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Mer 12 Juil - 17:35
Les hautes murailles du château de Tetsu. Si Shun avait prédit qu’il retournerait ici aussi vite. Depuis la visite de Sakaba, il savait bien que son destin l’appellerait à revenir auprès des siens dans quelques temps. Mais il avait plutôt imaginé que ce temps se compterait en années, et pas en mois. Et pourtant, il était bien là. Son bracelet de rônin bien en évidence, son katana passé dans le dos, floqué des armoiries de la famille royale. Il ne cachait pas son identité : il n’en avait pas besoin, depuis l’officialisation de son statut de rônin, il n’était plus un déserteur ou un exilé. C’était juste un samouraï que son maître avait libéré, ou répudié.

Mais il n’avait guère eu le choix. A cette époque de l’année avait lieu le Grand Tournoi de Tetsu. C’était un tournoi où chaque seigneur du pays du fer, les grands seigneurs, ceux qui ne répondaient qu’aux ordres de la Reine, choisissait un champion pour qu’ils livrent bataille dans de fabuleux duels d’escrime. La Reine elle-même avait son champion. On pouvait ajouter à elle les deux seigneurs du Nord et du Sud : Kankuro et Akutsu Meizan, les deux frères ainés de la famille, et les petits frères légitimes de la Reine. Puis le grand chancelier, qui n’était pas un seigneur mais qui restait un noble et possédait des terres aux alentours de Tetsu. Pas très vastes, mais riches et fertiles. Ce qui en faisait quelqu’un d’important ne répondant qu’à la Reine Shoana. Puis, le seigneur de la Principauté de Kotsui, un petit territoire situé à l’extrême-ouest. Tout petit mais extrêmement riche avant la guerre, ce territoire était en pleine reconstruction financière et structurale, mais il n’en restait pas moins un fief de Tetsu. Ensuite, le chef de la garde royale avait le droit de participer, car il était censé être le plus fort samouraï du pays et mettait donc son titre en jeu. Puis, le seigneur du district de Jurikono, un quartier de Tetsu où régnait l’anarchie autrefois, et où s’était élevé une sorte de seigneur des bandits, qui avait pris un rôle officiel sur décision de la Reine, afin de contrôler le quartier. Et enfin, la garnison impériale avait été invitée à la place de la principauté de Toryoku, complètement rasée durant la guerre il y a des années et aujourd’hui un invivable marécage, repaire des pires crapules du pays. Du coup l’ambassade impériale avait été conviée. Et l’ambassadeur, Kinato Uchiwa, avait envoyé un ordre de mission direct à Shun pour qu’il soit le représentant de l’Empire. Il aurait refusé pour n’importe qui, mais son statut de shinobi l’empêchait de décliner l’invitation sans être considéré comme un Nukenin. Donc il n’avait pas vraiment le choix.

En même temps c’était logique. Les champions désignés pour le tournoi devaient faire partie de la noblesse, et surtout de la noblesse du pays du fer. Aucun noble n’aurait accepté de participer au nom de l’Empire. Pour les impériaux, afin de respecter les traditions du pays conquis et montrer sa bonne foi, Shun était le seul élément disponible. Il y avait bien Tekkun mais il avait perdu son titre en assassinat l’ancien roi. Et ca aurait été pire que de désigner un impérial qui ne venait pas du pays du fer. En plus, la nouvelle que Shun avait tenu tête au maître de l’épée, même s’il s’était fait envoyer à l’hôpital, s’était répandue comme une trainée de poudre. Donc l’Empire savait qu’il avait les capacités de livrer ces duels en son nom.
La victoire ? Peut-être qu’ils y pensaient. Mais Shun savait bien que ce n’était pas possible. Sakaba était fort, Kizuki de la garde royale aussi. Il n’était pas sûr de rivaliser contre eux, même avec les Crocs de la Vouivre. Et de toute manière même s’il les battait, ce n’étaient pas les favoris de ce tournoi. Dans les faits, Kizuki passait pour être le samouraï le plus fort à cause de son titre. Mais un katana à la main, le véritable escrimeur le plus redoutable de l’Empire, c’était Akutsu Meizan. L’ainé des frères de la famille royale. Avec les techniques martiales, peut-être que quelqu’un aurait pu lui résister. Mais sabre à la main, il était du niveau du maitre de l’épée. Et Shun était bien placé pour savoir que c’était hors de sa portée, de celle de Sakaba, et à coup sûr de Kizuki. Encore que Kizuki était très expérimenté et les règles du tournoi très spécifiques, peut-être que son expérience pouvait parler pour lui ? Ou alors Kankuro. Il ne combattrait sûrement pas lui-même, mais Shun le voyait bien ruser pour trouver pile poil le samouraï qui sache exploiter les faiblesses d’Akutsu s’il en avait, c’était bien son genre de trouver une faille. Et puis, pour la principauté ou le district, on ignorait tout de leurs bretteurs. Peut-être avaient-ils une carte maîtresse dans leur manche ?

Ayant montré son bracelet et l’armoirie sur son katana, Shun fut invité à entrer à l’intérieur de Tetsu par les samouraïs qui filtraient les passants à la porte de la forteresse. Tandis qu’il avançait vers le palais, il récapitulait les informations qu’il possédait. A part Kizuki, le chef de la garde royale, et Akutsu qui se représentait lui-même, chacun avait choisi son champion. Seulement il y avait peu de noms vraiment connus. Kankuro avait même désigné son champion sous le sobriquet du ‘Démon Samouraï’. C’était bien lui ça, ça sentait le coup tordu. La reine avait évidemment choisi Sakaba. Son frère préféré serait parfait pour la représenter, et en plus il était le lieutenant de la garde royale. Pour Kotsui et le district, les participants seraient de parfaits inconnus. Mais la principauté avait désigné une femme, ce qui était plutôt inhabituel. Bien que ce soit une Reine à la tête et qu’avoir une femme seigneur n’était pas rare, les champions étaient presque tout le temps des hommes malgré qu’une femme ne soit pas interdite de participer. Le Grand Chancelier avait choisi un jeune samouraï qui semblait très prometteur, Koryuu Sakushi. Et l’Empire avait Shun. Que de beau monde. Huit participants censés être les plus forts escrimeurs du pays. Le jeune Genin stressait un peu d’être confronté à tous ces monstres. Mais d’un autre côté il était aussi très excité.

Avant de rendre visite à sa sœur et lui présenter ses hommages, enfin j’ignorais les réelles intentions de Shun mais c’était ce qu’aurait voulu la procédure, le jeune homme se dirigea vers le tableau du Grand Tournoi, situé en plein cœur du hall.

Citation :
Sakaba Meizan – Kizuki Chokiki
Sakura Asaro – Démon Samouraï
‘Silence’ – Koryuu Sakushi
Akutsu Meizan – Shunichi Meizan

Shun se gratta la tête, l’air peu enjoué. En fait il avait même l’air d’angoisser. Il allait devoir affronter Akutsu au quatrième jour, d’entrée de jeu. Si ça ce n’était pas manquer de chance … Enfin, que l’Empire soit maté par le plus fort épéiste de Tetsu au premier tour devait témoigner d’un certain trucage, peut-être ? Il ne se faisait pas beaucoup d’illusions, mais il n’avait pas non plus envie de faire pâle figure. Il allait devoir montrer à son frère qu’il avait changé.

« On a beau me l’avoir dit, je ne le croyais pas. Tu as vraiment échangé ta toge de savant avec une épée de samouraï ! »


Kankuro Meizan. Le frère que Shun aimait le moins. Calculateur, manipulateur, du genre à faire de sales coups. Et pourtant doué un sabre à la main. Seulement, il voyait tout le monde comme des pions et n’avait jamais caché qu’il n’aimait pas les ‘bâtards’ qui prenaient un peu trop de place. Il était plutôt fier de son sang pur, celui-là.
Le Genin fronça les sourcils, l’air visiblement agacé de le voir ici.

« Je n’ai rien à te dire. »

Shun tenta de le contourner pour se rendre dans la salle à manger, retrouver le reste de la famille pour un diner qui s’annonçait prometteur. Mais Kankuro lui emboîta le pas pour marcher à côté de lui.

« Eh bien, nous allons dans la même direction heureusement. »

« … »

« Oh ce que tu peux être rancunier. Tu sais je n’avais rien contre toi. Père ne t’aimait pas donc je clamais que tu étais une erreur au château. Je faisais juste ce qu’il fallait pour bien me placer dans ses idées. Tu ne devrais pas m’en vouloir, tu aurais fait pareil à ma place. »

« Et pourtant tu es le seul à l’avoir fait. »

« Parce que tu crois qu’Akutsu t’ignorait juste parce que tu n’étais pas épéiste ? »

« Honnêtement ? Ah non tu ne connais pas ce mot. Oui je le pense. »

« Tu te trompes, alors. Enfin, j’ai vu que tu allais l’affronter, tu n’auras qu’à lui demander toi-même pas vrai ? C’est un sabre à la main que les samouraïs conversent comme on dit. »

Shun tiqua. Ca devait être pour ça que Kankuro ne participait pas alors : il ne voulait pas montrer qui il était. Quoi de plus normal, pour ce faux-jeton de manipulateur. J’étais surpris qu’il le déteste encore aussi vivement après toutes ces années.
Enfin, on allait bientôt assister à un truc inédit. La réunion de tous les enfants du pays du fer autour d’une table à manger.
Ca promettait d’être … animé.
Genin
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Lun 17 Juil - 15:04
Shun entra dans la salle à manger du château de Tetsu, suivit de très près par Kankuro. Il pressait le pas, mais son ainé l’avait suivi sans problèmes, d’une démarche beaucoup plus tranquille. Il y avait déjà tout le monde, comme le Genin le constata en jetant un regard circulaire à la pièce. En bout de table, la Reine et sa demi-sœur, ainée des Meizan, Shoana. A sa droite, Akutsu, ainé des frères et seigneur de la partie Sud du pays du fer. A sa gauche, Sakaba, lieutenant de la garde royale et champion de la reine, l’autre bâtard de la famille. Et deux autres sièges étaient à côté d’eux. Shun prit le chemin de gauche en contournant la table, pour se diriger vers le siège à côté de celui de Sakaba. Kankuro, pas vraiment surpris, prit quant à lui le chemin de droite, lui lâchant enfin la grappe. Sakaba fut le seul à accueillir les deux arrivants d’un sourire chaleureux, qui était surtout destiné à son jeune demi-frère en l’occurrence. Akutsu demeura imperturbable. La reine Shoana, elle, fit d’abord de même. Mais fini par se lever quand Kankuro et Shun furent devant leur siège. Sakaba l’imita aussitôt. Suivi, plus nonchalamment, par Akutsu, qui ne fit cependant cet effort que pour ne pas être le seul à rester assit. Il jeta un bref coup d’œil à Kankuro, puis reporta son attention sur Shun. Le regard d’Akutsu était dur, et insistant. Il le fixait carrément, sans aucune gêne et sans laisser entendre ce qu’il pensait.

Shun, presque soudainement, réalisa qu’il était le seul à porter son sabre : Kankuro avait déposé les siens à l’entrée. Un peu confus, et pas trop habitué à se balader à Tetsu avec un katana à son côté, le Genin s’empressa de s’éloigner pour aller faire de même. Le regard d’Akutsu ne s’était pas adouci quand il revint se placer devant sa chaise, mais il se faisait moins fixe. Et surtout, il finit par le reporter sur la Reine, qui attendait calmement que tout soit en place pour prendre la parole.


« Je dois dire que ça fait très longtemps qu’on ne s’est pas tous retrouvés autour de la même table. Et j’ai longtemps attendu ce moment : celui de retrouver tous mes frères et de partager ce repas en famille, tous réunis dans la même pièce. Je tiens à vous dire que ça me fait très plaisir. Je ne m’attends pas à ce que tout soit rose entre nous, mais je suis quand même heureuse que vous ayez tous pu venir. »

Shoana examina l’assemblée. Shun et Sakaba étaient tous les deux un peu stressés, mais quoi de plus normal. Sakaba était à la place qui était toujours revenue à Kankuro : son statut de champion le lui permettait, de s’asseoir à gauche de la Reine, malgré le droit d’ainesse. Ce ne serait que pour cette fois et les jours à venir, ensuite tout redeviendrait normal de ce côté-là. Mais en attendant, il ne semblait pas spécialement en profiter, au contraire c’était plutôt un motif d’angoisse pour lui. Pourtant Kankuro ne s’en formalisait pas, et se contentait de regarder les quatre autres avec son sourire éternellement tranquille. Quant à Shun, il arborait le même genre de sourire, mais plus insolent et bienheureux, comme à son habitude, que réellement calme et serein. C’était juste une vieille habitude qui avait la peau dure.
Quant à Akutsu … Bah, un tremblement de terre qui naitrait juste sous ses pieds ne pourrait pas déstabiliser cet homme. Pourtant plus jeune que la Reine, l’ainé des frères semblait avoir un sang-froid à toute épreuve. Un vrai reptile.


« Pour ma part le plaisir est partagé. Depuis la mort de notre père nous n’avons jamais été réunis de la sorte et c’est en grande partie de ma faute. Alors, oui, c’est bien qu’on puisse tous être ici. »

L’assemblée se détendit sous l’impact des paroles d’Akutsu. C’était effectivement à cause de lui que même plus jeunes, ils étaient rarement tous réunis. Il était parti très tôt prendre sa place dans le Sud, d’abord en tant que futur héritier, puis à la mort du seigneur, leur plus vieil oncle, en tant que seigneur tout simplement. Akutsu n’avait jamais digéré le fait que ce soit Shoana, même si c’était conforme à sa naissance en tant qu’ainée, qui dirigeait le royaume. Pour lui, c’était évident qu’il était le mieux placé. Et tout le monde était d’accord, unanimement : il était plus fort qu’elle, avait l’âme d’un vrai leader et d’un grand roi, mais malgré tout il n’était pas dans son droit. Et la seule qui aurait pu lui laisser le trône, Shoana elle-même, avait décidé de le garder. Elle avait même eu des paroles très dures pour lui : il ressemblait trop à leur père, et elle préférait guider le peuple à sa manière à elle. Quelque part elle avait raison : Akutsu aurait continué de tenir tête à l’Empire. Certes, pas de la même façon que Shoguzo : Akutsu n’aurait jamais sacrifié des innocents pour gagner la guerre. Au contraire, il prenait à cœur comme tout bon samouraï de protéger le peuple. Seulement, il n’aurait pas cédé et de nombreux samouraïs seraient morts. Lui aussi, peut-être. Sa froideur n’avait d’égal que son sens du devoir. Et il n’aurait jamais reculé devant l’ennemi. D’ailleurs, il n’avait jamais pardonné à Shoana de l’avoir fait …. Même s’il avait dû capituler sous la pression des autres seigneurs du royaume, et face à la décision de la Reine, comme le voulait le Bushido. Il n’était pas du genre à se rebeller et l’avait prouvé à l’époque.
Aussi, même s’il était froid, distant, et qu’il exprimait souvent son désaccord quitte à envenimer ses relations avec toute la famille … tout le monde avait confiance en Akutsu. En tous cas, dans cette pièce tout le monde. Beaucoup de rumeurs courraient sur ses réelles intentions, sur le fait qu’il fomente un coup d’état ou ce genre de choses. Mais tout le monde savait pertinemment que c’était faux : si Akutsu devait prendre le trône, ce serait par la voie honorable et certainement pas en affrontant sa propre sœur.
Oui, ses frères et sa sœur avaient toujours, et encore, eu foi en son sens de l’honneur.

Et le fait qu’il prenne la parole pour appuyer les propos de Shoana, ca signifiait quelque chose. Qu’il acceptait d’aller dans son sens, pour une fois, notamment. Et il n’était pas du genre à dire les choses par simple politesse. Aussi, entendre quelque chose de si sympathique venu de lui, clairement, faisait disparaître beaucoup de pression de l’atmosphère.

Le repas commença en silence. Ce fut Kankuro qui prit le premier la parole, pour s’adresser à Sakaba.

« Alors Sakaba, tout le monde me disait que tu étais pressenti pour devenir le chef de la garde royale. Tu es déçu que notre sœur ait choisi Kizuki ? »

Shoana fronça les sourcils, apparemment un peu dérangée de sa façon de formuler les choses. Mais comme Kankuro ne s’adressait pas directement à elle, elle ne dit rien. Sakaba, lui, sursauta, mais reprit très vite contenance. Et se contenta d’un sourire assez calme :

« Tu essaies déjà de semer la zizanie chez tes futurs adversaires, Kankuro ? »


« J’ai été déçu en effet, je pensais avoir suffisamment progressé et mûrit pour le devenir. Seulement, j’ai compris en devenant le lieutenant de Sir Kizuki que je m’étais trop avancé. Notre capitaine n’a peut-être plus les atouts de la jeunesse, mais sa technique est redoutable. Sur ce plan, je dirais qu’il vaut Akutsu, ce qui n’est pas rien ! Et il compense sa force déclinante par une solide expérience. En plus, il a déjà commandé à plusieurs reprises, ce qui n’est pas mon cas. Je suis très satisfait de pouvoir compléter ma propre expérience aux côtés de quelqu’un d’aussi honorable que Sir Kizuki. »

« Ah oui ? Effectivement, tu as bien mûrit, mon petit Sakaba. »

Shun écoutait en silence. L’avis de Sakaba sur Kizuki était très éclairant. Il se considérait encore comme inférieur à Kizuki un sabre à la main. Et pourtant il allait l’affronter demain en ouverture du tournoi : ce n’était pas anodin que Kankuro ait posé cette question juste avant cet événement. Il cherchait à prendre la température et à le déstabiliser. Connaissant le seigneur du Nord, c’était même probable qu’il essaie de déterminer sur lequel parier : il aimait jouer, et encore plus quand il gagnait. C’était un de ses vices. Le pendant obscur de son obsession à tout calculer, et de son côté manipulateur.
Akutsu, lui, sembla approuver les paroles de Sakaba.

« Il fut un temps où tu aurais provoqué ton ainé sans aucun discernement. C’est bien que tu respectes Kizuki, et que tu comprennes sa valeur. Ca prouve aussi que tu seras un jour digne de prendre sa place. »

Sakaba fut surprit du compliment, mais il hocha la tête pour marquer son assentiment, et remercier l’ainé des frères de croire en lui.
Akutsu glissa ses yeux de Sakaba à Shun, qui se redressa, en constatant qu’il l’observait.

« Je ne m’attendais pas à te revoir à Tetsu, Shun. Et encore moins un katana au côté. J’ai appris que tu n’étais pas parti te la couler douce, et que tu étais même devenu ninja. Même si je désapprouve ta décision de rejoindre l’Empire, je tiens seulement à te dire que je ne considère pas comme un traitre. Rien ne t’attendait à Tetsu, donc je comprends ta décision. D’un autre côté, ça peut quand même être pris comme une forme d’abandon par tes frères et ta sœur, tu ne crois pas ? »

C’était inhabituel. Tous petits, Shun était le vilain petit canard dont personne ne s’occupait. Et surtout pas Akutsu. Seul Sakaba s’était toujours efforcé d’être proche de lui, et ils s’étaient toujours très bien entendus. Mais que le grand frère, le réel prodige de la famille, pose son attention sur lui … Tout simplement, Shun ne savait pas trop comment réagir, ni ce qu’il ressentait. C’était très confus dans son esprit.  Akutsu ne lui avait jamais accordé un regard, Kankuro l’avait dénigré, Shoana l’avait écouté et ignoré. Là, tous les trois semblaient lui porter de l’attention. Mais c’était ainsi au pays du fer après tout, surtout au sein de la famille royale. Ceux qui pouvaient porter le sabre et faire honneur à leur famille étaient considérés par leurs pairs. Ceux qui choisissaient une autre voie, dans la noblesse, étaient des moins que rien.
Bien sûr qu’il n’était pas satisfait de cette situation, de ce qu’était la noblesse du pays du fer. Mais malgré tout, il ne pouvait pas s’empêcher de se sentir bien. Et même mieux qu’il ne s’était senti depuis très longtemps. A part peut-être à Taki, pendant les entrainements et les missions avec ses équipiers. Mais bon, le plaisir de partager un moment avec ses amis, et celui de partager quoi que ce soit avec sa famille, c’était différent …
Comme l’avait dit Kankuro, depuis que leur père était mort, la famille Meizan avait évoluée. Elle avait mis du temps, mais l’ambiance autour de cette table était inédite. Pour chacun d’entre eux. Et ils tentaient de trouver leurs marques.

« Si je suis parti, c’est pour découvrir le monde, et y puiser ma force. Comme tu l’as dit, je ne pouvais pas progresser en restant ici. J’étais bloqué, et je complexais vis-à-vis de vous et de mon statut. J’ai vaincu ça en partant. Et même maintenant que je suis revenu, je ne ressens plus cette pression que je ressentais à l’époque. Mais ça ne veut pas dire que je vous ai abandonnés, Akutsu. Juste que j’ai trouvé ma voie, et ma propre force, par mes propres moyens. Demain, je ferais tout pour gagner contre toi, aussi impossible que cela paraisse. Je te montrerais la force de quelqu’un qui a choisi une autre voie que celle à laquelle il était destiné. Et je ferais honneur à ma famille. Et par famille, j’entends à mes frères et à ma sœur, rien de plus. Sur ce point je ne changerais pas d’avis. »

Akutsu ferma les yeux, mais il souriait. Shun resta sans voix. IL SOURIAIT. Ca c’était vraiment complètement inédit.

« J’ai entendu pas mal de choses, et je suis content de voir que tu es déterminé, mais ne t’avance pas trop non plus. Si je te fais des cadeaux et te laisse t’exprimer demain, c’est parce qu’il est de tradition d’échanger avant de chercher à conclure l’affrontement, j’espère que tu comprends ce que cela signifie. »

« Oui, parfaitement. Et je ferais en sorte que cette chance que me donnent les traditions soit à mon avantage. Je donnerais tout ce que j’ai pour te surpasser. »

Il se contenta d’acquiescer. Le repas se poursuivit tranquillement. Sakaba et Shun, apostrophés tour à tour au début du repas, étaient maintenant silencieux. Les trois autres évoquaient les affaires de leurs domaines respectifs et l’avenir du pays. Trop de chiffres perdirent les deux bâtards, qui se contentèrent de manger en écoutant poliment.
Puis vint la fin de ce repas interminable et copieux. Tout le monde partit se coucher. Le lendemain, la journée serait rude. Et le premier combat serait disputé : Sakaba contre Kizuki. Le lieutenant contre le capitaine de la garde royale : ce n’était pas une petite affiche.
Genin
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