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Dim 6 Aoû - 14:03
Quand on est une Genin avec peu de missions, et pas encore d’équipe, on attrape de mauvaises habitudes. Par exemple, celle de ne pas se lever aux aurores. Et même de prendre de longues grasses matinées. Les journées de Satsu étaient construites autour de cette mauvaise habitude. Elle ne se levait pas avant midi, faisait ses ablutions, mangeait, et il était déjà pratiquement deux heures quand elle était prête à attaquer la nouvelle journée qui se profilait. Comme elle se devait de consacrer une ou deux heures à l’entrainement, il ne lui restait que peu de temps avant que le soir ne tombe. Temps qu’elle consacrait à lire en général. Elle avait emprunté une petite pile de livres à la bibliothèque de la ville, et soit elle avalait les ouvrages, soit elle se baladait dans les forêts alentours à Taki. Les marécages étaient un peu rebutants, mais ils regorgeaient de plantes étonnantes. Un lieu idéal pour en découvrir de nouvelles et donc parfaire ses connaissances en botanique.

Son étude du jour devait d’ailleurs concerner les différentes espèces d’iris qui poussaient dans les marais tout proches de la ville. Parmi toutes les herbes et fleurs qui s’y trouvaient, elles étaient parmi les plus colorées. Jeune fille dans la fleur de l’âge, Satsu avait forcément était attirée par leurs coloris, et avait voulu en savoir plus. Ce qu’elle en avait appris, c’est que la fleur était l’inspiration des blasons des rois du pays du fer. Les anciens rois au moins, pour les nouveaux, elle n’en savait trop rien. Tout le monde disait que c’était la fleur de lys, mais en fait non, c’était l’iris. La fausse-reine, comme on l’appelait. Ce n’était pas très intéressant, en vérité, et même ses propriétés médicales étaient inutiles pour une jeune kunoichi. Traitement de la cataracte … Mouais, autant mettre des gouttes quoi.
Mais bon, Satsu préférait étudier de jolies fleurs que les centaines d’herbes envahissantes qui pullulaient dans les marais. Au moins, ça égayait un peu ses recherches et son apprentissage.

De toute manière, tout n’allait pas se passer comme prévu, et son étude allait se trouver ajournée.

Alors que la jeune fille somnolait, à moitié éveillée depuis le matin mais savourant la farniente et le plaisir de rester allongée dans son lit malgré le soleil qui sévissait à travers ses volets mal fermés, quelqu’un frappa violemment à la porte. Satsu se demanda même s’il n’avait pas démolit sa porte, tellement il avait frappé fort. Elle crut même entendre un craquement, typique d’une porte fracassée. Mais pourtant le martèlement s’arrêta. Puis reprit de plus belle. Elle soupira : elle avait cru pouvoir simplement faire semblant de ne pas être là, mais la personne insistait. Tant pis pour sa sieste ! Elle s’habilla en vitesse, prit deux ou trois secondes pour s’aplatir les cheveux comme elle put, puis se traina en bougonnant vers l’entrée.
Elle retrouva son sourire en chemin, quand même, histoire de ne pas trop afficher le fait qu’elle venait juste de se lever. Et du pied gauche.

Satsu perdit son souci du bien paraître dès qu’elle ouvrit la porte (qui n’était pas fracassée, au passage). L’homme qui se trouvait là portait l’emblème des messagers impériaux. Pas des ninjas, pour le coup, mais plutôt ceux qui délivraient les messages. Mine de rien, même si le métier ne payait pas de mine, ils étaient bien payés et devaient simplement se charger de faire circuler les courriers urgents pour les remettre en main propre. Une histoire de vitesse d’exécution des ordres de mission, ou quelque chose comme ça.
Le regard de l’homme passa d’une feuille dans sa main au visage de Satsu, plusieurs fois. Puis il lui tendit le parchemin qu’il tenait à la main.

« Satsu-san si je ne me trompe pas ? Les autorités impériales m’ont demandées de vous remettre cet ordre de mission. Et tenez, l’adresse à laquelle vous devez vous rendre est sur ce papier-ci. Vous avez une demi-heure, c’est une urgence. Tous les détails sont là-dedans. »

« Une urgence … ? Pourquoi c’est moi qui … Rofl, peu importe. »


La jeune fille s’empara de la paperasse, tandis qu’il lui tendait un reçu qu’elle signa distraitement, tout en ouvrant le sceau qui clôturait l’ordre de mission. Elle fourra le papier avec l’adresse dans sa poche, et se mit à lire le parchemin. Une histoire de gamine disparue, et d’Anbu qui revenait de convalescence. Un traqueur apparemment, donc pas de la gnognotte dans le milieu, sûrement un mec plutôt balèze. Et Satsu avait touché le ‘jackpot’, et on lui avait demandé de l’assister. Comme ils le présentaient, ce devait être une sorte d’honneur.
Elle voyait les choses un peu différemment : ce ne serait un honneur, et un plaisir, que si l’homme en question était mignon. Sinon, ce serait juste un calvaire. Ou un vieillard lubrique. Avec sa chance … Enfin, elle était médisante. Elle avait rencontré des vieillards sympathiques, aussi. Comme Eno. Junpei Akimichi … Le nom ne lui disait absolument rien. Pourtant, les traqueurs avaient tendance à être célèbres : ils faisaient parfois de grosses prises, en travaillant sur le Bingo Book. En général, c’était eux qui stoppaient les criminels de rang S, notamment, et c’était le meilleur moyen de se faire un nom. L’attrait de la célébrité l’avait elle-même fait hésiter à rejoindre leurs rangs, avant qu’elle ne décide que les apothicaires étaient plus dans ses moyens et ses centres d’intérêt.

Bon, en tous cas elle n’avait pas beaucoup de choix qui s’offraient à elle. Être convoquée, c’était un ordre par une requête. En tant que jeune ninja, elle ne pouvait pas décemment se permettre de ne pas répondre ou même d’avoir la moindre minute de retard. Et puis, peut-être que cette fillette avait réellement un problème et que ce n’était pas juste une fugue. Dans le doute, mieux valait répondre présent et parer à toute éventualité. Satsu n’était pas altruiste, mais bon, qui pouvait être assez monstrueux pour ne pas venir en aide à un enfant qui en a besoin ? Pas elle en tous cas. Inhumanité et méchanceté ne riment pas ensembles tant que ce que l’on pense. C’était une peste, pas une démone.
Enfin, il y avait quand même des limites à ne pas franchir. Elle avait une demi-heure, et dix minutes de trajet pour arriver à destination. Ca lui laissait vingt minutes pour se doucher et se pomponner. Les ninjas qui visaient haut se devaient d’entretenir une certaine image de marque. En plus, les gens qui sont beaux inspirent en général d’avantage confiance aux plébéiens.

Ce fut donc une Satsu fraiche et pimpante, qui avait abandonné son dernier bâillement une ruelle avant, qui se présenta à l’adresse donnée. Cinq minutes d’avance, elle s’en sortait bien. Timidement, elle frappa trois coups à la porte. Polie et délicate. C’était toute autre chose que le messager. Et pourtant une femme vint lui ouvrir presque immédiatement.
Elle avait les yeux rougis, elle devait avoir pas mal pleuré. Et des cernes, donc peu dormi. Environ la quarantaine, sans doute un peu moins si elle avait pris quelques heures de sommeil au lieu de ronger son frein. Facile de deviner que c’était Jiara Jijuto, la mère de l’enfant qui avait disparue. Satsu, bien préparée, sorti son bandeau de la poche intérieure de sa veste.

« Bonjour, madame. Satsu Yashara, Genin de l’Empire. J’ai reçu un ordre de mission qui m’a confié la tâche de retrouver votre fille. »

« Bon-jour … Mais on m’avait dit que ce serait un Anbu, et tout ça … Vous êtes sûre ? »

« Je suis là pour l’assister. »

« C’est si grave que ça pour qu’un Anbu ne puisse pas s’en charger seul … ? »


Merde, elle commençait à paniquer. Satsu ne savait pas trop quoi dire. Apporter du réconfort aux familles d’une victime, ou d’une disparue, ce n’était pas tellement son fort. Elle voyait très bien comment l’enfoncer plus bas que terre et la faire mourir de peur, mais par contre, inverser la tendance, là, c’était plus compliqué. Elle ne pouvait pas décemment dire qu’elle était là pour observer un professionnel : ça faisait un peu comme si elle s’en fichait, ou que tout ceci n’était qu’un simple entrainement pour elle. Enfin, c’était probablement vrai, mais ça discréditait un peu ses supérieurs et ce n’était pas son intérêt de tenir ce genre de discours. Comme elle ne pouvait pas décemment dire que Junpei sortait tout juste de l’hôpital et avait donc besoin d’une mission facile pour se remettre en jambes. C’était à la fois rassurant, et inquiétant. Et comme la mère était terrifiée, ce serait sûrement inquiétant pour elle.
Une autre pirouette donc ? Satsu finit par en trouver une, espérant qu’elle serait appropriée. C’était la vérité, simplement, mais un peu moins crue qu’elle ne devrait l’être.

« Junpei-sempaï est un expert dans le domaine de la Traque, il retrouverait votre fille seul sans aucun mal. Mais c’est une question de vitesse : nous devons la retrouver le plus vite possible. Il a donc décidé qu’un autre regard que le sien mènerait peut-être à une idée salvatrice. Je suis venue parce que deux ninjas valent toujours mieux qu’un. Ne vous en faites pas, les ninjas sont connus pour travailler en équipe. Si nous sommes deux, c’est simplement parce que les autorités souhaitent faire au mieux pour retrouver votre fille dans les plus brefs délais. »

Elle sembla un peu rassurée. Victoire ! Mais elle resta silencieuse.

« J’en déduis que Junpei-sempaï n’est pas encore arrivé, madame ? »

« Jiara, je m’appelle Jiara. Non, il n’est pas encore arrivé. Vous voulez l’attendre à l’intérieur ? »

« Ce serait une bonne idée. De toute manière, je pense que Junpei voudra entendre ce que vous avez à dire, et les recherches commencent souvent par une fouille de la chambre, du domicile, histoire d’avoir une piste. »

« Oui … Vous voulez boire quelque chose ? »


Satsu opina. Elle avait l’air définitivement plus sereine, elle ne s’en était peut-être pas si mal sortie après tout.
Maintenant qu’elle y pensait, l’Anbu qui n’allait pas tarder était un Akimichi. Ce n’était pas courant qu’un membre de ce clan soit traqueur. C’étaient plutôt des combattants frontaux que des pisteurs. En fait, elle commençait à avoir hâte de voir à quoi il ressemblait. Elle espérait simplement qu’il serait moins ‘large’ que beaucoup de ses cousins. Sinon ça allait définitivement être chiant comme mission.
Chuunin
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Dim 6 Aoû - 15:36

Junpei Akimichi (Charisme : 4)
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Douloureusement, Junpei fit jouer les muscles de ses bras. Même après ces deux semaines de repos, il se sentait courbaturé simplement en bougeant. Il allait mieux, et son corps était complètement rétabli d’après les médecins. Mais chacun de ses muscles se souvenait parfaitement de ce qu’il s’était passé. A l’instant où il avait croqué la pilule rouge, son chakra avait explosé. Et ses muscles avaient explosés avec lui. Cette douleur, cette peur, étaient inscrites dans sa chair. Et même si aucun mécanisme n’était plus abîmé, le souvenir n’en était pas moins présent.

Junpei Akimichi avait été en première ligne à Kahari quand elle avait été attaquée par un monstre effroyablement puissant. En attendant les renforts, pour protéger les citoyens, il avait dû surpasser ses propres limites. Il avait employé les Ailes Akimichi, la technique ultime de son clan, pour tenter de contenir l’abomination par la force brute. Mais il n’avait fait que limiter les dégâts, et le nombre de morts. Mais lui, avait bel et bien été laissé pour mort. Sa propre technique, plus encore que les dégâts de la créature, lui avait causé de sévères dommages internes et externes.
Après que le monstre fut maitrisé, Junpei avait été retrouvé les muscles et les os déchirés, baignant dans une mare de son propre sang. C’était un miracle qu’il ait survécu. Ou plutôt, il le devait à son corps extraordinairement robuste. Sans ses gênes héréditaires, il aurait sans aucun doute péri. Enfin, il avait également eu beaucoup de chance, peut-être.
Il se sentait mieux, en se disant que c’était sa robustesse, et non de la simple chance, qui l’avait sortie du pétrin. Compter sur le hasard, ou le destin, est bien trop effrayant quand on a vu ce que le monde avait de plus effroyable. Car effroyable, c’était le second nom de cette créature.

Tout en s’habillant, une simple armure sans manche et des gants, Junpei soupira, tâchant de chasser ces évènements de son esprit. Il avait fallu de longues séances pour se débarrasser de cette peur de retourner sur le terrain, et selon son psychologue il n’était pas encore totalement remis. Ca ne saurait tarder, mais il avait besoin de reprendre doucement pour l’heure, de se remettre tranquillement dans le grand bain.
Enfin, doucement était un mot à bannir. Retrouver une fillette qui avait fuguée, ou s’était faite enlever, c’était certes bien en-dessous de ce que ses compétences lui permettaient. Une mission facile, ni plus ni moins. Il n’empêchait que c’était une mission importante. Même un Anbu se devait de le faire avec application : quand la vie d’une enfant est en jeu, on doit ravaler son arrogance pour donner son maximum. Le rang de la mission, le petit C qui trônait tout en haut du parchemin de mission, n’était qu’une anecdote. Ce qui importait, c’était de faire son travail. Et de bien le faire. Chacun devait apporter sa pierre à l’édifice, Etudiant comme Anbu. Se croire au-dessus des autres à cause d’un grade ou d’un peu de force dans les poings, c’était être dans l’erreur.

En revanche, il ne fallait pas abuser : il n’allait pas se pointer chez cette femme avec ses deux Zanbatos sur le dos. Junpei n’y gagnerait qu’à l’intimider, ou à lui faire peur. Et il n’en aurait pas besoin pour une mission comme celle-là. Même si un affrontement contre un kidnappeur n’était pas exclu, il avait confiance en ses poings pour régler le problème.
En plus il ne serait pas tout seul. Ce n’était pas dans ses habitudes de travailler en équipe pour dire la vérité. Il était ce genre de traqueur qui parcoure seul le vaste monde, pour attraper ses propres proies. Il n’avait donc jamais pu se farcir les plus gros criminels, car on préfère généralement les confier à des groupes bien rôdés plutôt qu’à un ninja isolé. Mais au moins, il se sentait fort, et la force avait son importance dans la culture Akimichi. A part un bon repas, rien ne valait de savoir à quel point ses poings pouvaient être forts. Ce qu’ils pouvaient accomplir. Et ce qu’ils pouvaient protéger.
Enfin, il avait quand même accepté l’idée du chef de la traque, qui lui avait dit que ce serait bien d’emmener un jeune ninja avec lui. Ca rassurerait les autorités impériales, qui étaient sceptiques sur son état, et ça ferait un bon genre de pouvoir dispenser un apprentissage à une jeune recrue, même si ce serait un apprentissage assez modéré. Junpei n’avait pas foncièrement l’âme d’un enseignant.

En chemin vers le domicile de la mère, Junpei relu l’ordre de mission pour être sûr d’avoir tous les éléments qui le composaient bien ancrés dans sa mémoire. Ce n’était pas très difficile, à part les noms des acteurs, il n’y avait pas grand-chose. Cela mentionnait simplement une fillette disparue, et que la disparition datait du matin. Ou pour le moins, qu’elle avait été signalée le matin-même. Il y a moins d’une heure. Sinon, rien. Pas le moindre indice. Ca expliquait peut-être qu’il y ait eu besoin de contacter quelqu’un avec un minimum d’expérience. Un Anbu, c’était un peu exagéré, et une aubaine pour la mère, mais un apprenti ninja n’aurait peut-être pas suffi pour le coup. La gamine avait huit ans, c’était vraiment jeune. Comment une enfant de cet âge disparaissait au beau milieu d’une matinée ? Quand la mère rentrait du travail passait encore. L’enfant n’était pas rentrée de l’école, ou un truc du genre. Mais le matin ? C’était pour le moins étrange.

Junpei frappa deux coups nets et secs à la porte d’entrée, et la femme vint lui ouvrir. Il ne fallait pas être un expert pour deviner qu’il s’agissait de la mère. Un peu de bon sens, simplement. L’Anbu montra son bandeau en guise de plaque, et la porte s’ouvrit un peu plus pour le laisser passer. Une jeune kunoichi était déjà présente, sans doute Satsu Yashara. La Genin qu’on lui avait attribuée comme assistante. Junpei fit de son mieux pour sourire tout en lui adressant un signe de main en guise de salut. Puis il se tourna vers la mère. Jiara.

« Ne perdons pas la moindre minute, Jiara-san. Dites-nous tout ce que vous savez, et les circonstances de la disparition. »

Junpei n’était pas le genre d’homme qui s’embarrassait de détails. Moins de temps il aurait la mère dans les pattes, plus efficaces seraient ses recherches. Alors autant se débarrasser au plus vite de l’exposé de la situation. Apparemment, Jiara n’était pas dans une situation qui lui permettait de s’offusquer de son approche très directe. Au contraire, ça devait avoir quelque chose de rassurant puisqu’elle obtempéra aussitôt. Enfin, après avoir tendu une tasse de thé bien chaude à l’Anbu qui la remercia d’un signe de tête. Thé vert. Pas fameux, mais ça avait le mérite de dégager proprement les voies respiratoires. Junpei n’en aimait pas le goût, mais il devait bien reconnaître que c’était le genre de breuvage idéal pour se sentir bien en forme.

« J’aurais aimé avoir plus à vous dire, mais je ne sais pas trop ce qui se passe … Je me suis réveillée quinze minutes avant Kari comme d’habitude. Mais quand je suis allée la réveiller, elle n’était pas là. Ses draps étaient défaits, mais elle avait disparu. J’ai fouillé partout dans la maison, le jardin, mais elle n’était nulle part. J’ai vu que la fenêtre était ouverte, alors que je l’avais fermée avant qu’elle s’endorme, les nuits sont fraiches en été. Donc j’ai immédiatement appelé la police, il y a presque une heure. C’est  tout … »

« C’est déjà un bon début. Elle était ici hier soir. Votre chambre est loin de la sienne ? »

« Juste à côté, mais je n’ai rien entendu et … »

« D’où ma question. Très bien, on va aller voir sa chambre. Vous devriez vous reposer, Jiara-san. Nous allons vous ramenez votre fille, ne vous en faites pas. Essayez de lui offrir un visage accueillant pour son retour, d’accord ? »


La femme fit signe qu’elle était d’accord, mais pourtant Junpei savait bien qu’elle n’en ferait rien. Comment exiger d’une mère qui a perdu son enfant de prendre du repos et d’attendre sans s’inquiéter ? Même si elle pouvait avoir confiance en lui, et le savait, l’Empire, ni personne d’ailleurs, ne pouvait avoir assez d’aura pour effacer cette inquiétude.

« Satsu-san ? Allons inspecter la chambre de Kari, tu veux ? »

Junpei ne s’attendait pas à la voir protester, il n’y avait aucune raison valable. Enfin peut-être avait-elle une question à poser à la mère ? Dans le doute, l’Anbu attendit quelques instants pour lui laisser l’occasion de réagir, puis il se dirigea à l’étage supérieur, droit vers la chambre de Kari. Une chambre d’enfant qui semblait très classique. Des posters représentants des stars de la musique, un ou deux ninjas célèbres, Junpei n’était pas suffisamment people pour savoir de qui il s’agissait exactement. Les vraies célébrités pour lui, c’étaient celles qu’il traquait. Il connaissait bien d’avantage le monde du crime que celui des projecteurs.
Sinon c’était quand même bien rangé et soigné. Des cours trainaient sur le bureau. Rien de bien spécial, un programme classique, une école publique. Elle était du genre à les ranger plus ou moins correctement, une élève moyenne mais pas modèle donc.
Tout cela ne lui apprenait pas grand-chose. Il s’approcha du rebord de la fenêtre.

« Quatre mètres à première vue. Peu de prises simples. Hum … »

Junpei se tourna vers la jeune Genin. Puisqu’ils en étaient arrivés là, autant la faire participer le mieux possible et jauger un peu de quel bois elle était fait.

« Tu en penses quoi, Satsu ? »
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Lun 7 Aoû - 14:14
Du coup, verdict pour Junpei ? Jackpot, évidemment. Il avait les cheveux décolorés par contre, était-ce naturel ou voulu ? Parce que si c’était naturel c’était qu’il était du genre à se prendre la tête ou à être nerveux, et ce n’était pas pour plaire à Satsu qui était plutôt une épicurienne.
Elle balaya vite ce doute cependant : l’Anbu semblait être du genre à assurer et à ne pas se laisser démonter. Après lui avoir dire bonjour d’un simple salut de la main, auquel elle répondit par un grand sourire charmeur, il entama directement sa mission sans se préoccuper de prendre des pincettes comme elle avait pu le faire quelques minutes avant son arrivée. Ce n’était pas illogique : quand on ne doute pas et qu’on ne laisse pas la place pour que les autres posent des questions, personne n’a le loisir de remettre en cause le travail qu’on accompli. Satsu le nota patiemment dans un recoin de sa petite tête. Rien que pour voir cette façon de faire, elle ne regrettait déjà pas d’être venue aujourd’hui.

Par contre, l’histoire de la mère était un peu étrange. Pas que Satsu ne croyait pas que l’enfant avait disparue comme par magie au milieu de la nuit, la mère n’avait aucun intérêt de mentir après avoir appelée elle-même la police, mais plutôt que c’était une histoire bien glauque. Un peu flippante, en tous cas. Et qu’elle n’ait rien entendu signifiait soit qu’elle ronflait très fort, et sa fille tout l’inverse, soit qu’elle avait les oreilles mal lavées, soit qu’elle était épuisée … Soit que le kidnappeur avait un minimum de métier pour ne faire aucun bruit. Surtout qu’instinctivement, les sens d’une mère sont déployés sur la chambre de sa progéniture.
Satsu avait subi trop souvent les radars qui tenaient lieu de tympans à la sienne, elle ne savait que trop bien que c’était difficile que quoi que ce soit lui échappe quand elle était dans sa chambre. Même quand elle semblait dormir. Les mères étaient comme les chats, elles ne dormaient que d’un œil !
Bref, mieux valait se dire qu’il y avait quelqu’un de très méticuleux, ou d’un minimum de métier derrière  tout ça. Ca expliquait sans doute la présence de Junpei. Ou alors Satsu se faisait des films pour rendre la mission plus importante qu’elle n’en avait l’air ? Les jeunes ninjas ont souvent soif d’action, avec elle pas d’entorse à la règle.

Junpei lui laissait tout loisir d’observer et de fabuler, en plus, puisqu’il prenait les choses en mains comme le suggérait l’ordre de mission. Satsu n’avait pour le moment qu’à observer. Et à réfléchir. Et lorsqu’il lui proposa d’aller voir la chambre de la petite, elle ne trouva qu’à hocher la tête. Il semblait s’attendre à ce qu’elle dise quelque chose, mais non. Il n’y avait plus rien à tirer de la mère, elle avait dit elle-même qu’elle ne savait rien. Autant se concentrer sur le lieu où les indices les plus plausibles devaient être embusqués : la chambre. La Genin suivit donc docilement, sans rien ajouter. Elle se demandait quand même comment Junpei avait bien pu se blesser. Il avait l’air et l’attitude de quelqu’un de fort et de confiant. Cela contrastait un peu avec ce que l’ordre de mission disait de lui, et c’était intriguant. C’était malheureusement malvenu et pas idéal, comme situation, pour lui poser ce genre de questions, mais Satsu se promit quand même de profiter de la moindre opportunité pour éclairer le sujet.

En attendant, la chambre de la gamine ne semblait pas être une scène de crime très bavarde. Enfin, à supposer que ce soit vraiment une scène de crime, pas simplement une fugue. Alors que Satsu réfléchissait, elle fut interpellée par Junpei, qui venait de lâcher quelques phrases au sujet de la fenêtre. La fameuse fenêtre ouverte. Avant de répondre, la jeune fille s’approcha, et se pencha même par la rambarde afin d’évaluer la distance et d’avoir un meilleur point de vue. Elle aimait bien qu’on la complimente, et donner une bonne réponse serait la meilleure manière d’impressionner l’Anbu. Elle doutait d’avoir autant de pouvoir faire preuve d’autant de perspicacité que lui, mais si elle pouvait lui donner ne serait-ce qu’une bonne idée ou résumer ses propres conclusions, ce ne serait déjà pas si mal pour avoir une petite place dans son estime.

« Je dirais, vu le manque de prises justement, que quelqu’un ne possédant aucune technique ninja a dû laisser des traces s’il est passé par là pour enlever Kari, c’est obligé. Il n’y a pas de cours, donc pas d’arbre, auquel il aurait pu grimper pour atteindre cet endroit, donc il est forcément passé par le mur. Il faisait humide hier soir, donc on pourrait retrouver quelque chose comme une trace de boue un peu fraiche dans le plâtre, je pense. Comme ça, en regardant … »

Satsu envoya du chakra dans ses yeux afin d’affiner sa capacité à détailler le mur, grâce à la maîtrise du chakra.

[Satsu : -24 chakra]

« Je ne vois rien. Donc j’exclurais la piste amateur. C’est au moins quelqu’un possédant de bonnes capacités en grimpettes voire en infiltration. Et au mieux quelqu’un disposant de l’adhésion. Mais même comme ça il y a peut-être moyen de repérer une empreinte dans la terre au bas de la fenêtre. Encore que l’adhésion peut aussi s’utiliser sur la boue pour ne pas faire d’empreintes, je suppose ? Enfin toute cette partie pistage, ça, je ne sais pas le faire. »

La jeune fille lança un regard interrogatif à Junpei. Lui était Traqueur, il devait savoir procéder à ce genre d’inspection. Elle lui avait donné son ressenti sur la situation, et ce qu’elle pouvait tirer comme conclusions à partir de son expérience assez maigre, et des indications qu’il avait donné juste avant de poser sa question. Mais ce n’étaient que des déductions sans aucune preuve à l’appui. En résumé de simples idées, sans réel raisonnement professionnel derrière. Enfin, au fond, c’était pour ça qu’elle était là, avoir un regard neuf et naïf sur un métier qu’elle ne connaissait pas forcément très bien : celui de traqueur. Au mieux, elle toucherait juste. Au pire, Junpei aurait peut-être quelque chose à tirer de ce qu’elle avait dit. Ou alors il la corrigerait et elle apprendrait. Même si elle aimait avoir raison et épater la galerie, elle n’avait pas la prétention de ne jamais s’être trompée. Surtout en avançant à tâtons comme actuellement.

Satsu se désintéressa un peu de la fenêtre pour regarder aux alentours. Quelque chose la chiffonnait, qu’elle n’avait pas demandé à la mère et qu’elle ne pensait toujours pas très pertinent. Il n’empêchait que quelque chose manquait dans la vie de la mère comme celle de sa fille.

« Je n’ai pas pensé à l’évoquer devant Jiara, je me disais que ce n’était peut-être pas le moment et que c’était peu probable que ça ait un rapport. Ou alors elle nous l’aurait dit. Mais qui était le père de cet enfant ? Sa fille a été enlevée, il aurait dû rappliquer s’il était encore là. Soit la mère ne l’a pas prévenue, et pour quelle raison ? Soit ils sont en très mauvais termes, ou alors elle ne le connait pas. C’est peut-être une simple fausse piste, mais je n’aime pas l’idée d’en négliger une. »

Et elle préférait demander l’avis de Junpei avant de poser des questions peut-être déplacées à la mère qui en avait déjà beaucoup à gérer à l’heure actuelle. Elle n’avait pas envie de paraître rustre pour rien. Si elle s’était écoutée elle lui aurait secoué les puces jusqu’à avoir toutes les réponses dont elle avait besoin, mais elle risquait de se prendre une sanction si elle se montrait un peu trop brutale ou insistante. Mieux valait avoir le feu vert de son chef de mission avant de tenter quelque chose qui était potentiellement stupide.

La poche de Satsu s’agita. Le petit Kou en sortit, secouant sa petite tête poilue pour se réveiller. Il ne piaillait pas comme à son habitude, à son réveil. Normalement il avait toujours faim. Là il semblait un peu agité, comme si quelque chose n’allait pas. Curieuse, et reconnaissant bien ce comportement chez son invocation, Satsu le posa simplement sur le sol.

« Qu’est-ce qui se passe Kou ? »

« Kiou ! »


Personne n’avait jamais compris comment une boule de poils qui ne possédait même pas d’orifice buccal pouvait émettre des bruits. Mais Satsu avait cessé de se poser ce genre de questions il y a un bail. Les totoros étaient des êtres impossibles à comprendre, et pétris de magie. Et justement, c’était pour ça qu’elle l’avait posé sur le sol. Parce que c’était un être féérique, qui n’était pas né, mais qui était apparu comme par magie.
Kou trottina à droite à gauche, s’arrêtant parfois quelques secondes au même endroit en s’arrêtant totalement de bouger. Satsu choisi de s’asseoir sur le lit, le laissant vagabonder à son aise. Elle ne dit rien à Junpei, trop absorbée dans la contemplation du manège du petit totoro. Celui-ci finit par faire un petit bond, et sprinta sous le lit, passant entre les deux chevilles de la jeune fille, qui sursauta par réflexe. Il en ressortit quelques instants après, traînant derrière lui un étrange bout d’on ne sait pas quoi complètement noirci. Il avait tâché son pelage blanc, comme si c’était …

Satsu attrapa l’objet tiré par Kou.

« C’est du charbon. Ah non, Kou ! Va te nettoyer ! Tu es tout sale ! »

Vexé, la petite boule de poils parti bouder dans un coin de la pièce, pour faire ses ablutions. Pendant ce temps, Satsu se tournait vers Junpei tout en lui tendant le morceau de charbon. Enfin, ce qu’elle pensait être du charbon. C’était noir, léger, et ça tâchait. En plus ça sentait la cendre. Ou l’encens, ça ne sentait pas aussi mauvais que de la cendre habituelle …

« Les totoros sont des créatures féériques. Ils ont une sorte d’instinct pour sentir les éléments étranges où qu’ils soient. Le moindre phénomène bizarre, quelque chose qui est aberrant dans l’environnement autour d’eux … Ce sont des radars à bizarrerie. Si Kou a senti ce truc, charbon ou pas, c’est forcément une anomalie. Ou alors un truc magique. Ce n’est pas une histoire d’odorat, je suis formelle : ils n’ont pas d’odorat à proprement parler avant l’âge moyen. Et Kou est encore un enfant, donc il n’a que la vue. »

Seulement, même en ayant trouvé ça … Elle haussa les épaules, l’air un peu cynique.

« Par contre je ne sais pas du tout ce que ça fiche ici. Une sorte d'amulette pour éloigner un esprit ? »
Chuunin
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Mar 15 Aoû - 13:54

Junpei Akimichi (Charisme : 4)
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Junpei, jusqu’ici plutôt neutre, vit son sourire se faire progressivement de plus en plus large en écoutant l’analyse de la jeune fille. Même s’il n’avait pas l’habitude de jouer les éducateurs pour jeunes ninjas, l’académie ne s’était pas moquée de lui : elle était très douée cette petite. Sans aller trop loin dans ses conclusions, parce qu’elle était consciente de ses propres lacunes en matière d’investigation, elle avait tout de même donné son ressenti de manière particulièrement objective. Un mélange d’humilité et de motivation à bien faire. Ils étaient nombreux qui auraient pu prendre exemple sur son comportement, même parmi les ninjas expérimentés.

« Aha ! Un joli minois et des méninges bien utilisées ! Ca te dirait pas de devenir traqueuse ? »

Une simple plaisanterie : évidemment qu’au sein du département d’enquête, ils possédaient quelques informations, ou avaient la possibilité du moins de les demander. En l’occurrence, il avait dû demander à un autre service, plus administratif, pour avoir deux ou trois informations sur Satsu, histoire de savoir à quoi s’en tenir avant de venir. Il savait pertinemment qu’elle avait choisi une autre discipline. Mais il ne mentait pas : elle ferait sans doute une bonne enquêtrice.

Et elle fit la démonstration de sa compatibilité avec l’Enquête d’une manière bien différente, une nouvelle fois, dans la foulée : elle lâcha une petite boule de poils sur le sol, qui se mit à trottiner partout dans la pièce avant de disparaître sous le lit. Une invocation ? C’était une invocation bien étrange, très inhabituelle. Un totoro … Inconnu au bataillon pour l’Akimichi. Comme quoi, on a toujours quelque chose à apprendre, même de plus jeune que soi. Encore une fois une belle leçon de modestie, décidément, elle avait le chic pour aider l’Anbu à se remettre en question quant à ses propres aptitudes …
En tous cas, la capacité de cette invocation était tout aussi curieuse … Mais très utile ! Junpei se mordit la lèvre inférieure. Il l’avait dit pour plaisanter, mais cette fille aurait été un atout merveilleux pour l’enquête au sein d’une équipe de traqueurs, il n’en doutait plus. Elle semblait savoir réfléchir, ce qui était parfois tout ce qu’il fallait pour faire un bon agent. Mais son invocation la mettait à un autre niveau : elle pouvait se spécialiser dans les affaires insolubles, un peu paranormales, très bizarres quoi. Grâce au flair du totoro, elle pourrait dénicher des indices ou des endroits que les autres ne pouvaient pas voir même avec toute l’expérience du monde.
Enfin, changer de discipline n’était pas possible malheureusement. Mais c’était bien dommage.

La trouvaille du petit Kou le laissa perplexe, par contre. Il attrapa le morceau de charbon que lui tendait la jeune fille, en profita pour l’inspecter sous toutes les coutures … C’était vraiment une découverte intéressante.

« J’ai regardé le dossier de la famille avant de venir, tu penses bien. Le père est mort il y a quatre ans, dans un accident. Un éboulement, il était spéléologue. On a retrouvé son corps, donc ça exclue une bizarrerie avec un revenant. Cela dit, je sais aussi que personne n’est un utilisateur de chakra dans cette famille. Or, ce morceau de charbon que Kou a trouvé contient des résidus de chakra. Ca ne nous dit pas grand-chose sur son utilisation, mais juste qu’il a été associé à du chakra. Après, ce peut être un objet lié émotionnellement à une personne. Parfois, quand quelqu’un est très lié à un objet, et le serre entre ses mains par exemple, il arrive que l’esprit et le cœur réussissent à le charger avec un tout petit peu de chakra même si on ne sait pas l’utiliser. Ca rend un peu l’objet exceptionnel, et on s’y attache plus facilement. C’est assez rare, cela dit. »

« En tous cas, bien joué. Tu as une invocation surprenante ! Je n’aurais probablement pas trouvé ça tout seul. C’est peut-être une fausse piste, comme un indice majeur cela dit. Gardons-le juste dans un coin de la tête, d’accord ? Au cas où, mais ne nous concentrons pas trop dessus pour l’instant, on se ferait juste des nœuds au cerveau sans pouvoir tirer de conclusions. »


Junpei se dirigea vers la porte.

« Tu viens ? On va aller voir le mur comme tu l’as suggéré, et si on peut trouver un ou deux indices. A mon tour de te montrer mes invocations ! »

Il lui adressa un franc sourire, puis se dirigea vers l’entrée. Au passage, il montra le morceau de charbon à la mère qui dit qu’elle ne savait pas ce que c’était. Il éluda et se contenta de sortir dehors. Il avait pensé à un souvenir du père, mais si la mère n’en avait pas connaissance … Curieux, de plus en plus. C’était peut-être bien un bon indice que Kou et Satsu avaient trouvé après tout.

Bon en tous cas, ils étaient maintenant devant la façade de la maisonnette. A première vue, rien de spécial. Junpei laissa ses yeux vagabonder sur le sol sans dénicher d’empreintes, ni de trace sur le mur. Tant pis, la solution de simplicité ne fonctionnerait pas. De toute manière, si Junpei était un bon combattant et savait appréhender les suspects, ce n’était pas un traqueur d’exception. En revanche, il avait lui aussi un appui qui lui permettait de démêler des situations comme celles-là … Il exécuta les signes incantatoires de l’invocation … Et un éléphant apparut, pépère, devant la maison de Jiara. L’air de rien, comme s’il était tout à fait au bon endroit. Bon nombre de passants sursautèrent, et contournèrent la scène avec circonspection. Heureusement, Junpei portait son bandeau bien en évidence, ce qui simplifiait les choses et évitaient que les curieux ne s’approchent trop près.

« Hoooo ! Junpei ! Ca faisait un moment, tu t’es remis de tes blessures ? »

« Salut, Lomo. Content de te voir. Tu me connais, mon gros, je suis plus résistant que j’en ai l’air. »

« Hmmm … On a quand même tous crut que tu étais mort. »

« Pas le temps pour ça. L’essentiel c’est que je sois debout et en pleine forme, pas vrai ? »

« En pleine forme … »

« … Oui. Bon, on recherche une gamine qui a peut-être été enlevée. Tu sais que je ne suis pas très fort pour examiner les endroits et trouver des pistes. Je me demandais si tu voudrais bien me dire ce que tu sens dans le coin. »


Soudain, Junpei réalisa qu’il était un goujat, il s’effaça pour laisser l’éléphant et Satsu face à face.

« J’allais oublier, quel imbécile ! Lomo, je te présente Satsu. C’est une jeune Genin qui m’aide pour cette enquête. Et cette petite boule de poils, c’est Kou. »

« Ohoho ! Bonjour petite ! Et toi aussi, jeune totoro ! »


Les salutations ne furent guère éternisées, Lomo préféra tout d’abord s’intéresser à la maison désignée par l’Anbu, qui paraissait plus préoccupante. Pendant qu’il s’affairait, balayant l’air avec sa trompe et ses immenses oreilles, Junpei se tourna vers Satsu pour lui expliquer la situation.

« Il y a pas mal de prétendants au titre de meilleur Kyuchiose en termes de capacités sensorielles. Pour la vue, le goût ou encore l’ouïe, je ne sais pas du tout qui a la palme. Mais en terme d’odorat, les éléphants sont au top niveau. Ils ont un peu de concurrence des chiens et des rats, mais personne ne les égale dans ce domaine, pourtant. En concentrant son chakra dans sa trompe, Lomo est capable de retracer une journée entière d’odeurs qui ont vagabonder dans un endroit précis, et même d’en retenir une. Dès qu’il en a une dans le nez, il peut localiser cette odeur dans n’importe quelle source située dans des environs de plusieurs kilomètres de diamètre. »

« Je ne suis pas un très bon Traqueur en termes de capacités de détection, mais avec Lomo, c’est rare que quelqu’un m’échappe ! Pas mal hein ? »


Tout fier, Junpei sourit de toutes ses dents. Puis il se tourna vers l’éléphant qui reportait leur attention sur eux, après avoir laissé son énorme trompe dans la chambre de la jeune fille.

« Il y a trois odeurs successives dans cet endroit, hier soir. Celle d’une petite fille, forcément. C’est assez facile à distinguer. Une odeur que je sens dans la maison, encore, donc je suppose la mère. Puis une troisième qui est arrivée plus tard. Je pense que c’est une odeur humaine, mais je n’en suis pas sûr, elle avait comme une odeur de brûlé qui me dissimule partiellement son odeur habituelle. »

« Une odeur de brûlé … ? »

« Oui. Enfin, j’ai trouvé une source semblable à cette odeur dans un point précis de la ville, vers l’Ouest, si vous voulez aller voir. »


Ni une ni deux, Junpei bondit sur le dos de l’éléphant. Puis il tendit sa main à Satsu pour l’inviter à monter elle aussi.

« Une petite balade à dos d’éléphant ? Il va nous emmener, il semblerait qu’on ait une piste pas vrai ? »
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Sam 19 Aoû - 13:29
Satsu se contenta de sourire sans apporter de réponse à la proposition de Junpei. Elle aimait les compliments, et celui-là était bien tourné. Mais comme il le dirait un peu après, il était du genre à regarder les dossiers des acteurs avant de commencer la mission. Et c’était évident qu’il avait aussi regardé le sien. Ce n’était qu’une gentille plaisanterie. Mais quand même, savoir qu’elle possédait des qualités qui auraient fait d’elle un bon élément pour la Traque lui faisait bien plaisir. Après tout, elle avait hésité à choisir la Traque avant d’opter pour l’Apothicaire. Principalement parce que les traqueurs parcouraient le monde.
D’ailleurs, comme Junpei était traqueur il devait avoir parcouru pas mal de kilomètres et visité des régions par dizaines, depuis qu’il officiait comme tel. Satsu lui jeta un regard curieux, presque admiratif. Elle l’enviait un peu. Toute cette expérience qu’il possédait, c’était ce qui lui manquait à elle. Et c’était quelque chose qu’elle ne pouvait pas apprendre juste en écoutant et en lisant : il fallait en faire soi-même l’expérience. C’était une des raisons pour lesquelles elle était devenue une kunoichi. Même si être tout simplement une femme forte lui allait déjà bien.

Le petit speech informatif de Junpei sur le morceau de charbon apportait plus de questions que de réponses, par contre. L’un dans l’autre, impossible de savoir exactement ce qu’il fichait dans la chambre de la gamine. Mais comme Junpei le garda, Satsu se dit que Kou avait peut-être trouvé un indice utile quand même.

La partie qui concernait les résidus de chakra dans certains objets aurait pu être très instructive ; mais pour une fois il ne lui apprenait rien en la matière. Les instruments créés par le clan Yashara étaient justement créés à l’aide d’artisanat et de chakra, mais aussi de liens sentimentaux, d’empathie. C’était même l’essentiel pour en créer un authentique. Sa propre flûte, d’ailleurs, contenait cette essence, ce petit quelque chose. C’était la source de son pouvoir, et du lien inexplicable qui la liait à son instrument de prédilection. D’ailleurs, personne n’avait jamais essayé de poser les doigts dessus sans s’en prendre une. Et personne n’avait jamais réussi. Ses propres parents n’avaient jamais essayés, bien conscient qu’un instrument Yashara est individuel. Et que c’est la pire des insultes pour l’un d’entre eux que de voir quelqu’un tripoter son instrument de musique sans demander la permission. Et la demander, la permission ? Ca pouvait aussi être très mal pris.

Ce qui était plus intéressant, c’était de savoir que ce charbon pouvait avoir ce genre de chakra enfoui en lui. Ce n’était qu’un simple machin minéral, mais il pouvait contenir ce que l’artisanat des Yasharas mettait des années à apprendre à leurs héritiers. Ca aidait à relativiser un peu sur la fierté de ses techniques familiales. Enfin, restait qu’on n’était pas ici dans la pureté et la beauté d’une mélodie Yashara. C’était simplement quelques sentiments, quelques sensations, gravées dans de la pierre. Un peu comme si on avait utilisé une pointe pour mettre quelques mots ou un petit dessin sur un morceau de rocher. C’était bien de savoir qu’on pouvait le faire avec du chakra, mais la comparaison s’arrêtait là finalement.

Là encore Satsu ne répondit rien, se contentant de suivre Junpei tandis qu’il réfléchissait à voix haute et poursuivait l’investigation. Elle n’était que son assistante après tout. Quand elle n’avait rien de pertinent à dire, ni rien à proposer, autant qu’elle se taise plutôt que parler en vain. Elle tenait toujours à faire bonne impression, et ne dire que des choses utiles faisait partie de son modus operandi pour y parvenir.
Elle ne put pas retenir, cependant, un petit cri étonné, quand l’invocation de son aîné arriva. Un éléphant ?!

« Bonjour, Lomo … »

Elle essayait d’avoir l’air assurée et rassurée, mais une foule de questions venaient de se déverser dans son esprit, et le torrent était difficile à contenir en restant de marbre. Il y avait ces insinuations sur la blessure de Junpei d’abord, qui intriguait toujours Satsu, curieuse par nature. Apparemment c’était quand même du genre bien sérieux, et il avait failli passer l’arme à gauche. Ca aurait été dommage, un homme si imposant ! Heureusement, il avait l’air de n’avoir même pas été défiguré, ce qui laissait effectivement pensé que physiquement tout allait bien. Il ne boitait pas, rien.
L’autre question était plus évidente : un éléphant ? En pleine ville ? Certes, ce n’était pas un espion, mais quand même pour un ninja c’est un peu excessif comme invocation. Et terriblement voyant ! En plus celui-là devait être le plus grand de ces mastodontes. En tous cas il dépassait toutes les mensurations imaginables : il était aussi grand que la maison dans laquelle il fouinait !

Les explications de Junpei ne la convainquirent pas vraiment. Pour elle ça restait une invocation du genre pas très pratique. Mais au moins qu’ils aient signé un pacte s’expliquait un peu, maintenant : une histoire de capacités sensorielles … Au moins Satsu se coucherait moins conne au soir. Elle ignorait totalement que les éléphants, et donc leurs cousins Kyuchioses, pouvaient avoir ce genre de capacités. C’était plutôt étonnant.
La surprise passée, la jeune fille se mit même à observer la gigantesque invocation procéder avec une curiosité non dissimulée.

« Oui, ça a l’air très utile c’est vrai. Mais ça ne doit pas être très pratique dans certaines situations, non ? Je veux dire : je n’ai jamais vu d’invocation de cette taille … c’est utile pour traquer quelqu’un, mais s’il vous venir ça perd pas mal son intérêt, même si on sait précisément où il est. Enfin pas totalement inintéressant non plus : une fois localisé il suffit de désinvoquer. Mais quand même, ça a pas mal de défauts … »

Elle réfléchissait un peu à voix haute elle aussi, maintenant. C’était pour une bonne raison qu’elle évoquait ce point, en fait.

« Ce que j’essaie de vous dire, c’est que si Lomo réussit à trouver une piste, il vaudrait mieux ne pas s’approcher de trop près avec lui à nos côtés. Enfin, je suppose que je ne vous apprends rien au fond. »

Après tout, il avait plus d’expérience et devait déjà avoir eu à faire à cette situation des centaines de fois. Elle était peut-être un peu arrogante d’avoir l’audace de penser faire une réflexion utile, pour le coup, sur la façon d’utiliser sa propre invocation. Enfin au moins elle avait exprimé son avis ; et puis elle aimait qu’on l’admire, mais elle détestait laisser penser qu’elle admirait qui que ce soit. Que ce soit le cas ou pas d’ailleurs. C’était partie intégrante du personnage qu’elle souhaitait refléter au quotidien. Une question de fierté, aussi.

Par contre, il fallait bien avouer que l’analyse olfactive de Lomo était réellement incroyable. Il pouvait retracer des événements rien qu’avec les odeurs qui se mélangeaient dans un endroit. Epatant. Ainsi, il y avait bien quelqu’un qui avait réussi à entrer dans la chambre de la petite. Avec un sourire triomphant, Satsu rappela le morceau de charbon, toute fière d’être celle qui l’avait trouvé, du coup :

« Donc il y a bien un rapport avec le charbon ! »

Elle déchanta rapidement en entendant Junpei lui annoncer qu’ils allaient faire une ballade à dos d’éléphant en plein centre-ville. L’idée n’était pas déplaisante, mais seulement l’idée. Elle doutait que se soit confortable, une fois perchée là-haut. Mais Satsu se ressaisit très vite, voyant une opportunité certaine, finalement …
Elle attrapa la main de Junpei, qui l’aida à se hisser en haut et la posa derrière lui. Se souvenant de sa première expérience à dos de cheval, Satsu garda les deux jambes du même côté, pendouillant dans le vide. Ce n’était pas très stable, mais elle compensa en passant ses deux bras autour de la taille de Junpei, et en le serrant un peu plus fort que de raison. Au pire il croirait que c’était la première qu’elle grimpait sur une invocation de six mètres de haut (ce qui était un peu la vérité, à vrai dire), et en tous cas il ne trouva rien à redire. Ou alors il comprendrait qu’elle était assise d’une façon pas très stable.

Le dos de Lomo était tellement grand qu’ils ne voyaient pas les côtés des rues, par contre, et c’était bien dommage. Elle ne pouvait pas se pavaner en regardant tous les petites poufiasses qui trainaient dans les rues de haut …
Mais la promenade dura un peu plus longtemps que prévu. Lomo sortie même des quartiers principaux de la ville, pour se diriger à l’écart. Vers une zone de stockage, qu’on voyait au loin. Des hangars. Il s’arrêta quand même trois cent bons mètres avant d’y arriver.
L’œil devenu soudain plus sérieux, Satsu fixa l’endroit. Elle était encore un peu loin pour sentir quoi que ce soit malheureusement.
L’adolescente tapota l’épaule de Junpei pour attirer son attention.

« Junpei-sempaï, il faudrait qu’on mette pied à terre ici non ? Et je ne sais pas à quelle distance vous pouvez repérer le chakra vous, même si je me doute que trois cent mètres ce doit être trop pour vous aussi ? En tous cas, moi j’ai besoin d’être à environ cent mètres. Si on se rapproche un peu, en privilégiant la discrétion désolée Lomo, je pourrais au moins vous détailler les chakras dans le bâtiment. »

Junpei se contenta d’un sourire et obtempéra. Après qu’ils soient descendus, et qu’elle ait du même coup arrêté de jouer la comédie et sauter habilement et souplement au sol, démentant par la même occasion toute son attitude pendant le trajet … Junpei révoqua son invocation et lui fit signe de le suivre. A pas de loup, la jeune fille le laissa ouvrir le chemin. Il contourna l’accès principal, pour l’amener près de l’entrée ouest de la grande grille qui entourait cet ancien hangar de stockage. Il avait l’air désaffecté à première vue … Curieux. Quel était cet endroit au juste ? Aucun panneau, rien. Enfin si, un bout de poteau en métal, apparemment le haut avait été arraché. Et quelques tags, mais c’étaient des gribouillis qui ne voulaient rien dire pour elle. Peut-être que l’un d’eux dirait plus de choses à Junpei ?
Alors qu’elle allait suggérer deux ou trois choses, Junpei lui murmura qu’ils devaient être assez près, coupant court à ses réflexions. Satsu se concentra, parcourant la zone avec ses sens.

« Je ressens trois chakras qui pourraient correspondre à des Genins au vu de leur puissance. Et un autre un peu plus important. Il y a un chakra très très faible qui ne bouge pas … Et un chakra presque aussi puissant que le vôtre, mais dans les sous-sols. Mais je sais pas … Il est bizarre … En plus tous les autres sont au même endroit, dans le hangar principal là-haut. Mais l’autre est comme enfoui sous terre. Et il émet comme des ondes … Je ne sais pas. J’ai l’impression qu’elles me brûlent rien qu’en les ressentant. »

Elle réalisa, et c’était désagréable, qu’elle en avait des frissons.

« Brrrr … C’est quoi cet endroit, Junpei-sempaï ? »
Chuunin
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Lun 21 Aoû - 17:52

Junpei Akimichi (Charisme : 4)
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Junpei se retrouva tout penaud. Il s’attendait à impressionner la jeune fille grâce à son énorme invocation, mais apparemment elle ne semblait qu’à moitié convaincue. En plus elle avait d’emblée trouvé l’inconvénient de ce type d’invocation. Elle était un peu trop pertinente pour son âge. Décidément, les Genins n’étaient plus ce qu’ils étaient. L’époque où ils étaient braillards, incompétents et crédules lui manquait un peu parfois. L’Akimichi aimait bien être le plus malin à bord, et c’était bien plus amusant … Enfin bon, c’était l’époque difficile qui voulait ça. La transition pas encore tout à fait finie entre la guerre et la paix. La tension. Les jeunes étaient mûrs plus vite. A son grand damne ! Le seul point positif, c’était qu’il avait une vraie équipière pour le coup et pas une figurante.

Assis en tailleur sur le dos de Lomo, Junpei prit un peu de temps pour réfléchir et méditer à la situation actuelle et aux quelques indices en leur possession. Comme Satsu l’avait dit, ça avait effectivement un rapport avec le charbon finalement. Cette odeur de brûlé était caractéristique, et Lomo l’avait identifiée et retrouvée ailleurs aux alentours de Taki. Ils s’y dirigeaient d’ailleurs. Mais à quoi ça rimait au juste, du charbon ? Ca ressemblait de plus en plus à quelque chose de bizarre. Comment pouvait-on perdre involontairement un morceau de charbon dans la chambre d’une gamine qu’on kidnappe ?
Une seule chose était certaine pour le moment : l’ensemble des éléments ne collaient pas trop entre eux. Quelque chose était bizarre.
Mais Junpei n’eut pas l’occasion de songer plus en avant à tout ça. Ils étaient suffisamment près de l’endroit maintenant. Satsu lui tapota d’ailleurs l’épaule pour lui faire signe qu’il était temps pour Lomo de les quitter. Ce que l’éléphant fit, sans demander son reste. Junpei lui adressa un clin d’œil avant de le révoquer. Il aurait le temps de le remercier plus tard. Pour le moment, être rapides et ne pas s’éparpiller en futilités était de mise.

Contrairement à l’investigation dans la chambre de la gamine, ce fut Satsu qui prit les devants. L’Anbu en fut carrément surpris : on lui avait dit qu’il aurait une jeune Genin à qui il devrait montrer quelques rudiments du métier. Il ne s’attendait pas du tout à la voir prendre des initiatives et même dicter limite la marche à suivre. Mais bon, elle ne lui laissa même pas le temps de protester et ils se retrouvèrent bientôt à cent mètres du complexe abandonné.

Comme l’avait dit Satsu, la raison pour laquelle il comptait sur Lomo assez souvent, c’était parce que ses propres capacités de détection n’étaient pas fameuses. Et elle démontra rapidement que, elle, par contre, était un bon ninja sensoriel. Distinguer des chakras à cent mètres, les localiser partiellement, et les énumérer … C’était vraiment pas mauvais.

« Trois chakras de niveau Genin … On avait donc raison, nos ravisseurs savent utiliser au moins les bases de l’art ninja. Ca explique l’absence de traces sur les murs. Satsu, on va devoir faire très attention : ce n’est pas une simple arrestation frontale. Ils ont un otage potentiel, et nous devons le garder à l’esprit. Le plus important n’est pas forcément d’obtenir le pourquoi du comment ou même de les arrêter pour le moment. Tout ça n’est qu’un plus. Notre mission a un objectif premier : Kari, toi, et moi, on doit sortir tous les trois d’ici en un seul morceau. Le reste, c’est secondaire. Important, mais secondaire. Alors une fois à l’intérieur, plus d’initiatives si ce n’est pas absolument nécessaire. »

Pour adoucir un peu ce discours qui ressemblait à s’y méprendre à des remontrances, alors qu’elle faisait du bon boulot, il ajouta :

« Je ne pensais pas que tu serais aussi efficace. On m’a demandé d’apprendre deux ou trois petites choses à une débutante, mais tu te débrouilles déjà très bien. »

Une petite hésitation.

« Tu ne veux toujours pas rejoindre … ? »

Réponse. Grimace.

« Bon, tant pis. »

Junpei frappa son poing contre sa paume. Il avait clairement envie d’en découdre, maintenant qu’ils disposaient d’informations conséquentes et d’une bonne idée de ce qui les attendait. C’était un homme d’action, et il en avait été tenu loin trop longtemps.
Il demeurait une inconnue là-dedans, qui ne lui plaisait pas des masses, par contre : le chakra puissant et étrange que Satsu ressentait au sous-sol. Ils allaient devoir faire attention. Bon, il avait enfin son plan d’action.

« Je ne sais pas exactement à quoi servait ce complexe, mais il est abandonné, c’est pour ça que la pancarte devant a été enlevée. Il y avait pas mal de ce genre d’endroits autour de Taki à la naissance de l’Empire. Ils servaient surtout à stocker des armes pour la guerre entre l’Empire et le pays de la cascade, et même des armes biologiques parfois. Tu sais, laboratoires secrets, tout ça. Ils ont tous été désarmés soigneusement mais tous n’ont pas été démolis ou reconvertis, encore. Ca pourrait bien être ce genre de chose que tu ressens dans les sous-sols. Je ne sais pas. Restons prudents en tous cas, on pourrait avoir des surprises qu’on soit ou non sur nos gardes. »

« De toute évidence tu es doué pour manier, cacher ou ressentir le chakra. Je vais charger de face. Toi, essaies de t’introduire discrètement par le toit ou quelque chose comme ça en restant dissimulée et en cachant ton chakra. Tu te mets en position, et dès que tu l’es, tu attrapes dans un genjutsu celui qui est le plus près de la fillette. Je me chargerais des deux autres à ce moment-là, quand je le verrais paralysé. Prête ? C’est parti. »


Junpei se mit simplement en marche, tout droit, sans même attendre de réponse. Il traversa la cours à grands pas, bien à découvert, et arriva jusqu’à la porte du hangar qu’il explosa d’un coup de poing gigantesque et surpuissant, sans plus chercher aucune discrétion. Ah, la vraie essence du clan Akimichi tout ça. Ca lui donnait faim d’ailleurs. Il faudrait qu’il se mange une glace après toutes ces émotions.
Bon pas moyen qu’ils ne l’aient pas entendu arriver. Où étaient ces trois crétins, maintenant ? Tout en observant les alentours, Junpei se mit à avancer. Ce complexe … Etait très grand de l’intérieur. Parce qu’il était particulièrement vide.

Toujours personne en vue. L’Akimichi essayait de percevoir les alentours malgré son manque de talent dans le domaine. Mais personne non plus. Donc personne n’utilisait de chakra en ce moment. Ils lui tendaient une embuscade ? Peut-être. Il fallait espérer, c’était un peu ce qu’il voulait après tout. C’était la méthode ‘la tête dans le piège’ qu’il utilisait. Sa méthode favorite.
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Mar 5 Sep - 21:03
Vu le ton avec lequel Junpei entama sa réponse, Satsu décida rapidement de détourner le regard et de simplement faire la gueule. Tout supérieur hiérarchique, beau gosse, et fort, qu’il était, elle n’aimait pas du tout qu’on lui fasse des reproches sur sa façon de faire. Surtout après avoir débarqué près de la planque des vilains à dos d’éléphant, alors qu’elle venait de faire une bonne partie du boulot toute seule. Heureusement que Junpei prit la peine de mettre un peu d’huile pour masser son propre discours et lui donner une allure plus douce, et plus de félicitations, sinon elle aurait sûrement boudé jusqu’à la fin de la mission.
Elle oublia ses griefs contre lui dès qu’elle l’entendit dire qu’elle était formidable. Evidemment, il s’attendait à quoi ? C’était la meilleure !

Avant qu’elle n’ait pu bomber le torse et reprendre ses esprits après avoir chaviré sous les flatteries, l’Anbu enchaina très vite. Il lui explosa directement le plan d’action, leurs objectifs, et leurs priorités. C’était rapide. Et précis. Et en plus elle n’avait rien à redire, ça semblait presque parfait. A part la partie où il fonçait droit dans la gueule du loup … Mais bon, elle avait bien compris qu’il n’était pas du genre à faire les choses par la ruse, de toute façon. Qu’il ait pensé à lui demander de le couvrir, c’était déjà pas mal pour quelqu’un comme lui. Ah les hommes !
Satsu n’eut de toute façon pas le temps de réfléchir ou de faire semblant de protester : il était déjà parti. Droit devant, l’air de rien, directement vers la porte du hangar.

« Bon sang … Allez viens, Kou. Nous on va devoir s’infiltrer ! »

Le petit totoro lui répondit par une exclamation étouffée, en gardant l’œil vigilant. Un vrai petit ninja : il était trop mignon comme ça, aux aguets.
La jeune fille, plutôt que d’aller par la porte principale comme son compère, contourna le hangar pour tenter de dénicher une entrée un peu plus discrète. Et elle finit par trouver une fenêtre, à l’étage supérieur, qui semblait ouverte. C’était haut, mais rien d’insurmontable. Prudemment, pas à pas, en tâchant de ne pas faire de bruit en marchant contre la tôle, elle se hissa en haut à l’aide de l’adhésion. D’abord, elle demeura dos à la paroi, les mains plaqués contre elle en utilisant l’adhésion encore une fois. Et elle pivota la tête tout doucement pour jeter un œil à l’intérieur. La fenêtre donnait sur une plateforme, qui surplombait la pièce et était plongée dans la pénombre. Un endroit parfait pour se planquer.
Satsu se laissa docilement glisser à travers l’encadrement grand ouvert, et se faufila pour se planquer derrière une caisse stockée en hauteur. De là, elle pouvait voir et ressentir ce qui se passait dans toute la pièce, tout en …

Un énorme choc métallique la fit sursauter, manquant de lui décimer son camouflage jusqu’ici très habile. Elle chercha quelques instants la source du bruit et … l’identifia très rapidement. Junpei venait littéralement d’enfoncer la porte principale du hangar d’un énorme coup de poing. Elle ne comprenait toujours pas comment il était devenu traqueur. Par contre, elle avait bien enregistré que c’était un Akimichi. Ca, pas de problème. Il n’y avait qu’eux pour posséder une force de frappe directe aussi démentielle. Et apparemment, un tout petit esprit, aussi.
Vraiment, être beau gosse compensait tellement d’autres défauts ! Sans ça elle n’aurait pas supporté plus longtemps l’idée de faire équipe avec un bourrin pareil.

Bon au moins il avait attendu qu’elle soit à son poste d’observation avant d’arracher la porte d’entrée. Dès qu’il commença à s’avancer, les semelles sous ses pas résonnant contre le sol bitumeux, soulevant des nuages de poussière, Satsu se lança dans une inspection des alentours à l’aide de ses sens chakratiques. Les trois sources de chakra qu’elle avait perçu avant d’entrer … elle en ressentait encore deux. Mais celle qu’elle avait supposé être celle de la gamine, par contre, n’était plus dans les alentours immédiat, ou alors elle ne la ressentait plus. Les deux autres émanaient de derrière des caisses situées sur le côté droit de la pièce. Ils étaient en train d’en dépenser, et de préparer quelque chose. Impossible que Junpei ait loupé ça, même si c’était un gros balourd qui fonçait dans le tas. Il devait quand même avoir un minimum de métier.
Tout doucement, à pas de loups, la jeune fille commença à avancer le long de la plateforme, sans faire de bruit. Heureusement qu’elle était vraiment légère, vu la précarité de l’installation, si ça avait été quelqu’un de plus lourd qu’elle tout se serait écroulé, ou aurait grincé, provoquant un vacarme du diable. Mais son petit corps tout maigrichon, lui, évoluait tranquillement le long des installations, sans produire le moindre son. Et elle taisait son chakra de son mieux, pour rester bien hors des portées d’éventuels sens à l’affût.
Elle avança encore un peu et … Ca y était. Les deux autres chakras. Non, les trois autres. Elle ne savait pas trop dire où ils étaient exactement, mais cette fois ils étaient tous dans son champ sensoriel. Donc tous dans le hangar, probablement. Mais ça avait l’air d’être plus dans le fond, derrière une porte close …

Bon, elle n’avait aucun moyen de prévenir Junpei pour le moment. Il fallait attendre qu’il les fasse sortir, ou qu’il neutralise les deux autres afin qu’elle puisse continuer d’avancer. Le mur partiel qui séparait la porte de l’autre pièce n’atteignait pas le plafond, elle pouvait changer de pièce par la plateforme. Mais c'était trop risqué sans diversion, surtout après le bordel qu’il avait causé. En plus, il y avait de la lumière de l’autre côté. Si elle passait, elle serait probablement vue. Même avec toute la discrétion qu’elle pouvait déployer.
Elle devait être patiente, et attendre en silence.

Alors qu’elle se tassait de nouveau dans un coin d’ombre pour demeurer cachée, les deux mecs planqués sortirent d’un seul coup et se ruèrent vers Junpei. L’un d’eux avait des flammes autour des poings. L’autre avait un katana qui semblait curieusement tranchant, comme si du vent parcourait la lame et l’affûtait … Eh ben, c’étaient pas non plus complètement des rigolos. Si elle s’était retrouvée aux prises avec ce genre d’embuscade, Satsu aurait eu du mal à en ressortir indemne. Seulement, là ils allaient tomber sur un os : ce n’était pas elle, là, en bas, mais Junpei. Et il n’était pas aussi commode et fragile qu’elle.
Par contre, les cinq soit loués, qu’ils étaient laids ! De vrais pouilleux. Elle espérait qu’il leur mette vite une bonne correction, qu’elle n’ait pas à regarder plus longtemps leurs affreux visages déformés par la mocheté.
Chuunin
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Sam 23 Sep - 15:43

Junpei Akimichi (Charisme : 4)
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Junpei avançait tranquillement dans le hangar. Il était sur ses gardes par simple précaution : son insouciance caractéristique face au danger, il la retrouvait petit à petit au fil des minutes. Son traumatisme s’était bel et bien effacé, et il s’en rendait bien compte maintenant. Physiquement, même si là ça faisait un bout de temps, mais aussi psychologiquement, c’en était définitivement terminé. Il se sentait complètement apte et ça faisait quand même bien plaisir.

Impossible pour lui de savoir si Satsu s’occupait bien de sa part du marché, par contre : il n’arrivait pas à percevoir son chakra ou à entendre ses mouvements. Il s’était retenu à grande peine de jeter un œil sur la plateforme supérieure, et vers les différents endroits accessibles par l’extérieur de façon générale. Il valait mieux parier qu’elle ait réussi à s’infiltrer, et qu’elle applique le plan pour le moment. Dans le cas contraire, elle aurait bien trouvé un moyen de le lui signaler, maligne comme elle était.
C’était quand même bien pittoresque comme endroit : des caisses et de l’outillage un peu partout, et presque rien d’autre. Junpei s’approcha d’une caisse dont le couvercle avait légèrement glissé, pour jeter un œil à l’intérieur. Du charbon. Ils étaient bien sur la bonne piste finalement. Ne restait qu’un élément qui posait réellement problème : pourquoi ils avaient enlevés cette gamine, précisément ? Il y avait des cibles plus faciles pour passer incognito. Dans un square, le grand classique, par exemple. Là ils avaient pris le risque de laisser une piste, et pour quoi au juste ?
Et c’était quoi tout ce charbon ? Il semblait avoir les mêmes propriétés que celui laissé sous le lit.

** Il n’y a pas de mines de charbon sur le territoire de l’Empire. Donc c’est forcément un produit importé. Mais s’il est ici, dans ce qui est probablement un ancien laboratoire secret … Alors c’est du charbon modifié par des expériences chakratiques ? C’est un peu tordu quand même. Mais bon, une expérience est toujours tordue avant qu’elle produise un effet concret donc pourquoi pas. **

Ayant obtenu plus de questions que de réponses en jetant son coup d’œil, l’Anbu se remit en chemin vers le fond du hangar, où l’attendait une porte menant à une autre salle … et sous la porte, il voyait des filins de lumière. Il y avait du monde ! Parfait. Ils allaient bientôt en avoir fini si c’était le cas.

Junpei entamait le chemin qui le séparait de cette fameuse porte, quand deux types surgirent de derrière une caisse et lui sautèrent dessus. Ils auraient pu réussir à le prendre par surprise … Mais bon, ils n’y parvinrent pas. Utiliser des techniques juste avant une embuscade, c’était un peu maladroit : même s’ils étaient capables de se cacher, dès lors qu’on utilise du chakra on perd tout potentiel question discrétion à cause des émanations. Et ce peu importe la capacité limitée de l’Akimichi à repérer le chakra de ceux qui étaient en planque.
Pas besoin d’analyse pour ces deux-là. C’étaient des larbins, et sûrement pas des types dangereux. Les poings enflammés du premier, Junpei les esquiva sans difficulté d’un pas en avant, afin de lui fermer l’angle de frappe et de freiner son mouvement. Comme il réajustait sa position, l’Akimichi en profita pour le frapper violemment au ventre et lui faire perdre sa garde et sa posture offensive. Le souffle coupé, l’homme recula en titubant.
Le second l’effleura avec son katana, traçant une fine zébrure rouge sur son biceps. Hé, c’était pas passé loin ! Mais bon, c’était juste parce que le vent autour de la lame avait allongé sa portée par rapport à son anticipation, rien de plus. D’un uppercut bien placé, l’Akimichi envoya à terre le second assaillant.
Avant que l’autre se relève, il reporta son attention sur le premier qui s’était remis d’aplomb après le coup au ventre. Sans lui laisser le temps de relever les bras pour se mettre en garde, il lui envoya un atémi féroce au niveau de la cage thoracique, coupant encore une fois sa capacité à respirer. Puis un autre coup au ventre. Son visage commençait à être rouge et ses mouvements saccadés : il n’avait pas eu la moindre bouffée d’air depuis quelques secondes, il s’asphyxiait.
Sans pitié, l’Anbu frappa de nouveau au thorax, continuant de le noyer sous les coups. Noyer c’était le terme juste : le style de combat au corps à corps de Junpei, c’était ça. L’asphyxie en coupant le souffle. Jusqu’à ce que le corps atteigne sa limite, et peu importe sa solidité. Au bout d’un moment, tous les hommes cédaient quand on les empêchait de respirer.
Encore un coup. Et l’homme s’immobilisa quelques secondes, tournant de l’œil pour s’effondrer. Il ne risquait pas de mourir, mais il était inconscient.
Le second s’était relevé, katana en main … Mais pas longtemps. D’un revers du talon, Junpei envoya l’arme voler à distance. C’était le point faible de ce genre de type qui comptaient sur leur arme. Il suffisait de les désarmer pour affaiblir leur moral et leurs facultés offensives.
Profitant de son désarroi, Junpei lui administra un féroce coup de poing en plein visage, l’envoyant s’écraser un peu plus loin, dans les caisses. Ca avait fait un vacarme du diable, mais bon : s’ils l’attendaient ici c’était qu’ils savaient qu’ils étaient là. Et plus il attirait l’attention sur lui, moins ils étaient concentrés sur Satsu qui, elle, préparait une véritable embuscade en bonne et due forme.

Les deux assaillants étaient hors d’état de nuire. Ils ne réveilleraient pas tout de suite … Mais Junpei prit quand même le temps de les attacher avec un câble en fer, en serrant bien sévèrement pour être sûr de pouvoir les emmener après avoir retrouvée la gamine. Il se servait de ce câble en fer depuis pas mal de temps maintenant. Il était capable de résister à une très forte pression, et était très souple, donc pouvait empêcher facilement quiconque de bouger les doigts si on le mettait bien. Plutôt que d’immobiliser un bras et risquer un Unijutsu, c’était la meilleure méthode pour empêcher la personne de faire des signes incantatoires.

Bon, voilà une affaire classée. Direction la porte maintenant.

Tout en subtilité, comme à son habitude, Junpei enfonça la porte en fer d’un coup de pied puissant. Le spectacle qui l’attendait à l’intérieur était plutôt … Etonnant. Il y avait un troisième homme, debout, dans une étrange tenue. Une sorte de robe comme celles des prêtres. Mais avec des motifs de flammes. Il portait un masque aux motifs agressifs, et tenait une poignée de charbon dans chaque main. Il se retourna en voyant l’Anbu rentrer avec fracas. Quel type bizarre, décidément. Même avec son masque, on voyait une longue chevelure noire tomber sur ses épaules et jusqu’au milieu de son dos. Sinon, rien de spécial. Au fond de la pièce, sur une sorte d’autel, attachée à un pilier en bois, il y avait une gamine. Elle était assise dans de la paille … Il allait la brûler ou un truc comme ça ? Vu la torche qu’il avait à la main c’était probable.

** Eh ben … C’était juste. **

Bon, il devait gagner du temps pour attendre l’intervention de Satsu maintenant.

« Bonjour. »

Ok, c’était pas idéal pour gagner du temps. Mais ça permettait de retenir son attention.

« Junpei Akimichi. Monsieur, je vais vous prier de poser cette torche et de lever les mains en l’air. Suite à quoi je vous attacherais les poignets et les doigts, et je vous emmènerais tranquillement faire une sieste bien méritée en prison. Si vous résistez, je ne vous promets pas que vous en sortirez indemne. »

« Ah les mortels … Si arrogants ! Mais vous n’arrêterez pas le Dieu du feu ! »

« Hojin ? »

« Hojin n’est qu’une figure de proue. Un larbin inutile qui se fait mousser par des prêtres et des inconscients tels que vous. Non, je parle du vrai dieu du feu. »

« Un ancien dieu alors ? Comme Amaterasu ? »

« Vous êtes un imbécile, et votre connaissance de la théologie est minable. Mais je ne pouvais guère attendre mieux d’un mortel après tout. Le vrai dieu du feu, le seul vrai dieu qui existe en ce bas monde, c’est Shirozumi. Il purifiera ce monde des pêchés qui le souillent. »

« Comment va-t-il le faire ? »

« Si nous lui montrons notre repentir, il le fera dans un torrent de flammes. »

« Et vous allez lui montrer de quelle manière ? »

« Par le sacrifice de cette enfant. Les enfants sont ce qu’il y a de plus précieux pour les êtres humains. Ils sont leur survie, leur avenir. Si nous lui sacrifions notre avenir, alors il saura que nos regrets sont sincères. Sur l’autel du charbon, je ferais brûler trois enfants. Et ainsi, il libèrera la géhenne et nettoiera le monde de ses pêchés. »


Junpei entretenait la conversation simplement pour gagner du temps. Cet homme avait l’air d’aimer parler de son dieu et de ses projets. C’était un peu terrifiant, évidemment. Mais le sang-froid était de mise : s’il lui sautait dessus, il pourrait lancer sa torche vers le bûcher. Et l’Akimichi sentait une odeur d’essence dans l’air. C’était un trop gros risque qu’il ne pouvait pas prendre, la priorité c’était la gamine qui ne pouvait pas se défendre. En plus, cet homme dégageait quelque chose d’étrange. Il était peut-être plus puissant que sa folie n’en avait l’air.
Shirozumi. Ca lui disait vaguement quelque chose. Ce n’était pas une divinité mineure dans le panthéon des anciens dieux ? Difficile à dire, Junpei avait séché trop de cours d’histoires, mais il avait dû lire ce nom quelque part.
Bon, elle faisait quoi la petite ? Il avait besoin de son aide, là.
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Dim 1 Oct - 20:16
Clairement, Junpei me faisait mentir sur ce que j’avais imaginé du métier de traqueur. Je les penchais plus proches des espions ou des enquêteurs, en fait. Des types intelligents, doués pour la détection. Mais lui laissait ça à son invocation, ou à ses coéquipiers. Et après tout ce n’était pas si illogique qu’on pourrait le croire au premier abord. Quel était le rôle principal des traqueurs ? C’était de chasser des individus fichés par l’Empire. Pour la plupart, des individus dangereux. Certains agissaient en groupes de chasse, d’autres en solitaire. Mais dans l’ensemble, tous devaient être capables, une fois la cible verrouillée, de la battre au combat afin de pouvoir la ramener, morte ou vive. Donc ils devaient être de bons combattants, individuellement ou collectivement.
Et clairement, question baston, Junpei assurait grave. Les deux types qui l’avaient attaqué par surprise se firent un peu martyriser. En même temps, Satsu avait évalué leur niveau de chakra à celui de Genins … mais concrètement, elle l’avait fait un peu grossièrement. Ils étaient un peu moins bons que ça en réalité. Donc face à un Anbu, pas moyen qu’ils puissent même un peu résister. Ils se retrouvèrent étalés par terre, roués de coups. Puis saucissonnés avec des câbles métalliques, et largués dans un coin de la pièce.

Cette technique de ligotage était intéressante d’ailleurs. En enroulant le câble souple autour des doigts pour maintenir les articulations, on empêchait quelqu’un de faire des techniques de ninjutsu afin de se libérer. C’était simple comme bonjour, mais il fallait y penser. Et trouver le câble aussi. Tout un rouleau, fin, mais solide puisque c’était de l’acier. Et en même temps, sa largeur lui faisait conserver une certaine souplesse.
Bon par contre ça ne devait pas être très confortable pour les prisonniers. Peut-être même un peu coupant … Mais ça on s’en fout.
Satsu se demandait si Junpei accepterait de lui dire où elle pouvait en trouver. Elle n’avait toujours pas l’intention de devenir traqueuse, mais tous les ninjas pouvaient se retrouver dans une situation où ils ont quelqu’un à amener jusqu’en prison, pas vrai ? Avec ce qu’elle venait de voir, garder un tel atout dans sa manche pour palier à ce genre de situations lui plaisait bien comme idée. Elle était là pour apprendre, et elle apprenait beaucoup. Cette mission était plutôt plaisante en fait. Surtout avec des amateurs comme eux.
C’était ce qu’elle croyait.

Mais quand Junpei passa la porte, la jeune fille se faufila de la plateforme jusqu’à celle qui continuait dans l’autre pièce, par-dessus le mur qui n’était pas fini. Et là, elle déchanta carrément. Après les deux petites frappes, le patron était là. Et lui, c’était vraiment un grand psychopathe. Oui, d’accord, il y avait une sorte de logique dans son discours. Une logique un peu perverse, comme peuvent l’avoir presque tous les criminels. Mais bon, même s’il avait l’impression de bien faire, il n’en restait pas moins que ce type devait être enfermé de toute urgence. Pour des soins médicaux, ou une incarcération plus classique, peu importe. Les deux lui allaient bien, tant que ce fou furieux était mis hors d’état de nuire.

Du haut de son perchoir, Satsu entendait quand même très bien ce qu’ils se disaient. Le type en tenue cérémonielle et avec un masque, clamait les bienfaits du véritable dieu du feu. Un certain Shirozumi. Pour être honnête, Satsu n’avait aucune idée de ce qu’était cette divinité. Mais bon, ce qui était sûr, c’était que s’il fallait sacrifier une gamine sur son autel pour qu’elle soit contente, alors ce n’était pas une divinité très sympathique.
Il y avait quand même encore plus important que tout ça : il avait parlé d’autel du charbon …

** Héhé, au final, c’est moi qui avait raison, ce morceau de charbon était une vraie piste. En même temps, comment est-ce que j’ai pu en douter ? J’oublie trop souvent à quel point je suis géniale. **

Enfin ce n’était pas le bon moment pour se lancer des fleurs : elle était en mission, il fallait rester concentrer. Junpei se contentait de faire la conversation à cet homme. Satsu, elle, se demandait si elle pouvait se faufiler jusqu’à l’autel … Le prêtre maboul avait une torche en main. S’il la voyait ou s’il la percevait d’une quelconque manière, il pourrait la lancer immédiatement sur l’autel. Parce qu’apparemment, faire son rituel semblait vraiment compter pour lui. Il fallait envisager la possibilité que ça compte encore plus que sa propre vie, illuminé comme il avait l’air d’être. Du coup, la vie de la petite Kari Jijuto était dans la balance. Elle aurait bien voulu prendre un risque pour être en meilleure position pour intervenir, parce qu’elle était un peu loin. Mais si ce type était un peu plus fin qu’il en avait l’air, ce risque deviendrait un drame. Mieux valait s’en tenir au plan de Junpei et lui faire confiance pour le mener à bien, si elle faisait son boulot de son côté.

Bon, il ne devait avoir besoin que de quelques secondes pas vrai ?
Satsu concocta une petite illusion à partir des quelques informations récoltées, puis elle établit le contact psychique avec le fou … avant de lui envoyer un bon vieux Shikumi dans les dents.

« Junpeï-sempaï ! Maintenant ! »

Elle ignorait si c’était nécessaire de l’avertir, mais le Shikumi ne retiendrait le fanatique que quelques instants. Mieux valait économiser chaque microseconde possible et lui donner un signal de départ pour que tout se fasse instantanément.
Dès qu’elle eut crié, Satsu se mit immédiatement à courir sur la plateforme, sans plus aucun souci de discrétion. Le but ? Se rapprocher de l’autel, pour pouvoir sauter près de celui-ci et détacher la gamine. Vu que le type était entre Junpei et l’autel, le plus probable c’était qu’il allait se contenter de lui arracher la torche et le neutraliser pour l’empêcher de nuire. Et s’il avait besoin d’une torche, c’était qu’il n’avait pas de technique de Katon pour allumer le feu.
Quoi que décide de faire Junpei, elle avait rempli son rôle, et le type avait été stoppé dans son élan suffisamment longtemps que l’Akimichi intervienne.
Ne restait plus qu’à libérer la gamine, maintenant, non ?
Chuunin
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Mar 10 Oct - 14:00

Junpei Akimichi (Charisme : 4)
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Tout se passait selon le plan qu’il avait établi avant d’entrer ici, à partir des informations récoltées par Satsu. Etonnement, leur duo semblait plutôt bien fonctionner, malgré leur différence de grade et le fait qu’ils étaient totalement différents l’un de l’autre. Et dire que Junpei était censé lui apprendre comment mener une mission d’infiltration … Au mieux, il lui fournissait une certaine garantie et servait de garde du corps. La vérité, c’était surtout que la jeune fille avait les compétences nécessaires pour effectuer ce genre de mission toute seule. Elle n’en ferait rien, évidemment, puisqu’elle n’avait pas le grade ou la disciplines adéquats. Mais elle aurait pu d’un strict point de vue des capacités.

Bon, en tous cas, l’autre malade venait de s’immobiliser, et Junpei s’était immédiatement élancé pour changer sa position dans l’espace. Désormais, il était entre le ravisseur et sa victime, et il était bien en garde, sur ses appuis, pour l’empêcher de passer. L’autre bougea la main, très légèrement, mais le pied de l’Anbu frappa, lui faisant lâcher sa torche. D’un second mouvement, Junpei écrasa tout simplement le bois afin de faire taire les flammes, en les étouffant.
Bon, eh bien voilà, se dit-il. Une mission rondement menée. Plus qu’à mettre l’autre guignol KO et ce serait réglé. Il fit un signe de main à Satsu, pour lui indiquer d’aller détacher la petite. Mieux valait que son premier contact au réveil soit avec une personne de sexe féminin. Elle avait vécu sans son père, il y aurait un meilleur feeling. En plus Satsu était plus jeune, et lui avait quand même un air musclé et viril de vieux bourru habitué à frapper sur des steaks humains. Mieux valait une approche plus en douceur.

« Je te laisse t'occuper de la petite, Satsu. C'est fini, maintenant. »

« Rien n'est fini ! Le Seigneur Shirozume exige toujours un sacrifice ! Un autel de braises incandescentes ! »


Soudain, le fanatique bougea. Il sortit une seconde torche de sous sa toge, qu’il avait caché, et l’alluma avec un briquet à silex. Le projectile passa juste à côté de l’épaule de Junpei qui s’apprêta à l’intercepter d’un coup de poing et …
Et que se passerait-il s’il échouait ? L’idée lui traversa la tête. Suivie d’une violente avalanche d’images. La créature qui le terrassait, le laissait pour mort, puis démembrait des civils sous ses yeux impuissants, avant qu’il ne sombre dans l’inconscience. L’échec.
Junpei était totalement paralysé. Pas par la peur de mourir, une seconde fois en quelque sorte. Non, c’était la peur d’échouer, d’être impuissant et de condamner une petite fille innocente entre les mains d’un monstre. Les images étaient trop vives, trop violentes, il n’arrivait plus à bouger le moindre petit doigt. Il était complètement tétanisé.
La torche passa au-dessus de son épaule sans qu’il esquisse le moindre mouvement. L’autre avait un sourire sadique et victorieux. Junpei entendit le cri terrorisé de la petite, les flammes qui prenaient d’un coup d’un seul, allumant le bûcher funeste. Des crépitements, si forts que c’étaient presque un hurlement rauque, venu des profondeurs de la terre.

Son corps ne répondait toujours pas. Il avait encore échoué. Une fois de plus. Son esprit tentait de se faire violence pour réagir, mais sans succès. Pas le moindre mouvement. Seuls ses yeux tressaillaient. Une crise de panique silencieuse, mais totale, de laquelle il ne parvenait pas à sortir.
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Sam 14 Oct - 15:58
Le genjutsu avait marché à la perfection. Junpei avait réagi aussitôt quand Satsu avait crié, faisant sauter la torche des mains du moitié de prêtre cinglé, et se mettant devant lui afin de faire barrage entre le criminel et la fillette attachée. La jeune Genin n’eut pas besoin d’attendre le signal de son coéquipier pour descendre de son perchoir en utilisant l’adhésion. Elle se précipita vers l’autel, afin de commencer à défaire les liens qui retenaient la gamine.
Les nœuds étaient compliqués, et Satsu n’avait pas l’ombre d’une lame sur elle. Elle entreprit donc de ronger les liens avec ce qui ressemblait le plus à un couteau dans son équipement : une aiguille. Elle perçait des trous dans l’épais cordage pour l’affaiblir, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que les cordes cèdent. Ca lui prit une petite minute mais elle finit par réussir à faire lâcher prise aux liens. Kari, qui semblait trop choquée et à moitié consciente, tomba en avant. Satsu la rattrapa comme elle put. Même si c’était une fillette, elle pesait son poids. La Genin manqua de basculer en arrière du promontoire de l’autel jusqu’au sol. Mais elle planta ses talons dans le sol et rattrapa in-extremis son sens de l’équilibre pour se stabiliser sans lâcher la petite.
Il y avait peu de chances qu’elle puisse la porter facilement … Du coup elle se contenta de passer son petit bras autour de son épaule. Heureusement, même si elle était plus grande qu’elle, Satsu n’était pas très grande, du coup les pieds de la fillette touchaient terre, lui permettant un appui et donc de ne pas supporter tout son poids. Ca prouvait aussi qu’elle n’était pas totalement inerte.

Les effluves d’essence étaient pénibles, par contre. La jeune Yashara aurait bien voulu contrôler l’état de Kari, mais elle ne savait pas vraiment comment faire. Elle avait l’air de respirer normalement et d’être juste en état de choc mais … elle était peut-être droguée ? Avec ce genre de malade ce ne serait pas si étonnant. Alors que Satsu se retournait pour voir ce qui se passait du côté de Junpei, elle s’aperçut que le malade avait sorti une seconde torche et l’avait allumée. Sur le coup, elle se dit qu’il n’y avait aucun souci. Avec Junpei en opposition, pas moyen qu’il arrive à faire ne serait-ce que semblant de la lancer …
Mais non, le projectile parti et l’Anbu ne fit pas le moindre mouvement. Satsu vit avec horreur la torche enflammée passer par-dessus son équipier qui était comme paralysé. Le type avait utilisé un genjutsu ? Non, elle l’aurait senti. Ou vu. Là il n’avait pas effectué le moindre signe et … Merde, pas le temps de réfléchir !
Elle n’avait pas le temps de lancer une aiguille pour intercepter la torche. En plus ce n’était pas dit qu’elle en soit capable. Pas le choix. Satsu attrapa plus fermement le bras de Kari, et se jeta au sol droit devant elle en emmenant la fillette avec elle. Elle visait un point, à quelques mètres, loin de la flaque d’essence, histoire qu’elles ne finissent pas toutes les deux carbonisées …

La réception sur le bitume fut rude. Elle ne pouvait pas vraiment amortir ou contrôler la chute à cause du poids de la fillette, et le fait qu’elle ne soit pas trop taillée pour ce genre d’acrobatie. Pas moyen de faire une roulade ou d’utiliser ses deux bras pour alléger l’impact. Tout ce qu’elle put faire c’est mettre son seul coude libre en opposition par rapport au sol. C’est lui qui se mangea tout l’impact. Satsu sentit son coude râper violemment contre la pierre. Elle avait une vilaine griffure dessus, et elle avait mal. Rien de cassé mais un peu de sang, et une douleur sourde qui l’empêchait de bouger correctement son bras.
Elle se releva péniblement, à la force des jambes, en soulevant à nouveau Kari.
Les flammes crépitaient là où elles s’étaient trouvées quelques instants plus tôt.

** Bordel, à une seconde près on se faisait brûler vive toutes les deux … **

Elle jeta un œil vers Junpei. Il était toujours tétanisé. Que se passait-il ? Ses yeux étaient fixes, sa posture tremblante. C’était un peu comme s’il faisait une crise traumatique. Satsu repensa à la raison pour laquelle un Anbu avait été mis sur une telle mission … Alors c’était vraiment grave ?

« Je ne vais pas le permettre ! Ca non ! Ce ne sont pas deux shinobis de rien du tout qui vont entraver les plans de maître Shirozume ! »

Ah oui, le fou furieux était encore en lice, c’est vrai. Avec le fait qu’elle venait d’échapper à la mort, Satsu l’avait presque oublié celui-là. Il fallait bien avouer qu’elle était tellement convaincu qu’il était hors-course, aussi …
Sauf que là il venait de sortir un sabre de sous sa toge, et semblait avoir très bien compris que Junpei était hors-jeu puisqu’il se tournait vers la jeune fille …
En soutenant Kari d’un bras et avec son autre bras dans un état moyen, par contre, ça allait être compliqué de se défendre.
Satsu fit la seule chose qui lui passa par l’esprit pour se sortir de cette situation : elle lança deux aiguilles. Une sur le type, pour l’occuper, mais il la para sans difficulté d’un simple revers de sabre. Mais ça avait laissé le temps à l’autre aiguille d’atteindre sa cible en freinant son élan, c’était l’objectif …

La seconde aiguille s’enfonça dans le bras du Junpei paralysé, de plusieurs centimètres. S’il était vraiment prisonnier dans ses propres pensées, c’était un peu la même chose qu’un genjutsu non ? Alors la douleur devrait lui permettre de s’en sortir !

« Junpei ! C’est pas vraiment le moment pour me lâcher, là ! »

La douleur ou sa voix, il fallait espérer que quelque chose marche. Parce que Satsu avait sorti une autre aiguille, mais bon, elle ne se faisait pas d’illusion : avec une arme comme celle-là et un poids mort pour la freiner, elle n’allait pas pouvoir parer beaucoup de coups de sabre … Enfin, elle n’était pas décidée à crever ici. Elle allait vendre chèrement sa peau. Jusqu’à ce qu’elle trouve un échappatoire digne de ce nom en tous cas …

** Bon sang, si j'avais su que c'était une mauviette j'aurais utilisé un genjutsu plus puissant pour être à l'abri ... **
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Jeu 26 Oct - 17:05

Junpei Akimichi (Charisme : 4)
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La base du genjutsu c’était d’utiliser les peurs d’une personne contre elle-même afin de la paralyser et de la rendre vulnérable. En cela, Satsu avait tout à fait raison : le traumatisme de Junpei était presque identique à un genjutsu en ce moment-même. Il revivait encore et encore une scène difficile, et le doute qui l’assaillait entravait ses muscles. Il voyait ce qu’il se déroulait autour de lui et tentait d’y réagir. Mais quelque chose l’empêchait totalement de bouger …
Jusqu’à ce que l’aiguille se plante dans son bras. Le trait se ficha de quelques bons centimètres, s’immobilisant tout près de l’os.
La douleur fut comme une vague enflammée. Elle balaya tout sur son passage dans le corps de Junpei. Elle avait activé l’interrupteur.
Toujours un peu sous le choc, il vit la scène au ralenti. Cet homme avec son sabre, qui se tournait vers Satsu et la gamine, pour s’élancer et en finir. Junpei n’avait pas la pleine possession de ses facultés sensorielles, mais son corps pouvait bouger. Enfin. Il s’élança à son tour. Contrairement à l’altercation devant la salle, il ne contrôla pas sa force cette fois. Son bras grossit, un peu, beaucoup, énormément. Et la gigantesque main de l’Akimichi plaqua violemment le fanatique sur le sol comme s’il était s’agit d’un insecte. Il en lâcha son sabre en hurlant des insanités et des blasphèmes tous plus colorés les uns que les autres.

Junpei s’approcha, et donna un second coup avec son bras normal cette fois. Un coup précis, de la tranche de la main, et au niveau de la nuque. Le fameux coup du lapin. L’autre cessa de se débattre et de râler. Il devait avoir quelques os brisés, mais était en vie.
Après tout, l’arrestation est toujours préférable à la mise à mort lorsque cette dernière n’est pas expressément demandée. On lui avait enseigné un jour que c’était cette précision dans le dernier geste qui distinguait les brutes incontrôlables des professionnels compétents. Et puis, on savait depuis longtemps que l’information est plus importante que l’élimination dans bien des circonstances. Savoir laisser la vie était bien plus pratique que magnanime. Et c’était parfois tout un art.

Est-ce que Junpei devait pour autant dire qu’il venait d’effectuer correctement son boulot ? Non, loin de là. Il avait découvert une chose importante : il n’avait pas encore surmonter son traumatisme. Il avait réellement cru qu’on lui avait confié Satsu pour qu’il lui enseigne quelques astuces. Mais ce n’était pas ça la vérité. L’adolescente était très compétente, elle n’avait pas vraiment besoin d’un chaperon. Plutôt d’un équipier fiable, ce qu’elle n’avait pas eu. Par contre lui n’avait pas surmonter son problème psychologique comme il le pensait. Pas totalement en tous cas. Non, si cette fille était là c’était pour le surveiller. Pour contrôler son état. Bon elle avait peut-être appris un truc ou deux, mais ce n’était pas le réel but de cette mission.
Junpei ficela rapidement le salopard étendu sur le sol à l’aide de son câble en fer. Il arrivait en fin de rouleau d’ailleurs. Trois personnes c’était ce qu’un rouleau de câbles pouvait maintenir. Ce n’étaient pas des câbles spéciaux, mais si on s’appliquait bien à maintenir les doigts fermement en place, impossible de s’en échapper par des moyens conventionnels. Ca ferait l’affaire pour ce type.
Il chargea le criminel sur son épaule. Il se déplaça ensuite sans rien dire vers le hangar, afin de charger les deux autres par-dessus leur cinglé de patron.
Là, enfin, il se tourna vers Satsu et la petite.

« Je vais te laisser ramener cette enfant chez elle et conduire ces malades au Bagne histoire qu’ils ne puissent plus nuire à personne, ok ? »

Alors qu’il s’apprêtait à partir en la plantant là, il s’arrêta et lança un objet vers la jeune femme. Un rouleau de son câble en fer.

« Tiens. C’est un cadeau de ma part pour te remercier de ton aide pendant cette mission. Tu as fait du bon boulot, c’est ma façon à moi de le reconnaitre. J’espère qu’on aura l’occasion de bosser à nouveau ensembles quand … Enfin, quand je serais complètement remis. »

Il hésita. Que devait-il lui demander ? De taire tout ça ? Non, il devait prendre ses responsabilités et reprendre son travail de réintégration. Il avait tenté de revenir dans le feu de l’action beaucoup trop vite. Il devait faire d’autres missions de bas rang pour être sûr d’être totalement remis cette fois, avant de prendre de nouveaux risques. Aujourd’hui, ça c’était bien passé, ça ne serait pas le cas à chaque fois.

« Surtout soit objective dans ton rapport ok ? J’ai merdé. Je ne tiens pas à ce que mon erreur soit minimisée, je dois intégralement l’assumer si je veux aller de l’avant. Ah, et bonne chance pour tes prochaines missions. Je suis sûr qu’on va bientôt entendre parler de toi. T’as trop de talent pour que ce soit pas le cas. »

Il lui adressa un clin d’œil, puis quitta les lieux avec son chargement sur l’épaule. Direction le Bagne. Ensuite il irait faire son propre rapport à son supérieur. Ca n’allait pas être simple d’admettre tout ce qu’il s’était passé. Mais ca faisait partie de son devoir de ninja.
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Mer 1 Nov - 16:15
C’était la première fois que Satsu voyait de ses yeux un Akimichi déployant les techniques de son clan au combat. Et il fallait leur reconnaitre une certaine efficacité. Et une force de frappe hallucinante. Sitôt sorti de ce qu’elle avait cru être un genjutsu et de nouveau en pleine possession de ses moyens, Junpei avait écrabouillé le prêtre maléfique comme si c’était un simple moucheron. Et avec la taille qu’il venait de donner à son poing, ce n’était presque pas exagéré comme comparaison. Enfin, il y avait quand même un énorme défaut à cette technique : elle manquait cruellement de standing. Finalement, c’était un bête coup de poing. Géant. Mais un coup de poing quand même.
C’était d’ailleurs une raison de plus de ne pas être attirée par la carrière de traqueur. A force de vagabonder de ci et de là, ils devenaient des sauvages. Cette carrière était dépourvue du raffinement auquel elle tenait énormément.

Après avoir chargé sans peine les trois vilains sur une seule épaule, Junpei se tourna vers elle. Satsu n’avait aucune envie de l’aider à porter leur trophée. Et même si elle l’avait voulu elle n’aurait pas pu : la gamine, terrorisée, était cramponnée à sa jambe et elle ne savait pas vraiment comment s’en défaire. Avant qu’elle n’ait trouvé une solution, le chef d’équipe lui annonça brièvement la façon dont allait se terminer la mission. Elle devait se coltiner la morveuse. Forcément. C’était quoi cette attitude misogyne au juste ?
Oui, bon, elle ne pouvait pas porter les corps des trois mabouls. Mais pour autant qu’elle le sache il ne lui avait même pas proposé ! Surtout qu’elle avait une invocation qui aurait pu s’en charger.

** Attends … C’est toi qui a fait une bourde beau gosse. Pourquoi c’est moi qui joue la nounou ? **

Parce que lui passerait les contrôles de sécurité du Bagne. Pas elle. Ou alors simplement parce que même s’il avait failli faire échouer leur mission, il était quand même son supérieur. Satsu soupira tout en hochant la tête pour montrer qu’elle avait reçu le message. Elle avait fait du bon travail, et le savait. La possibilité de se mettre en valeur dans le rapport de mission, tout en descendant en flèche l’Anbu, était aussi une bonne façon de se venger du fait qu’il lui laisse le rôle le plus ingrat de toute manière. Et puis, même si c’était son ambition de le devenir, elle n’était pas encore suffisamment gradée pour se permettre de rétorquer tout et n’importe quoi à quelqu’un de plus gradé qu’elle, surtout qu’elle ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam.
Faire bonne impression restait une meilleure idée. Elle passerait ses nerfs sur son rapport de mission. Enfin, une fois qu’elle aurait ramené l’autre chialeuse chez elle.

Avant de partir, Junpei lui fit une requête étonnante.

** Te charger et ne pas pardonner ta faute ? Mais c’était bien mon intention mon biquet. Comme ça si tu en commets une autre la prochaine fois ce sera moi ta chef d’équipe. Et je te jure que quand on en sera là, c’est toi qui fera le boulot chiant et moi qui irait récolter les lauriers. **

« Si tu y tiens, sempaï. Et moi aussi j’espère qu’on fera de nouveau équipe … »

Tandis qu’il s’éloignait avec sa pile de corps sur l’épaule, Satsu baisse les yeux sur le cadeau qu’il lui avait fait. Elle tourna et retourna le rouleau dans différents sens. Du câble en acier. Fin. Très fin. Et pourtant, Junpei s’en servait pour attacher les cibles neutralisées : c’était donc du solide. Il n’avait sans doute pas compris le message quand elle avait dit ne pas vouloir devenir traqueuse … Enfin, il lui redevenait aussi sympathique qu’au début avec ça. Ce serait sans doute pratique un jour ou l’autre. Et puis, Satsu adorait les cadeaux. Surtout quand on n’attendait rien en retour. Sinon un peu d’attention, peut-être ? Il souhaitait qu’elle se souvienne. Parfait, elle le ferait. Même si tout ne lui plairait sans doute pas dans le souvenir qu’elle garderait d’aujourd’hui. Enfin, si elle acceptait son cadeau elle acceptait de refaire équipe avec lui plus tard. Elle le glissa dans sa poche. Après tout, même s’il avait ses défauts, une fois réparé il fonctionnerait bien non ?

La gamine avait fini par desserrer son étreinte baveuse et arrêter de chouiner. Satsu jeta un coup d’œil vers elle, et finit enfin par trouver quoi lui dire :

« Viens on se tire. Je vais te ramener chez toi. »

Quoi ? Réconfort ? C’était réconfortant, d’entendre qu’elle allait rentrer non ? Oui, il y avait mieux. Mais elle avait une furieuse envie de la laisser rentrer chez elle toute seule. Si elle s’en abstenait c’était uniquement parce que ça faisait partie de la mission. Et aussi parce qu’elle voulait un peu de projecteurs, elle aussi. Comme Junpei ramenait les criminels, elle n’avait que la gamine pour retirer un peu de gloire de tout ça. Peut-être que le bouche à oreille ferait d’elle la victorieuse après tout, au bout du compte ? Difficile à dire.

Leurs pas résonnèrent dans le hangar. C’était sinistre ici. Elle ne l’avait pas réalisé plus tôt. Mais il faisait froid, il y avait beaucoup d’endroits plongés dans la pénombre, et des caisses entreposées partout. Et en plus le vide autour d’elles donnaient une sensation désagréable de découvert total. Elle qui s’était infiltré discrètement était bien placée pour savoir que c’était un endroit idéal pour un guet-apens. Satsu secoua la tête. Elle devenait paranoïaque.

Des yeux curieux les accompagnèrent le long du trajet retour. Forcément : la tunique de Satsu était brûlée à l’épaule, la fillette presque entièrement recouverte de suie, et pour couronner le tout Satsu avait peut-être oublié de porter son bandeau. Bon, elle avait quand même le blason de son clan dans le dos donc c’était facile de comprendre … mais au premier coup d’œil ça restait intriguant. L’adolescente, simplement contente d’être le centre de l’attention, gardait la tête fière et haute, tandis que la petite trottinait timidement à côté d’elle, le regard rivé sur le sol.
Elle aurait peut-être voulu prendre un chemin moins direct et plus discret ? Mais, hé, on ne refuse pas une marche triomphante quand on peut en avoir une !

Avant même qu’elles soient arrivées au niveau de la porte, Jiara ouvrit en trombe et se précipita dehors pour une émouvante scène de retrouvailles.
Satsu sourit pour la forme, mais elle ne pensait déjà plus qu’à un bon lit douillet et …

« Merci ! Merci de tout cœur ! »

Un regard éperdu de reconnaissance. Satsu détourna le regard, pour une fois un peu gênée. Elle ne trouva que la force de marmonner :

« Pas de problèmes, madame. Nous sommes là pour ça. Je vais vous laisser prendre le relais, d’accord ? Je dois aller faire mon rapport. »

Faire son rapport ? Quel mensonge grossier. Junpei transmettrait sans doute la réussite de la mission en même temps que la nouvelle de la capture des criminels. Si elle le voulait, elle pouvait prendre son temps et faire son rapport demain. Ce qu’elle ferait d’ailleurs. Mais elle n’avait pas très envie de rester longtemps ici. Même si c’était agréable de se faire mousser, c’était autre chose de ressentir une joie aussi sincère pour avoir fait une bonne action. C’était pas sa came.

« Kiou, Kiou ! »

« C’est faux. La ferme. »


Mais les gazouillements reprirent de plus belle. Heureusement qu’elle était la seule à pouvoir le comprendre. Sinon tout le monde saurait ce qu’elle pensait réellement de ce qu’elle avait réussi à accomplir aujourd’hui.
Chuunin
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Ven 3 Nov - 12:25
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Satsu : 40 xp (Mission)

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