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Quelque part dans les plaines.

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PARTIE RP
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Mar 14 Fév - 1:25
Ce thé est infect. C’était la seule chose à laquelle je parvins à penser pour me tirer de ma rêverie éveillée. J’avais le cul posé au fond d’un tabouret garni d’un coussin à moitié éventré. Le coude posé sur le bar, la main dans les cheveux. Et je sirotais la boisson d’un air pensif depuis presque vingt minutes, ce qui m’attirait les regards interrogatifs de la gérante. Je ne suis pas du coin, qu’est-ce que je fous là ? Je comprenais bien le message.

En même temps, vieille harpie mal sautée, je n’ai pas vraiment de meilleure idée de destination pour le moment.
Je me redresse quand même, et lui fais un signe de la main pour lui demander une autre boisson. J’ai bien compris qu’on ne me servirait pas un thé potable, aussi j’acquiesce quand la carne me regarde ironiquement et me propose de prendre une pinte, cette fois.
Un voyageur qui picole attire apparemment moins l’attention qu’un voyageur qui savoure un bon thé bien mérité. J’en prends bonne note. Que ce soient les plaines arc-en-ciel libres ou une partie de l’Empire, la campagne centrale du continent est égale à elle-même, même après tant d’années. Quelque part, c’était réconfortant. Un peu effrayant aussi. Alors que je me sentais profondément transformé, je constatais que le monde autour de moi, lui, n’avait pas changé. Que le quotidien était redevenu le même. Après la guerre, le monde était de nouveau prospère. Peut-être même plus encore qu’il ne l’était avant.
Shousan avait perdu, j’avais perdu, mon monde s’était effondré. Mais au final, c’était pour le meilleur : voilà ce que ce que le monde me mettait dans la gueule. Tous mes combats, en partant de là, n’avaient plus aucun sens. Excepté un, peut-être : celui qui avait vengé ma mère.

Maintenant que je songe à ma famille, je me souviens de ce que j’ai appris sur mon grand-père la semaine dernière. Il est toujours vivant. Et il a ouvert une nouvelle forge dans les plaines, à la lisière entre l’Empire centrale et le pays du feu. Je n’ai pas encore été le voir. Comment le pourrais-je d’ailleurs ? J’avais été tour à tour sa plus grande fierté, puis sa plus grande déception. Le héros de Shousan, puis celui qui l’avait abandonné.
Je réprimais des larmes coupables, et les noyais dans une longue gorgée d’alcool.

Des éclats de voix provenant d’au-dehors me tirent de mes pensées. Des cris, des chocs. Des coups, en fait. J’étais un fin connaisseur du bruit que produit un poing qui s’écrase sur un visage. De celui d’un corps qui est projeté par cet impact. Et de celui d’un corps qui s’écroule au sol, après cette projection. Une engueulade qui en était venue aux mains. Rien de bien palpitant.
Puis, la voix d’une petite fille. Apeurée, en larmes. Appelant à l’aide. Et la tension caractéristique d’une assemblée qui hésite, mais qui ne fait rien. Qui ne peut rien faire, peut-être. Je me fige.

** Tu n’es pas un héros Eihiko. Tu ne l’as jamais été. Cesse de te comporter comme si tu ne le savais pas. **

Encore des cris, la gamine pleure de plus belle. Je distingue assez clairement un ta gueule morpionne, ou un truc dans ce goût-là.

** Tu n’es plus ninja. Ce n’est pas à toi d’intervenir. **

A l’aide ! A l’aide ! Les pleurs sont de plus en plus déchirants. Ils vont tuer mon papa ! Le hurlement s’écrase dans une gorge soulevée du sol, et propulsée à son tour comme une vulgaire brindille. Quel mépris de l’humanité. Comment pouvait-on arriver à un tel geste sans sourciller ?

** Je ne peux pas ignorer ce qui se passe sans agir. Héros ou pas, ça n’a aucune importance. **

Je me lève. Mes traits sibyllins, perdus en lignes courbes et évasives, se sont durcis. J’enfile des gants autour de mes poings. Du cuir. Plus lourds qu’il n’y paraissait. Et avec des ouvertures qui renfermaient des griffes rétractiles acérées et prêtes à tailler les chairs en pièce. Mais hors de question de faire couler la moindre goutte de sang. Seule le cuir heurterait les joues de ces enfoirés, et leur briserait la mâchoire.

La tenancière, en me voyant me lever, tente de me retenir par le bras. Elle est prise d’une sorte de vertige. Comme si j’étais, un instant, devenu flou. Elle n’arrive pas à m’attraper. Incrédule, elle se rattrape de peu au comptoir en manquant de s’effondrer. Les clients, ahuris, observent la scène. Eux aussi ont vu ce jeune homme, un instant, devenir incertain. Ses contours disparaitre. S’échapper. Et tandis qu’il franchit le seuil de la porte, ils se tournent les uns vers les autres.

« C’est qui ce type, bon sang ? »

La vieille harpie ne le sait pas. Mais dans un coin de la pièce, un vieil homme se redresse.

Dehors, le spectacle est désolant. La foule s’est dispersée. Mais de nombreux visages observent la scène depuis les fenêtres. Depuis les lucarnes. Et au milieu d’une pile de caisses renversées et de fruits écrasées, trois hommes à forte carrure tabassent un autre homme à coups de pieds, tandis qu’un quatrième regarde. Un peu plus loin, une fillette avec un coquard et la lèvre ensanglantée et gonflée regarde la scène, baignant dans ses propres larmes.
Alors que son sentiment d’impuissance est à son paroxysme, une main se pose dans ses cheveux. Ses larmes cessent, sous l’effet de la surprise. Et elle regarde, sans comprendre, un jeune homme la dépasser. Il ne l’a même pas regardée. Elle veut lui demander de sauver son père, mais sa voix se bloque. Elle n’en garde que l’espoir qu’il le fera.

Je m’approche des trois loubards. Ils se retournent vers moi. Ils crânent, se pavoisent. Ils n’ont pas l’air vraiment effrayés. Je ne leur en veux pas. Je ne suis pas vraiment ‘impressionnant’. Mais mes gants en cuir et mes yeux en colère trahissent mon caractère bagarreur, et mes réelles intentions. L’un d’eux fait sauter un kunaï entre ses mains, jonglant tranquillement avec pour que je le vois, il cherche à m’intimider.

« Un problème gamin ? »
« … »
« Tu ne nous demandes pas d’arrêter ? Tu ne nous dis pas que c’est mal ? Niark, niark ! »
« … »
« Chef, il a perdu sa langue ! On en fait quoi ? »
« Butez-le. Rien à foutre de ce mioche. »

« Je ne vais pas vous demander d’arrêter. »
« Il parle ! »
« Niark, niark ! »

« Je vais vous exploser. Vous ne méritez pas de partir indemnes. »

Les rires goguenards reprennent de plus belle. Mais pas très longtemps. Un éclair de lumière blanche, et je suis près du premier. Mes veines battent à mes tempes. Mon sang rentre en ébullition. L’énergie du soleil qui rentre dans mon corps le fait bouillir. C’est fort. Intense. L’exaltation du combat. L’ivresse. La véritable. Noyée dans l’ire vengeresse.
Je frappe le premier d’un coup de poing rageur, au niveau de la joue. Je sens les os qui résistent un instant. Très bref. Puis qui cèdent. Il veut hurler, mais mon genou lui coupe le souffle et le plie en deux. Recroquevillé sur le sol. Misérable.
Le kunaï tranche l’air, à l’endroit où je me trouve pourtant. Parce qu’en réalité, je n’y suis plus. Et que ce kunaï n’est plus dans la main de ce type, mais sous sa gorge.
Que fait le troisième ? Il est par terre, gémissant sur son nez et ses côtes cassées. Quand ais-je fait cela ? Je ne vous le dirais pas. Je suis l’Eclair Blanc, après tout. Celui qui a le kunaï sous la gorge écarte  les mains en signe de rédemption. Mais c’est trop tard. Je lui fauche les jambes en frappant derrière les genoux. Il plie. Et un poing furieux lui explose le faciès. Je ne sais pas ce que j’ai brisé, cette fois. Mais vu ses hurlements atroces, ça doit être des trucs dont on a besoin pour garder le visage en place.
Le chef esquisse un mouvement de retraite, mais je lui barre déjà la route. Ces types bougent au ralenti. J’ai senti quelques impulsions de chakra dans leur taijutsu. Mais comparé à un Eclair Noir, ces types bougent au ralenti. Ils cognent dur, mais alors que je vais à la vitesse de la lumière, ils atteignent à peine quelque chose de supérieur à un humain moyen.
Il place ses mains devant lui, implore. Enfin, il essaie. Mon talon écrase son pied, alourdi par l’énergie du Ki, réduisant ses os en miettes. Mais l’information et la douleur n’ont pas le temps d’arriver à son cerveau qu’un coup de poing lui casse l’arcade. Et qu’un autre, enfin, lui fasse cracher quatre ou cinq dents.

Je me baisse, à vitesse réelle cette fois, et je lui attrape les cheveux pour remettre son visage en face du mien.

« Je te préviens, qui que tu sois, si tu utilises encore une fois des méthodes aussi dégueulasses dans ta vie, je reviendrais. Et cette fois, je te bute. »

Pour faire bonne mesure, je le frappe violemment du plat du pied au niveau des côtes.

Je hoquète. L’ivresse n’est pas étrangère à ce surplus de violence. La frustration non plus. Ce n’est pas moi. Ce justicier sauvage, rebelle, et presque meurtrier, ce n’est pas moi. Un justicier … Cela me fait penser à mon meilleur ami, Sham. Mort en mission avant que la guerre n’éclate. Lui voulait devenir un vrai justicier.

** Comme tu aurais honte de moi mon ami … Je suis désolé … **

Désolé d’être ce que je suis, ou désolé de n’avoir pas été là pour le sauver ?

La petite fille s’approche, avec son père. Ils baragouinent des trucs. Je m’en fiche. Elle me dit qu’elle veut devenir aussi fort que moi et protéger les faibles.

« Je veux être un héros, comme toi ! »

Tout ce baratin. Je me tire. Je me retourne, quand même, dans un éclair de lucidité.

« Fais pas ça. Je ne suis pas un héros. Protège les autres, mais pas comme moi, ok ? Fais mieux, et je serais fier de toi. »

Je ne sais pas trop pourquoi je dis ça. Pourquoi je fais comme si je pouvais donner l’exemple. Je suis dans un état instable, entre celui du justicier qui a accompli quelque chose, et l’ire violente qui avait du mal à retomber. Il faut que je l’évacue. Que je me calme.

Que je m’éloigne de cette fichue rue et du regard admiratif de cette fillette, surtout. Il me fait plus de mal que de bien.
L'Eclair Blanc
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Mer 15 Fév - 1:42
Spoiler:
 

Les badauds se dispersaient petit à petit, alors que le père tout fraichement sauvé du lynchage et sa fillette pleine de rêves nouveaux s’étaient enfuis de la scène depuis longtemps. Les rumeurs allaient bon train, et la vie reprenait son cours.
Quelque part, au milieu de la terre poussiéreuse, une forme remua, sortant apparemment de nulle part. Un lézard ? Pas vraiment. C’était un peu plus gros. Et hérissé d’écailles pointues. Un petit peu de zoologie, et on pouvait deviner qu’il s’agissait d’une espèce appelée moloch. Son camouflage n’avait cependant pas totalement disparu alors qu’il se mettait en mouvement, et seul un œil averti aurait pu distinguer les mouvements de sa carapace, qui avait épousée la couleur du sol.
Il rejoignit, avec une démarche paisible, une ruelle à quelques centaines de mètre de la scène à laquelle il avait assisté. Juste à côté d’une épicerie, actuellement fermée. Curieuse fermeture, alors que le soleil peignait le ciel.
Dans cette ruelle l’attendait Ichiko, assise sur un tonneau, occupée à se curer les ongles avec un kunaï, absorbée dans ses pensées.

Quoi de plus normal ? Elle était préoccupée par la mission qu’on lui avait confiée. Certains espions avaient rapportés la rumeur que l’Eclair Blanc aurait refait son apparition à la Capitale. Et vu les échecs de ses dernières missions, son rang à elle était devenu celui d’un pion qu’on pouvait sacrifier. Comme les intentions de l’Eclair n’étaient pas encore connues, on l’avait envoyé en première ligne pour les sonder.
Le ramener, ou le tuer. Trop dangereux en liberté totale, disaient-ils. Peu importe ce qu’il se passait, ils se débarrasseraient d’un élément problématique, et récolteraient les informations qui les intéressaient. Si elle mourrait, ils sauraient que l’Eclair était un ennemi. Si elle revenait avec lui, c’était du tout bon.


** Faire échouer ces missions n’était pas malin. Elles ont permis de glaner de précieuses informations pour l’Aile du phénix mais maintenant je suis soupçonnée, si ça se trouve. Et même si ce n’est pas le cas, ma carrière dorée vient d’en prendre un coup sévère. **

L’arrivée de Yaranzo la tira de ses pensées. Le lézard la regardait sans rien dire, immobile au milieu de l’allée, camouflage retiré.

« Je ne t’ai pas entendu approcher … Comme d’habitude. »

Il opine. Son camouflage l’a toujours impressionnée. En tous cas, plus que sa faculté à ne parler que lorsque c’est strictement nécessaire.

« Je n’ai pas trouvé grand-chose de mon côté. Je suis presque sûre qu’il est dans les parages, d’après nos indices … Mais pas moyen de lui mettre la main dessus. »

« C’est parce que tu gigotes partout. Rester immobile et écouter le monde est le véritable secret d’une recherche active. »

Ichiko claque la langue, agacée. Elle ne savait pas se l’expliquer, mais la plupart du temps il avait raison. C’était bien le pire. Elle furetait, tandis qu’il attendait sans bouger. Et indéniablement, l’action se déroulait toujours là où il se planquait. A croire qu’il avait des dons de médium. Ce n’était pas trop le genre à les lui cacher et à se moquer d’elle, mais cette conclusion s’était pourtant imposée plusieurs fois ces dernières années.
Des indices de la présence de l’Eclair Blanc. Si on pouvait appeler ça des indices … Des rumeurs, des anciens habitants de Shousan qui l’auraient reconnu. En plus, ça avait été particulièrement compliqué de leur soutirer l’information. Pour quelques-uns, elle avait même dû leur insuffler l’illusion qu’ils parlaient à un proche afin de les récolter. Ce n’était pas vraiment courant comme pratique, et tomber sur un ninja spécialiste des illusions aurait pu poser problème. Mais elle avait eu une chance insolente.
En même temps, il y avait peut-être aussi une part de talent dans tout ça. Après tout, si on l’avait envoyé à la poursuite de l’Eclair Blanc, c’était aussi parce qu’elle avait une réelle chance de le retrouver. Et de se faire tuer. Et peut-être même la possibilité de le maitriser si elle le prenait par surprise, qui sait ? Pour un pro-genjutsu, l’initiative est une garantie de victoire, peu importe les capacités de l’adversaire. Et même contre une légende comme ce type.

Yaranzo se faisait prier, mais il avait apparemment assez profité de l’effet de sa sentence, et se décida à parler.


« Il y a eu une altercation pas très loin, et un jeune homme est intervenu. Dans les âges de celui que tu cherches. Plutôt mignon, il te plairait bien. Et fort, tu devrais envisager une copulation pour perpétuer ta lignée. »

« Je m’en fous. »

« Soit, je te laisserais en juger. Il était vif. Capable de disparaître et de réapparaître d’un endroit à un autre. Mais peu importe les ruses du poisson, le pêcheur peut l’attraper avec le bon filet. Ce n’était que de la vitesse, bien qu’elle soit très élevée. »

« Des effets de lumière blanche, des flashs ? »

« Oui. »

C’était bien lui. Enfin une bonne nouvelle : elle était effectivement capable de le retrouver. Parfait, la chasse touchait à sa fin. Maintenant, il s’agissait de trouver un angle pour l’approcher … Et pourquoi pas une approche à moitié directe, et un piège ?
Sans prévenir, Yaranzo comprit que sa mission était terminée, et disparu tout simplement. Il lui avait laissé une de ses écailles, signe qu’il avait marqué le jeune homme. Du coup elle pouvait le suivre et le retrouver. Parfait. Son plan prenait forme dans sa tête, petit à petit. Elle se mit en route.

Ichiko n’aurait jamais imaginé retrouver le fameux héros de légende dans les conditions qui furent celles de leur rencontre. Elle l’admirait. Vraiment. Les récits sur son histoire étaient légion parmi les survivants de Shousan. Certains disaient qu’il avait succombé à ses blessures suite à un combat héroïque contre l’Eclair Noir. D’autres qu’il les avait simplement abandonné, car la guerre était déjà perdu à ses yeux. La jeune kunoichi ignorait la vérité, mais ses racines shousanaises, bien que lointaines, ne pouvaient l’empêcher de pencher pour la première option. Il n’avait pas pu intervenir, tout simplement, car son état ne le permettait pas.
Mais au beau milieu de la forêt, elle trouva un jeune homme saoul, adossé contre un arbre et entouré de cadavres de bouteilles. Elle préparé un peu le terrain aux alentours, avant de s’approcher. Et de ramasser un de ces bouteilles.


** Ca sent fort. C’est sucré, je dirais … Les bouteilles ne sont pas bien grandes. Du rhum ? Il en a bu autant ? **

Elle s’approcha encore un peu, et s’accroupit en face de lui. Le dévisagea. Yaranzo n’avait pas menti, il était plutôt beau garçon. Enfin, il aurait pu. Il empestait l’alcool, était affalé comme un vulgaire ivrogne anonyme. L’intelligence brillait encore dans ses yeux, mais ses sens semblaient émoussés, son temps de réaction aussi. Et son allure en prenait un coup. Il était carrément pitoyable. Ichiko se releva, le regarda une dernière fois, et s’éloigna de deux pas vers l’arrière sans le quitter des yeux. LA rage se lisait dans son regard. La déception, aussi. Voilà qui était son héros. L’Empire dominait le monde, les idéaux du pays du feu étaient à l’agonie devant la dictature qui, soit disant, unifiait tous les pays du continent … Et son héros était un type comme lui. C’était à vomir.
Une larme perla brièvement, mais elle la ravala aussi vite.


« Tu n’es pas l’Eclair Blanc. Quitte le continent, personne ne te pourchassera si tu le fais. Je dirais juste que tu es mort. »

C’était le cas de toute façon, non ? Elle ne voulait pas que quelqu’un d’autre voit ce spectacle affligeant. Elle pouvait au moins protéger le symbole d’espoir qu’il était devenu pour certains, particulièrement au sein de l’Aile du phénix. Tant pis pour elle, mais tout le monde n’avait pas à subir une telle déception.

Ichiko se retourna pour s’en aller.
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Jeu 16 Fév - 5:03
Le regard plein d’admiration de cette gamine me hanta tout du long du chemin vers la sortie du village. Il y avait une époque où j’aurais tout donné pour que ce genre de regard me soit lancé. Et maintenant que ça m’arrive enfin, j’ai juste envie d’insulter cette gamine de tous les noms méchants que je peux lui trouver.
Et pourtant, à cause d’elle, une sorte de vague sensation d’espoir s’était dilué dans mon esprit, avait revigoré mes muscles. Tout cela l’espace d’un instant. C’est impossible que j’oublie cette sensation. Elle était trop forte, elle a laissé son empreinte dans tout mon être. Ses vibrations ne sont même pas encore éteintes : je sens encore un élan héroïque pulser quelque part en moi.

Je ne connais qu’une solution à ce problème – c’est ce que je me dis alors que j’approche du bout de la rue, et que je débouche sur la route qui mène vers les plaines arc-en-ciel. Je m’arrête. Je fais demi-tour, pour entrer dans une échoppe aperçue un peu plus tôt. Par miracle, je parviens toujours à avoir quelques drakes en poche. C’est très simple : quand j’arrive à un endroit, j’achète des matériaux. Et partout où je passe, je vais voir les forgerons locaux. Je forge, je leur laisse à un prix acceptable la marchandise, et au final j’y gagne un peu d’argent de poche.
Ou alors quand je quitte une place forte, je fais en sorte de le faire en escortant quelqu’un plein aux as. Du coup, c’est le jackpot. Et je le dépense tout le temps de la même façon. Vous allez bientôt comprendre : ces dépenses sont la solution à tous mes problèmes existentiels et à tous mes doutes.

Le sac à dos plein, je m’éloigne enfin de ce village de malheur. Et je me dirige vers la forêt toute proche. Je sens l’énergie naturelle qui circule de l’eau à la terre, de la terre à l’arbre, et qui se diffuse dans le vent. Mieux, je la vois. A l’œil nu. Le chakra de la nature. La constante, l’équilibre. Car s’il ne l’était pas, c’est le monde lui-même et tous ses occupants qui devraient craindre pour leur existence. Je pourrais m’enivrer de cette énième escapade au grand air.
Mais non, je ne suis pas venu pour ça. Je m’enfonce dans les bois, sans me priver au passage de savourer quelque brise bienvenue.

Et je finis par trouver ce que je suis venu chercher : une grande clairière. Des herbes hautes et sèches. Pliées, elles feront un coussin confortable, comme je les aime. Dans le fond, j’aperçois un gros chêne, au tronc bien épais. Et surtout, au tronc distordu. Il y a moyen qu’en m’adossant du bon côté, je trouve un endroit qui épouse bien les formes de mon dos. Et puis, toute cette mousse qui le recouvre … Oui, c’est juste parfait.
Tandis que je m’installe, les grillons qui s’étaient tus à mon approche se remirent à chanter. Ils ont bien compris que je ne suis ni une menace, ni une gêne, et que l’on peut cohabiter. Ils feront un orchestre agréable à l’oreille, tandis que je noie mes déboires.
Non, vraiment, je suis aux anges.

Je m’installe, et je pose mon sac à côté de moi. Un cliquetis de verre m’arrache un sourire un peu cynique. Tout est prêt, je vais pouvoir me laisser un peu aller et quitter ce monde quelques temps. J’ouvre les lanières du sac, et je sors une petite nappe que je pose délicatement devant moi. Elle est brodé de motifs orangés, parmi lesquels un phénix à l’allure impériale. Un cadeau de ma mère adoptive à l’époque où je vivais à Shousan. Je ne sais pas pourquoi je l’ai gardé, en vrai. Mais je n’arrive pas à m’en séparer. Et puis, il est bien pratique. Je préfère mettre cela sur cette excuse et ne pas me poser plus de questions.
Sur cette nappe de fortune, je pose un gobelet en fer. Simple, aucun apparat. Purement, et simplement, un récipient sans aucune autre prétention. Quelque chose qui connaissait sa place et n’essayait pas d’en briguait une autre. De devenir quelqu’un d’autre. Ma main experte s’empare ensuite d’une bouteille de rhum ambré sans aucune étiquette. Une distillerie locale m’a dit le vendeur, j’espère qu’il sait de quoi il parle : je lui ai acheté une douzaine de bouteilles de ce breuvage.
Voilà, tout est prêt. Sans me faire prier, je verse la première rasade d’alcool dans le gobelet avant de regarder vers le ciel. A qui donc pourrais-je bien dédier ce verre ? Pour qui devrais-je trinquer ? Est-ce que ce sera une excuse, ou alors un remerciement ? Heureusement que j’ai pas mal de réserves, parce que j’ai beaucoup de personnes qui me viennent à l’esprit.
Je lève le gobelet, avec un sourire triste. Je venais d’accomplir un acte héroïque, car c’est ce qu’il était. Même si ce n’était pas un héros qui l’avait accompli, l’acte en lui-même demeurait essentiellement héroïque. Il y avait une personne qui méritait que je lui porte un toast en une telle occasion.

« Chizara. Ce premier verre est pour toi. J’aurais tellement aimé t’appeler maman. Peut-être m’aurais-tu enseigné ce qu’était réellement le courage ? »

Cul-sec.

Ce que m’avait dit cet homme à l’hôpital de Shousan me revint en mémoire. La vérité sur la mort de Chizara Akimichi. Et comment, alors qu’elle avait choisi de quitter Shousan, le village avait fait peser des menaces sur son enfant pour qu’elle révèle l’identité de l’Eclair Noir. Le père de l’enfant. Son ancien amant, devenu son ennemi mortel à l’instant où elle avait tout dit. Dès lors, une lutte sans merci s’était engagée entre eux. Et s’était soldée par une victoire de mon père sur ma mère. Et Shousan avait menti. Une famille d’accueil m’avait empêché de connaitre toute la vérité, pendant pas mal d’années. Et de dissimuler leur erreur, leur sacrifice. Leur lâcheté. Et le mal qui rongeait les hautes instances du village de l’espoir, à une époque trouble.
Une famille d’accueil … je n’ai pas envie de leur dédicacer quoi que ce soit. Ils ne m’ont jamais aimé comme un fils, même s’ils pourvoyaient à tous mes besoins. Ils étaient gentils. C’est différents d’être aimants, croyez-moi sur parole. Mais il y a bien quelqu’un, pourtant. Mon grand-père. Pas biologique, j’entends bien. Mais il m’a appris tant de choses. La forge, les bases du crédo permettant de devenir un bon ninja. Quelqu’un de bien. A lui, je pouvais bien dédicacer le second verre.

« Grand-père. Merci pour tout. J’espère qu’un jour tu me pardonneras ce que j’ai pu devenir, malgré ton enseignement. »

D’une traite, je vide le sobre récipient.

Qui avais-je rencontré ensuite ? Ah, évidemment, j’étais devenu ninja. Et j’avais rencontré mon équipier. Et mon meilleur ami, aussi. On a fait les quatre-cent coups ensembles. Maintenant que j’y pense, on était des sacrés rigolos. Mais curieusement, on n’a jamais été incompétents. Plutôt un peu naïfs.

** N’empêche, qu’est-ce qu’on a pu s’amuser … **

Je ne dis rien cette fois, mais je n’en pense pas moins. Et je continue ce défilée de salutations. La plupart du temps à des fantômes. Des types aux côtés desquels j’avais combattu pendant la guerre. Une fille que j’avais bien aimé, à Ito, aussi. J’étais venue la voir après avoir fui, parce que c’était ma seule idée. Quand j’étais gamin, je n’avais pas compris qu’elle m’aimait vraiment. Je la prenais juste pour une amie. Je ne suis pas restée très longtemps chez elle, et j’ai dû lui accorder autant d’attention qu’à une amie banale. Elle aurait sans doute mérité d’avantage. Et je ne sais pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Je ne me souviens même plus de son nom. Mais j’ai dû lui faire beaucoup de mal, je suppose. Elle mérite bien un toast elle aussi.

Bien vite, je m’enfonce dans toute cette nostalgie comme dans un marécage. Je patauge, je suis aspiré par le fond. Je n’arrive pas à m’en dégager. En fait je n’essaie pas vraiment, je me laisse couler sans protester. Comme je ne peux plus trop penser au maximum de mes capacités, je ne pense petit à petit plus à rien du tout. Et la sensation est apaisante. Je ne dors pas, je ne somnole même pas un petit peu. J’ai les yeux grands ouverts, infusés de chakra. Je regarde juste tout autour de moi, je suis les mouvements du chakra naturel. Les arabesques, les courbes. L’impulsion vitale de tout ce qui m’entourait, les impulsions vitales. En harmonie, toutes ensembles. Si chacune émettait un son, plutôt qu’un scintillement, ce spectacle deviendrait alors un orchestre. Une symphonie. Je cesse de bouger, je cesse de boire. La forêt m’absorbe tout entier, et par les yeux, moi, je la dévore.

Un visage de jeune femme interrompt tout nettement. Je ne l’ai pas entendue approcher, mais elle s’est accroupie devant moi et me regarde, l’air consterné. Je ne comprends pas tout, j’ai grande peine à revenir à moi. En fait, je lutte même pour ne pas le faire et demeurer dans ma transe extatique. Mais mon instinct de survie m’y oblige. La fresque scintillante se fissure, alors que mes yeux redeviennent tout à fait normaux, sans cette bleue qui caractérise ceux qui voient le monde comme il est réellement. Ils se ternissent. Oh, ils sont toujours d’un bleu éclatant, presque irréaliste. Mais ils sont ternes. Leur expression ne signifie rien.
La jeune femme se tient là devant moi, et elle a un air dégouté directement dirigé vers moi. Ca m’embarrasse un peu au début, mais finalement, je l’ai mauvaise. Elle interrompt ma contemplation, et ça, ça me vénère.

J’ai un moment de faiblesse dans mon abîme de colère quand elle lâche une larme. Et quand je vois ses yeux se peindre de déception. Je connais tellement bien ce regard que je me suis lancé mille et une fois dans le miroir …
Mais elle se lève, et cet instant de culpabilité se dissipe alors qu’elle s’éloigne. Et là elle me bave quelque chose. Je l’ai de plus en plus mauvaise. Je le prends très mal. Je me lève, titubant, l’équilibre précaire, et quand elle fait mine de s’éloigner je lui balance une bouteille vide avec force en plein milieu du dos. Mon geste est fluide, vif, la bouteille fait un choc sourd en s’éclatant sur elle. Et les fragments griffent sa peau.

« J’t’emmerde, pouffiasse ! »

C’est peut-être pas ce que j’ai fait de plus malin aujourd’hui. Vu sa tenue et son masque, c’est une kunoichi. Et elle, elle est en pleine possession de ses moyens. Elle n’est pas ivre morte. Rien qu’à voir son équilibre, et le fait qu’elle tienne sur ses pieds, je m’en rends compte. Et pourtant je la vois trouble. Mais bon, je la vois aussi en double. Du coup, en assemblant les deux images, je me fais une petite idée de qui se trouve devant moi. Et j’arrive encore à additionné deux et deux. J’ai bien compris l’essentiel de la situation.

« S’tu dis que je suis mort, j’vais à Shi et j’crie qui j’suis devant le palais de l’Impératrice. Tu crois quoi ? Qu’j’ai peur d’cette salope? »

Je suis honnête, pour le coup. Ils ne pourront pas me faire plus de mal que je ne m’en suis fait à moi-même ces dernières années. Et puis bon, l’alcool aidera à passer outre les séances de torture. On ressent moins la douleur quand on a remplacé toute l’eau de son sang par de l’alcool.

« T’es juste venu pour ça ? M’dévisager, m’parler mal, et t’tirer ? »

Heureusement j’ai déjà enfilé mes gants, parce que je ne suis pas sûr que j’en suis encore capable. D’un geste, je dégaine les griffes rétractiles à l’intérieur.

« ‘ce que si t’as d’autres ordres que ça, j’t'explose la gueule, j’te préviens. »

J’ai un sourire provoquant, je crois. Et je tiens sur mes jambes. Je suis persuadé que j’en impose un maximum, aussi.

« Hic ! »

[RP Annulé, mort d'Ichiko, en mission, dans des circonstances tragiques et inconnues de tous pour le moment.]
L'Eclair Blanc
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