AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexionCalendrier

Sépulture de Chiyuuru

 :: 
PARTIE RP
 :: Autres régions :: Hoto Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Sam 9 Sep - 17:18
Le règne du Chien était le moment de l’année que je haïssais le plus. Parce que c’était le mois où Chiyuuru m’avait quitté à tout jamais.

Quand j’étais plus jeune, j’avais vécu sous l’égide des croyances populaires. J’étais un habile joueur de cartes, et un médecin renommé. J’avais même quitté mon clan, et le continent, pour fuir le monde ninja qui avait perdu de vue les qualités humaines dans leurs continuelles et incessantes quêtes de pouvoir. Mais j’avais compris à la mort de Chiyuuru qu’il n’y avait pas d’autre existence après la mort. Que l’âme humaine n’existait pas. Que l’ensemble de ce qui formait l’être humain n’était qu’un alliage de chair et de réactions chimiques. Rien d’immatériel. Rien qui ne puisse nous survivre. Quand tout était fini, il ne restait de nous que les souvenirs et l’héritage qu’on laissait au vivant. Mais en terme d’existence, il ne nous subsistait rien.
J’avais tout exploré pour retrouver ma bien-aimée. Tous les cultes, toutes les légendes, tous les mythes qui existaient en ce bas-monde. Mais aucune ne pouvait me la ramener. Elle n’était plus alors que chairs pourrissantes. Et au terminus, elle ne serait plus rien du tout. Le secret de l’âme humaine ? Il n’y en avait tout simplement pas. Toutes ces croyances résidaient sur la peur et la faiblesse de l’homme. Sur ses pires caractéristiques, aussi. L’homme était un monstre qui détruisait sa propre existence.

Si j’étais devenu un tueur professionnel, c’est tout d’abord par pure et simple envie de vengeance. Parce que provoquer l’extinction d’une vie, c’était annihiler quelqu’un qui ne méritait pas de survivre à l’être innocent et rempli de compassion qu’était ma Chiyuuru.
Mais cette soif de sang et de revanche avait fini par se tarir. Et mon esprit enragé par recouvrer son sang-froid et sa vision désormais analytique et logique du monde qui m’entourait. Si le monde était cet endroit fade et mortel qu’il était, s’il n’était pas digne d’avoir connu l’existence de ma chère et tendre, ce n’était pas pour autant impossible qu’il le devienne un jour.
Et ce n’était pas en devenant comme elle, et en insultant sa mémoire, que j’accomplirais ce qu’elle aurait voulu faire de son vivant. Ce n’était pas non plus dans les religions que se trouvait le salut, mais dans la science. L’étude approfondie de l’humanité. Chaque fois que je tuais, c’était pour explorer d’avantage ce que l’homme avait fait naitre de pire en ce monde. Je continuais encore et toujours à pousser cette étude au bout de ses limites, à la repousser toujours plus loin. Pour peut-être, un jour, pouvoir apercevoir ce que je cherchais.
Le moyen ultime, le but de ma quête : le moyen de modifier les gênes mêmes de l’être humain. Tous ces mauvais gênes qui faisaient de lui le monstre qu’il était. Le changer durablement. Pas seulement améliorer le quotidien d’une personne, d’une population, d’imaginer une mesure provisoire. Mais un moyen de modifier directement sa nature même. De créer un nouvel être humain. Plus fort, plus beau, et surtout meilleur.
Je ne voulais pas d’un monde d’amour et de paix, pas seulement. Mais un monde d’honneur, de respect, de jeux et de fêtes. Un monde parfait. Et ce monde parfait n’était pas un mythe, mais un aboutissement scientifique, tout simplement.
Et si je devais tremper mes mains dans le sang de milliers d’homme pour aboutir à mon étude, alors je le ferais sans hésiter. Aucun d’entre eux ne valait ni cette quête, ni la pureté de ma défunte Chiyuuru.

J’avais fermé la Branche d’Olivier pour la semaine, et prit un navire pour Hoto. Les seuls navires qui pouvaient encore pratiquer les routes océaniques, dans la portion d’océan que le clan Tejinashi pouvait protéger avec ses maigres moyens. Et j’avais débarqué à Hoto.

La sépulture était le tout premier élément qui était apparu dans l’histoire religieuse, mais il n’était pas que l’élément déclencheur de nombreux cultes. Il était aussi la seule partie de ces cultes qui était un moyen scientifique de se rappeler des défunts. En érigeant un monument à leur mémoire, on stimulait cette même mémoire, et donc son cerveau, à se remémorer tous les moments passés ensembles. Oui, j’étais complètement réfractaire à l’idée des cultes. Mais non, je ne disais pas que tout ce qu’ils avaient pu mettre en place était une mauvaise chose. Au contraire, certains prônaient des valeurs très justes. Tout ce que j’affirmais, c’était que leurs idées ne menaient pas à quelque chose de concret pour l’avenir, et ne resteraient probablement que des utopies. La sépulture, c’était peut-être la seule chose qui avait un sens à mes yeux. Et c’était une projection vers le passé, évidemment pas vers l’avenir. C’était peut-être pour ça que je pouvais lui accorder du crédit, après tout ? Elle ne contredisait pas mon raisonnement sur l’impossibilité des religions de se projeter dans l’avenir à l’aide de probabilités et de certitudes. Le passé, c’était un autre domaine.

L’île d’Hoto n’était pas constituée que d’une partie civilisée. Il y avait de grandes forêts sauvages et tropicales. Un volcan. Tout une partie de cette île était encore la proie honorée d’une nature qui régnait en maîtresse absolue.
C’était cette partie de l’île que j’affectionnais le plus. La demeure que j’avais construite ici, de mes propres mains, afin que nous habitions Chiyuuru et moi, était encore debout. Je me souvenais parfaitement de sa location. J’avais effectué le trajet entre elle et la ville des milliers de fois pour travailler, rendre visite à mes patients. Et cette forêt … Oui je la connaissais par cœur. J’y trouvais les remèdes qui avaient fait de moi un médecin reconnu dans le monde entier. Zawarudo Aburame, une sorte de faiseur de miracle. En ce temps, je priais encore les dieux de rendre mes soins efficaces. Aujourd’hui, je savais que c’était mon seul talent, mes seules connaissances, qui avaient fait tous ces miracles. Et qui n'avaient pas pu sauver ma bien-aimée.
Parce que la science et la médecine avaient encore des limites trop bien établies. Elles étaient bien trop faible, encore, pour espérer faire d’avantage, accomplir de réels miracles. Parfois je me disais que cette médecine était incapable de réellement guérir. Oh, oui elle pouvait arrêter une hémorragie. Sauver une vie. Mais ce n’était pas ça, guérir. C’était bien, peut-être, mais ça ne guérissait pas le cœur de la maladie qui rongeait l’être humain. Si elle n’était pas guéri, les blessures ne s’arrêteraient jamais. Nous traitions à peine les symptômes, alors que le mal était bien plus profond. C’était comme poser un simple pansement sur une veine explosée. Complètement vain et désespéré.

Par-delà la forêt se trouvait une plage mangée par l’océan. Une toute petite plage, avec un tout petit escalier de roches qui y donnait accès. Partout, les roches étaient coupantes et la désescalade difficile. Mais il y avait un petit sentier, à l’extrême-est, qui permettait d’y descendre facilement. C’était Chiyuuru qui avait ôté chacune des pierres du sentier afin de fabriquer ce passage. Avec ses petites mains, toute seule. Je m’en souviens mieux que bien. C’était le cadeau de mon vingtième anniversaire. Nous étions restés tous les deux sur cette plage à contempler le coucher du soleil, à profiter du vent frais du soir. A déclamer des poèmes tous plus mignons et puérils les uns que les autres. Ce n’était pas du grand art, ou une grande scène. Mais c’était simplement la nôtre.

Je descendis le sentier pour arriver sur la plage, et m’éloignais loin vers l’ouest. Tout au bout de ce chemin se trouvait des falaises, qui contournait le volcan en sommeil. Et quand on allait en bas de ces falaises, il y avait un amas de pierres que j’avais trouvé dans le volcan et liées entre elles par le chakra et le chagrin. J’avais gravé le nom de Chiyuuru ici, et laissé son corps être emporté par les flammes. Laisser son corps pourrir dans la terre aurait été trop dur pour moi. Mais placer ses cendres dans une urne, et enterrer cette urne, ça je pouvais le faire. Jamais personne ne pourrait profaner une tombe qui ne contenait pas de corps. C’était l’endroit tout entier qui était sa tombe, au travers de mes souvenirs.

Comme chaque année, je ne restais pas très longtemps. Je me contentais de rester ici, à fixer l’océan et le coucher du soleil. C’étaient ces trente minutes, et cet endroit, qui me rappelaient Chiyuuru, et certainement pas un nom gravé sur de l’obsidienne.
Puis je me levais, et quittais ce lieu et sa sérénité. Il était déjà temps de revenir à ma quête. Ce n’était qu’en parvenant au bout de celle-ci que je pourrais enfin faire mon deuil avec fierté, et me dire qu’elle m’avait rendu meilleur que je ne l’aurais jamais été si je ne l’avais jamais rencontré.
Assassin Free-lance
avatar
Messages : 28
Date d'inscription : 06/07/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
218/300  (218/300)
Points de vie:
610/610  (610/610)
Points de chakra:
750/750  (750/750)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Dim 10 Sep - 12:49
Za : +7 xp
L'Eclair Blanc
avatar
Messages : 405
Date d'inscription : 13/02/2017

Fiche ninja
Points d'expérience:
215/300  (215/300)
Points de vie:
318/318  (318/318)
Points de chakra:
938/938  (938/938)
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1
Sauter vers :

Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Naruto-last-gen :: 
PARTIE RP
 :: Autres régions :: Hoto
-