le choix de toute façon, il avait été posé et quoi que je fasse il y restera.

Elle se nommait donc Akane, au moins maintenant je savais à qui j'avais affaire. Connaître le prénom d'une personne était quelque chose d'important à mes yeux. C'était quelque part connaître un peu mieux sa personnalité. Quand les présentations se faisaient, il n'y avait plus d'inconnu, un cap était franchi et une confiance pouvait commencer à naître. Il était bien plus facile de croire un visage muni d'un nom qu'un simple visage.

Je la suivais dans le jardin du temple, je reconnaissais bien là les biens fait de ma mère. Les plantes y étaient resplendissantes, tout comme les fleurs. Quoi de plus normale ? Si une terre devait être fertile c'était bien celle du temple ... Quoi que la connaissant elle serait capable de se désintéresser de celui-ci pour un nouveau champ. Il était parfois difficile de cerner les agissement de mère ... Ce n'était pas réellement ça, c'était plutôt difficile de les comprendre d'un point de vue manipulateur. Rendre son temple plus beau était un signe de croissance qui plairait au peuple. Pourquoi ne pas se pencher sur ce sujet ? Simplement parce qu'elle n'en avait rien à faire. Préférant assurer nourriture et fertilité en premier lieu.

Akane ne semblait pas réellement me suivre sur le sujet de développer l'église de ma mère, elle était même plutôt réticente dans un premier temps. Pourquoi refuse de donner plus d'importance à la divinité que l'on suit ? C'était un peu stupide à mes yeux ... Maintenant qu'elle expliquait le pourquoi elle ne voulait pas je comprenais mieux, elle avait mal interprété mes dires. Jamais je n'avais parlé de guerre de religion, ni de mettre celle d'Inari à la tête en cas de victoire. Chose qui à mon avis aurait été bien stupide. Elle alla jusqu'à refuser la marque ... Qu'importe.

« Je crois que l'on s'est mal compris Akane. Je ne te demande pas de mener une guerre entre religion. Quoi qu'il arrive jamais Inari ne pourra être mêlée à une telle chose. Je te parle simplement de constat. Il n'est pas question de combattre le feu par le feu, ni même de combattre tout court. Depuis quand les Humains sont-ils devenus aussi fermé d'esprit pour penser à une seule divinité ? Vous ne pouvez pas vous pencher sur une seule, chacune a ses domaines de prédilection. Rien n'interdit de se tourner vers ma mère pour posséder une bonne récole et vers Ryujin pour que la pêche soit bonne. Prier une divinité ne doit pas vous empêcher d'en prier une autre. Bien au contraire. Chacune a une place bien spécifique dans l'équilibre. Ce que je veux simplement te dire c'est que les priants d'Inari sont de moins en moins nombreux. Si une telle chose continue, un jour ou l'autre mère sera oubliée et passera aux oubliettes comme bien des dieux avant elle. »

Et par la même occasion nous perdrons notre place si confortable et certaine de nos capacités offertes directement par mère. Si jamais elle venait à être oubliée, nous serions très certainement dans le même cas.

Me placer à la tête de cette église ? Voilà une idée bien alléchante mais qui irait bien trop vite pour moi.

« Ce ne serait pas ma place de me trouver au sommet de cette hiérarchie religieuse. Je ne suis pas destiné à une telle place, ce sont vos postes à vous. Je suis l'un des enfants d'Inari et je ne suis qu'un humble représentant de ma mère. Jamais je ne pourrais prétendre à une telle place ou encore à celle que tu possèdes aujourd'hui. Le fait d'être l'un de ses fils me ferme ces portes. Mais ce n'est pas une mauvaise chose, c'est à vous de représenter ma mère sur Onogoro et non à moi.

Penses-tu réellement que la place que l'on obtient est une question d'ancienneté ? Ne crois-tu pas que les divinités ont en quelque sorte leur mot à dire indirectement sur un tel choix ? Si tu es paladine aujourd'hui c'est peut-être grâce à cette amulette d'on tu parle et d'un acte héroïque. Mais pas seulement. Serais-tu à cette place si tu ne t'étais pas aussi bien tournée vers ma mère ? Penses-tu que n'importe qui aurait pu avoir cette place ? Personnellement je ne le crois pas, la façon d'on tu en parles est pleine de compassion et d'admiration. Les prêtes comme tu dis ne l'on pas toujours, je ne les ai pas encore rencontré et je ne sais même pas si je le désire. J'ai trouvé en toi la personne que je recherchais. »


Etait-ce un mensonge ? En partie, mais il y avait tout de même une part de vérité. Akane n'était peut-être pas la personne qui inspirait la confiance mais sa place lui permettait d'agir sans avoir à rendre de compte à une personne. Vu qu'elle était pour l'instant la personne la plus haute hiérarchiquement parlant dans ces lieux. Mais il n'y avait pas que ça, la façon d'on elle admirait mère était réellement la façon qui lui plairait le plus. Si elle pouvait déteindre sur les autres priants nous ne serions que plus puissant à travers Inari.

« Volontiers. »

Aucun doute, ces fraises avaient réellement poussé dans le jardin du temple. Elle était savoureuse et juteuse à souhait. Tout en les dégustant j'écoutais ce qu'avait à me dire Akane.
La façon d'on elle l'amenait était plutôt maladroit mais totalement compréhensible. Elle reconnaissait ce premier point elle même.

« La curiosité n'est jamais indiscrétion dans ce genre de sujet. » il n'y avait pas plus vrai, si tous les Kitsunes partageaient quelque chose c'était bien ça « Les fils d'Inari sont bel et bien des Kitsunes mais tu peux simplement m’appeler Wakai. Si tu me nommes Kitsune ce serait comme si moi je commençais à te nommer Humaine. C'est une fatalité imposée à notre naissance et non un choix fait par une personne comme notre prénom. Et oui je connais bien vos légendes à notre sujet et comme tu le dis elles sont floues et même souvent mensongères. On se limite bien souvent aux Myobus et Nogitsunes mais nous ne sommes pas les seuls, de plus on nous classifie souvent en noir ou blanc dans nos actes. C'est une bien mauvaise image que l'on nous colle. Mais on ne peut pas vous en vouloir, après tout nous interférons que très peux avec les Humains. A vrai dire nous n’interférons qu'avec un seul. Ca fait bien longtemps qu'en plus d'être les fils d'Inari nous sommes en plus des Kyuchioses. »

« Nous avons été crée par notre mère pour l'épauler dans ses fonctions tout en ayant le droit d'avoir le choix, chose qui n'est pas des plus courantes quand on est la création d'une divinité. C'est là que l'on peut reconnaître la bonté de mère comme tu l'as dis un peu plus tôt. Mais là où vous vous trompez c'est en disant que certains d'entre nous ont tourné le dos à Inari. Nous n'avons pas tous le même contact avec elle mais nous en sommes pas pour autant non dépendant. Nous sommes liés à elle que l'on le veuille ou non. Il n'est donc pas dans notre intérêt à aller à l'encontre de ses préceptes. »

Ce n'était pas totalement faux mais du coup pas totalement vrai non plus. Que l'on aille ou non à son encontre n'avait aucune importance, c'était simplement ce qui pouvait modifier notre nature. Myobu, Nogitsune, Kuroy ou encore Kuko n'était pas une fatalité en sois, la preuve en Tak. C'était notre nature de naissance qui nous classifiais bien sûr mais nos actes pouvaient modifier celle-ci. Il n'y avait là aucune fatalité, simplement un confort et même parfois une envie. Je me demandais même s'il n'était pas possible d'agir sans en subir les modifications, après tout Shian s'était bien plus comportée comme l'une des miennes et non comme une Myobu.

« Ce serais beaucoup trop vaste et long de t'expliquer la façon d'on nous fonctionnons et le lien qui nous lies à mère. Si tu as des questions sur ce sujet n'hésite surtout pas. Chez nous nous partons toujours d'un principe, toute question a le droit d'être posée qu'elle soit intrusive ou non. C'est à la personne à qui elle est demandée de choisir d'y répondre ou non mais elle a en rien le droit de prendre mal la curiosité d'une personne. Du coup, si jamais l'une te passe en tête n'hésites surtout pas à me la poser. »

Je finis les trois fraises qu'il me restait, me régalant à chacune d'elle. Je reconnaissais bien là la patte de mère mais il n'y avait pas que ça, apparemment cette jeune femme avait la main verte.

« Je crois que tu te sous-estime en pensant que tu n'as pas les compétences ni l’appui pour diriger ce temple. Ta façon de percevoir rendre hommage à ma mère est la façon d'on elle aimerait que ce soit fait. Ce n'est pas par intérêt mais pas compréhension de ce qu'elle est. Tu n'as peut-être pas encore les appuis mais c'est quelque chose qui peut venir avec le temps. Je pourrais même être l'un de ceux-ci, après tout avoir à ses cotés un fils d'Inari peut être bien plus qu'un appui. »

Je lui souriais à nouveau.

« Dis-moi, qu'as-tu entendu au sujet des Kitsunes ? Il est toujours intéressant d'avoir un avis extérieur. Et cette amulette d'on tu m'as parlé, peux-tu m'en dire un peu plus ? »
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Mer 18 Oct - 19:21
Comme il l’a dit, Wakai s’est trop emporté. Et il semble avoir un peu exagéré ce que j’ai essayé de lui dire. Je comprends le fond de sa pensée, que tuer n’est pas un acte honorable, mais ce n’est pas ce que j’ai dit. Je ne sais pas trop s’il attend de moi que je conteste ou que je fasse partager mon point de vue mais je ne suis pas très douée pour débattre. Quand bien même, je pense qu’il peut y avoir de l’honneur dans l’affrontement entre deux guerriers. Je n’ai jamais dit qu’il y en a dans celui de tuer l’autre, cependant. Là où se trouve l’honneur, pour moi, c’est dans le fait de se donner la mort si on tue un innocent. C’est le seul acte honorable qu’il reste après qu’on ait répandu du sang innocent sur ses mains, même. Enfin, il semble de toute façon que le fils d’Inari place la vie sur un piédestal plus élevé que là où je la place moi-même. Je le trouve peut-être un peu utopiste, mais je n’ai pas la prétention de penser que ma vision du monde est la bonne, surtout que je sais pertinemment qui je suis. Ce n’est pas la peine d’envenimer notre entente pour si peu.
Il y a quand même une chose sur laquelle je ne peux pas le laisser dans l’erreur d’interprétation par rapport à mes paroles. Quand il sous-entend que j’ai désigné par honorable le fait d’ôter la vie. Et l’acte de Seppuku.

« Je pense quand même que quand un guerrier tue un civil, le fait de se donner la mort est la seule véritable issue si on veut conserver un tant soit peu de dignité. Certes, le fait de ne pas tuer serait la meilleure issue, évidemment. Mais si on met fin à l’existence de quelqu’un d’innocent, existe-t-il la moindre chance de se racheter un jour ? Je ne pense pas. Comprendre la portée de son acte, et le fait qu’on a commis une faute impardonnable au point de se condamner soi-même à mort, je trouve ça honorable, oui. C’est un sursaut d’honneur après une vie de pêché. Mais ça reste un sursaut d’honneur. »

Régler un conflit par la diplomatie … est-ce seulement réellement possible ? Si deux personnes convoitent avidement une même chose, alors elles s’affrontent pour l’obtenir. La guerre n’est qu’un agrandissement de ce simple fait. Il est dur de penser pour le monde avant de penser pour soi. Ca arrive, parfois, mais on en revient systématiquement à soi-même. Je n’ai peut-être simplement pas foi dans les grands sentiments. Mais l’histoire me donne raison de toute manière.

Le terme d’humain dans lequel m’inclue systématiquement Wakai me démange beaucoup. Chaque fois qu’il l’utilise, je me sens un peu comme une usurpatrice. Cette façon de s’exprimer semble naturelle pour lui, mais elle ne l’est pas du tout pour moi.

Il ne me demande pas de mener une guerre de religion. C’est un peu contradictoire, mais je crois que je commence à comprendre comment il voit les choses. Et je le crois de plus en plus quand il dit être le fils d’Inari et ne pas venir d’Onogoro : il semble peu au fait de ce qu’est la religion à l’heure actuelle au sein de l’Empire. C’est pour cela qu’il ne comprend pas que j’ai immédiatement interpréter sa requête comme étant une proposition d’entrée dans une guerre d’influence.

« Je ne pense pas que l’humanité puisse réellement oublier Inari. Peut-être qu’ils la vénéreront sous un autre nom, ça je peux y croire … Mais oubliée ? C’est impossible. On peut oublier le dieu du feu ou le dieu de la guerre, car on peut brûler ou se battre en son propre nom ou en celui d’une nation. Mais se nourrir, c’est indispensable. Et vers qui peut-on se tourner lorsque les récoltes ne sont pas bonnes ? Quand la famine frappe à sa porte ? On ne se tourne pas vers les puissants de ce monde, ils ne sont pas assez puissants pour influencer jusqu’à la météo. Non, c’est vers les dieux qu’on se tourne parce qu’eux peuvent nous aider. S’il y a bien deux divinités qui ne se flétriront jamais dans le cœur des hommes, c’est la déesse des moissons et le dieu de l’eau. Chacun a sa place effectivement, mais sans ces deux l’humanité ne pourrait simplement pas exister. »

« Je ne souhaite pas plus que toi qu’il y ait guerre d’influence, en fait. Le problème c’est que la moindre manœuvre pour tenter de promouvoir Inari, ou de rappeler au peuple de l’Empire qui veille sur ses récoltes et à quel point elle est importante, se soldera immédiatement par une réaction. Malheureusement, je pense qu’il y a peu de priants qui ont la même vision que toi des divinités, et qui acceptent que chacune ait sa place. La preuve est dans le rejet de l’Eglise vis-à-vis des anciens dieux … Et même si elle est petite et qu’elle n’a jamais manifesté le désir de supplanter une autre Eglise, celle d’Inari est au milieu de cette guerre d’influence. Elle n’y prend juste pas part pour le moment. Les cinq déités se livrent une guerre entre elles à travers les mortels qui les vénèrent et chaque Eglise tente de prendre le pas sur l’autre. Il y a plusieurs dissensions à l’heure actuelle : le Grand Pope n’a obtenu la bénédiction que de trois divinités par exemple. Ce qui maintient le lien entre les Cinq, c’est l’Impératrice je dirais. »

« Pour ce qui est d’Inari, même extérieure à cette guerre, elle a quand même un statut à part et les cinq autres églises se méfient du clergé d’Inari … Je pense d’ailleurs que c’est en parti ma faute. L’église d’Akikaze m’avait proposé de prendre la place de paladin chez eux. Mais comme je ne ressentais aucun attachement à ce dieu, peu importe le respect que j’ai pour lui, j’ai choisi Inari qui est la seule déesse que je me sens capable d’honorer. Du coup la tension avec les adeptes du dieu de la foudre est peut-être plus importante que je ne l’aurais voulu … »


Je ne sais pas trop pourquoi je l’embête avec tout ça … mais au fur et à mesure que je l’écoute, je pense que je commence à faire confiance au Kitsune. Peut-être parce que je n’ai jamais eu un interlocuteur avec lequel je pouvais me livrer autant. Même avec Eihiko, au final, il m’apprenait mais on ne parlait pas tant que ça de nous. Même maintenant que nous savons respectivement qui est l’autre.
Et puis il semblait réellement être une bonne personne, tout simplement.
C'est peut-être aussi parce que je sais qu'il n'est pas humain, maintenant. C'est plus facile de ne pas me comparer à un Kyuchiose et de lui parler normalement.

Par contre j’ai toujours eu du mal avec les compliments. Et il m’en fait beaucoup. Si bien que je ne sais pas réellement comment réagir. Un peu gênée, je me contente d’engouffrer quelques phrases en balbutiant un vague :

« Merci. »

Il n’a peut-être pas tort cela dit. Même si je n’ai jamais forcé la main à qui que ce soit, j’ai toujours été très respectueuse des préceptes d’Inari, parce que j’y ai toujours cru fermement. Et puis, le fait d’être une non-humaine n’a jamais semblé déranger la déesse des moissons. Quelque part, je jalousais un peu Wakai en fait. Il est le fils d’une divinité que je considère presque comme une mère spirituelle. Sauf que lui, c’est palpable. C’est la réalité. Je ne sais pas si l’envier est mal, mais je ne peux pas réellement m’en empêcher. J’aurais aimé avoir une mère aussi formidable que l’image que j’ai de la déesse Inari.

« Ce n’est pas qu’une question de manquer d’appuis … Je n’aime pas du tout diriger ou me mettre en avant. J’ai accepté la position de paladine parce que refuser un tel honneur aurait été irrespectueux envers Inari. Mais je ne m’attendais pas à tout ça. Mais je serais ravie de travailler avec toi si ça peut permettre de donner du pouvoir à Inari. Je suppose que si nous l’honorons et la rendons plus puissantes, alors les plaines seront plus verdoyantes que jamais. Si la fidélité peut rendre sa pleine force à la déesse des moissons, alors peut-être que la faim disparaîtra du monde dans lequel nous vivons ? Oui, ce serait un honneur de participer à cela. »

Je n’ai plus aucun doute sur le fait que Wakai soit un Kitsune. Il parle sans aucune hésitation malgré ma question qui est venue un peu par hasard dans la discussion. On voit qu’il connait son sujet, et qu’il parle de son vécu. Par contre, Myobu, Nogitsune … je dois bien avouer que même si je comprends l’essentiel, je me perds un peu dans ses paroles. Ce n’est pas facile d’appréhender un monde, une race, une civilisation, qui nous est complètement inconnue.

« Toute question a le droit d’être posée … »

Je réfléchis quelques instants. C’est un sourire sincère que je lui adressais :

« Il y a de fortes chances que je te vole cette phrase dans un avenir proche. C’est une belle façon d’illustrer le savoir et le partage. »

Sa question suivante me prend un peu de court en revanche. Ce que je sais des Kitsunes ? Pas grand-chose. Mais alors vraiment pas grand-chose.

« Je sais simplement que les Kitsunes sont les fils d’Inari. Ce ne sont pas des êtres de bien ou de mal, en cela ils sont comme toute autre créature intelligente : chaque individu fait ses propres choix. Outre cela et le fait que vous ayez une apparence proche des renards … Enfin, dans ton cas il semble plutôt que ce soient des traits distinctifs … je ne sais rien d’autre. Il y a bien des histories qui courent sur vous, mais rien de concret. Du noir ou du blanc comme tu as dit. Certains vous prêtent des vertus porte-bonheur. J’ai même entendu un villageois me dire que si on voyait un Kitsune, alors les prochaines moissons seraient belles. Ou encore un autre me dire que si on voyait un Kitsune au pelage noir, alors un de nos proches était mort. Mais ce ne sont que des superstitions qui se répandent parce que vous nous êtes inconnus. A ma connaissance, chaque prêtre d’Inari que j’ai rencontré s’efforçait d’expliquer que c’en étaient, mais bon, quand on ne possède pas le savoir pour expliquer quelque chose qu’on réfute, on dispose de moins de crédibilité. »

« Des Kyuchioses … Vous connaissez peut-être ceux avec qui je suis liée. Les tamanoirs, ils viennent des prairies blanches. C’est une longue histoire mais ils se retrouveraient sans doute bien plus que moi dans tes paroles, d’ailleurs. »


Une longue histoire … C’est le cas de le dire. Je ne suis moi-même pas sûre de me souvenir de tous les éléments de cette fameuse histoire.

« L’amulette … »

J’attrapais l’objet entre mes doigts. Du bois. Pas vraiment de qualité, juste du bois sculpté, rien de particulier.

« Elle ne représente rien de particulier. Ce n’est même pas un symbole rattaché à quoi que ce soit. Quand je suis devenue prêtresse, je me suis simplement dit que plutôt que d’acheter un grigri en ferraille avec le symbole d’Inari … je préférais ça. C’est grossier, j’en conviens, mais c’est quelque chose que j’ai sculpté avec mes propres mains. Je pense que c’est un meilleur symbole que toutes les amulettes plus jolies que j’aurais pu acheter ou troquer. »

Je ne sais pas trop quoi dire maintenant, alors je poursuis simplement mon tour du jardin en espérant que Wakai ne le prenne pas mal : je l’écoute bien entendu. Mais je dois bien vérifier que tout est en ordre ici avant l’ouverture du temple …
Et de toute manière, je pense que je ne peux pas trop poursuivre cette conversation sans savoir ce qu’il pense de la situation actuelle de la religion dans l’Empire. Vu son tempérament, je me doute bien que ça ne va pas trop lui plaire de constater tout ça. Mais en même temps je ne me vois pas lui mentir sur le sujet. Ni tenter d’embellir les actes et les pensées des hommes. Je suis bien placée pour savoir qu’ils sont décevants, de toute manière.
Paladine d'Inari
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