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Nostalgie et retour aux sources : Sham/Eika

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Ruines de Shousan
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Sam 11 Fév - 7:44
Les ruines de Shousan : un spectacle désolant. Qui pourrait croire que ces tas de gravats étaient autrefois les fondations du village le plus estimé du continent ? Et surtout, d’un adversaire féroce. C’est en ces lieux qu’avaient vécu toutes mes proies des dernières années. Qu’elles avaient grandies, vécues. Toutes leurs histoires commençaient ici. Désormais, c’était un désert humain. Il n’y a vraiment plus rien. Tout a été pour ainsi dire nettoyé. Pillé. Puis incendié. Au point que les dernières piles de briques qui demeuraient étaient noires et cendreuses.
 
Apathique, je marche au milieu de la ville détruite. Soudain, agacée, je frappe du pied une roche qui dépasse du sol. Elle rebondit un peu plus loin, roule, et disparait dans un cratère. Ce spectacle me rappelle pourquoi j’ai passé les deux dernières années à déprimer. Sur le début, pour accepter la fin de la guerre, j’ai vraiment eu du mal. Puis je me suis résignée. Et réfugiée dans le travail. Il restait encore des proies à traquer. Des survivants. Et maintenant, ils étaient soit en cellule, soit six pieds sous terre, soit à l’abri des clans du Nord. Autrement dit, hors d’atteinte. Je pouvais toujours espérer que l’Empire se trouve une nouvelle guerre, mais c’était vain. Avec l’absorption presque totale du continent, il était devenu trop puissant pour que qui que ce soit lui déclare une guerre ouverte. Les clans du Nord n’avaient pas les couilles de faire quoi que ce soit de toute manière. Et Yuki avait complètement bouclé l’archipel. Il devait rester des espions un peu partout sur le continent, mais rien de plus. Le dernier ennemi de l’Empire, c’était les rebelles. L’Aile du phénix. Mais c’était du ressort du contre-espionnage. L’enquête interne, j’y goûtais pas vraiment. Rien de délectable là-dedans. Je préférais mille fois la traque en pleine nature.
 
Du coup, quand on m’avait demandé d’aller jeter un œil du côté des ruines de Shousan pour voir s’il n’y avait pas quelques indices sur place, ou quelque chose de suspect, j’ai sauté sur l’occasion. Sans trop y croire, je l’avoue. A raison : c’était mort. Pas le moindre signe de vie, nulle part. Naki et deux autres coyotes étaient en train de quadriller la zone : j’entendais leurs hurlements régulièrement, toujours pour signaler qu’il n’y avait absolument rien à signaler.
 
Un bruit derrière moi. Je me retourne pleine d’espoir, une main sur mon Yumi. Mais ma tension chute instantanément en voyant Naki se faufiler entre deux murets explosés. Il a semblé se replier craintivement sur lui-même en voyant ma réaction. Son instinct lui dit que quelque chose ne va pas chez moi. Il faut dire : on a passé tellement de temps ensembles, compagnons de traque, et même compagnons de meute … Malgré notre rapport hiérarchique, on peut être qualifiés de proches. C’est moi qui ai supervisé sa première chasse, son passage à l’âge adulte. Et depuis, nous avons mené de nombreuses chasses. Il est un peu plus qu’un subordonné, même si je me suis toujours bien gardé de le lui dire. Mais il me connait un peu trop bien.
Attentif, il se rapproche en se demandant ce qui se passe. Il se détend seulement quand j’ôte ma main du bois de l’arc. Je vois bien dans ses yeux qu’il multiplie les interrogations, mais il s’abstient de rien dire. Tant mieux pour lui. Même si j’ai l’air parfaitement calme, je suis sur les nerfs depuis tellement de temps qu’il  vaut mieux ne pas être la personne qui me fera exploser.
 
« Il n’y a rien ici, Reine Solitaire. Nous avons bien découvert quelques vieux passages souterrains, ou des endroits dissimulés ici et là, mais ils sont vides. Le sol au-dessous du village semble résonner, par contre. Il y a des chances qu’il y ait un passage au-dessous. Mais il ne faut pas exclure la possibilité que ce ne soit qu’un égout, ou un canal d’irrigation. »
 
« Hmm … D’après le rapport de Shi, les conduits au-dessous du puits ont déjà été examinés. Ils ont trouvés quelque chose, mais c’est classé confidentiel et je ne sais pas ce que c’est. En tous cas, inutile d’aller explorer nous-mêmes : à tous les coups, ils ont tout fait disparaître. »
 
Naki hoche le museau sans rien dire. Il hésite. Je reconnais bien cette attitude. Il a envie de me demander quelque chose, mais il ne le fera pas si je ne lui ordonne pas. Je comprends facilement que c’est une question personnelle, donc je ne lui en donne pas l’ordre. Je n’ai pas envie de parler de mes états d’âme avec un membre de la meute. Même si c’était Naki, la moindre preuve de faiblesse peut se révéler fatale avec les coyotes. Je connais trop bien leur façon de fonctionner. Il est différent, certes, et il ne me trahirait pas. Mais il suffirait alors d’un faux-pas, ou d’une prise de bec, pour me mettre dans une fâcheuse posture. Et je me suis promis de faire fructifier mon alliance avec le Roi Charognard. Jamais la meute ne doit devenir mon ennemie.   
 
Les autres coyotes arrivent, un par un. Ils font leur rapport. Ils n’ont rien trouvé non plus. Aucune trace, aucun signe de vie. Comme je m’y attendais.
 
Alors que je m’apprête à leur annoncer notre départ, une odeur apportée par le vent m’arrête net dans mon élan. Une odeur que je reconnaitrais parmi toutes les autres : celle du sang. Quelqu’un approche. Je lève le visage vers le ciel, j’observe. Le vent souffle depuis l’entrée principale du village, au Sud. L’odeur vient donc de cette direction.
Je fais quelques signes aux coyotes, qui semblent eux aussi aux aguets maintenant. Ils partagent tous cet attrait pour le sang qui est le mien, évidemment ils ont tous reniflé cette odeur. En meute, nous avançons, éloignés de plusieurs dizaines de mètres les uns des autres. Des jappements retentissent parfois pour s’indiquer mutuellement notre position. Puis nous arrivons au niveau de l’entrée, et plus aucun bruit ne se fait entendre. Nous observons calmement, dissimulés dans les ruines, et regardant fixement vers le chemin qui menait à l’entrée. Quelqu’un approchait.
 
Deux individus. Un garçon, et un renard. Les deux portent l’odeur de blessures mal refermées. De là où je suis, j’arrive à dire qu’ils sont dans un mauvais état. Alors même que je ne distingue pas clairement leurs contours. Des animaux blessés. Ce n’était pas du gibier. Pas parce que je ne sentais aucun danger, mais instinctivement, je sentais que ce n’étaient pas mes proies. Des voyageurs, des âmes perdues, éteintes, ou à moitié déchiquetées, peut-être. Mais je ne sentais pas le frisson de la chasse naitre dans mon épiderme. Rien du tout. Pas même le moindre petit spasme, le moindre tremblement d’excitation. Cette odeur de sang n’était pas celle d’une proie, voilà tout. J’active le sceau sur mon poignet, et mon arc disparait. Je lève la main à l’intention des coyotes pour leur intimer l’ordre de ne pas bouger. Inutile d’effrayer cet inconnu. Et s’il se révélait hostile, j’aurais un atout dans ma manche, au moins.
 
Ma démarche était un peu moins apathique alors que je m’approchais du jeune homme. La curiosité n’était pas un frisson, mais elle avait au moins le mérite de me sortir d’un quotidien trop terne.
Juunin
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Sam 11 Fév - 14:53
Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans ce trou et à vrai dire ça fait bien longtemps que cette question ne me taraude plus. La seule chose que je peux constaté c'est que je suis resté enfermé suffisamment longtemps pour terminer ma croissance. Me voilà bien plus grand que je ne l'ai jamais été. Si seulement c'était le seule changement que l'on pouvait constaté ... Pour ce point il fallait me connaître avant, mes yeux. Ce n'était pas les miens, j'en avais la certitude. Les miens m'avaient été dérobé par je ne sais qui. Saloperie d'embuscade. Jamais je n'aurais dû être aussi imprudent. Mon père m'avait prévenu que cette mission serait dangereuse. La première et d'ailleurs la seule que je faisais au nom des Onos. J'avais lamentablement échoué emportant avec mon mon amis.

Nous avions tous deux connus des années bien noires. Interminable je dirais même. Oui je ne sais pas exactement le laps de temps que je suis resté au même endroit mais je ne suis pas suffisamment stupide pour croire que seuls quelques mois se sont écoulés. Rien qu'à voir Tak je pouvais le comprendre. Lui aussi le temps ne l'avait pas gâté. Lui qui avait auparavant un pelage qui rappelait les tapis de neige recouvrant les jardins de la demeure de père en hivers ... Aujourd'hui il la seule choses qui faisait écho dans mon crâne en le voyant était le charbon. Ses poils étaient devenu noir de jet. Son comportement n'était plus le même. De ce que j'avais pu apprendre auprès de sa mère suffisait pour comprendre ce qui lui était arrivé. Il n'était plus un Kitsune. Non, malheureusement sa nature même en avait empathie. Il avait été corrompu au fil du temps. Le fait de ne pas pouvoir rentrer dans son monde peut-être ? Ou simplement l'impossibilité de quitter cet endroit qui nous avait servit de demeure durant tout ce temps. Aujourd'hui, et depuis quelques temps, Tak était devenu un Nogitsune. Il en restait un Yokaï renard, mais rien à voir avec ce qu'il avait pu être.

« Je n'en peux plus de manger du rat ou de l'écureuil. Au moins le vieil homme savait cuisiner. »

Il n'avait pas tort, moi non plus je ne supportais plus le goût de cet viande, fort heureusement nous avions la chance d'avoir croisé un lapin un peu plus tôt dans la journée. Qui était le vieil homme ? Une sorte de major-d’homme qui s'occupait de nous deux durant notre incarcération. Je ne comprend toujours pas pourquoi avoir pris soin de mettre une telle personne à notre service. Au début j'avais cru à des hommes réclament une rançons à père. J'avais eu tort. Si jamais il avait accepté de payer jamais nous ne serions resté autant. Et s'il avait refusé jamais nous ne serions resté en vie. Ou tout du moins on nous aurait pas laissé enfermé en tant que bouche à nourrir. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Qu'importe finalement. Le plus important était que les frères de Tak avaient fini par nous retrouver. Et ma famille qu'avait-elle fait durant tout ce temps ? Et Eihiko ? Peut-être avais-je été déclaré mort ... Mais par qui dans ce cas ?

« On est arrivé Sham. »

Les paroles du Nogitsune me sortirent de mes pensées. Le vieil homme que nous avions rencontré avait donc dit vrai ... Le monde n'était plus ce qu'il avait été. Etions-nous resté enfermé aussi longtemps pour que Shousan tombe en ruine ? La vue des portes principales du village éventrées me fit un pincement au coeur. A quoi devais-je m'attendre ? Etais-je le seul survivant de ce village ? J'en avais les larmes aux yeux. En plus de m'avoir volé ma jeunesse quelqu'un avait volé mon village, ma famille, mes amis. Tak vint se frotter à moi. Bizarrement il n'avait pas grandit au fil des années. Etait-il fait pour rester un renardeau toute sa vie ?

Je fis un pas en avant, mon pied se retrouva rapidement trempé. Je n'avais pas remarqué cette flaque. Il ne fallut pas bien longtemps pour que l'eau se calme est puisse me refléter sans trop déformer mon image. J'avais beau avoir bien mangé durant toutes ces années mes traits n'en restaient pas moins creusé. Ma peau bien que métisse avait perdu quelques teintes. Manque de soleil ni plus ni moins. Mon visage trahissait ma mauvaise santé. Il allait me falloir un peu plus de temps pour récupérer de chacune de mes carences. J'étais à l'image de Shousan en ce jour. Un épave. Un fantôme de ce que j'étais.

Tak ne pu lui non plus s'empêcher de s'admirer. Son regard n'était pas comme le miens, il ne ressentait aucune tristesse de son changement. Je l'avais déjà remarqué durant notre incarcération. Ca s'était fait petit-à-petit. Son pelage prenait teinte par teinte au fils du temps. J'aurais aimé pouvoir être comme lui, être foncièrement différent à tel point que ce que j'étais jadis ne me narguerait plus. J'avais tout de même une belle vie ...

Un bruit nous sorti de notre contemplation. Un bruit de pas sur les gravas. Une jeune femme avançait vers nous. Elle était accompagnée d'animaux. Des Kuchiyoses ? Qu'importe, voilà bien longtemps que j'avais perdu mes sens affûtes de combattant ... En avais-je seulement eu ? Après tout je n'avais pas été foutu de gagner ce tournois.

Instinctivement je baissais mes manches, cachant par la même occasions mes bras bandés. Souvenir du temps où je foulais encore les terres qui avaient donnés jours à Tak. On pouvait voir sur chacune des symboles recouvrant le tissus. Le plus gros restait sur l'étoffe au niveau des dos de mes mains. J'en profitais également pour placer ma mince prince de chasse un peu plus dans mon dos. Je ne voulais pas me voir privé de cette viande bien que l'idée de croquer dedans ne me donnait réellement pas envie.

Que pouvait-elle bien faire dans les ruines de Shousan ? Les ruines de mon village ! Une pilleuse ? Elle n'en avait pas l'air ou alors elle venait seulement de commencer ses recherches. Il ne servait à rien d'être sur la défensive.

Bien que de petite taille Tak n'eut aucun mal à rejoindre mon épaule d'un seul bon. Comme toujours derrière lui planait une légère fumée noire qui s’estompait dans l'air en peu de temps.

« T'aurais pas un truc à se mettre sous la dent ? » j'étais maladroit, il faut dire que je n'avais pas eu l’occasion de discuter avec beaucoup de monde ces dernières années « T'sais peut-être faire un feu ? J'en ai marre de manger cru. »

Cette dernière phrase était un reste de ma vie d’antan. J'avais certes perdu la main mais je savais qu'il fallait tout faire pour paraître au plus faible aux yeux des gens. Certes j'étais accompagné d'un Kuchiyose mais pour ce qui était de ma propre force elle était savamment camouflée. Je doute qu'elle soit capable de décelé ma véritable force, après tout j'avais eu le temps de m'exercer dans ce trou à rat ... Il faut dire que je n'avais pas grand chose à faire.

« Si tu nous aide je serais prêt à te laisser une bête pour toi et une pour tes ... Tes coyotes ? » je fis pivoté les animaux accroché à ma taille « Ils sont tout frais d'aujourd'hui. Par contre on garde le lapin. »
Anbu
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Lun 13 Fév - 17:23
Je peux voir le nouveau venu de plus près désormais. Il ne dégage toujours aucune hostilité, mais il est très singulier. Son pas est un peu maladroit, comme s’il n’avait pas foulé le sol depuis très longtemps. Ou qu’il avait un sérieux problème d’équilibre. Mais c’est son expression et son attitude qui étaient réellement étranges. Renfermées, mais sans être méfiantes. Je sentais que gagner la confiance d’un être comme lui ne devait pas être une partie de plaisir, malgré son absence totale d’agressivité.
Son compagnon était moins singulier dans son attitude, mais bien plus physiquement. Un renard noir, qui laissait derrière lui comme un voile de brouillard. Mais cela ne m’étonnait pas outre mesure : durant la guerre, j’avais vus, côtoyés, affrontés, et parfois même traqués, des créatures de toutes sortes. Les Kyuchioses faisaient partie du quotidien des shinobis. J’avais cessé de m’étonner de leur présence à l’époque de l’académie.
 
Je manquais de laisser paraître ma surprise devant la franchise du jeune homme. Il ne s’embarrassait pas de politesses. Enfin, on voyait qu’il avait des bases diplomatiques. Il avait la dalle, mais proposait un partage en bonne et due forme.
Ce qui me laissa perplexe, en revanche, c’est qu’il avait repéré les coyotes. Je tournais brièvement les yeux vers les ruines. Invisibles. Donc il les avait repérés autrement. Il faut dire que moi-même, je n’avais pas besoin de trop forcer pour les repérer. Ce n’étaient pas les plus doués de la meute, et même les plus jeunes. A part Naki peut-être, qui avait beaucoup progressé ces dernières années. Mais cela signifiait que mon interlocuteur était capable de repérer leur chakra, ce qui le rendait un peu plus intriguant.
En même temps, il se baladait avec un Kyuchiose. Donc le CQFD était assez simple.
 
Je levais la main en direction des portes, et les trois coyotes entamèrent une approche prudente du trio qui discutait devant. Un tout droit, les autres sur les côtés. Comme un début de manœuvre d’encerclement. D’une voix agacée, je leur intime d’arrêter. Puis je me tourne vers le jeune homme.
 
« Désolée. La meute du Roi Charognard voit les humains comme des proies au premier abord, la diplomatie est normalement pour ceux qui survivent. »
 
Je pointe du doigt la viande exhibée par mon interlocuteur.
 
« Ou pour ceux qui font preuve de politesse. »
 
Son regard. Je commence à me demander si le mot que je cherchais toute à l’heure n’est pas simplement : perdu. Il a l’air complètement à l’ouest, ce type, en fait. Comme s’il découvrait tout ce qu’il voit. Ce n’est pas évident à saisir. Mais l’art de lire dans les yeux des êtres vivants fait partie de la formation d’un chasseur, aussi étonnant que cela puisse paraître. Et c’est l’adjectif que je mettrais sur lui. Perdu. Pas comme un oisillon tombé du nid. Plutôt comme un loup sans sa meute. Pour quelle raison, par contre ? C’était bien plus compliqué à saisir.
Et puis … Le renardeau ne semblait pas ressentir les mêmes émotions. Pourtant, leur complicité était évidente.
 
D’ailleurs, en parlant du petit renard. Les coyotes semblaient avoir compris que l’humain qui nous faisait face n’était pas un ennemi, au contraire. Par contre, ils regardaient le renard avec une sorte d’anxiété. Ils semblaient réellement angoissés. Les oreilles rabattues, se retenant à grande peine de retrousser leurs babines pour que je ne les punisse pas dans la foulée. Comme si c’était inscrit dans leurs gènes. C’était l’instinct qui guidait leur comportement. Bon, tant qu’ils ne tentaient rien. Mais c’était une attitude bien curieuse. Les lois qui régissent le monde des Kyuchioses n’étaient pas les mêmes que celles du nôtre. Forcément, même si j’avais passé beaucoup de temps dans le Canyon du Roi Charognard, je n’en saisissais pas tous les aspects. Existait-il un différend entre les renards et les coyotes ? Non, peu probable. Aucune famille saine d’esprit ne pénétrait dans le Canyon. Certaines des plus nobles et des plus puissantes y avait perdus beaucoup. Les coyotes n’étaient pas aimés, mais tout le monde respectait leur territoire. Plus personne n’était venu les voir pour chercher les embrouilles depuis des lustres.
Et puis ça ne collait pas à leur attitude instinctive.
Bref. J’en parlerais au Roi Charognard quand je le verrais. En attendant, j’avais un invité pour ainsi dire.
 
« J’ai déjà fait un feu pas très loin d’ici, hier soir. J’ai même trouvé un abri de fortune pour passer la nuit. Ca ne devrait pas être trop compliqué de le rallumer, et il me reste aussi de la viande. Bien assez, on a qu’à partager. »
 
J’hésite un instant, puis je me décide à ajouter :
 
« De toute manière ces réserves ne me serviront pas, je repars pour la capitale demain. Il n’y a plus âme qui vive par ici, à part toi et moi. Tout le monde est parti depuis longtemps. »
 
Je ne savais pas à qui j’avais affaire. Mais après tout, le continent tout entier était à l’Empire désormais. Et puis, ils n’avaient plus réellement d’ennemis à mon grand désarroi. Parce que les terres conquises étaient en paix. Sous dictature, certes. Militaire, religieuse, appelez ça comme vous voulez. Mais en tous cas, en paix et prospères. Personne n’avait de réelle raison d’en vouloir aux impériaux en ce moment. Même l’Aile du phénix avait du mal à justifier ses actions auprès de leurs anciens concitoyens. C’est dire à quel point l’Impératrice avait réussi un tour de force en annexant le pays du feu et le pays du blé, alors qu’on pensait la cohabitation impossible après la destruction de Shousan. Je n’avais que faire de leurs idéaux d’unification du monde, et je voulais la guerre, mais je ne pouvais que reconnaitre son génie tactique.
 
« Il y a une vieille cabane dans les bois par là. J’ai faim aussi, tu tombes donc plutôt bien. »
 
Je me mets en route sans même vérifier qu’il me suit, les coyotes partant tous dans des directions différentes. Tandis que je marchais, régulièrement, leurs hurlements se répondaient en écho dans les alentours. Ce n’était pas une chasse, mais les coyotes agissaient toujours ainsi. La prudence était de loin leur plus grande qualité, avec leur travail d’équipe.
 
Alors que j’avance je balance par-dessus mon épaule :
 
« T’as l’air de t’être fait récemment ramassé à la petite cuillère par contre. T’es blessé ? »

Je sentais encore l’odeur du sang, d’où la question.
Juunin
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Mar 14 Fév - 14:06
L'accueil fut plutôt agréable il faut l'avouer. 'Fin je n'avais pas réellement de quoi comparer à vrai dire. Après tout mise à part Tak je n'avais fréquenté qu'un vieil homme, enfin pratiquement. Je me demandais bien ce qu'il avait pu advenir de mon geôlier. Bien étrange pensée non ? Qui se soucie de ce qui arrive à la personne qui la maintenue enfermée durant des années ? Moi ... Après tout Edeno n'avait jamais été une réelle personne envers moi. Je pense qu'il était obligé de me faire endurer cet enfermement. Jamais il m'avait expliqué comment il s'était retrouvé là. D'ailleurs je supposais fortement que le nom qu'il m'avait donné n'était pas le sien. On s'était quitté en plutôt bon thermes. C'est grâce à lui que je suis libre aujourd'hui. Enfin oui et non, il n'y avait que deux choses qui m'avaient maintenu dans cet endroit aussi longtemps. Ma faiblesse par rapport à Edeno, qui faut dire j'avais fini par surpasser. Par contre, le fait que Tak soit scellé à cet sorte de cave de luxe avait posé bien plus de problèmes. C'est ce point qui nous avez forcé à rester. Nous devions trouver une solution, une façon de libérer le Nogitsune avant de quitter ce lieu. Ce n'est qu'à ce moment que j'avais tenu tête au vieil homme. Je m'étais attendu à de la résistance de sa part. Il n'en fit rien, nous libérant simplement le passage. Lui semblait être resté sur place bien que je le lui avais déconseillé. Il n'avait pas voulu partir avec nous, déclarant qu'il ne le méritait pas.

« Dans ce cas j'ai bien fait d'apporter de quoi nous mettre sous la dent. »

Un pâle sourire s'afficha sur mon visage. Il était bien mieux que tout se déroule dans le calme le plus complet. Je n'avais aucune envie d'en découdre avec des coyotes et encore moins avec cette jeune fille. Certes on m'avait donné des informations durant mon voyage mais elles n'étaient pas suffisante. Si le monde n'avait changé que politiquement elle devait être une shinobi. Ca portait un nom au féminin mais je n'arrivais plus à mettre le doigt dessus. Quoi qu'il en soit elle devait en savoir bien plus que ces quelques personnes à qui j'avais parlé.

Les Kyuchioses de la jeune femme ne semblaient pas énormément apprécier Tak. Je ne m'en faisais pas pour lui. L'ancien Kitsune avait bien grandi depuis, il n'était plus cet être faible qu'il avait jadis été. Je pense même qu'à présent il faisait partie des plus forts de sa fratrie. Sa mère devait certes rester au-dessus des capacités de mon ami mais peut-être pas tant que ça. Le Nogitsune vint simplement s'installer sur le sommet de ma tête. Il aimait cette place, lui qui n'avait pas grandi d'un pouce, installé en hauteur il se sentait un peu plus à l'effigie de ses capacités. Il resta tout de même silencieux, cette époque où il aimait bavarder avec les gens était révolue. Quoi de plus normal me direz-vous ? Certes j'avais souffert de l'enfermement mais lui en était tout simplement ressorti totalement changé. Son essence même n'était plus la même. Comment Shian allait-elle le prendre ? Qu'importe elle ne pouvait faire autrement que d'accepter ce qui était arrivé à son fils. Déjà fallait-il qu'elle sache que nous étions en vie.

Je détachais mes yeux de ... D'ailleurs comment se nommait-elle ? J'en avais aucune idée. Etait-ce réellement important ? Reconnaîtrait-elle mon nom après tant de temps ? D'ailleurs ma famille était-elle encore en vie ? De ce qui s'affichait sous mon regard si c'était le cas ce n'était pas en ces lieux qu'ils avaient trouvé refuge. C'est ce que la jeune femme me certifia. Il n'y avait plus âme qui vive en ces lieux. Devais-je la croire sur parole ? A la vue de la végétation qui avait commencé à reprendre ses droits ... Je suppose que oui. Et puis même, je voyais mal mon père rester dans une ville fantôme.

« Ne jetterais-tu pas un coup d'oeil Sham ? »

Je tiquais. Si je ne connaissais pas son nom je ne voulais pas qu'elle connaisse le mien. Trop tard, Tak avait eu la langue bien trop pendue. Je fis mine de rien bien que mon visage montrait tout autre chose.

« Non, toute façon ça ne sert à rien. Je doute que des gens se cachent ici Tak. Et puis même si c'était le cas vu les lieux ils seraient bien trop planqués pour moi. »

Roulement des yeux. J'avais aussi gaffé. Pouvais-je en vouloir à Tak dans ce cas ? Toute façon ce n'était pas une si petite chose qui nous ferait nous chamailler. Quoi vous me croyez pas ?

« Va pour ton abri de fortune. Je commence à mourir de faim il serait bon de ne pas trop traîner. »

Je ne pu m'empêcher de rester là quelques instants de plus. Mon regard se balada de bâtiment en bâtiment. D'ici on pouvait voir le dessus de mon ancienne demeure. Enfin ce qu'il en restait. Les verrières supérieurs avaient volé en éclat. Rien que d'imaginer la tête de mon père en découvrant sa fierté en ruine me donna le sourire. Je m'étendis avant d'emboîter le pas à la jeune femme.

Blessé moi ? C'était un maigre mot. Ce n'est pas parce que j'étais resté enfermé tout ce temps que j'étais resté assis les bras croisé. J'avais affiné certain de mes sens et cela n'était possible qu'en s'entraînant. Mais ce n'est pas ça qui m'avait mis en mauvais état. Il arrivait que des gens descendent dans le trou affin de m'apporter une bonne correction. Pourquoi ? J'en avais aucune idée. Enfin ce n'était pas arrivé sur la dernière année là où ils avaient compris qu'ils ne pouvaient plus rien face à moi. Je crois que c'est le jour où l'un d'eux à goutté au plaisir des flammes noires qu'ils ne sont plus jamais revenus.

« Disons que j'ai croisé des gens pas très fréquentable sur ma route. 'Fin c'est ce que je vais te déclarer. Je n'ai pas vraiment envie de m'attarder sur certains points. Manger est plus intéressant non ? »

Je massais doucement l'un de mes flancs. Une entaille dans celui-ci avait été faite il y a quelques jours. Voilà ce que c'est de dormir à la belle étoile en ayant perdu pas mal d'habitude. Je m'étais réveillé avec un véritable mauvais timing. Un rien plus tôt j'aurais pu faire fuir le groupe d'enfoiré. Un rien plus tard ils m'auraient dépouillé sans que je me réveille ce qui m'aurait évité cette entaille. J'avais eu les deux, pratiquement plus de matériel et une belle petite plaie.

« Le temps fera des merveilles dessus j'en suis certain. »

Nous marchions sous les cris des coyotes. C'était plutôt pratique comme façon de se déplacer. De quoi prévoir sur un bon périmètre qu'il n'y avait rien à craindre. Tak sauta de ma tête, atterrissant avec souplesse sur le sol. Apparemment il avait un réel besoin de se dégourdir les pattes.

Le chemin fut plutôt silencieux. Je me creusais les méninges pour savoir de quelle façon j'allais aborder le sujet. Je devais apprendre ce qui s'était déroulé durant mon absence de la surface mais le tout sans montrer que je n'avais pas été là ... Ca allait être compliqué voir impossible. Vu la gueule de Shousan, mise à part en ayant vécu au fond d'une grotte durant tous ce laps de temps, un peu comme moi, il n'était pas possible de ne pas être au courant.

Devais-je tout lui expliquer ? Et dans ce cas j'aurais certainement un conte-rendu de ce qui c'était déroulé. J'en savais rien et le silence de Tak ne m'aidait pas. Il était bien moins attristé par cette ignorance que moi.

Nous étions installés autour du feu. J'aimais le contact avec celui-ci, me rappelant mon apprentissage du ninjutsu quand j'étais encore à Shousan. Je sorti une clope et l'alluma, paquet que j'avais dérobé durant mon voyage. Oui ce n'est pas top pour la santé, mais vous savez au fond d'un trou vous vous souciez peu de ce qui peut être bon ou non.

« On a pas mal de questions à te poser. »

Tak était lové sur mes genoux. Son regard mi-clos trahissait la fatigue qui engourdissait doucement son corps. Mais il avait raison nous ne pouvions rester bien plus longtemps dans l'ignorance. 'Fin lui oui mais n'était-ce pas le rôle d'un ami de se soucier de ses proches ?

Je ne pouvais tout de même pas tout poser d'un bloque et trop directement. Je fouillais l'une de mes poches à la recherche d'un objet de mon passé. J'avais passé de longue heure à l'admirer au début de mon incarcération dans l'espoir qu'il fasse apparaître des personnes venant à ma rescousse. Il n'en avait été rien.

J'avais dans les mains un bout de tissu abîmé par le temps. Sur celui-ci était accroché une plaque prouvant mon ancienne appartenance à l'armée de Shousan. Je l'envoyais vers mon interlocutrice.

« Qu'est-ce qui c'est passé ici ? »

Pas trop directement et pas d'un bloque ? Loupé, cette question assemblait ces deux points que je m'étais dit éviter un rien plus tôt. Si vaste vu ce qui était arrivé à mon village et posée sans réelle introduction. L'odeur de la viande sur le feu me mettait l'eau à la bouche mais ce n'était absolument pas comparable à l'envie de savoir qui m'habitait à cet instant.

Tak ayant assisté à cette sorte de révélation s'extirpa de sa torpeur en un rien de temps. Il était maintenant debout sur mes genoux, ses queues remuants dans l'air. Sans le connaître il était difficile de savoir ce qu'il manigançait. Pour ma part ça ne faisait pas l'ombre d'un doute, il était prêt à agir si jamais cet acte portait atteinte au calme qui planait depuis la rencontre de cette jeune femme.
Anbu
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Sam 18 Fév - 21:10
Ainsi, je pouvais maintenant mettre un nom sur l’adolescent. Et sur le renard également. Ca ne semblait pas trop leur plaire, et ils considéraient cette déclaration comme une boulette. Leurs noms aurait dû m’évoquer quelqu’un en particulier ? Leur attitude piquait un peu plus ma curiosité. Cependant, je ne voyais pas une grande utilité à la dissimulation de nos identités. Après tout, en l’absence d’un rapport proie-prédateur entre nous, ou même en considérant que l’Empire n’avait pas réellement d’ennemis, ce n’était pas vraiment utile. Bien sûr, s’ils venaient de Yuki, ce serait différent. Mettre la main sur un habitant du pays de la neige me vaudrait une distinction sans précédent, puisque personne n’avait encore traversé la frontière représentée par l’océan. En tous cas pas du pays de la neige vers le continent. Pour le sens inverse, rien n’était moins sûr. Puisque personne n’était foutu d’en revenir … Si au moins on avait récupéré quelques pièces détachés, peut-être qu’un nécromancien ou deux aurait pu les interroger, ou une loufoquerie du genre.

Je n’opposais aucune réaction à son refus de m’en dire plus sur les origines de ses blessures. Ce n’était pas mes oignons, j’avais bien compris le message. Une mauvaise rencontre pouvait arriver à tout le monde, c’était même plutôt bien qu’il s’en soit sorti convenablement. Il restait peu de pillards ou de bandits de grands chemins dans l’Empire. Mais couvrir une zone aussi large, même avec des effectifs conséquents, était compliqué. Et mine de rien, les rangs de l’Empire n’étaient pas encore totalement reconstruits après la guerre face à Shousan. Il y avait quand même perdu ses hordes de mercenaires, et elles représentaient un nombre conséquents de pions. Et donc de patrouilleurs potentiels. Surtout que les ninjas n’étaient jamais au chômage, tout en paix que fut le continent.
Par contre, quand il suggéra de simplement laisser le temps refermer sa blessure, je haussais les épaules.

« Comme tu le sens. Mais après manger, je peux très bien te refermer ça proprement si tu veux. Ca t’évitera une cicatrice et ça exclura tout risque d’infection. J’ai vu des types incroyablement forts mourir d’une façon stupide comme celle-là. »

Je ne pus m’empêcher de penser à mon ancien équipier, Ikusa. Un fonceur, une brute, un vrai bon frère d’arme en somme. Je ne savais pas du tout ce qu’il était devenu. Mort durant la charge contre le pays du feu ? Peut-être. Mais c’était bien son genre de refuser de se faire soigner. Et de clamser en faisant le dur. Maintenant que j’y étais, c’est vrai que son côté animal frisait parfois avec la stupidité. C’était ce qui me l’avait rendu sympathique, et même attirant certaines fois. Mais bon, c’était aussi ce qui me le rendait lourd parfois. Combien de fois sa sale manie de ne jamais regarder derrière lui et de simplement perforer les rangs ennemis m’avait-elle donné du travail supplémentaire ? Heureusement que couvrir les arrières des types comme lui était une de mes grandes spécialités en temps de guerre. Vu que je pouvais tirer à plusieurs centaines de mètre de distance des flèches, ou plutôt des météorites, j’excellais dans ce genre de boulot. Mais ça ne m’avait empêchée de lui insulter ses grands morts tous les soirs qu’a duré la guerre contre Shousan. Tous. Sans exception. En fait, ces disputes me manquaient un peu. Avoir quelqu’un qui a confiance en soi, quelque part, peu importe combien c’est un crétin, c’était agréable. Et connaitre les capacités de quelqu’un sur le bout des doigts et pouvoir ajuster mes tirs en conséquence l’était tout autant. On était quand même une sacrément bonne équipe, au fond.

Nous arrivons au niveau de la cabane en bois. C’est le bordel, c’est vieux, mousseux, et un peu glauque. Mais bon, un toit en pleine nature je suis toujours preneuse. Bien sûr, j’ai fait attention à ce que Sham ne s’éloigna pas trop de moi pendant le trajet. Le terrain alentour était piégé, ce serait quand même con qu’il ne se fasse bouffer par des sangsues carnivores pendant que je ne le surveille plus. Enfin, moi je dis ça, je dis rien. Heureusement, il semble mettre les pieds au bon endroit et n’a pas de désir refoulé d’escapade. La faim est un puissant moteur pour rester sur le chemin, visiblement. On se pose à l’intérieur du cabanon. Pas besoin de pousser la porte, elle était déjà dégommée quand je suis arrivée. Il y a un tunnel qui semble donner sur une espèce de cave. Je l’ai exploré, il donnait sur des galeries. Les coyotes sont allés voir, la plupart sont des impasses, mais il y en a une qui donne sur un autre réseau. En tous cas, pas d’odeur ou de traces, c’est inoccupé depuis bien plus de cinq ans. Je le désigne du doigt à mon hôte de fortune.

« Evitez d’aller explorer ce truc-là. Comme je n’ai pas eu le temps de l’explorer entièrement, je l’ai piégé, histoire d’éviter que je ne sais trop quoi en sorte pendant mon sommeil. »

Excès de prudence, peut-être. Mais je me voyais mal ne pas le mettre dans la confidence. Si le renard partait faire un petit tour pendant que je partais pisser, j’aurais eu l’air fin à devoir lui expliquer pourquoi il avait explosé, et pourquoi l’éboulement l’avait écrabouillé. Il avait beau avoir l’air un peu mystique et bizarre, s’il se retrouvait coincé sous terre sous une pile de gravats et sans oxygène, il y resterait. Et vu comme ils semblaient être proches, ce serait limite une déclaration de guerre. Des ennuis dont je n’avais pas besoin.

Je m’agenouille près du feu éteint, sur un drape en peau de bête dont je me servais pour dormir. Je me souviens bien de cette bestiole-là. Un grand daim chassé dans le canyon. Je ne sais pas trop ce qu’il venait y faire, ni si ce n’était pas un Kyuchiose : je ne lui ai pas laissé le temps de parler. Mais il n’a pas passé l’épreuve de survie des coyotes. Pas de droit de vivre pour lui, donc. Il avait été dévoré, et j’avais récupéré sa peau : le pelage était doux comme tout, il faisait un tapis très agréable sur lequel reposé ma couchette. Et la peau était fine, ce qui le rendait facile à transporter.
J’attrape quelques bûchettes que j’empile, puis je sors un petit parchemin avec un symbole Katon dessus. Ces trucs-là sont super pratique. J’aurais pu utiliser une méthode plus traditionnelle, mais ça nous ferait gagner du temps. Je libère le parchemin, qui envoie une flammèche sur le bois. Je dois m’y reprendre à deux ou trois fois, mais le feu finit par prendre, et s’élever tranquillement au centre de la cabane, après avoir grignoté un peu de bois pour devenir grand et fort.

Alors que je décroche de la barbaque du mur, Sham me lance un bandeau de Shousan et me dit qu’il veut savoir ce qu’il s’est passé.
Je sens la tension dans son attitude et celle du renard. Une sorte de repli instinctif. Il me faisait penser à un animal au pied du mur. Il m’avait balancé l’info à brûle-pourpoint, sans doute fatigué de faire les choses en demi-mesure, et était préparé aux conséquences.
L’air de rien, j’entame ma découpe de la viande en filets, tout en lui lançant mon bandeau de l’Empire.

« Je suis une kunoichi de Shi no kuni. »

Je réalise qu’il ne sait rien de la guerre. Enfin, à ce qu’il semblerait. Cela signifie-t-il que pour lui nous sommes encore ennemis ?

« Et je ne suis pas ton ennemie. L’Empire et Shousan ont signés un traité de paix il y a cinq ans. Attends, je mets la viande sur le feu, je vais t’expliquer. »

Je m’exécute, puis je m’assieds en tailleur, dans une position plus confortable pour parler.

« Il y a eu une guerre il y a cinq ans, et l’Empire l’a emporté. Les civils ont été évacués et la ville est devenue un champ de bataille. Les troupes de Shousan se sont réfugiés dans les forêts et les montagnes proches, et leur général improvisé a rencontré Sa Sainteté. Il a ensuite décidé de se rendre. Grosso modo, c’est ce qui s’est passé. Comme tu le vois, la ville de Shousan a été rasée par la guerre. »

Je me demande quel effet aura la nouvelle sur lui. Peut-être qu’il s’inquiète pour des proches ou des amis ? Peut-être même des camarades, puisqu’apparemment il est ninja. En parlant de ça, je suis bien surprise de ne pouvoir percevoir son chakra. Les ninjas capables de me le cacher se comptent sur les doigts d’une main. Il faudrait sans doute que j’appelle l’Albinos pour qu’il s’en charge. Mais ce ne serait pas assez discret. Donc pour le moment, à part que ce n’était pas le premier crétin venu, je ne savais pas grand-chose de lui.

« Les civils et les ninjas survivants de Shousan ont été installés pour les uns, recrutés pour les autres, au sein de l’Empire. Des villages ont été reconstruits au pays du feu pour les abriter, ce genre de choses. Et nous avons reçu de nombreuses instructions de nos dirigeants pour tenter de faire coexister les impériaux et les shousanais. Ca n’a pas été facile, mais il y a une sorte d’équilibre. C’est le grand truc des discours de Sa Sainteté, ça. Un continent unifié pour faire disparaître totalement les guerres, soit disant l’histoire en aurait trop connue et qu’elle veut y mettre un terme définitivement. Du coup, la paix entre shousanais et impériaux lui tient particulièrement à cœur. Certains survivants du pays du feu ont même reçu des postes clés au sein de notre armée. »

Cette histoire de paix éternelle assombrie considérablement mon expression. Evidemment, pour moi qui ne me sentais vivante qu’en temps de guerre ou de chasse, c’était une privation incroyablement difficile. Fort heureusement, j’avais espoir de ne jamais connaitre cette époque de malheur.

L’autre partie, celle sur les postes clés, m’importunait moins. Même si elle avait donné de la marge à l’Aile du phénix, ce n’était pas plus mal. Ils m’offriraient peut-être des traques passionnantes un jour. Ou alors, simplement un peu d’action. C’était une erreur administrative pour certains, moi je voyais ça comme une opportunité. S’ils se reconstruisaient, peut-être qu’ils déclencheraient une guerre sympa un de ces jours.

Je pose les lambeaux de viande à droite du feu, et des broches de l’autre côté. Et j’avise la viande quasiment rouge, à point dans les minutes qui suivraient. J’avais envie de lui poser quelques questions à mon tour, mais j’attendais d’abord de le laisser digérer, manger, ou même réagir en posant d’autres questions sur ce que je lui avais dit. Ces choses que je lui disais n’étaient pas vraiment monnayables, pas mal de gens auraient pu les lui dire. Presque tout le monde sur le continent, en fait.
C’était une sorte d’ermite ? Ou alors il était en mission ? L’idée qu’il se soit échappé de Yuki me trottait encore dans un coin de la tête. J’aimais bien cette idée, aussi je m’y accrochais un peu. Je n’aimais pas spécialement les distinctions, mais le galon, ça donne plus de portes ouvertes pour des aventures prenantes.

En attendant, je lui tendis une brochette de viande cuite. Et une plus petite, pour le renard.

« Eh bien, il n’y a plus qu’à se servir. Au fait, je m’appelle Eika. »
Juunin
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Mar 21 Fév - 0:21
L'idée d'être soigné en un clin d'oeil était plutôt alléchante mais Sham était trop méfiant aujourd'hui pour se laisser inspecter par une personne qu'il ne connaissait pas. Surtout si dans l'histoire il y allait avoir art shinobi. C'était impossible qu'il soit soigné d'une autre façon en si peu de temps. Même les potions ne refermaient pas les plaies ... Enfin peut-être qu'aujourd'hui oui.

En tout cas ce n'était pas le moment de penser à ça. Les queues de Tak remuaient, frôlant pratiquement mon nez au passage. Il valait mieux pas, à quoi ressemblerais-je si j'éternuais dans un tel moment ? Certes, je voulais me faire passer pour bien plus faible que je ne l'étais mais pas à ce point tout de même. Un Ono se doit de faire attention à ce qu'il laisse transparaître en permanence !

A peine eut-elle révélée son appartenance à Shi no kuni que je fis un bon en arrière. Passant de la position assise à celle debout en peu de temps. Il faut dire que je ne suis pas le shinobi le plus vif qu'il soit. Et puis techniquement je n'avais rien à craindre. Le vieil homme qui m'avait averti de quelques grandes lignes de ce qui s'était déroulé m'avait dit que l'Empire avait aujourd'hui main mise sur le continent. Je n'aimais pas trop ça mais je n'avais pas le choix de l'accepter. Je n'avais pas été là durant l'affrontement, du coup je n'avais rien à regretter.

Bien qu'au courant de la situation, ou tout du moins en surface, je ne pouvais pas faire comme si de rien n'était. Mon plan avait été pensé sur ma route. Il était simple et me semblait efficace. Ma main sur la poignée de mon sabre. Je pouvais sentir le tissu assurant une bonne accroche sous mes doigts. Seul cette partie de la lame dépassait du tissu dans laquel je la rangeais. Il était inutile de provoquer un affrontement, c'est pour cette raison que mon arme resta dans son étui bien sagement.

Tak lui s'était arrangé pour se retrouver sur mes épaules durant mon déplacement. Il n'était plus seulement en face de méfiance, il faisait maintenant semblant d'être prêt au combat. Il faut dire qu'il était plutôt convainquant. Tous ses poils hérissés, ses dents apparentes et ses yeux plissés. Tout son corps montrait qu'il était prêt à faire un bon.

« Vraiment ? Comment je peux être sûr qu'ils ont signé un traité de paix ? Et puis en quoi un bout de papier peut me protéger de quelqu'un dans un endroit où il n'y a personne ?! »

Bien que faisant semblant d'être énervé je me détendis un peu. La main tenant la lame se desserra un petit peu afin de soulager un rien l'atmosphère. Je voulais être le plus convainquant possible tout en évitant au maximum un affrontement. Pas que j'avais peur mais ça serait aller à l'encontre de mon plan.

Le fait que la kunoichi parle calmement me servi pour que je puisse me détendre un peu plus. Mon ventre gargouilla quand elle plaça la viande sur le feu. Il n'en fallait pas plus pour que je retire ma main de la poignée. Le pelage de Tak lui descendit d'un cran, mais ses dents étaient toujours de sorties.

« Tu l'as entendue Sham ? C'est un ennemi !  »

« Calme toi. Tu vois bien que si elle voulait nous attaquer elle l'aurait déjà fait depuis belle lurette. » je le tournais vers la jeune femme « Ne penses pas pour autant que tu as ma confiance. »

Je me rassis mais avec une certaine distance maintenant. Mes doigts trituraient les bandes du bras gauche. Ce n'était peut-être pas une bonne idée ... Mais elle pouvait accélérer ce que je souhaitais. Mais il n'y avait pas que ça.

Plus la jeune femme parlait plus mon regard se ternissait et plus Tak s'approchait de moi jusqu'à me coller totalement. Je pouvais sentir sa chaleur au niveau de mon estomac. Bien que sur la défensive je pouvais sentir tout le réconfort qu'il tentait de m'offrir. Ces informations ne le laissait pas non plus de marbre. Je le savais, il ressentait plus de tristesse pour moi mais lui aussi s'était fait des amis dans Shousan, ne serait-ce que dans la famille. Certes ils n'avaient pas toujours été bon avec lui ni avec moi mais certains avaient su se rattraper. Mais ce qui l'inquiétait le plus était le point Eihiko, je le savais. On en avait souvent parlé, on se demandait ce qu'il était devenu aujourd'hui. Jamais on ne s'était imaginé sa plausible mort.

Je serrais les poings, cette fois-ci ce n'était pas de la comédie. J'avais pris un coup en pleine face. Certes j'avais vu les ruines de mes yeux mais je n'avais pas pris la totale étendue de l'information. Il faut dire que rajeunir n'était pas chose aisée pour le corps même avec l'appui du Fuinjutsu ce qui expliquait parfois certain dysfonctionnement dans mon corps mais surtout dans ma cervelle.

Survivant, survivant, survivant ! Ce mot revenait bien trop souvent à mon goût. Combien de gens avaient perdu la vie ? Combien de mes proches ? Et même des gens moins proches. Ma mémoire commença à me balancer pas mal d'images de mon passé.
Enfin pas que, certaines lui semblaient être vrai et pourtant elles n'étaient que pure création.

« Laisse toi aller Sham. »

Cette phrase pouvait faire croire que Tak me poussait laisser couler mes larmes qui se trouvaient aux coins de mes yeux. C'était le cas mais pas seulement. Il cherchait aussi à ce que je libère le Nogitsune se trouvant dans mon bras gauche. L'idée n'était pas mauvaise mais ce n'était pas le moment. Bien que le laisser aller balayerait une part de ma tristesse qui emplissait au fur et à mesure mon coeur.

Comment pouvait-il accepter un poste auprès de l'Impératrice si on avait pas un but bien précis ? C'était vraiment cracher sur sa nation ! Je ne comprenais absolument pas ce point. Qui pouvait retourner sa veste à ce point ? Quel shinobi ayant fait ça pouvait être fier de ses actions ? Oui je voulais rallier l'empire mais pour une raison personnelle et non pour ma sécurité ! Bordel !

Je me mis à renifler bruyamment. Mes larmes coulaient à flot. Ni une ni deux Tak passa à plusieurs fois l'une de ses queues sur mon visage pour essuyer les larmes coulant le long de mes joues. Lui aussi en laissa aller quelques-unes, je pouvais l'entendre. Il resta silencieux, ne sachant pas réellement quoi dire ... D'ailleurs y avait-il quelque chose à dire ?

« Sham. »

Il prononça mon nom tout doucement. Il guida doucement ma main l'aide de son museau. Elle tremblait, je le sentais. Pourtant je n'y prêtais pas attention. Mes doigts se refermèrent sur quelque chose, sûrement de la nourriture. Je n'avais plus faim, pourtant mon ventre continuait à gargouiller. Je la gardais en main, manquant de tomber à tout moment vu à quel point je la tenais du bout des doigts. Tak croqua dans la sienne mais la déposa immédiatement sur moi. Ma clope en profita pour me glisser des lèvres.

« Enchanté Eika. »

Ces paroles avaient été prononcé plus par politesse qu'autre chose. Il sentait que bien que le Nogitsune s'éveillait. Qu'il n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez.

« Recule Eika ! » cria Tak vers la jeune femme

Je sanglotais de plus en plus fort, les larmes laissaient des traces sur mon pantalon. Fonçant encore un peu plus la trame du tissu, diluant les poussières se trouvant sur celui-ci, rendant la terre séchée boue.

« Sham, calme toi. »

Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que le Nogitsune dans mon état. Mais je m'en foutais. Je voulais chasser toutes ces idées. Sans faire attention à Tak je me relevais. J'avais besoin d'être debout. Ma brochette chuta au sol.

« Comment ils ont pu faire ça bordel ! »

Je m’énervais tout seul dans mon coin. Tak bondit sur mon épaule, il avait un peu de mal à tenir su place. Je bougeais en permanence, saccadé.

« Sham ! » cria Tak

Sa voix me semblait plus lointaine maintenant. Je pris une profonde inspiration. Pas pour me calmer, pour prévenir la douleur de ce que j'allais faire. Stupide vous allez dire. Pourquoi prévoir quelque chose qui va nous faire mal alors que l'on pourrait l'éviter ?

« Parce que ça fait du bien ! »

Mon poing s’écrasa violemment contre l’écorce d'un arbre. Je n'avais pas la force nécessaire pour que celle-ci vole en éclat, mais ma constitution était suffisamment faible pour que du sang perle de ma main. La tristesse s'était muée en colère me permettant d'ignorer la douleur. Toute façon j'en avais bavé bien plus qu'à cet instant.

Je voulais crier sur Eika. Lui demander comment une nation peut accepter des personnes retournant leur veste au moindre problème. C'était impossible. Je ne pouvais pas me mettre en de mauvais thermes avec l'Empire. Pas maintenant ! J'en avais besoin. Cette frustration n'aidait en rien à faire revenir le calme en moi. D'ailleurs je ne le voulais pas. Je sentais quelque chose pousser sur ma paume. Je savais de quoi il s'agissait. Des griffes me poussaient. Ca ne pouvait dire qu'une chose.  

« Sham ... Tu ne devrais pas. »

Je pouvais sentir petit-à-petit mon bras gauche se libérer. Pas que le Nogitsune contenu dedans. La pression que les bandelettes exerçaient en permanence diminuait au fur et à mesure qu'un aura bleuté m'entourait. Mes oreilles poussaient, je n'avais pas besoin de les voir pour le savoir. Ce n'était pas la première fois que je me retrouvais dans cet état. Mes dents se faisaient plus pointues. Mes yeux plus lumineux. Chez moi aussi on pouvait voir la puissance des Kitsunes ou Nogitsunes planer dans mon dos. Je possédais le maximum de queues, c'est-à-dire neuf, sauf que les miennes étaient formée par cet aura m'enveloppant.

Je pouvais voir que Tak était partager entre le plaisir de me voir dans cet état et l'inquiétude de ce qui allait se passer.

J'étais plus calme, les petites choses de la vie de tous les jours ne m’atteignaient plus. Oui j'étais triste mais plus suffisamment pour en pleurer. D'un revers de bras j'essuyais le reste de mes larmes. Les bandelettes pendaient lamentablement dévoilant un bras recouvert de multiples sceaux.

Je décoche un large sourire à Eika. Elle me fait encore moins peur maintenant. Je la laisse voir toute l’ampleur de mon chakra. Lui faire croire que sous cette forme je suis un être puissant malgré mon âge devrait jouer en ma faveur. Peut-être pourrais-je même entrer dans les petits papiers de l'Impératrice. Qui sais, elle les aime peut-être jeune et nombreuses ... Cette réflexion m'arrache un rire, bref mais sincère.

« Tu devrais me les donner Sham. »

« De quoi tu me parles Tak ? ... Ha oui je vois ... J'ai une meilleure idée vois-tu. »

Tout en posant un main sur mon ami pour le bloquer je portais au feu les bandelettes. Il était hors de question de redevenir cet enfant pleurnichard. Tak avait bien tenté de s'échapper, enfin pas réellement. Il pensait ne pas vouloir que je le fasse mais en réalité ça l'arrangeait bien. Me voir dans cet état c'était être un peu plus proche de lui. A ce stade nous étions quasiment des frères.

Je me laissais tomber sur le sol tout en essuyant ma main blessée sur mon pantalon. De l'autre je reprenais la brochette qui m'avait été offerte croquant à pleine dents dedans.

« Délicieuse ces brochettes ! Je vois que tu n'es pas qu'une kunoichi de Shi mais également une très bonne cuisinière. Mais bon, quoi de plus normal pour une femme.» je sortais une nouvelle clope, tout en l'allumant je lui demandais « Ca te dérange pas hein ?» question purement mal placée vu que je tirais déjà dessus

« Tu ferais bien de la fermer parfois Sham. » le renardeau ne semblait pas très content de moi

« Si on ne peut plus plaisanter. »

Je reprenais des brochettes. Je mourrais de faim. Je les mangeais sans grande délicatesse.

« Que dirais-tu de ... »

J'en croyais pas mes yeux. Il était là face à moi. Que pouvait-il bien foutre ici ? Bien que sous l'emprise du Nogitsune je me figeais, je mâchais ce qu'il me restait en bouche sans faire de bruit. Comme il me l'avait appris. Son regard était réprobateur. Il était déçu, déçu de ce que j'étais devenu.

Je pouvais entendre la voix de Tak m’appeler au loin. Je n'arrivais pas à détacher mon regard de mon père. Impossible de comprendre ce qu'il pouvait bien faire ici. Comment pouvait-il savoir que j'étais en ce lieu. C'était impossible. Oui totalement. Je reprenais petit-à-petit mes esprits. Plus ceux-ci revenaient plus l'image de mon père disparaissait. Foutu sceau !

Faisant mine de rien, enfin autant que je le pouvais. Je venais tout de même de fixer un point durant une bonne dizaine de secondes.

« Qu'est-ce que je disais ... Ha oui ! Que dirais-tu de nous rendre à Shi no kuni ? Il serait bon pour moi de me rendre compte de tous ce que j'ai loupé durant ces dernières années. Et puis j'aimerais bien savoir ce qu'est devenu tout ce beau monde. D'ailleurs que dirais-tu d'y aller après ce repas ? Enfin après avoir soigné ma blessure comme tu me l'as proposé si gentiment tout à l'heure. J'aimerais ne pas trop rester en place, il faut dire que le voyage temporel ça engourdit les jambes. »
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Dim 26 Fév - 17:18
Eh bien, quelle réaction. Je m’attendais bien à quelques difficultés : ce n’était pas la première fois que je me retrouvais face à un ancien de Shousan. Certains n’avaient même pas survécu aux révélations. D’autres étaient encore aux fers, parce qu’ils s’étaient montrés plus résistants. Pour Sham, dans un premier temps, je restais de marbre. La contestation, les poils hérissés du renard, tout ça me paraissait être une simple formalité. Un refus temporaire de voir la réalité en face. J’entendis néanmoins le hurlement de Naki au loin. Il ne bougeait pas mais m’informait des mouvements de ses deux acolytes. Lui ne pouvait dissimuler son chakra. Eux n’en possédaient pas pour ainsi dire, ce qui empêchait toute localisation. Disons plutôt qu’ils avaient passé de longues décennies à complètement supprimer leur réserve de chakra jusqu’à l’anéantir complètement, dans le seul but de devenir les chasseurs parfaits. S’il avait repéré Naki dans les ruines, Sham ne pourrait tout simplement pas sentir l’approche des deux autres.

Mais tout cela n’était que de la prudence. Ce qui me mit en garde, ce fut la suite. Quand Tak me cria soudainement de reculer, je me fis d’abord prier. Ce n’est que lorsqu’une explosion de chakra retentit dans mes sens que mon corps se mit en action tout seul. Une frayeur. Et la frayeur, même si on a appris à ne pas afficher ses émotions, a toujours provoqué chez moi un retour aux instincts animaux. Je réagis plus vite, plus efficacement, sans plus aucune ombre de doute. Quand Sham frappa l’écorce, je me dérobais vers l’arrière d’une roulade, tout en activant le sceau sur mon bras droit. Je ne me retrouvais pas seulement à un élan de distance, mais à deux. A une distance suffisante pour ne pas permettre à un opposant de la franchir d’un seul bond. Perchée sur une vieille table à moitié détruite par le temps. Arc bandée, Sham en ligne de mire. Et Tak. J’avais deux flèches légèrement décalées l’une par rapport à l’autre pour effectuer un tir double. Ce n’étaient pas de simples flèches en bois. Les deux étaient en argent. Et si l’expérience de la guerre m’avait appris une chose, c’était que personne ne pouvait ressortir indemne d’un trait en argent. Surtout que j’envoyais suffisamment de chakra dans les flèches pour qu’elles puissent occasionner un tir usant de la technique du Météore. En termes clairs, c’était tout ce que j’avais à proposer en termes de puissance.

J’aurais tiré sans sommation si Tak ne s’agitait pas dans tous les sens. Il avait l’air de craindre son compagnon plus encore que moi je ne le craignais, ce qui faisait réfléchir. Et en réfléchissant, l’instinct brut perd le contrôle sur le corps.

** Une perte de contrôle ? Un pouvoir qui le dépasse ? **

Je ne comprendrais jamais les shinobis qui pouvaient développer ce genre de capacités. A quoi sert de vendre son libre-arbitre pour de la puissance, si on ne peut même pas la contrôler ? Ne plus rendre compte de ses propres actes était dérisoire à mes yeux. Pathétique, si j’ose. Ne plus accomplir soi-même ses propres actes, c’est risquer de ne pas pouvoir les assumer. Et quand on cesse d’assumer ses actes, on a toutes les chances de se faire ronger par soi-même. Et donc à s’abandonner encore plus à ce pouvoir. Jusqu’à atteindre le rang d’aimable sociopathe. Puis celui de terrible psychopathe. Je méprisais l’instabilité, en fait, tout simplement.
Mais ça ne m’empêchait pas de reconnaitre le danger. Et vu tout le chakra que j’envoyais dans mes traits, j’espérais ardemment que Sham le reconnaitrait aussi et reviendrait à lui. Parce que vu son chakra, l’Impératrice voudrait le rencontrer avant de choisir si je devais l’abattre ou lui trouver une nouvelle vie au sein de l’Empire. Elle procédait toujours comme ça avec les types puissants. On avait des instructions.
D’un autre côté, ce qui se passait ici resterait entre moi et Naki. C’est-à-dire qu’elle n’en saurait rien. Ce qui n’empêchait pas qu’une petite prime mettrait du beurre dans les épinards, et que je serais bête de la jeter par la fenêtre.

C’est le moment que choisi Sham pour faire une plaisanterie absurde. Une que mon ancien équipier aurait pu faire, ni plus ni moins. Félicitations à lui, il venait de devenir un parfait crétin à mes yeux à l’instar de cet idiot de Kaguya. Ce n’était pas un mince exploit, quand on l’avait connu, croyez-moi sur parole. Je tique quand il me demande si ça ne me dérange pas.

« Je m’en fous. La stupidité n’a pas d’effet sur moi. »

Je baisse à moitié mon arc et cesse d’alimenter les flèches. En partie parce que les deux coyotes sont en position, près à activer les sceaux piégés si la situation s’envenime. Et que, du coup, je peux au moins m’enfuir pour me mettre dans une position plus confortable s’il lui reprend l’envie de me menacer. Vu sa puissance, le Yumi ne suffira pas pour le maitriser. Il me faut le Daikyu. Et pour cet arc, j’avais besoin de prendre beaucoup de distance.

« Par contre les menaces, si. Oblige-moi à nouveau à sortir mon arc et je tire, cette fois. » Puis, se tournant vers Tak : « Tu sembles être le plus sage de nous trois, en fin de compte. »

Je doutais, très honnêtement, qu’il prenne peur. Je voulais juste lui montrer que j’étais prête à réagir et à combattre : il semblait avoir envie de l’éviter autant que moi avant son explosion de colère et son changement de personnalité.

La mention de l’excellence de ma cuisine me surpris un peu, par contre. La viande était cuite, mais c’était tout ce que j’avais à proposer. Elle n’était pas de très bonne qualité, les animaux du coin étaient un peu maigrichons. Il n’y avait aucun assaisonnement, et elle était même un peu noircie par certains endroits : cuite au feu, sans aucun vrai matériel, c’était ce qui arrivait. Il ne devait pas avoir l’habitude de manger très bien depuis longtemps … Ce qui me ramena à mes interrogations et calma légèrement mes nerfs. Sa réalité culinaire semblait altérée. Ca rejoignait mes hypothèses, pour le moment. Ou alors il s’était amusé à dire ça juste pour balancer sa vanne machiste ? Ou alors par ironie … Certaines personnes manient suffisamment mal l’ironie pour … Non, pas possible. La réaction du renard m’éclairait, encore une fois. Il n’était pas ironique.

Bon, le cours de la discussion reprenait. Et mon arc regagna le sceau situé sous ma manche. Alors Sham voulait se rendre à Shi ? Voilà au moins une chose qui ne devrait pas poser de problèmes.

« L’Impératrice accorde audience à tous les anciens ninjas de Shousan qui désirent nous rejoindre afin de clarifier elle-même la situation et leur proposer une nouvelle vie. Nous avons ordre d’aller dans ce sens lorsque nous en rencontrons un. Donc ca ne me pose pas de problèmes de t’amener à Shi si tu acceptes de la rencontrer. »

En fait ca m’arrangeait, j’aurais le droit à quelques drakes comme si j’avais accomplis une mission, alors qu’au final je n’avais presque rien eu à faire.

« Et comme je te l’ai dit le pays du feu a subi très peu de pertes civils pendant la guerre. Il est probable que tu retrouves la plupart des gens que tu connaissais en rejoignant l’Empire. Pour les ninjas c’est un peu plus compliqué, c’était une guerre après tout, même si elle est terminée. Mais si tu me donnes des noms je peux peut-être t’informer sur la situation de certains d’entre eux : j’en ai croisé pas mal, j’en ai ramené d’autres que toi. »

Et j’en ai tué beaucoup. Mais je me gardais de l’ajouter à ma phrase. Inutile de le provoquer pour rien, comme je l’avais dit, la guerre appartenait au passé.
Pour ce qui était de la blessure, j’avais volontairement passé ma réponse sous silence pour le moment. J’attendais un peu de voir s’il était réellement calmé. Après tout, s’il explosait de nouveau elle me donnait un bon avantage sur lui. Plutôt que d’user mon chakra à le réparer, je préférais le garder encore un peu pour charger des flèches ou activer mes pièges pour le moment. En plus, je m’intéressais actuellement aux sceaux apposés sur les bras du garçon. Je n’étais pas encore une experte dans le domaine, mais j’avais de solides notions. Leur agencement et leur architecture était pus qu’étrange et j’avais du mal à les comprendre. Tout ce que je saisissais de ces lignes, c’était qu’elle permettait de passer entre différents états. Ca coïncidait avec sa perte de contrôle, mais c’était quand même bizarre. Aucun indice : le changement était-il uniquement physique et émotionnel ? Ou le changeait-il plus profondément ? Jusqu’à quel point le sceau agissait-il ? Comme un limiteur ? Comme un catalyseur ? Dur à dire. Ce truc était presque impossible à analyser tellement il était différent de ce que je pouvais faire. Je n’arrivais même pas à savoir s’il était complexe ou pas. Ce type était vraiment une énigme. Mais il semblait plutôt puissant, et son Fuinjutsu complexe. Il plairait sûrement à l’Impératrice. Obéir aux ordres sans broncher ne me vaudrait que des bons points pour le coup.

Je me tournais vers Tak. Il semblait avoir plus de bon sens que son compagnon qui s'était mis à baragouiner des absurdités sur un voyage temporel. Complètement fou le pauvre.

« Mais comment se fait-il que vous soyez si peu au courant des évènements d’il y a cinq ans et de la situation actuelle ? Vous étiez à Yuki ou quoi ? Parce que c’est carrément dément, cette amnésie. »
Juunin
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Dim 26 Fév - 21:24
J'étais bien plus à l'aise maintenant. Clope au bec et brochette à la main. Je décortiquais celle-ci affin de facilité la tâche à Tak. Il était totalement capable de s'en sortir tout seul mais pourquoi le faire peiner inutilement. Je jetais de temps en temps un coup d'oeil là où j'avais vu mon père. Ce n'était pas normal ni la première fois, les gens saint d'esprit ne voient pas des fantômes du passé. Enfin, fantôme pas tant que ça. Connaissant mon père il avait réussi à tirer son épingle du jeu.

Elle ne réagit pas à mon pique. Dommage, j'aurais bien aimé un peu de friction sans se mettre au combat. Elle avait montré qu'elle n'était pas faible. J'avais senti son chakra se malaxer. Je ne sais pas ce qu'elle prévoyait comme jutsu mais ça semblait être plutôt gourmand. Une archère ... Ce n'était pas courant. Enfin, peut-être que maintenant oui. Si ça se trouve c'est même une formation mise sur pied par l'Empire.

Je lui décochais un large sourire dévoilant mes dents devenue plus pointue. Plus de menaces ? Que je sache moi je n'avais pointé aucune flèche sur qui que ce soit. Tak lui hocha la tête en signe d'approbation. Bien sûr qu'il était le plus sage. Après tout il n'est pas un Nogitsune pour rien. Sa nature n'était plus la même qu'avant mais il avait toujours en mémoire sa vie de Kitsune. Et puis mise à part dans les actes ces deux-là n'étaient pas si différents. Ils n'étaient pas de la même famille pour rien.

Mon regard se porta sur Eika, je gardais silence pour l'instant. Elle utilisait également le fuinjutsu. Cet art était-il devenu un peu plus répandu ? Il restait tout de même très complexe ne serait-ce qu'à cerner mais surtout appliqué. Ou alors simplement pure hasard ? Qu'importe, le fait qu'elle utilise des sceaux montrait qu'elle n'était pas du tout à sous-estimer. Cet art n'était pas à la portée de tout le monde. Après était-elle réellement pratiquante du fuinjutsu ? Il est possible de simplement l'avoir apposé sur soi et l'utiliser sans être capable de le tracer. Je préférais tout de même partir sur le principe que ça venait d'elle et non d'un autre.

Je récupérais mon bandeau de Shousan, je ne voulais absolument pas le perdre. Il était ce qui me raccrochait à mon ancienne vie.

« Ce serait un honneur de rencontrer l'Impératrice. Je crois que cette rencontre pourrait nous apporter beaucoup de réponses à Sham et moi-même. »

Pas con Tak. Parler avant que je n'ouvre la bouche. Voilà qui pouvait éviter des moments fâcheux. Il serait mauvais que je laisse ma langue déballer tout ce que je pensais de cette bonne femme. Une usurpatrice se faisant passer pour je ne sais quoi. Déjà avant que je ne sois enfermé c'était le même genre d'histoire. Je recrachais la fumée de ma cigarette tout en croquant dans un bout de viande.

Pas beaucoup de perte du côté civile ? J'avais du mal à y croire en voyant à quoi ressemble maintenant Shousan. Certes il était possible de vider la ville mais de là à déplacer la totalité des civiles ? Surtout en temps de guerre. Ils devaient tout de même être entouré par des shinobis pour s'assurer de leur sécurité. L'Empire les aurait laisser faire sans intervenir ? Je voyais mal un tel acte louable durant une guerre. Et puis merde, pourquoi je me posais des question là-dessus.Qu'est-ce que je m'en contre fout du sors de ces gens ! Apparemment Eika était en plausible mesure de me renseigner.

Je me relevais, marre d'être assis. Envie de me dégourdir les jambes. Je réfléchissais à ce que je pouvais demander. J'avais pas mal de nom qui me venaient en tête. D'abord ma famille. Etait-il bon de demander à propos d'eux ? Je ne savais pas ce qu'ils avaient bien pu faire durant la guerre. Je doute qu'ils aient pris part à celle-ci. Ca aurait été se tirer une balle dans le pied pour mon père. Etait-il toujours mafieux ? S'il était en vie oui. Jamais il ne pourrait endosser un autre rôle. Je m'en rendais compte aujourd'hui. L'appel de l'argent facile était trop grand. Tant pis si ça me foutait dans la merde. Au moins maintenant je savais à quoi m'attendre si elle décidait d'en découdre avec moi. De la distance ... Ce n'était pas bien difficile à éviter quand on savait y faire. En serait-il autant pour elle si j'utilisais la puissance Uchiwa ? J'en doute.

J'avais trop réfléchi, elle reprenait déjà. Elle commençait tout doucement à m'agacer. Tak jetais un coup d'oeil vers moi. Je fis un hochement de tête. Elle serait plus enclin à écouter le Nogitsune que moi.

« Tout simplement parce qu'on n'a pas vécu ces événements. Sham a une théorie que je trouve un peu absurde mais qui est la seule à nous offrir des réponses. Nos dernier souvenirs remontent à un peu plus de cinq ans. Nous étions tous les deux en missions, non pour le village mais pour le père de Sham. Quelques choses c'est passé à ce moment. On ne saurait dire quoi vu qu'on ne garde aucun souvenir à partir d'un moment précis. Un groupe de mercenaires nous a attaqué. De là c'est un véritable black out. »

Il mâcha rapidement un bout de viande.

« Désolé je meurs de faim. Donc. C'est à partir de ce moment que nos avis diverges. Pour Sham on a tout simplement était projeté dans le temps. Comment ? On en sait foutrement rien. Ca serait une première dans votre monde si je ne me trompe pas. Pour moi c'est autre chose mais je ne vois pas quoi. Des justsus très puissants capable de modifier la mémoire à tel point qu'un passage d'une vie n'existe plus ? Ca aurait pu être possible si Sham avait vieillit. C'est ça qui est réellement intriguant. Si on avait modifié nos souvenir et non voyager dans le temps il devrait avoir dix-neuf ans et non quatorze comme là. C'est très complexe comme citation je te l'accorde. Je n’adhères pas à la théorie de Sham mais au moins il a le mérite de chercher à apporter une réponse. »

« Qui tient totalement la route. »

Je continuais à tourner. Je n'aimais pas trop quand Tak parlait de cette façon mais il avait le droit de penser ce qu'il voulait.

« Toute façon qu'elle importance ? C'est pas le résultat qui compte ? On est là aujourd'hui sans savoir pourquoi ni comment. » j’écrasais ma clope sous ma semelle « Par contre je serais intéressé par quelques noms. »

Je déchirais un bout de mon haut pour bander ma main blessée. Ce n'était rien de grave mais bon.

« Est-ce que la famille Ono te dis. Oma ? Namiko ? Anako ? Odona ou encore Shûren ? Il y en a encore d'autres. Si jamais je peux tous citer. Ce sont mes parents, frères et soeur. Ou encore Kazuhiro Uchiwa ? » je serrais mon poing, j'avais peur des réponses qu'elle allait m'apporter. « Ou encore Eihiko Tsubazame ? Je me demande s'il a réussi à se faire nommer comme il le voulait ... Hahaha l'éclaire blanc. J'avoue que j'ai rarement connu plus rapide que lui ... 'Fin surtout plus naïf. C'était un petit blond. Et Kokuru Meimei ? Il continue toujours Supershinobi ? »

J'arrêtais là, je la sentais monter en moi. La nostalgie s'installait petit-à-petit. Pour combattre ça le Nogitsune enfermé dans mon bras donna une impulsion. L'aura s'illumina un peu plus. Je récupérais mon petit sourire narquois.
Anbu
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Lun 27 Fév - 23:19
Au moins il accepta de rencontrer l’Impératrice. C’était un problème en moins pour moi et j’aurais mes drakes. Je pourrais peut-être me forger quelques nouvelles flèches en argent, si cela me permettait de dépasser le montant de mon loyer et de l’entretien.
Par contre la suite de la discussion apporta son lot de surprises. Sham semblait avoir eu cinq années particulièrement palpitantes. Ou au moins pleines de rebondissements. Sauf qu’il affirmait n’en avoir aucun souvenir, et avoir voyagé dans le temps. C’était la seule explication plausible qu’il ait trouvé à son amnésie et au fait que son corps n’ait pas vieillit ? J’en avais au moins deux qui me venaient en tête sans trop forcer. Peut-être qu’il me prenait pour une conne. Mais Tak semblait tellement sérieux en me l’expliquant que je réfutais cette théorie. Pour le bien du dialogue aussi. Vu que le calme était retombé, ce n’était pas plus mal.
La première idée plausible qui me venait était une sorte de congélation qui aurait conservé son corps. Je savais peu de choses du Hyoton, et je ne savais pas à quel point on pouvait empêcher les séquelles dans ce genre de situation. Mais ce n’était pas forcément impossible non ? Enfin, la moins extravagante qui me vint était un peu différente.

« Hum … je ne sais pas si vous y avez pensé mais … Et si quelqu’un vous avez kidnappé et gardés dans le coma pour des expériences ? Ou même vous avez retourné la mémoire après ça ? Si l’expérience concernait le vieillissement du corps ca peut expliquer une chose ou deux. C’est sûr que ça parait fou, mais votre histoire l’est alors autant envisager toutes les possibilités. Et puis, je ne sais pas vraiment jusqu’où la science ou les techniques ninjas permettent d’aller. Après tout, il existe une technique ancienne capable de ressusciter les morts non ? »

« Ou alors on pourrait vous avoir cryogénisés pour vous conserver. Vous pensez que ça peut marcher ? Je n’ai jamais croisé d’utilisateur du Hyoton. »


Je l’avais laissé échapper. Mais l’énigme de ces deux personnages qui me faisaient face m’intriguait plus que je ne voulais l’admettre. Ce n’était pas vraiment pas pur altruisme, mais plutôt parce que le fait de les avoir rencontrés me sortait de ma prison d’ennui.

« Enfin ce ne sont pas mes affaires. C’est juste qu’un voyage dans le temps parait si surréaliste … Tu serais sans doute le premier. »

Et si c’était la vérité ? S’il existait un ninja capable de courber le cours du temps ? Je n’avais jamais entendu parler d’un tel être, à part dans les légendes qui avaient traits aux Cinq divinités tutélaires. Alors imaginer qu’un être humain pourrait provoquer ça !
Sham semblait prendre la chose avec philosophie. Le résultat primant sur ce qui l’avait créé. C’était presque de la sagesse, étonnant vu son comportement des dernières minutes. Et rempli d’optimisme, de vouloir ainsi se concentrer sur le présent et le futur. Peut-être qu’il en savait plus qu’il voulait l’admettre ?

Je n’eus pas vraiment l’occasion de réfléchir plus longtemps. Les noms sur lesquels il voulait des renseignements manquèrent d’arracher mes yeux de leurs orbites sous la surprise. Et je restais bouche bée quelques secondes. Ce n’était pas tout à fait la crème de la crème mais … Tant de noms connus ! Et pas des moindres. Je reprenais d’un coup contenance, le fixant avec un regard bien plus attentif d’un seul coup. Et ce n’était pas chose facile vu que j’étais naturellement concentrée, et du genre à analyser le moindre mouvement. Les questions se bousculaient dans ma tête. Ce type ne pouvait plus être n’importe qui. Il y avait trop d’éléments inexplicables ou de noms importants qui gravitaient et s’entrechoquaient dans son histoire.

« Tu étais quelqu’un d’important avant ta période d’amnésie ? Tu viens de me citer, plus ou moins, des noms que les personnes originaires du pays du feu utilisent pour alimenter leurs histoires au coin du feu. Surtout pour les shinobis, en fait. Mais je peux te renseigner sur chacun d’entre eux, sans aucun problème même. »

« Je ne connais pas tous les détails sur la famille Ono mais je connais leur nom. Ton père a déplacé son Empire commercial à Shi et il semble qu’il prospère. Je sais que la plupart de ses enfants sont devenus des ninjas, je ne sais rien des autres, mais je suppose qu’ils sont tous vivants. Enfin je l’espère pour toi, je n’aimerais pas t’annoncer une bonne nouvelle sans te dire la vérité : pour moi oui, après je ne connais pas toutes les personnes venues de Shousan. En tous cas c’est un marchand très connu. Avec un dossier classé confidentiel auquel on ne m’a jamais donné accès car il ne relève pas de mon domaine. »

« Pour Kazuhiro Uchiwa j’en sais un peu plus. A la mort du Shoukage lors de la guerre, il a dirigé Shousan et nous a donné beaucoup de fil à retordre. Je ne l’ai pas trouvé exceptionnellement puissant, mais sa ténacité a forcé le respect de l’impératrice elle-même. Elle lui a même proposé l’accord à l’amiable dont je t’ai parlé pour éviter de poursuivre le bain de sang. Je me souviens, j’étais particulièrement dé… Enfin, peu importe mes états d’âme. C’est lui qui a signé le traité de paix. Selon les livres d’histoire de l’Empire, il a sauvé plusieurs milliers de civils en faisant ça. Et une petite centaine de shinobis. Prends ça comme tu veux, bien sûr, ce ne sont que des faits. Je sais de source sûre qu’il est à Hoto en ce moment, et qu’il s’est complètement retiré du monde ninja. Par contre j’ignore totalement pourquoi. Et Sa Sainteté a ordonné que personne n’aille jamais l’emmerder. Je ne serais même pas étonnée qu’elle le protège en fait. »

« Kokuru Meimei c’était un auteur de bande dessinée, non ? Je ne pense pas qu’il ait pris part à la guerre, donc je suppose qu’il est encore vendu s’il était populaire. Je pourrais vérifier dans les archives si tu veux, mais je suppose que tu en sauras plus en allant au kiosque. »


J’avais volontairement gardé le dernier nom pour le moment, parce que c’était celui, avec Kazuhiro, qui avait le plus attiré mon attention. Tout bêtement parce que l’Empire menait des opérations secrètes pour en savoir plus sur lui justement. Si j’obtenais des informations, je serais peut-être chargée d’une mission importante dans la foulée … Ou alors j’aurais simplement encore plus de drakes, ce qui ne me déplaisait pas.
En donnant cinq ans de plus à Sham, l’âge correspondait à celui d’Eihiko Tsubazame. Ils auraient pu être amis. De très bons amis même s’il le citait juste après sa famille. Que pouvais-je lui dire à son propos ? Oh, et puis mince. A quoi cela me servirait de lui cacher ce que je savais ? Il l’apprendrait très vite, et puis, si je ne gagnais pas un peu sa confiance je n’obtiendrais rien de lui.

« Oui, ton pote a réussi son pari apparemment. Il y a eu un affrontement violent entre un général de l’Empire appelé l’Eclair Noir, et un Chuunin de Shousan appelé l’Eclair Blanc durant les premiers mois de la guerre. Pour nous l’Eclair Noir était totalement invincible, et je l’ai rencontré en personne. Ce type était terrifiant. Ton ami l’a battu en duel singulier. Enfin, c’est même plus que ça. Il a éparpillé son corps, en a retrouvé qu’une partie. Je pense sérieusement que l’Eclair Noir faisait peur à l’Impératrice elle-même. Enfin, on a cru avoir perdu la guerre à ce moment-là. Mais il a disparu une semaine après, et je n’ai encore une fois pas accès au dossier donc je ne sais pas pourquoi. Enfin, j’imagine que ce qui t’intéresse c’est surtout de savoir qu’il est encore vivant. Par contre j’ai du mal à reconnaitre le petit blond naïf dans ce que je sais de lui. »

J’avais volontairement utilisé le terme d’ami et de pote. Pour voir s’il me reprendrait et me corrigerait. On verrait bien. Et je n’avais épargné aucun détail pour juger un peu mieux sa réaction. Si je pouvais le choquer un peu, j’en saurais un peu plus, peut-être.

« J’ai décidé de ne rien te cacher pour te montrer ma bonne foi alors j’imagine que je ne devrais pas m’arrêter en si bon chemin. L’Empire cherche Eihiko Tsubazame depuis cinq ans. On l’a localisé plusieurs fois, mais il mérite son surnom, impossible de le suivre ou de comprendre son itinéraire, il disparait au moindre faux pas. L’Impératrice souhaite le rencontrer pour lui proposer de rejoindre nos rangs. Je suppose donc que ce sera facile pour moi de t’obtenir une audience exceptionnelle quand on y sera. Je pensais devoir te faire attendre un peu, mais avec les noms que tu viens de me citer tu auras probablement une ‘toute affaire cessante’. »

C’était peut-être un peu trop honnête. Mais bon, si je voulais en savoir plus … ou plus généralement être témoin de ce que ce type pourrait bien devenir dans l’Empire. J’étais extrêmement curieuse, en vérité. Qui sait ? Dans quelques années, il serait peut-être mon allié ou ma proie. Aussi, même si c’était rare, je me pliais volontiers à cette discussion. J’étais carrément plus bavarde qu’à l’accoutumée, ce n’était pas pour des prunes.
Juunin
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Mar 28 Fév - 1:53
Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça d'aborder si rapidement le sujet de ma disparition. Eika semblait s'intéresser de près, enfin pas réellement non plus, à ce sujet. Elle avait même déjà mis au point des hypothèses sur ce qui aurait pu réellement se passer. Bien sûr que voyager dans le temps était totalement surréaliste et même très certainement impossible. J'avais bien tenter de le faire à l'aide de mon sharigan en l'utilisant au maximum de sa force. Je n'arrivais même pas à un semblant de début de résultat.

« On a réfléchi à pas mal de possibilité mais sans jamais tomber d'accord. Je ne m'y connais pas non plus dans ces domaines pour pas dire pas du tout. Mais bon, discuter avec Sham n'est pas toujours facile, il est plutôt têtu du coup quand il a une idée en tête difficile de l'y déloger. »

« C'est des conneries tout ça ! Si on avait été cryogénisé on s'en souviendrait. Bon d'accord pas si on a trifouiller notre cervelle mais c'est impossible de le faire sans laisser de trace à mon avis. L'esprit humain est bien trop complexe que pour être totalement malléable à cent pour cent. »

« Sham ! Calme toi un peu, elle ne fait qu'émettre des hypothèses rien de plus. »

C'est vrai ça. Pourquoi je m'énervais comme ça ? Qu'est-ce que j'en avais à foutre de ce qu'elle pouvait penser. L'emprise du Nogitsune, je la ressentais sur mon esprit. Foutue émotion !

« Oui ça paraît être totalement fou mais après tout c'est pas ce que les premières personnes à voir des utilisateurs du chakra en action se sont dit ? Ne crois-tu pas qu'ils se sont dit que c'était totalement surréaliste aussi ? Et ça te dirais pas de demander à ton coyote d'arrêter de tourner autour de nous ou je ne sais quoi ? Que je sache je joue carte sur table avec Tak. Il est là face à nous pas à tourner autour. J'ai juste l'impression d'être une proie à ses yeux. »

Ca me tendait réellement. Etres dans cet état n'était déjà pas une bonne chose de base je dois le reconnaître. Mais en plus se sentir oppresser de cette façon. Rien ne m'assurait qu'il n'allait pas tenter de m'attaquer dans le dos. Je préférais rien que pour ça garder sabre à la main, dans son fourreau bien sûr mais simplement au cas où.

« Assied toi Sham, tu ne fais que tendre l’atmosphère en agissant comme ça. »

Ce n'était pas le meilleur des plans en effet, je ne voulais toujours pas me battre ne sachant pas exactement de quoi était capable Eika. Si elle maîtrisait le fuinjutsu elle pouvait très bien avoir plus d'un tour dans son sac. Je finis tout de même par remettre mon cul sur un bout de bois histoire que Tak me lâche un peu la grappe. J'étais cependant toujours aussi tendu. Chose qui augmenta un peu plus quand elle fut surprise des noms que je venais de donner, je ne voulais pas qu'il soit arrivé quoi que ce soit à l'un de mes amis. Au pire Meimei serait la plus petite des pertes mais ça serait perdre de la grand la grande littérature. Une horreur qui ternirait encore un peu plus le ciel de ce monde.

Je l'écoutais attentivement à cet instant, oubliant même un peu le Nogitsune qui bouillait en moi. A sa première question à propos du fait si j'étais important ou non je fis un simple non de la tête. Comment ça des noms utilisés par la nation du feu pour alimenter des histoires ? C'était mauvais signe, il est rare d'avoir des histoires sur des vivants. Quoi qu'ils avaient tout de même vécu une guerre.

La première vague me soulagea à un point incroyable. Elle ne pouvait pas me dire s'ils étaient bel et bien tous en vie mais tout du moins une bonne partie ... Enfin je l'espère, il faut dire qu'on était plutôt nombreux du coup on pourrait facilement passer pour une famille nombreuse en perdant la moitié de celle-ci. C'était hors de question de penser à ça. Sham vint s'installer une nouvelle fois sur mes genoux me calmant un peu plus. Je continuais tout de même à surveiller les mouvements du coyote. Par contre ce qui m'étonnait était le fait qu'apparemment pas mal de mes frères et soeurs seraient devenus shinobi. Eux qui me rejetaient pour ça ? Le principale était que ma famille était encore là, il ne manquait plus qu'à espérer qu'elle était entière.

Voilà pourquoi des noms au coin du feu. Ce n'était pas mauvais signe finalement. Kazuhiro mener une nation ? Je ne l'avais pas beaucoup connu, mais je voyais mal mon oncle à ce poste. Après que peut-être ... Quoi que non j'en savais rien, je ne le connaissais réellement pas suffisamment pour me faire une véritable idée. Par contre le fait qu'il ait capitulé face à l’ennemi me déçu. N'étions nous pas la nation de l’espoir ? Comment avait-il pu abandonner ... Dans tous les cas il était vivant, peut-être pourrais-je en parler avec lui pour mieux comprendre ... Ou alors pour simplement lui foutre mon poing dans la face !

Meimei était moins important mais il était tout de même quand même bon d'apprendre qu'apparemment il continuait ses histoires. Voilà quelque chose qui n'avait peut-être pas changé. A mon avis un peu de stabilité ne pouvais pas me faire de mal.

Je laissais un souffle de soulagement, l'aura du Nogitsune diminuait petit-à-petit. Pas au point de disparaître mais de quoi diminuer son emprise sur moi.

Vint le tour d'Eihiko. J'avais du mal à croire que l'on parlait de la même personne. Avait-il changé à ce point en si peu de temps que pour arriver à battre un homme de cette envergure ? Mais surtout de cette façon. Je ne cachais pas ma surprise. Quelle évolution fulgurante. Je venais à peine de disparaître que lui était déjà recherché par l'Impératrice ? Lui qui avait au début été un peu jaloux de moi, dans le bon sens bien sûr, se retrouvait maintenant avec la personne la plus influente le recherchant pas pour le tuer mais pour le rallier à ses rangs. Je comprenais pourquoi il fuyait. Est-ce qu'il serait dans mes cordes de le voir ? Ou même une bonne idée ... Je ne sais pas. J'aimerais tant mais ce ne serait pas le mettre en danger ?

« Voilà plus de bonnes nouvelles que de mauvaises. »

« La guerre semble avoir été clémente pour mes proches, j'espère juste qu'il en sera autant pour chaque membre de ma famille. Merci pour ces réponses. Et pour répondre à ta première. Non, pas réellement quelqu'un d'important, juste le fils d'Oma Ono et genin de Shousan. Je crois que j'ai juste eu la chance de connaître les bonnes personnes apparemment. »

Sham engouffra son museau dans l'une de mes poches et en sorti un bout de parchemin qu'il appliqua sur mon bras dénudé. Le fourbe, il avait profité que j'ai l'esprit ailleurs pour sceller à nouveau le Nogitsune. Etait-ce intelligent d'utiliser le seul parchemin de ce type qu'on avait sous la main ? Apparemment il l'avait jugé. Il replongea pour en sortir une bande de tissu enroulée sur elle-même qu'il logea au creux de ma main.

« Contrôle toi un peu plus la prochaine fois ! Garde bien les bandelettes sous la main. On n'a qu'une chance. Et t'avise pas à arracher le parchemin ! »

J'hochais simplement la tête, encore sous la surprise et le bonheur d'avoir entendu que tous semblaient bien aller ... Enfin, être en vie. Pour l'instant je n'avais pas l'envie de le faire mais quand le Nogitsune se fera plus présent je ne pouvais pas promettre de tenir parole.

« Que dirais-tu de prendre la route maintenant ? Je sais qu'il est tard mais à vrai dire ... J'aimerais retrouver le confort de mes proches. »

Tak me lança un bref regard. Avais-je gaffé quelque part ? Peut-être, je pense bien en voyant la façon d'on il avait posé ses yeux sur moi. Ca n'avait pas duré longtemps. Eika le comprendrait-elle ? Après tout elle ne le connaissais pas aussi bien que moi.

« Peut-être que passer une bonne nuit de sommeil avant serait une meilleure idée Sham. Comme tu dis il se fait tard. A toi de voir Eika. Et sinon qu'entends-tu par attendre un peu ? »

L'aura du Nogitsune reprenait un peu de sa force, montrant qu'il s'éveillait face à l'idée de rester ici. Je ne voulais pas dormir près des ruines de Shousan, près de mon ancienne vie. Je me relevais brusquement. Tak appliqua ses queues sur le parchemin pour que je ne puisse pas le retirer discrètement.

« Qu'importe si tu viens avec ou non Eika, je compte bien retrouver les miens au plus vite. »

J'étais plutôt sec, je n'avais réellement pas envie de perdre du temps ici. Je pris tout de même une dernière brochette avant de m'enfoncer dans la forêt. Qu'elle soit sur mes pas ou non m'importait peu.

« Qu'est-ce qui te prend Sham ! »

« On rentre à notre nouvelle maison voilà tout. »

La route allait être longue, surtout que jamais je ne m'étais rendu à Shi. Je savais plus ou moins où se trouvait la ville ... Peut-être qu'Eika serait une aide après tout ...

« Alors tu fais partie du voyage ou non ? »

Criais-je dans les bois pour être certain qu'elle m'entende tout en continuant ma route. Si je me trompais pas Shi était plus ou moins au sud-ouest de Shousan.
Anbu
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Dim 26 Mar - 12:53
Les réactions de Sham me paraissaient disproportionnées. Et plus il parlait, plus elles l’étaient. En fait, il avait beaucoup de colère en lui. De frustration. Et même si j’avais proposé une ambiance plutôt détendue compte tenu de la situation, il semblait avoir du mal à se contenir. Je ne ressentais pas une âme de combattant en lui, ce n’était pas réellement la confrontation qu’il recherchait. Plus la joute verbale ? Il était juste en pleine crise d’adolescence à moitié démoniaque, ou un truc du genre ? A vrai dire, j’y prêtais peu d’importance. La seule chose qui me maintenait en alerte sur le sujet, c’était ma tendance exacerbée à faire attention à ma survie. Du coup, je me maintenais juste prête à réagir s’il refaisait un coup comme toute à l’heure en m’efforçant de demeurer parfaitement naturelle.
Mais bon, je ne pouvais pas chasser mon naturel. Lorsqu’il fit remarquer qu’il aimerait bien que mon coyote arrête de tourner autour du bâtiment je souris de toutes mes dents.

« Non, ils resteront là tous les trois. Ce n’est pas uniquement par rapport à toi qu’ils sont là, d’ailleurs. Les membres de la meute doivent attendre en marge du repas pour avoir le droit de se nourrir à leur tour. Ils ont juste faim, je suppose. »

Jouer cartes sur table hein ? Je l’avais fait à mon maximum. J’avais patiemment éclairé la situation sans pratiquer de langue de bois. Je ne comprenais pas vraiment où il voulait en venir. Il demeurait un inconnu pour moi, et j’avais été plutôt disposée à son égard. Il voulait que j’abaisse mes défenses maintenant ? Je m’étais attendrie par manque d’activité intéressante. Mais pas au point de devenir stupide ou shousanaise.
Enfin bon, c’était justement éviter ce genre de remarques racistes mal venues que je me concentrais avant tout sur le dialogue en cours et pas sur des détails comme ce que faisaient les membres de la meute. J’aurais détesté dire quelque chose qu’Ikusa aurait pu dire. Ca me donnerait beaucoup trop envie de frapper quelqu’un, et la situation partirait en vrille.

Bon. Maintenant qu’il avait toutes ses informations et qu’il était revenu dans la vie réelle, Sham semblait vouloir rallier la capitale pour retrouver ses proches. Drôle d’idée. C’est vrai que c’était la réaction la plus attendue dans ce genre de situation … Je crois que s’il m’arrivait la même chose qu’à lui, je ne regagnerais pas mon clan pour aller me faire mousser. Ma réussite sociale était la seule chose qui les intéressait. Redorer le blason du clan. Ce genre de conneries. Comment pouvaient-ils accepter que nos capacités de traqueurs et de tireurs d’élite soient réduites à cette conception de dorer un blason ? Nous devions vivre pour chasser les proies les plus belles, pour vivre les chasses les plus palpitantes. On ne traquait pas pour vivre, nous vivions pour traquer. Voilà la véritable raison d’être du clan Shirogane.
Bon en tous cas pas de raison de le retenir. Par contre je n’allais pas pouvoir le suivre. Tant pis pour mes drakes. Je devais rester en poste jusqu’au milieu de la prochaine journée. En désespoir de cause, je griffonnais quelques mots sur un papier, sur lequel j’apposais le sceau de mon clan et je glissais le tout dans une enveloppe que je tendis à Sham.

« Tiens. Ca devrait te permettre de rencontrer quelqu’un au palais. Je ne peux pas te garantir Son Altesse, mais au moins quelqu’un qui pourra t’aider à te refaire une place qui te convient si tu choisis de rejoindre l’Empire. Je ne peux pas venir avec toi. »

J’hésite. Au milieu de la nuit le laisser rentrer seul sans guide ? Ce n’était peut-être pas très courtois, surtout que Sham avait l’air d’être un peu désorienté niveau actualité.

« Hmmm … Si tu veux je peux demander à un chasseur de la meute de te guider jusqu’à Shi. En coupant à travers bois tu gagnerais du temps. En tous cas bonne chance. On se reverra sans doute. »
Juunin
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Lun 27 Mar - 12:35
Tous les trois ? Il y en avait donc plus que je le pensais. Etrange, moi qui arrivait souvent à capter les sources de chakra là j'en étais totalement incapable pour deux d'entre eux. Etaient-ils si puissant que ça pour pouvoir me cacher. J'étais plutôt doué dans ce domaine bien que je n'avais pas pu énormément m'entraîner durant toute une partie de ma vie. C'est Shian qui m'avait aidé à développer au mieux cette capacité durant les six mois que j'avais passé dans son domaine.

Je n'aimais pas beaucoup l'idée d'être encerclé par des Kyuochioses que je ne pouvais repérer. Si ça se trouve ils étaient à moins de dix mètres de moi sans que je ne puisse le savoir. Ca me stressé même.

Tak continuait de couvrir le parchemin dans l'idée que je ne le retire pas. Il gardait en permanence un oeil sur mes mains. Le connaissant il aurait été prêt à me mordre afin de s'assurer que je laisser ce bout de papier en place. D'habitude il aimait me voir dans cet état mais dans la situation actuelle il valait mieux que je garde ma tête froide. Même moi en tant que sous l'emprise du Nogitsune m'en rendait compte. Je ne savais rien sur Eika et encore moins sur ses Kyuochioses.

Je regardais autour de moi à la recherche des deux autres coyotes. Aucun signe de vie de ceux-ci mais ce n'était pas spécialement bon signe. Et même au contraire. 'Fin toute façon j'étais sur le départ.

Alors que j'étais prêt à avancer elle me tendit un bout de papier qui devait me permettre de rencontrer une personne qui pourrait me guider à ma mise en place à Shi ou tout du moins dans l'Empire. Je fis demi tour pour m'en emparer.

« Merci mais ça ira, je devrais pouvoir me retrouver. Après tout je suppose que l'emplacement de Shi no kuni est du genre à être connu. »

Je regrettais un peu de devoir refuser sa proposition. C'est vrai que nous aurions sûrement été plus vite en la compagnie d'un des chasseurs de la meute, comme disait Eika, mais je préférais éviter de les fréquenter. Après tout si je ne pouvais pas les ressentir je préférais qu'ils se trouvent loin de moi.

« Merci pour tout en tout cas. »

Je tournais les talons. Je devais rejoindre au plus vite Shi no kuni, si mes souvenirs étaient bon cette ville se trouvait au sur de Shousan, au delà des plaines Arc-en-ciel. Peut-être que passer par Ito dans un premier temps serait un bon plan. Après tout j'allais avoir besoin de reposer. Pour ce qui était de manger je n'avais qu'à chasser comme je l'avais jusqu'à maintenant. Je m'enfonçais dans la nuit, m'éloignant d'Eika tout en restant vigilant par rapport aux Kuyochiose.
Anbu
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Dim 21 Mai - 21:52
15 xp pour vous deux. Barème : rp courant.
L'Eclair Blanc
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