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Aire d'entrainement équipe 4

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PARTIE RP
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Lun 2 Oct - 22:24
Cette aire d'entrainement est située à quelques kilomètres de Taki. Il faut s'enfoncer dans la forêt et traverser une zone marécageuse pour l'atteindre. Heureusement, les marécages sont fléchés afin de ne pas s'y égarer ou faire une mauvaise rencontre.

L'aire en elle-même est assez simple : c'est une zone plate, délimitée par un grillage. Elle est entièrement entourée par la forêt, mais la partie Nord, qui s'éloigne encore plus de Taki, est constituée de marécages sans indications, et donc potentiellement dangereux.
Juunin
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Mar 3 Oct - 22:52
Le matin qui suivit le combat contre Satsu, Seijun reçut un courrier officiel chez lui. L’attestation officielle qui l’informait de la formation d’une nouvelle équipe. Masamune Uzumaki, Satsu Yashara …et, information plus surprenante, Akane Nara. D’après le titre qu’elle portait à côté de son nom, c’était une prêtresse. Enfin, plus exactement le paladin d’une déesse mineure, Inari. Même si ce n’était pas un grand nom dans le monde ninja, elle avait quand même un titre plutôt élevé au sein de l’Eglise. Donc ça ne devait pas être n’importe qui.

Sa présence interloquait Seijun, mais pas parce qu’il doutait de ses capacités, au contraire. Mais il trouvait très curieux que l’Eglise s’associe aux ninjas. Après tout, même s’ils avaient le droit d’entretenir leurs propres combattants, ce n’étaient pas des militaires. Ils restaient des civils. Leurs droits et leurs devoirs n’étaient pas les mêmes. Le bandeau de ninja, c’était certaines permissions mais aussi certaines responsabilités. Du coup, ce serait une sorte de consultante ? Ce serait compliqué de gérer son intégration … Mais ce qui était préoccupant c’était surtout de savoir qui l’avait greffée à cette équipe. Est-ce que l’Empire avait demandé du soutien à l’Eglise en sachant qu’elle possédait des soldats compétents, même si civils, ou alors est-ce que l’Eglise avait réussi à imposer par un moyen ou l’autre, certains de leurs combattants pour renforcer les troupes impériales ? Ces deux possibilités n’avaient pas la même portée, pas la même signification. Que ce soit un accord à l’amiable serait le moins préoccupant. Mais si l’un ou l’autre avait imposé sa volonté, alors c’était très dangereux. La bonne cohabitation de l’armée et de l’église était l’un des piliers de l’Empire.
Peut-être que l’attitude d’Akane lui en dirait plus sur ce sujet pendant l’entrainement. Empièterait-elle sur le rôle de Masamune ? Lui obéirait-elle au doigt et à l’œil ? Ou alors serait-elle vraiment dans un rôle plus ‘consultant’ ? Il fallait espérer que ce soit cette troisième option, car elle aurait les meilleures significations.
En tous cas, ce serait probablement une mauvaise idée de lui demander directement. Enfin, inutile de faire des plans sur la comète. Elle ne connaissait sans doute pas les plans de ses supérieurs. Le mieux serait déjà d’apprendre à la connaitre et à travailler ensembles. Après tout, même si c’était une femme d’église, ils seraient dans la même équipe. Quitte à être tous dans le même bateau, autant faire de leur mieux pour que tout se passe bien.

Même si ça n’empêchait pas Seijun d’être préoccupé, il était plutôt content de pouvoir travailler au sein d’une équipe et faire d’avantage de travail de terrain. Il avait pris l’habitude qu’on ne lui confie que des enquêtes, plutôt que des missions plus dangereuses. Du coup, pouvoir accéder à des opérations plus délicates serait un bon moyen de se mettre à l’épreuve, mais aussi de participer à conserver ce qu’il restait de la paix impériale. Et à rétablir ce qu’elle avait pu être pendant les années suivant les guerres. Sur un plan personnel, ce serait enfin l’occasion d’avancer et de s’améliorer, ce qu’il désirait peut-être plus ardemment que quand il était gosse, avec toutes ces années à vide il avait beaucoup de retard à rattraper.
Et puis, avoir une rivale, et un senseï connu, c’étaient aussi des moteurs pour sa motivation.

La forme du rendez-vous, en revanche, était plutôt étrange. Le Juunin avait bien mentionné un lieu, et la convocation papier faisait de même. Mais il manquait le chemin à emprunter pour s’y rendre. Est-ce que c’était voulu ? En tous cas, Seijun dut faire quelques recherches pour connaitre le trajet à emprunter. Ce ne fut pas aussi difficile que prévu, cependant. Pour son métier, il conservait à son bureau tout un tas de cartes et de brochures de différents lieux des principaux territoires impériaux. Ca lui permettait de s’orienter plus facilement et de savoir ce que contenaient les zones de recherche dans lesquelles il pratiquait. Et évidemment, puisqu’il y habitait, Taki était un peu son terrain de prédilection. Il avait accumulé un certain nombre de cartes sur cette ville, et en avait gribouillé quelques-unes lui-même d’ailleurs. Il finit donc par trouver l’aire d’entrainement dont parlait Masamune, située un peu après les marécages qui entouraient le village. Enfin, après ceux qui étaient sécurisés, et avant ceux qui ne l’étaient pas. Quel étrange endroit. D’après ses cartes, c’était une aire non attribuée, ce qui correspondait bien : elle était désormais attitrée à leur équipe et elle était auparavant inutilisée. C’était un endroit bien particulier, quand même, et ce n’était pas étonnant que personne n’ait demandé à l’utiliser jusque-là. Les marécages, qu’on connaisse bien ou non, étaient un peu le danger naturel autour de Taki. S’y aventurer sans préparation ni connaissance du terrain, c’était une forme assez poussée d’envie de se suicider. Et honnêtement, la défenestration semblait plus agréable que de se noyer dans la boue des marais.
Enfin, si le Juunin les avait convoqués ici, c’était sans aucun doute parce qu’il avait prévu de les entrainer sur un terrain difficile. En soi, c’était une bonne idée, et le cadre serait approprié. Seijun ne se posa donc pas plus de questions avant de se mettre en route.

Comme il l’avait prévu, il fut d’une ponctualité impeccable, et arriva même avec le luxe de dix minutes d’avance. Il passa la porte grillagé pour entrer dans l’aire d’entrainement, tout en observant curieusement les alentours. Ici, la terre était plus ferme que dans les marécages qu’il venait de traverser. Autour, il y avait la forêt, et les marécages interdits d’accès. Pas le cadre idyllique d’un conte de fée donc, mais un endroit idéal pour apprendre à gérer de mauvaises conditions environnementales. Ca signifiait quand même quelque chose d’important : Masamune n’allait sans doute pas les dorloter. Et tant mieux : plus l’entrainement était difficile, plus ils seraient bien préparés à affronter les dangers de leurs futures missions. Autant en profiter pendant qu’ils n’étaient pas réellement dans une situation de vie ou de mort.

Seijun connaissait le style de Satsu, mais il se demandait quels seraient ceux de leurs deux autres équipiers. Il avait aperçu un katana à la ceinture de leur chef d’équipe mais sa corpulence n’était pas vraiment celle d’un spécialiste du corps à corps. Un amalgame de données plutôt curieux. En plus, sa réserve de chakra semblait plutôt immense. Ce qui rajoutait à la confusion. Quant à Akane, il n’avait que très peu de données sur elle. Il avait appris qu’elle avait participé au tournoi avant son interruption, mais il n’avait pas pu enquêter proprement donc n’avait aucune idée de ses capacités. L’idéal aurait été qu’elle soit médecin, ce qui était plutôt courant dans les ordres religieux … mais bon, pas moyen d’envisager cette possibilité plus qu’une autre sans avoir aucun début de piste. Sa curiosité d’enquêteur était piquée au vif par cet élément inattendu dans leur équipe, décidément.

Apparemment, il était le premier arrivé. Aussi, il entreprit de s’échauffer en attendant les autres. Contrairement aux utilisateurs de techniques, les combattants au corps à corps utilisaient leur corps de façon poussée, et il n’avait pas eu le temps de faire son footing ce matin. Du coup, il profiter de ses minutes en rab afin de se mettre en bonnes conditions. On ne connaissait pas le style de leur chef d’équipe, il pouvait très bien leur imposer une épreuve surprise, mieux valait être paré pour cette éventualité.
Il ferma les yeux, afin d’imaginer un adversaire. Par défaut, il avait toujours tendance à s’imaginer que c’était Shoto, lors de ses entrainements contre des opposants invisibles. Et il se mit à esquiver, parer et riposter dans le vide. Avec son style calme et maitrisé, qui était la fusion du Wing Shun et du style Hyuuga … Mais aussi avec la part d’improvisation et la perte de grâce qui lui venaient de ses longues années à écumer les rues malfamées de Taki au cours de ses enquêtes.

Ce fut le bruit du grillage qui l’interrompit. Quelqu’un venait d’entrer. Seijun rouvrit les yeux, et se retourna pour voir de qui il s’agissait.
Chuunin
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Jeu 5 Oct - 12:31
Jamais Satsu n’avait été autant dégoûté de recevoir une lettre de rendez-vous. Déjà, parce que c’était professionnel. Elle préférait carrément le privé. A chaque fois qu’elle recevait une lettre timbrée, c’était un grand moment d’imagination. Quand elle portait le sceau de l’académie, c’était plutôt un moment de dépit. Ephémère, évidemment, elle se remettait assez vite en tête qu’elle était ninja et avait donc un devoir à accomplir. Et qu’en plus, en général, les missions étaient toujours très intéressantes. Elle n’en avait que deux à son actif, mais elles avaient été de très bonnes expériences et elle avait rencontré des personnes charmantes.
Mais là non, c’était juste inadmissible. Son chef d’équipe tout neuf avait été pris d’une lubie abominable : il voulait s’entrainer dans les marécages ! Enfin pas exactement dedans, mais juste à côté.
Tout en avançant dans la forêt, la Chuunin maintenait fermement son écharpe en soie rouge collée contre sa bouche et son nez. L’odeur du tissu était suffisamment forte pour couvrir l’immonde parfum de la tourbe. Quel endroit répugnant. Et le pire ce n’était pas ça : là, elle passait en territoire balisé, avec des panneaux indicateurs. Mais l’aire d’entrainement était juste à côté d’une zone qui ne l’était pas ! Il voulait quoi au juste, les torturer en les obligeant à se vautrer dans ces immondices ? Si c’était ça, elle donnerait sa démission. Hors de question qu’elle se salisse parce que c’était une espèce de pervers qui avait attrapé une maladie fétichiste bizarre, et qu’il profitait de son autorité pour envoyer ses subordonnés jouer à sa place dans la gadoue. Elle ne tolèrerait pas que son beau visage ou les cheveux dont elle prenait autant soin soient abîmés à cause de cet endroit infect.

Et il y avait encore mieux ! Il les avait livrés à eux-mêmes pour trouver l’aire d’entrainement ! Il ne leur avait donné que le nom de l’endroit. Mais aucun cheminement, aucune indication, pour s’y rendre. C’était bien beau ‘dans la forêt autour de Taki’, mais c’était pour ainsi dire la formule la plus vague possible pour désigner un emplacement pour une aire d’entrainement. Enfin, à part ‘près de Taki’, évidemment, qui aurait été encore plus couronnée de succès pour énerver Satsu pour de bon. Comment elle avait fait pour trouver le chemin ? Elle n’avait tout simplement rien d’une crétine. Elle avait bêtement demandé à l’accueil de l’académie, en descendant de sa chambre à l’internat. Puisque les équipes stationnées à Taki étaient gérées par l’administration de l’académie … Enfin, il ne fallait pas être sorcière pour comprendre qu’ils connaissaient l’emplacement des aires d’entrainement alloués aux différentes équipes.
Elle en avait aussi profité pour vérifier que leur équipe était officielle. On ne sait jamais. Si elle pouvait garder son équipier mais virer le chef … Malheureusement tout était en règle.

C’est en posant ses questions qu’elle avait eu une piqûre de rappel sur l’identité de Masamune Uzumaki. Pas étonnant que son nom lui ait évoqué quelque chose : c’était un chef de clan. Clairement pas le premier crétin parvenu. Le genre apprécié, respecté et compétent. En quelque sorte, le chef d’équipe idéal pour quelqu’un comme elle qui souhaitait se faire voir. Il risquait quand même de les éclipser à cause de son aura, et de son influence médiatique … mais même comme ça, c’était une sacrée opportunité de se mettre sous le feu des projecteurs. C’était ce qui calmait les griefs qu’elle avait commencé à développer contre lui depuis son intervention dans l’arène. Bon, par contre, elle ne lui pardonnait pas encore le lieu de la convocation. Cette pilule, elle avait encore du mal à passer. Et elle n’était pas prête de bien prendre ce genre de façon de faire. On ne demande pas à une jeune femme de s’entrainer dans les marécages, nom d’un chien !

Elle n’était pas la première arrivée, même si elle était en avance de quelques minutes. Seijun était déjà là. Satsu attendit quelques minutes derrière la grille avant d’entrer, observant son manège. Il avait un peu changé depuis le début de leur affrontement, où il était arrivé avec une sorte de masque serein à toute épreuve. Il semblait toujours être quelqu’un d’aussi calme … Et ses mouvements étaient à la fois nobles et grossiers, comme elle l’avait déjà remarqué. Une sorte d’ambivalence entre l’expérience et l’héritage. Mais malgré tout, il y avait une détermination différente dans chacun de ses mouvements. Une justesse qu’il n’avait pas la dernière fois. De la combativité. Elle s’était demandé, toute la journée d’avant, si elle était la seule à avoir été autant affectée par leur égalité et le contenu de leur combat. Elle réalisait bien que non, maintenant. C’était un bon présage pour leur prochain affrontement ou même pour leur collaboration. Seijun allait progresser et être à la hauteur, ça se sentait. Mieux, ça se voyait.

Satsu finit par se décider à passer le grillage et entrer sur l’aire d’entrainement. Ce n’était pas différent du reste de la forêt. Ca sentait mauvais. Sale. Mais au moins la terre était ferme et elle n’avait pas à regarder précisément à chacun de ses pas dans quoi elle marchait.
En l’entendant approcher, le Hyuuga cessa son échauffement et se retourna vers elle. Comment elle devait le saluer ? Bah, peu importe, comme elle aurait salué n’importe qui.

« Bonjour. Tu as l’air remis de tes blessures … En tous cas, tu es plus vaillant que la dernière fois, tu sais, quand j'étais à deux doigts de te mettre une correction. »

Oui, comme elle aurait salué n’importe qui. Une voix douce et mielleuse, mais une provocation carrément pas dissimulée. Elle tenait ce genre de propos dès qu’elle le pouvait, avec n’importe qui.

Kou émergea de la poche de sa veste pour se loger sur son épaule, et sautiller pour se faire remarquer.

« Kiou ! Kiou ! »

« Je te présente Kou. C’est mon plus fidèle ami. Et c’est un Kyuchiose. »


La boule de poils était contente d’être présentée, surtout en termes élogieux. Il bomba la fourrure de contentement. Satsu sourit, presque tendrement, tout en le prenant pour le déposer par terre, pour qu’il puisse explorer les environs.
Il n’y avait rien de dangereux dans les environs à première vue. Et puis Kou avait la faculté de repérer ce qui sortait de l’ordinaire. Le déposer sur le sol pouvait paraître anodin, mais c’était un réflexe qu’ils avaient acquis avec leur peu d’expérience sur le terrain et qui l’avait déjà beaucoup aidée. La jeune fille jeta quelques regards aux alentours.

« On est seuls ? Masamune n’est pas encore là ? Ni la quatrième ‘équipière’ ? »

Satsu ne cherchait pas à le cacher. L’idée d’une autre fille dans le groupe ne lui plaisait pas du tout. Elle aimait bien être la seule du groupe. Le ton dédaigneux avec lequel elle parlait de la quatrième roue du carrosse ne trompait pas sur son mépris.
Chuunin
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Sam 7 Oct - 11:06
Est-ce que c’est une nouvelle lubie de l’Eglise impériale, ou alors est-ce que cet honneur m’a été strictement réservé ? C’est la première question que je me pose en lisant la missive qui m’a été adressée. Je ne m’y attendais pas. Et c’est peu de le dire. En entrant dans les ordres, et même après ma promotion récente, j’ai mis de côté le monde ninja. Enfin, je l’ai pensé. Maintenant je me demande, et je réalise juste que l’Eglise est très proche de l’armée au sein de l’Empire. Donc qu’en temps de crise on demande aux ecclésiastiques capables de se battre de renforcer les troupes shinobis n’est presque pas illogique. Ca ressemble à s’y méprendre à de l’enrôlement civil quand même, ce qui ne me plait pas beaucoup. Mais d’un autre côté, quand on a besoin d’effectifs autant convoquer tous les guerriers certifiés, et l’Eglise en possède quelques-uns. Je n’ai pas l’habitude d’avoir la moindre reconnaissance officielle, à part celle de monstre et celle de fugitive. Qu’on reconnaisse ma force au point de m’associer à un groupe de ninjas expérimentés est nouveau pour moi. Qu’on souhaite se servir de moi dans le feu de l’action aussi est nouveau. Après tout, je ne suis qu’une expérience, si ce n’est un échec. C’est la seule reconnaissance qu’ont jamais trouvée mes capacités au combat.
Est-ce que ce jour marque une nouvelle évolution ? Une nouvelle découverte ? Je vais peut-être pouvoir enfin mettre ma force au service d’une juste cause. J’espère juste que ce sera comme le dit la missive une mesure temporaire. Je peux aider, mais je ne veux pas faire ma carrière toute entière à osciller entre le tempe et les missions militaires.

Au début, j’ai voulu partir sans mes chaines, et en emprunter d’autres d’une qualité moindre, et surtout qui ne sont pas bénies par Inari. Les prêtres m’en ont dissuadée par quelques arguments convaincants. Que je porte ma tenue de paladin est apparemment essentiel. Ainsi je vais continuer mon activité cléricale, même hors de l’Eglise. Je n’aime pas beaucoup l’idée de servir de façade publique au temple d’Inari … Mais j’ai quand même fini par accepter. Après tout, c’est un peu mon devoir de promouvoir le culte d’Inari dans l’Empire. Et je me souviens très bien avoir reçu une visite étrange et enrichissante récemment qui m’y encourage encore plus …

Il y a quelques notes sur les personnes avec lesquelles je vais travailler. A mon grand déplaisir, je vais croiser à nouveau le chemin de Masamune Uzumaki. Même si je sais que c’est quelqu’un de bien, et que je reconnais tous ses beaux gestes … Je ne sais pas, ce type m’insupporte malgré tout. J’ai encore en travers de la gorge notre première rencontre, et la désagréable sensation qu’il est en réalité une véritable ordure. Même si j’essaie de ne pas le manifester en sa présence, autant dire que ce fut une entrée en matière très négative pour l’image que j’ai de lui. Et puis bon, notre combat pendant le tournoi n’arrange pas vraiment les choses, vu l’allure de la stratégie qu’il avait employé …
Enfin, c’est quand même une bonne chose en soi. J’ai une bonne idée de ses capacités, ça peut aider le moment venu. Et puis, je préfère un Juunin qui ne soit pas à des années lumières de ma force. Après tout, lors de notre premier affrontement j’ai réussi à le piéger dans le Kage Mane et à le faire fuir. Et lors du deux contre deux, sans leur astuce stupide, nous les aurions écrasés. Le fait que son niveau soit sensiblement le même que le mien, et de savoir que je peux le battre en combat singulier, sont de bonnes choses pour ma confiance. Mais aussi pour mon statut : je fais partie de cette équipe en tant que renfort, ou consultante, mais je ne suis pas directement sous ses ordres. Je dois les suvire tant qu’ils sont bons, mais je suis en position de les contester. Après tout, je suis civile, je n’ai pas l’obligation absolue de lui obéir même si je prends part aux opérations. Ils ne vont pas me punir pour mutinerie ou pour avoir désobéit à mon supérieur, je ne fais pas partie de leurs rangs !
Enfin, je pense assez négativement quand même, mais si ça se trouve tout se passera bien.
Je ne sais pas grand-chose des deux jeunes Chuunins par contre. Je ne sais pas non plus grand-chose sur leurs clans, si ce n’est quelques connaissances que tout le monde possède sur leurs sujets.

Quand j’arrive sur l’aire d’entrainement, je remarque immédiatement que notre chef d’équipe n’est pas encore présent. Par contre les deux jeunes, eux, sont bien présents. Ils sont très ponctuels, c’est encourageant : c’est souvent un signe de bonne volonté, ou au moins d’un esprit organisé. Et il est plus facile de construire des stratégies avec des esprits ouverts ou bien agencés. La jeune fille, Satsu, a une boule de poils sur l’épaule. Pas de membres supérieurs, pas de bouche, pas de nez, pas de corps. Juste une tête avec des yeux, sur une paire de pieds sans jambes. C’est adorable, je crois ? Par contre c’est une créature très curieuse. Qui émet des petits bruits stridents, et semble très joyeuse mais … Comment elle parle, sans bouche ?
Bon, en tous cas, je m’approche des deux jeunes gens. Je n’ai pas vraiment de réflexes comme tendre la main ou saluer avec. Je me contente plutôt de hocher la tête en tentant de leur adresser un sourire amical. En restant neutre, mais en ne montrant pas d’hostilité, il y a peu de chances que je me trompe en me montrant trop ou trop peu familière.

« Bonjour. Je m’appelle Akane. Je suis venu renforcer votre équipe dans le cadre de la coopération entre l’Eglise et l’armée. Enchantée de vous rencontrer, j’espère qu’on fera du bon travail tous ensembles. »

C’est peut-être un peu trop plat ou basique ? Enfin, au moins c’est une entrée en matière assez claire et qui fournit à mes interlocuteurs l’essentiel des informations dont ils ont besoin.
Je regarde les alentours. Ce n’est pas un très bel endroit. Ni une très belle terre. Trop humide, trop sale. Mis à part de la mousse et des mauvaises herbes, il n’y a pas grand-chose qui peut pousser dans ce genre d’environnement. J’ai un peu l’impression d’être loin du pouvoir de la déesse Inari. Dans un territoire où elle n’a exactement aucune influence, même. Est-ce que Masamune est capable d’une réflexion assez poussée, sadique, mais aussi instruite, pour l’avoir fait exprès ? Je sais qu’il m’a mauvaise autant que moi je l’ai à son propos. Donc ce n’est pas si étonnant que je me pose la question, et que ce soit la vérité ne me surprendrait pas tant que ça.

Après je me fais peut-être des idées, c’est sans doute tout simplement un environnement hostile, sans l’être exagérément, et donc idéal pour entrainer des jeunes ninjas qui ont besoin d’apprendre à se coordonner.
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Jeu 12 Oct - 9:56
Satsu fut donc la seconde à arriver dans l’aire d’entrainement. Contrairement à la dernière fois qu’il l’avait vue, elle fut plus sobre cette fois. Pas de licorne ou de manteau blanc, ni même de chapeau. Simplement une tenue plus classique, et des salutations polies … avec ce zeste de provocation qui caractérisait la jeune fille, qui était encore et toujours très belliqueuse. Etait-ce le genre de personne qui aimait qu’on réponde à ses piques par d’autres piques, qui recherchait le conflit ? Seijun était persuadé que oui. Elle avait l’air d’être mignonne voire inoffensive au premier abord, mais elle lui avait montré qu’elle était loin de l’être lors de leur affrontement. Au contraire, elle était incisive et agressive. Enfin, ce qu’elle recherchait n’était pas si important. Même si Seijun la respectait suffisamment pour la considérer comme une rivale, cela signifiait également qu’il ne souhaitait pas baser leur coopération future sur un mensonge. Et donc il était préférable qu’il soit lui-même. Et même s’il avait très envie de prendre sa revanche, ce n’était pas lui de l’afficher ou de chercher le conflit qu’elle lui proposait. Être serein et calme, considérer les choses avec logique et neutralité, c’était sa façon d’être à lui.
Aussi, il se contenta de lui rendre son salut d’une manière beaucoup plus laconique.

« Bonjour. Oui, je suis remis de mes blessures. Et tu as l’air d’avoir bien récupéré, toi aussi. »

En soi, elle pouvait très bien prendre ça comme une réponse adéquate de toute façon. Il désirait juste être poli, mais elle pouvait prendre ça comme un rappel de leur égalité vu qu’il lui rappelait qu’elle aussi avait été blessée lors de l’affrontement. Ce n’était pas très important, en vérité.

La petite créature qui émergea de sa poche pour se mêler à leur conversation surprit beaucoup le jeune Hyuuga, par contre. Il avait eu l’occasion de voir un totoro lors de leur affrontement, mais celui-ci n’avait rien eu le temps de faire de constructif, même s’il semblait avoir des capacités intéressantes, à cause de la violence des débats. Mais Kou, il ne l’avait jamais vu. Ni aucune créature semblable d’ailleurs. C’était littéralement une boule de poils, avec deux petites pattes et des yeux. Pas de nez pour respirer. Pas de bouche pour parler. Pas d’oreilles pour entendre. Est-ce que le tout était dissimulé sous sa mince fourrure ? Ou alors il n’en avait tout simplement pas ? Déjà qu’il n’avait que deux membres … En tous cas, sa morphologie était très curieuse. Et elle défiait les fondements scientifiques, aussi. Peut-être qu’il avait une autre forme de survie, un peu comme les plantes avec la photosynthèse. Il devait bien respirer d’une manière ou d’une autre, non ?

En tous cas, il semblait être d’un tempérament très joyeux. Seijun, sans doute contaminé par sa bonne humeur, répondit aux exclamations enjouées du Kyuchiose par un sourire franc.

« Enchanté de te rencontrer, Kou. »

« Pour répondre à ta question, Satsu-chan, oui j’étais tout seul jusqu’à ce que tu arrives, et je n’ai vu ni notre troisième équipière, ni notre senseï. Mais nous sommes tous les deux en avance, ils ne devraient pas … Eh bien, oui, ils ne tarderont pas. »


Tandis qu’ils parlaient, une troisième personne venait de pousser la porte grillagée et d’entrer sur l’aire d’entrainement. Peau sombre, veste noire, des yeux étrangement oranges, en amandes … Elle dégagea quelque chose de très particulier. Seijun n’allait pas jusqu’à dire qu’elle le dégoûtait, ce serait une franche  exagération. Mais il n’était pas très à l’aise en sa présence. Et ce sentiment d’inconfort s’accentue au fur et à mesure qu’elle s’approche. Il se concentre, du coup, plutôt sur le détail de sa personne pour essayer de passer outre. Par exemple, elle porte deux chaines autour de la taille. Longues, épaisses. Elles doivent être lourdes. Elle doit posséder une force physique plus importante que ne le laisse entendre sa carrure, à tous les coups. Est-ce qu’elle peut manier les deux en même temps, ou alors il y en a une qui sert d’arme de rechange au cas où elle perdrait la première ? Dans ce cas, ce serait déjà bien mais plus commun. Dans le premier cas, ça signifierait quand même qu’elle avait un certain niveau. Probablement supérieur à celui de Seijun. Elle semble avoir pas mal de chakra, aussi. Mais pas tant plus que les deux Chuunins. En même temps, si sa spécialité c’est le combat armé, cela ne signifie pas grand-chose. Après tout, Satsu a absolument besoin de son chakra, et Seijun en possède beaucoup pour un spécialiste du corps à corps. Et lui aussi en utilise beaucoup, donc ce n’est pas si étonnant.
Non, il a quand même le pressentiment que ce n’est pas n’importe qui. Et ce n’est pas que son statut de paladin qui le lui souffle. Le jeune Hyuuga a le sentiment qu’elle est plus forte qu’elle n’en a l’air.

En même temps, elle arbore une expression presque indéchiffrable, c’est très troublant. Cela dit, sa façon de les aborder était très protocolaire. Respectueuse, mais presque un peu trop rigide. Très protocolaire. D’un autre côté, c’est peut-être juste le ton qui faisait penser ainsi. Elle avait quand même ouvert amicalement sur l’espoir d’une agréable coopération. C’était un signe de bonne volonté, non ? Il ne pouvait pas se permettre d’être désagréable après une entrée en matière positive comme celle-là.

« Enchanté également. Moi c’est Seijun. Et je suis certain que tout se passera bien, Akane-san, et que nous ferons du bon travail … »

Il y eut comme un suspend. En fait, il était très loin d’en être certain. Il se posait toujours beaucoup de questions sur l’intégration de l’Eglise aux forces ninjas. Certes, ils n’étaient que des consultants, des aides civiles en quelque sorte. Mais est-ce que c’était une bonne chose ? Y avait-il un début de guerre d’influence, de pouvoir, des raisons politiques ? Sans aucun doute, à une échelle plus ou moins grande d’ailleurs. Restait à déterminer la taille de l’échelle. Mais même ainsi, était-ce juste de garder Akane à distance ? Après tout, elle n’avait peut-être aucune connaissance de tout ça. Même si elle était paladin, elle ne faisait pas du tout partie de l’Eglise des Cinq. Les intentions du haut commandement ecclésiastique devaient lui être totalement inconnues.

Les minutes s’égrainaient sans que Masamune ne fasse son apparition, par contre. Ils venaient tout juste de franchir les cinq minutes post-horaires. Et donc il était officiellement en retard. Etrange, d’ailleurs, ce n’était pas la première impression qu’il donnait pourtant … Il avait même l’air plutôt sérieux, et rigide.
Seijun sentait le coup fourré approcher, en fait, tout simplement. Il n’avait rien précisé sur la nature de leur entrainement.
Le jeune Hyuuga entreprit d’observer les alentours. Rien de notable. A moins que … Akane n’avait pas fermé la porte d’entrée de l’aire d’entrainement, si ? Elle l’était. Et cet objet qui … Un cadenas ? Quand était-il apparut ? Pendant qu’ils discutaient et faisaient connaissance ?

** On dirait que malgré l’ambiance détendue, et ce qui semble être un retard, c’étaient des faux-semblants. L’entrainement a déjà commencé. En quoi consiste-t-il ? Il semble qu’on va devoir comprendre les enjeux avant même de tenter de résoudre cette situation et de faire sortir notre senseï de sa cachette. Je ne sens pas particulièrement de présence aux alentours, mais ma portée de détection chakratique est assez courte et ce n’est pas la plus aiguisée. Je dirais quand même qu’il doit avoir un poste d’observation aux alentours … Ca ressemble à un test, donc il doit vouloir voir ce que nous allons faire. **

Il avait beau guetter, il ne voyait rien, cependant. Les yeux du jeune Hyuuga venaient de changer, chaque veine autour d’eux était gonflée et le blanc immaculé de ses pupilles étaient striés de marques. Le Byakugan.
Seijun se souvint soudainement de la présence de ses deux équipières et il pointa la porte du doigt.

« Je ne crois pas que Masamune-senseï soit en retard. Mais à part ce cadenas, je n’ai rien remarqué. Est-ce que l’une de vous deux perçoit quelque chose ? »

Par réflexe, Seijun se tourna afin de se mettre dos aux deux jeunes femmes. Une formation en triangle, regroupée, comblerait l’angle mort de ses yeux, et permettraient à ses deux équipières de ne pas se soucier de leurs gigantesques angles morts à elles.
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Ven 13 Oct - 13:06
Satsu dévisagea la nouvelle arrivante avec un visage renfrogné. Elle n’était clairement pas contente de voir une autre fille se taper l’incruste. Mais elle se contenta d’un simple hochement de tête quand celle-ci leur dit bonjour. C’était difficile d’être méchante pour le moment, comme Akane ne lui en laissait pas vraiment l’opportunité en étant aussi distante et neutre. Elle s’était présentée d’une façon tellement bateau que, malgré son mépris évident, l’adolescente n’avait trop rien à redire ou à reprendre sur ses paroles.
Elle ne semblait pas spécialement désireuse de faire oublier son statut de prêtresse, qui était quand même un peu différent de celui de kunoichi. Satsu ne comprenait pas vraiment pourquoi une religieuse pouvait les accompagner, par contre … Est-ce que l’Empire était tellement en dèche de pions qu’il en empruntait quelques-uns ailleurs que dans l’armée ? C’était un peu comme jouer au go en rajoutant des pièces du jeu de dames du voisin. C’était ressemblant, mais quand même pas tout à fait les mêmes pions. Ca ne pouvait pas marcher. Pour la jeune Yashara, c’était évident.
Ce qui lui redonna quand même le sourire, même si c’était un peu stupide, c’était la différence dans les suffixes employés par Seijun. Ca pouvait paraître logique, puisqu’ils s’étaient déjà rencontrés plusieurs fois alors qu’Akane était un petit peu la petite nouvelle dans l’équipe, mais elle le releva quand même avec une certaine satisfaction. Elle avait le surnom mignon, féminin, et Akane le neutre, sans réel éclat. Ce détail lui rendit un peu d’entrain.
Suffisamment pour réagir à peu près poliment, même. A peu près, on restait dans les normes de Satsu en termes de première impression.

« Je suis persuadée que si tu ne nous gênes pas, on fera du bon travail, oui. ‘’ Bienvenue ‘’. »

Oui, le grand amour, ce serait pour un autre jour. Même son mot d’accueil laissait sentir qu’elle était la seule à être nouvelle, puisqu’elle se permettait de l’accueillir en bonne et due forme. Tout était calculé pour être juste assez gentil, en fait. Elle était de bonne humeur, normalement elle ne se donnait pas la peine d’enrober ce qu’elle disait pour que ça passe mieux.

Seijun s’agita soudainement, coupant cout à ses présentations un peu tendues, et tirant Satsu de ce qu’elle considérait comme une guerre territoriale.
Le jeune homme attirait leur attention sur le fait que la grille de l’entrée venait d’être verrouillée avec un cadenas. L’adolescente ne put pas s’empêcher d’afficher une moue surprise : trop occupée par l’arrivée d’Akane, elle avait baissé sa garde et n’avait rien senti pendant que quelqu’un les enfermait tranquillement sur leur propre aire d’entrainement.
Comme le Hyuuga, qui était décidément le plus réactif d’eux trois, les incitaient à adopter une défense en triangle, dos à dos, Satsu suivit simplement le mouvement.
Par contre, ils avaient un manque d’informations flagrant. Heureusement, question capacités de détection, la jeune fille allait pouvoir s’illustrer. Elle était plutôt bonne question sensitivité.

« Je m’en occupe. »


Kou était sur son épaule, donc il pourrait l’avertir en cas de problème. Elle pouvait se permettre de fermer les yeux pour mieux se concentrer sur les alentours.
Satsu se concentra durant quelques secondes, entièrement focalisée sur la recherche de sources de chakra. Elle en trouva plusieurs. Beaucoup en fait. Plus qu’elle ne s’y attendait.
Quand elle rouvrit les yeux, elle ne savait plus très bien où elle en était, aussi elle se contenta de donner les informations avant même de les avoir analysées :

« Je sens le chakra de Masamune-senseï. Pas très loin, mais pas vraiment proche non plus. Il est dans les parages mais je ne sais pas où exactement. Je dirais qu’il se trouve dans cette direction. »

Satsu pointa la forêt, dans la direction non-balisée évidemment.

« Par contre, entre nous et cette forêt, sur toute la surface de l’aire d’entrainement à partir de … »


La jeune fille se déplaça, rompant la formation inutile pour le moment. Elle traça une ligne dans le sol du bout du pied.

« … cette ligne, et jusqu’à la forêt justement, je sens de petites sources de chakra à l’intérieur du sol. Ces sources de chakra sont enterrées juste au-dessous à, quoi, dix centimètres à peine, sous la surface. C’est vraiment tout petit. Ca pourrait être plein de choses. »

Satsu se recula de quelques pas, elle essayait de localiser précisément chaque source de chakra mais n’y parvenait pas. Elles faisaient des interférences les unes avec les autres en quelque sorte. Impossible d’être plus précise.

« Pas moyen de savoir où chaque source de chakra se situe exactement. Je ne peux pas faire plus que délimiter ce périmètre. »
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Mer 18 Oct - 17:57
Seijun me répond avec politesse. Je peux voir que c’est quelqu’un qui possède un grand contrôle de lui-même rien qu’en le regardant et en l’écoutant. Sa voix est calme, son port assuré mais relaxé, et son timbre particulièrement rassurant. C’est étrange, parce que cela va un peu à l’encontre de son physique. Enfin, je suis assez mal placée pour juger quelqu’un sur ce type de critère.
Satsu par contre me fait presque sursauter. Elle a l’air d’être une fille très jeune, et on lui donnerait tout sans hésiter tellement elle était mignonne et innocente en apparence. Mais son agressivité est à fleur de peau. C’est même presque de l’hostilité. Je vois bien qu’elle se force à être polie, et même ça elle semble avoir du mal à le faire correctement. Mais ce qui pulse, plus que cette simple hargne, c’est de l’énergie.
C’est drôle, mais je me sens déjà un peu de trop dans cette équipe. Ils sont équilibrés l’un et l’autre. L’énergie et le contrôle, pour former un juste milieu capable de se réguler ou de basculer selon la situation. Je sens même un début de complicité entre eux. Peut-être même plus. De l’attirance ? Une rivalité déjà présente ? C’est dur à dire, mais ils semblent se jauger à chaque fois qu’ils se regardent. Je sais bien que c’est mon rôle d’être de trop, ou tout du moins celui que m’a assigné l’Eglise. Mais j’ai quand même envie de trouver une place parmi eux. Ca ne va définitivement pas être simple de me faire accepter, surtout auprès de la jeune fille. Son regard plein de reproche me met très mal à l’aise.
Heureusement, les choses bougèrent assez vite pour que je n’ai pas à réfléchir plus longtemps.

Enfin, heureusement. Pas forcément. Seijun est le premier à réagir. Son déplacement pour se positionner dos à nous est rapide, mes yeux clignent au même moment et je le perds de vue avant de sentir sa présence encore proche et en alerte. J’ai toujours pensé être un peu plus forte qu’un Chuunin nouvellement promu, surtout depuis que j’ai obtenu le grade de paladin. Je me dis que ce n’est peut-être pas le cas avec ces deux-là.
L’analyse du Hyuuga est rapide, incisive, et complète. Un test. Oui, probablement. Quand il se tourne vers nous pour nous demander ce qu’on perçoit je suis très surprise … avant de comprendre qu’en réalité il compte plutôt sur Satsu pour ce genre de boulot. Du coup je me contente de rester sur mes gardes et d’attendre le rapport de la jeune fille qui semble avoir les sens en éveil.
Le calcul est simple : je perçois faiblement le chakra de Seijun, mais pas du tout celui de Satsu. Donc c’est la meilleure d’entre nous trois question sensitivité. Encore des points qui m’excluent de leur duo.

Le fameux test n’est pas très original en soi, mais il n’en demeure pas moins une situation qui peut arriver sur le terrain. Enfin, je le suppose en tous cas vu mon expérience du métier de ninja très limitée … On a une direction pour le chakra de notre senseï, et un espace qui nous sépare de lui qui est truffé de mines. Ou quelque chose d’approchant. Mais Satsu n’est pas capable de localiser précisément les mines … Ou même de dire si c’en est réellement.
Bon, une impasse. Le moment parfait pour m’illustrer. Après tout, lorsqu’on a vécu parmi les Naras on a quand même eu une certaine formation tactique. Si je peux leur faire partager mon expérience théorique, peut-être que je peux m’intégrer.
Je réfléchis quelques secondes en essayant de prendre en compte les capacités des deux autres en plus des miennes, et la réponse me parait évidente.
Je me tourne vers Seijun.

« Le Byakugan peut localiser précisément les sources de chakra n’est-ce pas ? Est-ce que tu pourrais m’indiquer où sont les sources enfouies dans le sol ? J’ai une idée pour les désarmer. »

Seijun se contente de me pointer différents endroits du doigt l’un après l’autre. Je sais bien que ce n’est pas trop le moment, mais je suis ravie de le voir coopérer. Je me suis fait un film où je ne suis qu’une pièce rapportée qu’on a pas envie d’avoir à côté de soi … mais il semble bien que je sois un peu paranoïaque comme d’habitude. Même si mes années de fuite sont terminées maintenant, j’ai encore ce réflexe d’être considérée comme une indésirable. C’est plus fort que moi, tout ce que j’ai vécu avec les Naras ne m’aide pas à me défaire de cette sensation d’être de trop, et ça empire avec l’attitude de Satsu. Enfin, il me vient pas à l’idée de l’accuser. Je suis juste trop fragile, peut-être, pour faire partie de cette équipe. Peu importe, il faut que j’assure maintenant.
J’attrape une pierre sur le sol, et je la lance tout bêtement vers un endroit désigné par Seijun, qui me parait assez éloigné, en essayant d’y mettre suffisamment de force pour que le caillou exerce une pression sur le sol au moment de l’impact …

L’explosion retentit sèchement, soulevant un nuage de poussière et de flammes. J’écarquille les yeux, un peu sous le choc. Masamune ne rigole pas avec ce test. Si on marche sur un explosif comme ça on risque tout simplement d’y laisser une jambe.
Je ramasse une autre pierre.

« Si on fait exploser toutes les mines à distance, ce sera aussi bien que de les désamorcer. »

Je regarde dans la direction de mes deux équipiers, en particulier celle de Satsu dont je ne peux m’empêcher de chercher l’approbation, de trouver grâce à ses yeux.
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