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Mer 30 Aoû - 12:43
Le temple de Suijin. Situé à Shi no kuni, il n’était qu’une des cinq grandes parties de la grande cathédrale. A dire la vérité, Nao s’était perdu plusieurs fois avant de proprement trouver son chemin, tellement la ville, puis l’édifice, étaient gigantesques. Il avait déjà mis plusieurs jours à parfaitement s’orienter dans le quartier proche de l’académie, à Taki. A lui seul, ce malheureux quartier représentait le double de la taille de son village natal. Et pour lui, les maisons citadines se ressemblaient presque toutes. Il y avait tellement de visages différents que c’était impossible de situer quelqu’un à un endroit pour se repérer. Et tellement d’échoppes que toutes les mémoriser, là encore, était un défi pour sa mémoire. Au final, il avait noté seulement une ou deux d’entre elles qui lui servaient de points de repère.
Mais Shi, c’était encore plus difficile. Ce genre d’environnement le perturbait, mais la capitale était encore plus démentiellement grande que Taki. Et c’était peine perdue pour lui d’espérer s’orienter ici. Il avait fini par demander son chemin, à plusieurs reprises, avant de finalement apercevoir la cathédrale par-dessus d’autres bâtiments, et donc avoir un repère visuel à poursuivre.
Une fois à l’intérieur, passé la surprise, il avait demandé à un prêtre, qui l’avait patiemment guidé jusque dans la chapelle, avant de s’en aller sans même attendre ses remerciements.

Nao ne savait pas comment décrire ce temple. Enfin, cette chapelle, cette église. Ce bâtiment. Ce n’était pas un temple, ça. Ni un autel. C’était juste … De l’esbroufe ? Pourquoi bâtir quelque chose d’aussi colossal ? En l’honneur des dieux ? Nao ne savait pas pour les autres dieux élémentaires, mais Suijin n’avait pas besoin d’un tel édifice. Ce n’était pas un dieu de construction. C’était un dieu qui suivait le cours de la nature, et les seules grandes constructions qu’il bénissait étaient les navires. Les navires avaient toujours été le moyen ultime de prier le dieu de l’eau. Il suffisait de se trouver sur l’océan, à bord de l’un d’entre eux, pour se sentir plus proche de lui que jamais. Se sentir réellement béni par Suijin, c’était ça. Et certainement pas ce … Enfin, tout ça c’était bien un truc de riche. Ils se cachaient derrière le culte pour leur lutte de pouvoir et de richesses. Il n’y avait que cette raison de bâtir quelque chose d’aussi faramineux : épater la galerie et montrer sa puissance. Mais n’importe qui ayant vu l’océan, savait que tout cet étalage de force n’était rien en comparaison de la réelle force du dieu Suijin.

La première chose que fit Nao en entrant dans cette chapelle, du coup, ce fut de pousser un long et profond soupir. Il était terriblement déçu. Il était venu trouver des marins et des prêtres de Suijin, lorsqu’il était venu ici. Mais en réalité, tout ce qu’il voyait ressemblait pour lui à une imposture. Son père se retournerait dans sa tombe en voyant quelque chose d’aussi aberrant. Il avait eu un mauvais pressentiment à aller voir un temple aussi loin des côtes. Mais c’était pire que ce qu’il pensait.

Il y avait bien un autel qui était gorgé d’eau de pluie … Et des rigoles entre les dalles sur le plancher. C’était vraiment beau, aucun doute là-dessus. Mais ça s’arrêtait malheureusement là.

Il y avait un bassin au centre de la pièce. Un grand bassin d’eau pure. Le garçon s’en approcha, et constata avec stupeur que rien ne se trouvait au fond. Aucune bouteille, aucune offrande. Il se mit à regarder autour de lui. Les personnes qui venaient ici prenaient un peu d’eau entre les mains et s’aspergeaient le visage avec. Puis elles murmuraient des prières. Au moins, les prières étaient sensiblement les mêmes que celles qu’on lui avait appris. A quelques détails près. C’était la première chose rassurante qu’il constatait.
Il leva les yeux. Un panneau indiquait de ne rien lancer dans le bassin divin.

** C’est une mauvaise plaisanterie, n’est-ce pas ? **

Nao se raidit. Il s’était promis de ne pas se faire remarquer et de se tenir tranquille pendant qu’il n’était pas encore ninja. Il leva à nouveau les yeux vers le panneau.

Citation :
Il est interdit de jeter quoi que ce soit dans le bassin divin.

Nao émit un bruit de langue contrarié. Il ouvrit son sac, et en sortit une bouteille, bouchée par un bouchon de liège. A l’intérieur de cette bouteille, il avait glissé un poisson de bonne taille, qui provenait de sa dernière pêche.
Sans tenir compte des regards qui pesaient sur lui, il déposa doucement la bouteille dans le bassin dédié au dieu Suijin. Il était temps que quelqu’un ici l’honore convenablement.
Genin
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Mer 30 Aoû - 18:25

Kenzaburo - Charisme : 6
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Des visages indignés parmi les pèlerins fixaient Nao. Il y avait eu de nombreux témoins de son acte, que ce soit autour du bassin ou aux alentours proches. Et tous avaient l’air outrés de la faute qu’il venait de commettre. Cependant, pour le moment, aucun n’avait encore bougé. Seule une rumeur tournait, des regards échangés, des murmures indignés.
Mais alors, un prêtre, en robe de cérémonie, paré de superbes atours, s’approcha de l’étudiant.

« Mon garçon, peut-être ne l’as-tu pas vu, mais il est interdit de … »

Tout en parlant, il avait ramassé la bouteille dans le bassin. Son visage se déforma de dégout quand l’odeur du poisson remonta à ses narines. Depuis le temps qu’il était dans la bouteille, il n’était pas bien frais en plus. Dans l’eau, on ne le sentait pas, mais maintenant qu’il l’en avait sorti, c’était effroyable. Et pourtant il était cerné par le verre ! Le bouchon ne devait pas être totalement étanche, aussi, parce qu’un peu d’eau avait pénétré à l’intérieur, aidant l’offrande à mariner un peu et faisant ressortir son parfum naturel.

« Beurk, c’est dégoûtant … »

« Oui, je disais donc. Nous pourrions te pardonner si tu ne l’as pas fait exprès, c’est évident qu’un jeune garçon tel que toi n’a pas voulu offenser le dieu Hydrius et … »


Son regard témoignait du défi qu’il venait de lancer. Non, il ne regrettait rien. Le prêtre vit apparaître une veine contrariée sur son front.

« Tu le savais … Tu es … Comment oses-tu ? Gardes, saisissez-vous de lui ! Tu es mis aux fers, pour blasphème et … »

« Ca suffit, Ruko. »


La voix avait claquée dans l’air, un impératif puissant et sonore. Et l’assemblée, en même temps que le prêtre, s’était tue sèchement. Le passage au silence, imposé, avait été abrupt. Un homme à la carrure gigantesque sortit de l’ombre d’un pilier, où il était tranquillement allongé et adossé, levant toute sa masse par la même occasion.
Kenzaburo dépassait le double mètre, et il était large d’épaules même pour sa carrure. Une force de la nature. Un géant. Mais il dégageait quelque chose d’autre que de la simple force physique. Son apparence était soignée, mais ses vêtements clamaient quelque chose de plus sauvage. Sa tenue, et son port de tête, étaient presque dignes de la noblesse, mais il était pourtant légèrement voûté comme une bête sauvage. Il était entre la civilisation et l’instinct le plus primaire. Un mélange adroit et fort de la nature et de la ville. Et fort, c’était un doux euphémisme.

Le prêtre blêmit en le voyant approcher. Et ses paroles nous apprirent que ce n’était pas seulement sa carrure qui l’apeurait.

« Kenza … Je veux dire, Paladin-sama … Cet enfant, il a profané le bassin d’Hydrius en toute impunité, et … Enfin, il l’a fait volontairement. C’est un effronté et il a besoin d’apprendre à … »

« Il n’a rien besoin d’apprendre du tout Ruko. En tous cas pas avec vos méthodes de vieux gredin. Laissez-moi faire et partez de … Non, en fait restez. Et écoutez, vous aussi. »

Le prêtre acquiesça, mais on voyait clairement qu’il était contrarié. Même parmi les fidèles d’Hydrius, Kenzaburo n’avait jamais fait l’unanimité. Mais Koshi Tenmenkon, l’évêque, n’avait pas hésité une seule seconde avant de le nommer comme paladin d’Hydrius. Il était une sommité, et qu’il le veuille ou non, Ruko devrait se taire et obéir.

La main puissante de Kenzaburo se posa sur l’épaule de Naonori. Même sans exercer aucune pression, elle intimait de ne pas bouger. Le message était clair : toi aussi tu vas écouter. Par contre, une chaleur curieuse émanait de sa paume. Cet homme n’était définitivement pas qu’une brute. C’était quelqu’un qui respirait le calme, et même la compassion. Plus encore, il était réellement capable de comprendre et d’utiliser son esprit plus encore que son corps.

« Le gamin doit venir de la campagne, près de la côte. Je me trompe gamin ? »

« Là-bas, Hydrius est nommé Suijin. Vous me direz, ce n’est pas très différent d’ici, on le nomme également comme cela parfois. Mais là où c’est intéressant, c’est que ceux qui vivent près de l’océan ont un rapport différent à Suijin. Leur culte n’est pas le même. Et c’est bien normal, après tout l’océan est l’œuvre la plus aboutie du dieu de l’eau. Son chef d’œuvre. Et cette bouteille contenant une offrande, c’est leur façon de lui rendre hommage depuis des temps immémoriaux. Tu vois, Ruko, ce gamin aime peut-être encore plus Suijin que toi. Parce que lui il a vu l’océan. Tu aurais tort de le condamner pour ça. »


Ruko grinça des dents, mais les badauds aux alentours semblaient commencer à prendre parti pour Nao. Kenza se mit alors à adopter une mine plus grave.

« Cela dit, gamin, toi aussi tu as tort. Crois-tu qu’ici, nous ignorons comment le culte de Suijin est rendu sur les côtes ? Une bouteille dans l’océan, c’est une chose. Mais ici, nous ne pouvons pas nous le permettre. Si nous faisions ainsi, alors ce bassin ne serait plus un bassin d’eau pure, mais une simple décharge malodorante. Ca ne te parait pas indécent, que Suijin ait ce genre d’hommage ? Nous pouvons respecter tes traditions, surtout que nous prions le même dieu. Mais tant que tu es ici, je te prierais à l’avenir de respecter les nôtres. »

« D’autant plus que Suijin n’est pas que le Dieu de l’océan. Mais de l’eau. Toi, ton culte ne vénère que l’océan. Alors qu’il y a des dizaines d’autres aspects de Suijin à travers le monde. Ce n’est pas en imposant le tiens que tu lui rendras hommage, mon garçon. Réfléchis la prochaine fois. »


Ruko et la foule commençait à se dissiper. Après avoir adressé un clin d’œil appuyé au gamin, le géant fit de même, et regagna son coin d’ombre, où il s’assit tranquillement. En réalité, il observait encore ce garçon. Il était comme lui avant, quand il avait débarqué ici. Sidéré par la ville et sa façon de rendre hommage. Il avait voulu tout changer, avant de découvrir une Eglise à moitié gangrénée par des types comme Ruko, et à moitié sainte avec des personnes comme Koshi, le grand évêque. Il y avait du bon ici. Et du mauvais, évidemment. Mais c’était la loi du ying et du yang. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était faire au mieux. Le comprendrait-il ? Ce gamin était intéressant, mais il avait quand même une sieste à faire en attendant.
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Sam 16 Sep - 11:53
Nao ferma les yeux. Il sentait les regards qui pesaient sur lui, et entendait les murmures désapprobateurs. Il était sous le choc, sidéré par la situation. Si c’était le temple de Suijin, alors pourquoi est-ce qu’alors qu’il priait son dieu comme on le lui avait appris, il semblait avoir commis le pire pêché qui soit aux yeux de tous ? Ca n’avait aucun sens. Le garçon détestait de plus en plus la ville dans laquelle il avait atterri. Cet exil du village ressemblait, en ce moment, à une mission sacrificielle. On l’avait jeté dans un endroit où leurs convictions sacrées n’avaient plus aucun sens pour personne.
C’est le moment que choisi un homme pour venir lui parler. Nao ouvrit les yeux, intrigué. Il portait une bure brodée de motifs bleutés. Ce qui était frappant, néanmoins, ce n’était pas tous ces motifs. Nao reconnaissait même certains de ces symboles même s’il n’avait pas d’idée précise sur leur signification. C’était donc un prêtre de Suijin ? Sans doute. Voilà quelqu’un qui allait le comprendre ! Eh bien ce fut une sacrée désillusion. En plus de tinter à cause des bijoux qui faisaient complètement oublier sa tenue de prêtre, il semblait ne rien comprendre au geste du garçon. Et en plus, il avait quelque chose sous son expression pourtant avenante … Du dédain ? Du mépris ? Il était tout simplement persuadé d’être supérieur à lui.
Mais quel genre de prêtre il était ? Nao lui adressa un regard furieux.

Mais apparemment, ce n’en était pas assez pour ce faux prêtre. Non content d’être un abruti, il était aussi complètement corrompu par le pouvoir et l’argent. Suffisamment pour décider qu’il allait l’emprisonner. Nao senti des bras solides lui verrouiller les mains dans le dos. Sur le coup, il paniqua un peu quand même. Il allait être mis aux fers pour blasphème ? Sérieusement ? Pour avoir tenté de comprendre pourquoi Suijin n’était pas honoré correctement dans son propre temple ? Il se débattit. Pas moyen de bouger. C’était au-delà de désespérant, là. C’était presque irréel tellement il ne comprenait pas ce qui se passait.

Une voix d’une force impressionnante mis fin à cette mascarade. Et ce n’était pas seulement la voix, mais aussi celui à qui elle appartenait : un géant. C’est la première chose que pensa Nao en le voyant s’approcher. Il était grand, et large d’épaule, un vrai titan sous forme humaine. Il avait beau avoir de l’allure, le garçon ne la nota absolument pas. Seule sa masse impressionnante entrait en ligne de compte pour l’instant. Parce que c’était impossible de passer à côté, contrairement au reste. En fait, Nao ignorait même que les hommes pouvaient être aussi grands. Il retrouva quand même son calme en entendant le prêtre-bijoutier l’appeler paladin. Il se souvenait avoir étudié la hiérarchie de l’Eglise impériale à l’académie, quand il pensait encore qu’il n’y avait pas tant de différences entre son village et ici sur ce point-là. La fonction de paladin lui était totalement inconnue jusqu’à ces cours, justement. De ce qu’il en avait compris, ils étaient les champions de leur dieu, en quelque sorte. L’évêque était le représentant, et lui le champion. C’était une différence assez subtile. Mais que pour Suijin, ce soit un homme comme lui …
En fait ce n’était pas si illogique. Il parlait avec une force calme, presque douce. Mais sa stature rappelait que s’il explosait, il serait inarrêtable. A bien y réfléchir, il ressemblait à l’océan après tout. Calme et posé, mais capable de déclencher des tsunamis.

Le géant le prit soudain à témoin en affirmant qu’il devait venir de la côte. Nao sursauta. Comment il avait deviné ?

« Oui … Oui c’est ça. »

Voir le paladin sermonner le prêtre fut une source de délectation pour Nao, qui se permit même un petit sourire satisfait. Et d’autre part, rencontrer enfin quelqu’un qui comprenait son geste était également très agréable. Il avait enfin l’impression d’être dans un édifice dédié à Suijin, en fait, tout simplement. Alors que depuis qu’il était rentré, à part du strass, des paillettes, et de l’hypocrisie, il n’avait pas croisé grand-chose qui le lui rappelait. Cela dit, ce moment d’exaltation tourna bien vite court : après avoir réprimandé le prêtre, ce fut à son tour. Ce qui était rageant, c’était qu’il ne s’alignait pas sur le point de vue du prêtre : il avait clairement dit qu’il comprenait le sens de son geste, mais il lui exposait tout simplement un point de vue plus ouvert que les deux leurs. Ce qu’il disait avait tout simplement un accent très juste, très vrai. Sur le coup, Nao, même s’il était toujours persuadé de ne pas avoir eu tort, se sentit pourtant terriblement con. Le paladin avait raison : il avait cherché à imposer son point de vue et fait preuve de fermeture d’esprit.

« Désolé … »

Cette simple excuse sembla satisfaire le géant, qui s’en retourna à ses occupations … C’est-à-dire faire la sieste dans l’ombre d’un des piliers du temple.
Le prêtre abandonna lui aussi la partie, fulminant plus que désolé, et le laissa tranquille. Nao attrapa la bouteille qu’il avait laissée dans le bassin, et la remis dans son sac, un peu en mode automatique. Il réfléchissait à tout ce qu’il venait de lui dire, et à sa propre erreur.
Ce qui ne changeait pas par contre, c’était l’aspect bling bling de ce prêtre. C’était quand même indécent et marquait bien son esprit. Même s’il avait commis une faute, et avait fait preuve de fermeture d’esprit, que pouvait-on dire de cet homme qui n’avait même pas été réellement capable de reconnaitre sa propre faute ?
La base du culte de Suijin n’était-elle pas l’humilité justement ? Face à l’océan on comprenait à quel point on était petit, et on devenait naturellement humble. C’était la première chose que son père lui avait dit quand il avait parlé de l’océan, et de Suijin. On ne pouvait pas être protégés par Suijin si on se croit plus fort que lui. Or, ce prêtre, c’était précisément ce qu’il dégageait. Il se prenait pour le dieu, et était loin de le vénérer.
Mais ce n’était pas le cas de ce géant. Le paladin. Il était différent. Et Nao aussi avait cru être différent, mais il venait de comprendre qu’il lui restait du chemin à faire. Il avait été prompt à juger et à tenter d’imposer son point de vue sur son culte. C’était non seulement un manque de modestie, mais aussi une preuve affligeante d’un orgueil démesuré.
Nao déglutit. Bon sang, depuis quand ne s’était-il pas senti aussi stupide ?

Il regarda une femme qui prenait de l’eau entre ses mains et s’en aspergeait le visage. Après avoir hésité un instant, Nao s’approcha de nouveau du bassin et fit de même. Il murmura ensuite une prière, puis s’éloigna. C’était moins significatif pour lui, il ne sentait pas ce lien fort avec l’océan qu’il sentait en jetant une bouteille à la mer. Mais l’eau était froide. Glaciale même. Elle le fit frissonner. Finalement, il se sentait un peu comme purifié par son geste. Peut-être que ça avait plus de sens qu’il ne le croyait.

C’était décidé, il allait s’essayer à cette façon d’honorer le dieu de l’eau avant de complètement la rejeter.
Le garçon repéra le géant qui était toujours dans l’ombre de son pilier. Il hésita, mais pas très longtemps. En quelques pas, le voilà qui se rapprochait pour se poster devant lui. Même assit, il était presque à la même hauteur que lui. Décidément, quelle carrure démesurée. Mais bon, ce n’était pas pour ça qu’il était là.
Prenant son courage à deux mains, il prit la parole :

« Vous avez dit que Suijin avait bien des aspects, et que bien des cultes lui étaient rendus. S’il vous plait, j’aimerais en apprendre plus. Enseignez-moi ce que vous savez. »

Il posa ses tibias sur le sol, s’appuyant sur ses mollets pour prendre une position plus ou moins assise. Ses deux mains se posèrent sur ses cuisses, adoptant une position d’attente. Il était déterminé à progresser non seulement au niveau de la force, mais aussi au niveau de ses croyances. Il était prêt à entendre tout ça, et à mieux comprendre Suijin et la façon dont les hommes le vénéraient. Il n’avait pas d’aspiration particulière, comme devenir un champion comme cet homme, ou quoi que ce soit dans ce goût-là. Tout ce que voulait Nao, c’était de ne plus jamais commettre l’erreur qu’il venait de commettre, et de se prendre pour plus grand qu’il ne l’était. Il avait traité un culte avec mépris simplement parce que ce n’était pas le sien, et il se sentait comme s’il avait bafoué une des règles élémentaires qui avaient bercées sa vie. Comme s’il avait trahi les enseignements de son père en agissant aussi bêtement.
Genin
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Mer 27 Sep - 18:51

Kenzaburo - Charisme : 6
Paladin de Suijin
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Il n’y avait rien de tel qu’une petite sieste au beau milieu de l’après-midi. C’était le moment idéal, celui où les batteries commençaient à saturer … En les relançant, on pouvait tenir jusqu’au soir en demeurant au maximum de ses facultés cognitives et physiques. Certains disaient que c’était pour les vieux, mais Kenzaburo n’était pas de ceux-là. Même les jeunes, plus robustes, subissaient cette baisse de régime. Tout le monde pouvait profiter de ce petit moment de détente, afin de se ressourcer.
Ou alors c’était une mauvaise excuse pour pouvoir paresser tranquillement à l’ombre froide des piliers du temple ? La pierre froide était très agréable quand il faisait aussi chaud. Même si la saison du feu tendait vers sa fin, on était encore proche des canicules estivales. Un peu de fraicheur faisait le plus grand bien.
En tous cas, maintenant que la dispute entre le prête et le gamin était terminée, il allait pouvoir profiter enfin d’une sieste complète, et ça c’était vraiment le pied.

La tranquillité de Kenzaburo fut de courte durée. Alors qu’il s’assoupissait doucement et sereinement, le garçon qu’il avait sermonné en avait profité pour s’approcher. Et maintenant il lui demandait de lui en dire plus sur Suijin … Quelque part c’était admirable, de reconnaitre son erreur au point de vouloir corriger son manque de connaissances sur ce qui était pourtant l’un des centres de sa vie. Ce n’était pas facile à admettre, clairement. Encore moins de faire cette démarche. Si Kenzaburo avait eu le temps de se soucier d’autre chose que de son sommeil, il aurait certainement admiré cette initiative. Là, ça le faisait chier plus qu’autre chose.
Mais comme on lui adressait la parole, il ouvrit les yeux par réflexe. Ce fut une grosse erreur : il croisa le regard du garçon. Déterminé, coriace. Il ne se laisserait pas facilement éconduire, et il avait vraiment envie de savoir. Le paladin soupira profondément. Puis se redressa de sorte d’adopter une position assise, plus confortable pour des explications. C’était son devoir après tout, de répondre à ce genre d’interrogations. Il n’était pas là uniquement pour protéger le temple.
D’un geste de la main, il invita Naonori à s’asseoir.

« Poses tes fesses ici gamin. Ca pourrait prendre un moment. »

« Bon … Par où commencer ? Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, le culte des Cinq, et donc de Suijin, n’est pas né avec l’Empire. En fait, il est beaucoup plus ancien. Et justement, Suijin en particulier, est une divinité très ancienne. On peut dire que la première forme du culte dédié au dieu de l’eau est né au pays de la brume, à l’époque où Yuki portait encore le nom de Kiri, village caché du brouillard, capitale du pays de l’eau. Les premiers à l’avoir vénéré sont ses habitants. La tradition que tu connais, et que tu pratiques, de laisser une bouteille à la mer pour prier le dieu de l’eau, vient de là-bas d’ailleurs. Il n’avait aucun nom à l’époque : les Kirites priaient simplement l’océan de leur apporter une bonne pêche et d’apporter une pluie modérée sur leurs rizières. En ces temps reculés, ils ne prenaient pas souvent la mer. Les premiers à avoir prier l’océan pour rentrer à bon port, ce sont les pirates d’Alukar, une petite île qui est aussi la cité fortifiée des pirates. Enfin, qui l’était. Aux dernières nouvelles et même si elles datent un peu, cette cité est tombée sous le contrôle de Yuki. Bref, quand la navigation s’est répandue dans tout l’archipel, le culte de l’océan a fait de même. Et au fil des années, il s’est répandu sur les côtes du grand continent pour adopter le nom de Ryujin, le dieu dragon de l’ancienne religion. Ce dragon aquatique était non seulement le dieu de l’océan, mais de l’eau. Il faisait tomber la pluie, guidé par les requêtes de la déesse des moissons, mais ça c’est une autre histoire. Il asséchait ou faisait déborder les rivières, selon ses humeurs. Et il était le père de toutes les créatures marines, également. La première représentation que nous avons retrouvée de Ryujin est celle d’un dragon chevauchant un char sur l’océan, tiré par six hippocampes gigantesques. Puis l’Empire s’est formé autour des dieux élémentaires, et Ryujin est simplement devenu Suijin. »

« Beaucoup décrieraient ce que je suis en train de te dire : le fait de confondre Ryujin et Suijin est à la limite du blasphème pour beaucoup de membres de cette Eglise. Cependant, je pense sincèrement qu’il n’y a jamais eu qu’un seul dieu de l’eau et qu’à travers les époques, on l’a simplement vénéré différemment. Enfin, tout ça pour te dire que si mon point de vue te semble le bon, ne t’amuses pas pour autant à le crier sur tous les toits : cela pourrait être très mal interprété. Tu me sembles être plus intelligent et plus ouvert que la plupart des prêtres d’ici. Ta foi me parait aussi plus authentique, plus dénué d’ambitions grotesques. C’est pour ça que je te dis tout ça sans trop m’inquiéter. Mais ta parole est plus facile à détruire que la mienne, ne t’en déplaise. Alors évites de te mettre en danger pour rien : le monde ecclésiastique impérial est bien plus féroce que tout le monde le pense. »


Le regard du géant était intense, comme s’il essayait de percer la pensée du garçon. Et en effet il y avait de cela : Kenzaburo cherchait à savoir si ce gamin pouvait devenir son allié dans les conflits religieux dans un avenir proche. C’était aussi pour ça qu’il avait accepté de lui parler. Mais bon, pour le moment c’était encore trop tôt pour tirer des conclusions.

« Enfin bref. Aujourd’hui encore il existe de nombreuses formes de cultes voués à Suijin. Dans le pays de la roche, par exemple, on vénère Mizugami. C’est une gigantesque anguille, qui parcoure le ciel pour en percer les nuages. Ce que j’en pense, c’est qu’elle pourrait être associée au mythe de Mizukami, la première fille d’Hydrius. Mizukami était elle aussi représentée sous la forme d’une anguille géante, qui régnait sur le peuple des mers, l’ensemble des créatures aquatiques.  Elle a de nombreux pouvoirs, qui sont en fait ceux de toutes les créatures marines existantes. La capacité de cracher des nuages d’encre, de nager vite, de respirer sous l’eau comme à l’air libre, les crocs plus solides que ceux d’un requin, elle peut voler, ou encore envoyer des décharges électriques. Et de nombreuses autres capacités. Tout ça pour dire que les mythes se rejoignent. On peut aussi penser au mythe du serpent-tonnerre, qui est parfois plutôt associé à Akikaze, mais qui pourtant est l’annonciateur d’averses et non de tempêtes, selon les versions. Comme tu le vois, il n’y a pas qu’une seule forme de culte, ou de mythes, associés au dieu de l’eau et à ses enfants. »

Kenzaburo soupira, il avait beaucoup parlé sans toutefois perdre de vue les réactions du garçon. A la mention des pirates, celui-ci s’était tendu, avant de se détendre progressivement au fil de ses paroles. Qu’est-ce qu’il s’était passé avec eux pour que leur seul nom provoque une telle réaction ? Il venait de la côte … C’était probable qu’il avait déjà eu affaire avec eux d’une manière ou d’une autre. Intéressant. Il y avait peut-être là matière à en savoir d’avantage.

« Le mieux serait encore que tu lises les ouvrages de la vieille bibliothèque, à Taki, pour parfaire tes connaissances. Il y en a bien une ici mais les livres sont trop soigneusement triés si tu vois ce que je veux dire : le mieux c’est d’avoir un point de vue plus extérieur et plus large, dans un premier temps. Inutile de passer de ta façon de voir les choses à celle des prêtres impériaux, ce serait une pitoyable façon de t’ouvrir au monde. Voir plus grand, et chercher à comprendre les choses dans leur intégralité, c’est plus difficile … mais c’est aussi plus valorisant, et plus juste, tu ne crois pas ? »

Kenzaburo se leva, pour s’étirer. Quelle heure était-il ? Il porta son regard sur le cadran à eau qui était dans le fond de la pièce. Seizième sablier. Donc quatre heures de l’après-midi. Autrement dit l’heure pour lui de s’entrainer.

« Bon, tu m’excuseras, mais c’est l’heure de mon entrainement. Je vais devoir te laisser ici. Bonne chance mon garçon. »

Le géant commença à s'éloigner, d'un pas lourd et encore pataud.
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Dim 15 Oct - 19:12
Les paroles de Kenzaburo trahissaient son grand savoir, et son immense sagesse. Être un géant était trompeur : on l’imaginait facilement brutal, mais en réalité, cet homme était un érudit, et quelqu’un de très ouvert au monde qui l’entourait.
Ce qu’il était en train de raconter à Nao stupéfia le garçon. Pire, il l’effraya un peu. Il avait passé toute sa vie, depuis son plus jeune âge, à prier Suijin, à avoir foi en lui. Mais il comprenait, au fur et à mesure que le paladin parlait, qu’en réalité, il n’avait eu foi qu’en une toute petite partie de ce qu’était réellement le dieu de l’eau. Il avait cru être fervent, et mériter les honneurs que lui procuraient Suijin. Les bonnes pêches. Le totem qui le liait à lui. Tout cela lui paraissait être une juste récompense. Il comprenait qu’en réalité, il n’avait pas réellement mérité tout cela. Il réalisait son ignorance, et l’immensité du monde. Son regard sur lui changeait au fur et à mesure que Kenzaburo parlait et lui expliquait. Non, il lui apprenait. Ca ne faisait que quelques minutes qu’il le connaissait, mais cet homme lui en avait appris plus sur Suijin pendant ces quelques minutes qu’il en avait su durant toute sa vie.
Ce n’était pas tellement un changement radical dans son idéologie. Plutôt un élargissement, une vue d’ensemble qu’il n’avait jamais pris la peine d’adopter.
En cet instant, Nao ne regrettait plus du tout de s’être rapproché du cœur de l’Empire, même s’il avait dû quitter son village natal.

Il ne savait pas trop quoi dire. Il était reconnaissant au géant d’avoir accepté de lui parler un peu du dieu de l’eau. Mais il y avait aussi un avertissement voilé dans ses explications : apparemment toute l’église n’était pas aussi ouverte d’esprit que lui et ses paroles pourraient être prises comme un blasphème. Ce fut un retour brutal à la réalité de l’entendre dire ça.
En quoi pouvaient-elles être un blasphème ? C’était pourtant des paroles savantes, et pleines de foi. C’était dur de comprendre la mentalité de l’Eglise de l’Empire pour lui. Il était peut-être trop jeune ou trop peu habitué aux complots pour vraiment comprendre. Mais ce que semblait vouloir dire Kenzaburo, c’était que le système de croyance de l’Empire était pourri de l’intérieur. Que tout le monde n’était pas comme lui.
Il se contenta dans un premier temps de hocher la tête pour montrer qu’il avait compris.

« Je ferais attention, Kenzaburo-senseï. »

Il l’avait appelé senseï … En même temps, c’était bien comme ça qu’il voyait cet homme désormais. Comme quelqu’un qui lui avait appris quelque chose. Ce n’était peut-être pas très approprié comme comportement vis-à-vis du paladin, et d’un presque inconnu. Mais si Nao réfléchissait beaucoup, il avait aussi cette part de naïveté en lui. C’était elle qui l’avait guidé jusqu’à appeler Kenzaburo de cette manière.

Mais alors, le géant se leva soudainement et lui dit qu’il devait le laisser pour aller faire son entrainement. Après lui avoir conseillé d’aller lire quelques bouquins. Mais Nao pouvait bien lire autant de bouquins qu’il voudrait plus tard : il ne comptait pas abandonner la partie aussi tôt. A nouveau, impulsivement, il rattrapa les pas larges de Kenzaburo en courant pour l’empêcher de le distancer.
Le géant s’arrêta. Il avait l’air plus ennuyé que mécontent, mais pas forcément heureux de se voir suivi, à la limite du harcèlement peut-être. Nao pâlit. Que pouvait-il dire ?

« Je … Je peux venir avec vous ? Assister à votre entrainement je veux dire. Ou peut-être y participer ? Je peux bien m’entrainer avec vous, je dois pouvoir vous être utile. Et je pourrais observer en même temps. »

Forcément, un homme comme lui devait avoir un style de combat très particulier. Ce serait une bonne idée de pouvoir analyser l’entrainement de quelqu’un qui n’était pas un ninja, mais demeurait tout de même un combattant renommé. Après tout, les paladins protégeaient l’Eglise. Il devait être sacrément fort. Et ce n’était pas que son gabarit qui reflétait cette force. Il devait y avoir autre chose qui le distinguait des hommes ordinaires. Il avait trouvé en Kenzaburo un modèle potentiel à suivre. Ce n’était pas si simple de le lâcher maintenant. Il voulait en avoir le cœur net.
Genin
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Jeu 26 Oct - 17:51

Kenzaburo - Charisme : 6
Paladin de Suijin
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Le géant soupira bruyamment tout en commençant à s’éloigner. Kenzaburo-senseï. Bon, ok, il était plutôt sympathique ce gamin, mais là il abusait un peu quand même. C’était loin d’être attachant. Il avait d’avantage l’impression d’avoir fait une connerie en ne l’envoyant pas paître plus tôt. Ce genre de suffixe ne laissait rien présager de bon dans un avenir proche …
Kenzaburo n’était pas de ces personnes qui s’interdisaient de s’attacher à qui que ce soit. Il avait même sa petite famille. Une épouse, deux filles. Une petite maison dans la campagne proche de la capitale. Une petite vie peinarde, quoi. C’était aussi pour cette raison qu’il se tenait tranquille vis-à-vis des hautes autorités de l’Eglise pour le moment : il connaissait leur puissance et leur influence et ne souhaitait pas mettre sa famille en danger.
En temps normal il n’aurait même pas hésité à passer un peu de temps avec un jeune homme prometteur comme Nao. Loin de là.

Le problème, c’était qu’il réveillait en lui ses anciennes pulsions révolutionnaires. Celles d’un homme capable de jouer les justiciers et de mettre sa vie en danger pour changer le monde. Le souci, c’était que ce n’était plus envisageable sans mettre aussi ses proches en danger.
Avec son point de vue naïf sur le monde, ce gamin possédait aussi un esprit capable d’ouverture, ce qui était tout simplement contraire aux souhaits des personnes réellement dangereuses de cette Eglise. Bien sûr, il ne parlait pas de la Grande Pope. Ni même de l’évêque d’Hydrius. Pour autant qu’il en sache, c’étaient les personnes les plus dignes de confiance de toute l’Eglise impériale justement. Les plus honorables en tous cas.
Mais ce n’étaient pas eux qui dirigeaient. Koshi ne tenait pas sa propre Eglise. Et la Grande Pope était bien trop gentille et compatissante, ce n’était qu’une image publique. Un pantin. Elle ne dirigeait rien du tout. C’était bien dommage car le monde s’en porterait sans doute mieux d’ailleurs.
Bref, ce regard neuf de Nao faisait remonter en lui toute cette bile amère qu’il réservait d’ordinaire à ses rares insomnies et refoulait tout le reste du temps.
Le géant ne pouvait pas se permettre de laisser tout cela remonter en surface et …

La voix de Nao résonna à nouveau. Il voulait s’entrainer avec lui ? Au moins il s’accrochait ce gamin, ce n’était pas forcément un défaut. Cependant, cette attitude était un peu désespérée. Il avait à ce point besoin de réponses ? Jusqu’à quel point était-il perdu ? Il s’accrochait à un parfait inconnu pour quelques belles paroles. C’était un peu émouvant. Mais aussi un peu ridicule de constater qu’il faisait confiance aussi rapidement. Surtout dans ce genre de milieu … l’Eglise était vraiment un endroit dangereux. S’il le laissait tout seul ici il allait se faire broyer …

** Oh et puis merde. **

Quel père serait-il pour ses filles s’il abandonnait ce gamin, hein ? Et quel exemple serait-il s’il prenait peur de ses propres convictions ? Fuir c’est bon pour les robinets. Il ne pouvait pas se défiler éternellement. Ce n’était pas le danger que Nao venait lui apporter en réalité. C’était peut-être un peu d’espoir, au contraire.

« Oui tu peux venir. »

Il le dit sans même le regarder, en continuant son chemin vers la cours intérieure. L’immense cours intérieur même. Il y avait là plusieurs bassins, mais surtout une grande zone gazonnée et entretenue, où il était possible de s’exercer pieds nus dans l’herbe humide. C’était une sensation qu’il avait toujours trouvée très agréable. Un peu salissante, peut-être : l’humidité et la terre, l’herbe, tout cela participait de concert à recolorer la plante des pieds et les chevilles quand on s’entrainait ici. Mais cela posait aussi problème aux appuis et permettait en quelque sorte de muscler certaines zones du corps efficacement et de renforcer l’équilibre. C’était un peu comme s’entrainer dans le sable. Sauf qu’au lieu de s’enfoncer, on glissait. Un terrain approprié pour un entrainement spécifique en somme.
Après avoir retiré ses sandales et retroussé le bas de son pantalon afin d’être complètement à l’aise, le géant entama son échauffement. Il avait également déposé son katana avec sa veste et son armure, ne gardant qu’une tunique simple et des gants en cuir.
Le style de combat de Kenzaburo était assez simple en apparence : tout bêtement du karaté. Enfin, c’était vrai pour moitié …
Les coups qu’il envoyait dans le vide étaient très spécifiques. Le Taiyouken. C’était un art martial qu’il avait créé dans sa jeunesse et amélioré sans cesse depuis lors. Basé sur l’imitation de créatures marines il était particulièrement efficace dans l’eau, ou dans des situations où l’équilibre était précaire comme sur le pont d’un navire. C’était pour ça qu’il le pratiquait ici, sur ce terrain glissant et presque impraticable.

Enfin globalement le style de Kenzaburo était plutôt classique en apparence. Il était précis et puissant, et semblait être bâti tout en contrôle. Son karaté comportait juste des coups inconnus et sans avoir testé le terrain impossible de se rendre compte des spécificités.
D’ailleurs … Il s’arrêta quelques secondes pour faire signe à Nao de venir le rejoindre.

« Si tu me montrais ce que tu sais faire petit ? Je suis curieux de voir ce qu’un gamin comme toi a dans le ventre. Ah, et retires tes sandales évidemment. Ce serait de la triche sinon. »

Il le laissa tranquillement découvrir le terrain puis se mit en garde en lui faisant un signe provocateur.

« Allez, je te laisse la première attaque, montres-moi ce que tu sais faire. »
L'Eclair Blanc
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